Concertos pour flûte du XXe siècle avec Clara Andrada

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Concertos pour flûte. Carl NIELSEN (1865-1931) : Concerto pour flûte et orchestre. Jacques IBERT (1890-1962) : Concerto pour flûte et orchestre. Malcolm ARNOLD (1921-2006) : Concerto pour flûte et cordes n° 1 op. 45. Clara Andrada, flûte ; Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort, direction : Jaime Martin. 2020. Livret en anglais. 51.50.  Ondine ODE 1340-2. 

 Kissin, un pianiste beethovenien ? 

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Une fois encore, pour sa série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia invite Yevgheny Kissin, l’une des valeurs sûres que l’on entend régulièrement à Genève dans un répertoire des plus variés ; il se montre souvent bien plus convaincant dans le répertoire de virtuose que dans le domaine classique : l’on a ainsi gardé en mémoire une 32e Sonate opus 111 de Beethoven au style indéfini balayé par le supplément au deuxième cahier des Années de Pèlerinage de Liszt, un Venezia e Napoli à vous laisser pantois !

En ce 18 février 2020, bicentenaire oblige, son récital est entièrement consacré à Beethoven et commence par une page célèbre, la 8e Sonate en ré mineur op.13 dite ‘Pathétique’. Du Grave initial, il extirpe un souffle tragique en appuyant les graves qui contrastent avec une articulation de la main droite produisant un coloris clair ; l’Allegro di molto qui s’y enchaîne révèle une tendance à insister sur l’accentuation, quitte à déséquilibrer le discours. Le célèbre Andante cantabile reste à la surface, donnant l’impression qu’il est peu habité, tandis que le Rondò Allegro, extrêmement rapide, attire l’attention sur l’entrelacs contrapuntique. Les Variations en mi bémol majeur op.35Eroica’ exhibent la même dichotomie entre cette volonté de faire chanter le motif fameux qui figurera dans le Finale de la Troisième Symphonie et ces tutti pesants comme des colonnes d’airain étouffant la veine mélodique qui, par chance, retrouvera une certaine brillance dans le fugato conclusif.

Cinq concertos pour piano de Beethoven ? Non, six !

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Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) : Concertos pour piano et orchestre 0 à 5 ; Rondo pour piano et orchestre WoO6 ; Variations et Fugue « Eroica » pour piano et orchestre op. 35 ; Triple Concerto pour piano, violon, violoncelle et orchestre op. 56. Mari Kodama, piano ; Kolja Blacher, violon ; Johannes Moser, violoncelle ; Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, direction Kent Nagano. 2019. Livret en allemand et en anglais. 270.00. Un coffret de 4 CD Berlin Classics 0301304 BC.

Elizabeth Sombart à propos de Beethoven 

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La pianiste Elizabeth Sombart publie une intégrale des Concertos pour piano de Beethoven accompagnée par le Royal Philharmonic Orchestra sous la direction de Pierre Vallet. A cette occasion, la musicienne nous parle de Beethoven mais également de la Fondation Résonnance qu’elle a créée.  

Qu’est-ce qui vous a poussé à enregistrer l’intégrale des Concertos pour piano de Beethoven ? 

Pour moi, enregistrer les cinq concertos de Beethoven et le triple ont été un vrai défi mais surtout l’aboutissement d’une vie de travail où Beethoven m’a accompagné dans mes concerts et dans mes enseignements. Lorsque le RPO m’a proposé cet enregistrement, j’ai surtout aimé l’idée de les enregistrer l’un après l’autre comme on se prépare pour la montée de l’Everest.

Est-ce qu’il y a une manière particulière de se préparer à l’enregistrement d’une telle somme musicale ? 

Il y a deux aspects dans la préparation, l’aspect physique bien sûr, se mettre dans une forme presque athlétique, sport, alimentation, sommeil et aussi bien sûr spirituel : autant de gammes intérieures que de gammes extérieures. 

Certains propos de Beethoven, de Friedrich Nietzsche ou de Victor Hugo ont été pour moi, comme le dit le philosophe, un évangile de l’Harmonie. « Ce sourd entendait l’infini » a dit Victor Hugo, et cela a nourri mon écoute intérieure.

Femmes compositrices du XIXe siècle : Hortense de Beauharnais

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Auriez-vous imaginé que la fille adoptive de Napoléon 1er, Hortense de Beauharnais, ait été une artiste, compositrice notamment ? Et pourtant…

Hortense Eugénie Cécile de Beauharnais (Paris 1783-Château d’Arenenberg, Suisse 1837) n’est pas seulement fille adoptive de Napoléon Bonaparte, donc une Bonaparte, mais aussi sa belle-sœur suite à son mariage avec un frère de Napoléon, Louis. Tout commence en Martinique où vivent un temps les familles de ses grands-parents, aussi bien du côté paternel que maternel.

La famille

Le père d’Hortense, Alexandre François Marie, Vicomte de Beauharnais (Martinique, Fort-Royal 1760-Paris 1794) descend d’une famille de militaires et politiciens. Il étudie à Paris, puis en Allemagne, avant d’intégrer l’armée. Il est le fils d’un ancien Gouverneur de la Martinique où sa famille possède des propriétés, ainsi qu’en France.

La mère d’Hortense est Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie (Martinique, Les trois Îlets 1763-Château de Malmaison, Ruel-Malmaison 1814). Sa famille, d’origine noble, est propriétaire, en Martinique, d’une importante plantation (canne à sucre, coton, café…). L’entreprise très florissante, où vivent plus de 150 esclaves, décline suite à une mauvaise gestion et s’effondre en 1766 quand la propriété familiale est anéantie par un puissant cyclone. A cause du manque d’argent, Rose jouit d’une enfance très libre. Son père ne la fera instruire que de 10 à 14 ans dans un pensionnat martiniquais. Devenue Rose de Beauharnais par son mariage avec Alexandre, elle entrera dans l’histoire en tant que Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte.

Quand Friedrich Gulda avait trente ans...

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Friedrich Gulda : Concertos pour piano. Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Concertos pour piano et orchestre n° 14 KV 449, n° 23 KV 488 et n° 24 KV 491. Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n° 4 op. 58. Joseph HAYDN (1732-1809) : Concerto pour piano et orchestre n° 11 Hob. XVIII.11. Richard STRAUSS (1864-1949) : Burlesque pour piano et orchestre. Claude DEBUSSY (1862-1918) : Préludes, Deuxième Livre, n° 12 : Feux d’artifice. Friedrich Gulda, piano ; Radio-Sinfonieorchestrer Stuttgart, direction Joseph Keilberth et Hans Müller-Kray ; Südwestfunk-Orchester Baden-Baden, direction Hans Rosbaud. 2020. Livret en allemand et en anglais. 158.35. Un coffret de 3 CD SWR 19088.

Florian Noack, Jeune musicien de l’année de grand talent

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Outre les Prix Caecilia distinguant annuellement les meilleurs enregistrements de l’année précédente, l’Union de la Presse Musicale Belge a la louable tradition d’attribuer chaque année le Prix du Jeune musicien de l’année, récompense qui prévoit un récital à donner par le lauréat à Bozar. Les raisons de la programmation étant parfois obscures, ce n’est que maintenant que Florian Noack, lauréat 2017, put enfin se faire entendre dans la toujours intéressante série Bozar Next Generation, qui permet aux jeunes musiciens d’offrir à un public connaisseur, dominical et matinal, un bel échantillon de leur talent dans un récital d’une heure sans entracte.

Se produisant dans la grande salle Henry Le Boeuf devant un public attentif et connaisseur (silence religieux et pas une toux, juste un perturbant et persistant sifflement d’origine inconnue en début de récital), Florian Noack ouvrit son récital par la peu jouée Sonate en fa dièse mineur, D. 571 de Schubert qu’il interpréta avec partition (et pourquoi pas?). Un peu crispé au début, il se détendit rapidement et fit preuve d’un jeu sérieux et sensible, d’une belle souplesse et d’un lyrisme aisé. On admira son calme souverain et son talent de conteur, en particulier dans un Finale alternativement chantant et dramatique.

Beethoven sans chef... mais non sans direction !

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Pour ce concert, les musiciens de la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême étaient dirigés, si l’on peut dire, par Florian Donderer, son premier violon solo depuis 1999. Si l’on peut dire, car en réalité, il intervient très peu. Il s’agissait plutôt de musique de chambre à grande échelle.  Au programme, actualité oblige, Beethoven. Le Concerto pour violon, avec Christian Tetzlaff, et la Septième Symphonie.

Tetzlaff joue le Concerto de Beethoven depuis qu’il a quatorze ans. Cela fait donc presque quarante ans. Fait assez exceptionnel, il l’a déjà enregistré trois fois : en 1994, en 2005 et en 2018. À noter que c’est également le cas pour les Sonates et Partitas pour violon seul de Bach (là, il est même le seul). Et il a encore de nombreuses années de carrière devant lui ! Depuis son premier concert avec cette œuvre, en 1981, il joue des cadences qu’il a lui-même remaniées, d’après celles que Beethoven avaient composées pour sa version pour piano de ce concerto, et dans laquelle il avait prévu une partie de timbales, instrument tellement important dans ce concerto. En 2009, Tetzlaff a publié ces cadences. À part quelques rares passages où l’écriture du piano se prêtait assez mal à une adaptation au violon, le violoniste est resté très proche du compositeur. Et puis, il faut bien avouer que, par moments, Beethoven se laisse aller à un certain bavardage. Quand on connaît sa réputation d’improvisateur, on se dit que l’effet devait être saisissant en concert. Mais, fixé à l’avance, cela peut diluer quelque peu le propos, et ce léger resserrage de Tetzlaff permet de gagner en intensité. Dans la notice de la partition, il demande des baguettes particulièrement sèches. C’est un souhait qu’il a dû émettre au fil des années, car il n’est pas pris en compte dans son premier enregistrement.

Beethoven par Bezuidenhout et Heras-Casado

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Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) : Concertos pour piano et orchestre n° 2 op. 19 et n° 5 op 73 « Empereur ». Kristian Bezuidenhout, pianoforte ; Freiburger Barockorchester, direction Pablo Heras-Casado. 2020. Livret en français, anglais et allemand. 60.03. Harmonia Mundi HHM 902411.