ICMA 2020 : les finalistes

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En trois manches, le Jury des International Classical Music Awards (ICMA) a retenu le meilleur des parutions pour la finale des ICMA 2020.

Notre liste initiale, avec un total de 390 enregistrements et vidéos, comprenait autant de très bonnes parutions que des publications exceptionnelles. Cette longue liste a été réduite à trois références par catégorie : ils sont nos finalistes pour 2020, a déclaré le Président du Jury Remy Franck. Inévitablement, beaucoup d'excellentes productions ont été éliminées. Les membres du jury travaillent sans relâche et ils se font un devoir d'honneur de sélectionner les meilleurs des meilleurs enregistrements. La tâche est  exigeante et elle nécessite parfois des choix douloureux. Mais les enregistrements éliminés sont toujours de grande qualité et figurer dans la liste des nominations est indéniablement une réelle reconnaissance.

Les finalistes 2020

De la nécessité du temps long

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Ce lundi, le jury des International Classical Music Awards a rendu publique la liste des finalistes 2020. Les lauréats seront annoncés le 21 janvier prochain. Cette sélection, issue des votes des médias musicaux européens, témoigne de la grande variété, de l’ambition éditoriale et de l’excellence à travers les frontières. Que ce soient les grands labels historiques ou des labels plus modestes mais qui se mettent au service d’une haute exigence. Force est de constater que les pays francophones sont très bien représentés dans cette sélection qui ressort des centaines d’albums que nous recevons par an, pour le meilleur ou pour le plus inutile. Ainsi, c’est avec grand plaisir que nous retrouvons les noms de Jodie Devos, Lionel Meunier, Christophe Rousset, Stéphane Denève, Pascal Dusapin, Léa Desandre, Sabine Devieilhe, Raphael Pichon, Karine Deshayes, Jean-Sébastien Bou, les Talens Lyriques, Cédric Tiberghien, le quatuor Diatoma….et les labels Cyprès, Alpha, Ricercar, Claves, Harmonia Mundi, Naïve…

Tournant le dos à ses artistes de demain, la Flandre rend un vibrant hommage à ceux du passé

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« Willaert e la Scuola Fiamminga a San Marco ». Adrian Willaert (1490-1562), Cipriano De Rore (c. 1515-1565), Jacques Buus (c. 1500-1565) et Pietro Lupus (c. 1490-c. 1530): Motets et madrigaux. Cappella Marciana, La Pifarescha, dir. Marco Gemmani.2019-69’14"-Textes de présentation en italien et en anglais-Textes chantés en latin et en italien, traduits en italien et en anglais-Concerto Classic 2117

À Genève, un sublime MESSIE !  

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Dans le cadre de sa série de concerts, le Service culturel Migros a la judicieuse idée de présenter Messiah (Le Messie) de Haendel, une dizaine de jours avant Noël, en faisant appel à Trevor Pinnock, l’un des pionniers en matière de musique ancienne, prônant l’utilisation des instruments d’époque, ce qui l’amena à fonder en 1972 ‘The English Concert’, mondialement réputé aujourd’hui. 

Pour ce Messie donné à Berne le 12 décembre, à Genève le lendemain, l’on a sollicité le concours du Freiburger Barockorchester, créé en 1985 par quelques étudiants de Fribourg-en-Brisgau. Qu’il est loin le temps où il était de bon ton de railler ces musiciens qui s’accordaient durant quarante minutes pour jouer faux pendant les vingt suivantes, alors que l’on entend ici de soyeuses cordes glissant de nerveux accents dans le premier air d’alto But who may abide the day of His coming ainsi que deux trompettes sonnant magnifiquement dans le célèbre solo de basse The trumpet shall sound.

Auber en ouvertures

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Daniel-François-Esprit AUBER (1782-1871)  : Ouvertures et extraits orchestraux : Le Maçon ; Le Timide ou Le Nouveau Séducteur ; Leicester ou Le Château de Kenilworth ; Le Séjour militaire ; Emma ou La Promesse imprudente ; La Neige ou Le Nouvel Eginhard ; Le Testament et les Billets doux ; La Bergère châtelaine. Orchestre de chambre de la Philharmonie de Pardubice, sous la direction de Dario Salvi. 2019. Livret en anglais et en français. 64.50. Naxos 8. 574005.

La surprise avec le quatuor Les Dissonances.

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Le public ne s’y est pas trompé, particulièrement nombreux pour un quatuor dont chaque concert est un bonheur, avec son lot de surprises. Hans-Peter Hoffmann –indisponible- est remplacé par le talentueux Stefan Simonca-Oprita, partenaire occasionnel de David Grimal avec lequel l’entente est parfaite. Dans cette configuration renouvelée, rien ne permet à l’auditeur averti de percevoir le changement, tant l’harmonie qui règne entre les musiciens est idéale. L’écoute mutuelle, la complicité sont exemplaires. 

Bartók, pour commencer. Le 2e Quatuor, d’une dizaine d’années postérieur au précédent, est une œuvre de pleine maturité, trop rare au concert. Son premier mouvement, exalté, frémissant d’une vie constante, porte pleinement la marque de son créateur : fluidité métrique, tension, accablement confinant au désespoir, suspendu par les passages tranquillo, à la séduisante douceur. L’allegro molto qui lui succède est envoûtant par son ostinato farouche, le plus souvent confié et conduit par le second violon, et par la frénésie de l’ensemble. Pour culminer forte, le lento final se joue le plus souvent piano, voire pianissimo, fréquemment avec sourdines, pour un retour au thème initial apaisé dans son dépouillement. La perfection est au rendez-vous, technique comme musicale : la plénitude, la concentration sont extrêmes pour un instrument qui parle d’une voix, un quatuor de rêve, pour servir ce chef d’œuvre, ce soir suivi d’un silence méditatif du public. David Grimal a pris le parti d’enchaîner le 2e Quatuor de Haydn à celui de Bartók comme si, à la fin d’une nuit, l’apparition de la lumière devait nous réjouir. Il en a prévenu le public, qui s’abstiendra d’applaudir à la fin du premier. Malgré la distance qui sépare les deux œuvres, la filiation a-t-elle été plus évidente ? Passer du lento de Bartók, conclu pianissimo par des pizz aux cordes graves (la), à l’envolée du violon de l’allegro con spirito de Haydn, sur un accord tenu de si bémol, est bienvenu. D’autant que l’approche de ce quatuor se veut ce soir radicalement contemporaine : bien au-delà du pré-romantisme, on n’est plus dans le divertissement mais dans un accomplissement. On croit redécouvrir l’ouvrage tant son interprétation sort des sentiers battus. Tempi, nuances, articulations et phrasés, tout est renouvelé. Le premier mouvement, pris après Bartók, y a perdu une part de son humour, ce qui sera également le cas du menuet, bondissant, et surtout du trio. Nulle trace de la robustesse paysanne où le violoncelle et l’alto assurent le bourdon pour des unissons d’un style populaire. Nous sommes dans un autre univers, éthéré, sublimé, puissant, où le sourire est rare. L’adagio, qui s’intercalait entre les deux, retient son émotion d’autant plus juste, loin de toute effusion, pour une plénitude qui nous étreint. Le finale, effréné, comporte plus d’un passage que Bartók devait bien connaître, tant les procédés se rejoignent. Un Haydn dérangeant par la radicalité de son approche. 

A l’OSR, une fascinante création de Richard Dubugnon

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Lors de chaque saison, l’Orchestre de la Suisse Romande passe commande d’œuvres auprès de jeunes compositeurs qui ont ainsi à disposition un effectif de plus de cent instrumentistes. C’est pourquoi Richard Dubugnon, né à Lausanne en 1968, élève du Conservatoire de Paris et de la Royal Academy of Music de Londres, contrebassiste de formation ayant joué durant onze ans dans la fosse de l’Opéra de Paris, propose en création Via Lemanica, le deuxième volet de son triptyque Helvetia qui avait débuté en 2013 avec Vol alpin commémorant le vingtième anniversaire du Festival de Verbier.

Avant que les musiciens ne prennent place sur le plateau, le compositeur lui-même prend la parole pour expliquer son œuvre qui est en fait une brève symphonie en trois mouvements utilisant l’orchestre straussien divisé en petits groupes d’instruments incluant notamment d’insolites heckelphones et tubas wagnériens. Le titre latin évoque une voie imaginaire autour du Léman, nous ramenant au VIe siècle, au moment où un tsunami appelé ‘tauredunum’ ravagea la Romandie en 563. Sous ce prétexte historique, la musique reste abstraite dans une forme conventionnelle où se glisse une mélodie d’Emile Jaques-Dalcroze, C’est si simple d’aimer, reflétant simplement un attachement de Richard Dubugnon à sa région natale. 

Un vénitien de génie

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Allessandro Grandi (1590-1630) – Celesti Fiori – Motetti – Accademia d’Arcadia  - UtFaSol Ensemble – Direction : Alessandra Rossi Lürig – Livret en anglais, français et italien/ Total Time 62’39’’ - 2019 - ARCANA - A464