A Lausanne, un saisissant Orphée

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Pour terminer sa saison 2018-2019, l’Opéra de Lausanne présente l’Orphée et Eurydice de Gluck (version de Paris de 1774) dans la production qu’Aurélien Bory avait conçue pour l’Opéra-Comique en octobre 2018 en co-production avec les opéras de Lausanne, Liège, Caen et Zagreb. Dans une page du programme, il explique son point de vue : « J’aborde dans mon travail le théâtre comme un art de l’espace. Ainsi j’ai imaginé que puisqu’Orphée se retournait, l’espace entier de la scène devait se retourner. J’ai choisi pour cela un procédé de magie théâtrale développé au XIXe siècle, le Pepper’s Ghost, qui permet des apparitions par un jeu de reflets. J’utilise ce procédé en laissant le dispositif visible pour renverser les dimensions du plateau : transformer la verticalité par la profondeur au théâtre ».

Rencontre avec Kaija Saariaho et Jean-Baptiste Barrière

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27 mai 2019, Maison des Musiques à Bruxelles. Le pluriel est de mise. Ce n’est, en effet, pas un, mais deux compositeurs que je m’apprête à rencontrer. Figure de proue de la musique spectrale depuis le milieu des années 1980, elle est sans doute la compositrice la plus en vue actuellement sur la scène internationale. Lui règne en maître sur le monde esthétique des « concerts visuels ». L’Histoire de la musique offre peu d’exemples de couples de compositeurs dont l’art et les talents s’épanouissent de manière harmonieuse au contact l’un de l’autre. Mais eux font exception.

Kaija Saariaho est née en 1952. Enfant, déjà, la musique se bousculait dans sa tête. Pensant qu’elle sortait de son oreiller, elle demandait à sa mère de l’éteindre. De 1976 à 1981, elle étudie la composition avec Paavo Heininen -un ancien élève de Bernt Aloïs Zimmermann- à l’Académie Sibelius d’Helsinki. Dès 1977, elle fonde « Korvat auki » (« Ouvrez vos oreilles ») avec Magnus Lindberg, Jouni Kaipainen, Esa-Pekka Salonen et d’autres compositeurs, musiciens et musicologues finlandais, en vue de jouer et rendre publique leur propre musique, mais aussi d’ouvrir la Finlande aux avant-gardes musicales et européennes et de contrer le conservatisme ambiant de la vie musicale finlandaise à cette époque. En 1980, elle suit les cours d’été de Darmstadt où elle rencontre Tristan Murail et Gérard Grisey et connaît sa première expérience de la musique spectrale. En 1981, elle s’installe à Paris. De 1981 à 1983, elle étudie la composition auprès de Klaus Huber et de Brian Ferneyhough à la Musikhochschule de Fribourg-en-Brisgau.

Jean-Baptiste Barrière est né en 1958 à Paris. Il étudie la musique, la philosophie et la logique. De 1981 à 1998, il occupe différentes fonctions en qualité de chercheur et de compositeur à l’Ircam. Il y assiste, entre autres, Morton Subotnick, Gérard Grisey, Jonathan Harvey et Harrison Birtwistle dans la réalisation de leurs œuvres. En janvier 1982, alors qu’il est responsable d’un stage d’Informatique musicale, il accueille dans sa classe Kaija Saariaho. Ils se marient deux ans plus tard. Depuis 1998, Barrière se consacre à sa pratique artistique, principalement centrée sur les interactions entre musique et image, et réalise des « concerts visuels » autour de sa propre musique et des œuvres de son épouse -il a notamment imaginé et réalisé la partie visuelle de l’opéra L’Amour de loin présenté à Berlin et au Théâtre du Châtelet en mars 2006. Il conçoit également des montages visuels pour L’Enfant et les Sortilèges de Ravel (Orchestre Symphonique de Montréal, dir. Kent Nagano), Saint François d’Assise de Messiaen (Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Myung Whun Chung) et Wozzek de Berg (Royal Festival Hall de Londres, Philharmonia Orchestra, dir. Esa-Pekka Salonen). On lui doit également le CD-Rom Prisma, consacré à l’univers musical de sa femme (lauréat en 2000 du Grand Prix Multimédia de l’Académie Charles Cros).

Kaija Saariaho et Jean-Baptiste Barrière nous ont donc reçu, avec une extrême amabilité, le 27 mars dernier, suite à la parution chez Cypres du très beau coffret Ekstatis – commenté par ailleurs sur ce site.

« EKSTASIS »

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Kaija SAARIAHO (née en 1952) : Nocturne pour violon seul – NoaNoa pour flûte et électronique – Lonh pour voix et électronique. Jean-Baptiste BARRIÈRE (né en 1958) : Crossing the Blind Forest pour flûte basse, piccolo et électronique – Violance pour violon, voix d’enfant et électronique – Ekstasis pour voix et électronique. Aliisa Neige BARRIÈRE, violon ; Camilla HOITENGA, flûtes ; Raphaële KENNEDY, voix. 2019-CD-76'58"-Blu-ray-127'28"-HD 1080 25p 16/9 couleur, stereo PCM/5.1 surround-textes et sous-titres en français et anglais-Cypres CYP2624.

Menotti et l’opéra

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Gian Carlo Menotti (1911-2007) : The Medium, tragédie en deux actes – The Telephone or L’amour à trois, opéra buffa en un acte. Orchestra Filarmonica Italiana, Flavio Emilio Scogna, direction – Marily Santoro (Monica), Julija Samsonova-Khayet (Madame Flora), Chiara Isotton (Mme Flora), Lorenzo Grante (Mr Gobineau et Ben), Roxana Herrera Diaz (Mme Nolan), Arianna Manganello (voix off), Elizabeth Hertzberg (Lucy). 2018-DDD-CD 1 65’13 CD2 24’58-Textes de présentation en anglais-Brillant Classics-95361.

La voix intérieure, une biographie de Robert Schumann

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Robert Schumann (1810-1856) : Eine Hörbiografie von Jörg Hanstein – Symphonie n°1 en si majeur Op. 38, « Printemps ». Udo Wachtveitl (narrateur), Matthias Brandt (Robert), Brigitte Hobmeir (Clara), Benedict Lückenhaus (jeune Schumann), Michael Tregor, (Friedrich Wieck), Thomas Albus, Christian, Baumann, Folkert Dücker, Beate Himmelstoß, Jerzy May, Katja Schild (citations), Lori Liebelt (une voix intérieure). Sympfonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Mariss Jansons, direction.2018-DDD-CD1 69’44-CD2 71’39-CD3 73’17-CD4 59’29-Textes de présentation en allemand-BR Klassik-900916