L’âme de l’orchestre au son du cor

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Robert Schumann (1810-1856) : Konzertstück pour 4 cors et orchestre, Op.86 ; Adagio et Allegro, Op.70 (orchestration d’Ernest Ansermet) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Morceau de Concert, Op.94 ; Reinhold Glière (1875-1956) : Concerto pour cor, Op.91. Markus Maskuniitty, Martin Schöpfer, Kristofer öberg, Monica Berenguer Caro, cors ; Royal Stockholm Philharmonic Orchestra, Sakari Oramo. 2016/2018-Notice en anglais et allemand-59’08-Ondine-ODE 1339-2.

A Genève, un altiste remarquable : Nils Mönkemeyer

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Pour la seconde fois durant la saison 2018-2019, l’Orchestre de la Suisse romande invite l’Orchestre de Chambre de Lausanne placé sous la direction de sa principale cheffe invitée, Simone Young.

Le programme débute par un ouvrage néo-classique d’Igor Stravinsky, le ballet Apollon Musagète, écrit en 1927 à la demande de la mécène Elizabeth Sprague Coolidge pour un festival de musique contemporaine à Washington puis chorégraphié par George Balanchine pour les Ballets Russes qui le présentèrent à Paris au Théâtre Sarah-Bernhardt le 12 juin 1928. Imaginé comme un ‘ballet blanc’ aux lignes épurées à l’instar des marbres de l’Antiquité, le mince argument évoque la naissance du dieu soleil qui, devenu adolescent,  inspire trois des muses, Calliope, Polymnie et Terpsichore, pour les conduire au Parnasse. Et cette sobriété transparaît dans l’effectif orchestral qui ne comporte que le registre des cordes. D’emblée, la baguette de Simone Young dessine de fines arabesques pour en exploiter la veine lyrique, tout en prêtant un caractère primesautier au concertino élaboré par le premier et le second violon et le violoncelle solo qui joue la carte de la séduction. Par des tutti à l’arrachée, la Variation d’Apollon impose  une solennité qui s’estompera dans les inflexions suaves d’un pas de deux avec Terpsichore, Muse de la Danse. Et la coda ne sera plus que fringante envolée avec un clin d’œil attendri à ce dieu que l’on a vu naître.

Moisson de printemps des éditions Henle.

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Les éditions Henle proposent quelques belles nouveautés. En tête d’affiche, il faut placer une superbe édition du Quintette avec piano de César Franck, réalisée sous la houlette de Ernst-Günter Heinemann et de Klaus Schilde pour le doigté des parties de piano. On apprécie la qualité de l’introduction de Ernst-Günter Heinemann qui nous rappelle que ce chef d’oeuvre, même s’il ne s’est pas imposé au répertoire régulier des ensembles de musique de chambre, n’en reste pas moins une merveille qui mérite d’être encore plus diffusée. La qualité de cette nouvelle édition, qui ravira les passionnés de l’oeuvre, devrait servir sa notoriété.

César Franck, Klavierquintett f-moll, G.Henle Verlag, ISMN : 979-0-2018-1142-0

Tchaïkovski et Wagner, une évidence ?

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Richard Wagner (1813-1883) : “Vorspiel und Liebestod” (Tristan une Isolde) ; Pyotr Ilyich Tchaikovsky (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur, Op. 36. Philharmonie Zuidnederland, Dmitri Liss, direction. 2018-DDD-58’04-Textes de présentation en anglais, français et néérlandais-Fuga Libera-FUG754

Nicholas Angelich retrouve Beethoven

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Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°4 en sol majeur, Op. 58 – Concerto pour piano n°5 en mi bémol majeur, Op. 73. Nicholas Angelich, piano – Insula Orchestra, Laurence Equilbey, direction. 2018-DDD-74,16-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Erato-0190295634179

Un irrésistible opéra de Gerald Barry au Théâtre de l’Athénée

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Gerald Barry est un compositeur célèbre en Grande Bretagne. Après Nancy en 2013, le Théâtre de l’Athénée présentait une version scénique du cinquième opéra du musicien irlandais L’Important d’être Constant d’après Wilde, par la troupe suisse de l’Opéra Louise.

Les premières mesures donnent le ton : on se retrouve emporté dans un maelstrom fiévreux de fanfares virtuoses (infaillible Orchestre de Chambre Fribourgeois dirigé par Jérôme Kuhn) alors même que l’exposition dramatique est précipitée. Tout ce qui pourrait paraître daté à des oreilles continentales (L’Important d’être constant est relativement méconnu de ce côté-ci de la Manche) est ici pulvérisé au profit d’un délicieux nonsense. On pense à David Lynch, on pense à Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll avec ces décors rose, violet, menthe et ces costumes acidulés. Bien sûr, on ne comprend pas toujours tout au début : les deux personnages masculins (Jack Worthing, Algernon Moncrieff) et féminins (Gwendolen Fairfax, Cecily Cardew) ne sont pas différenciés, si bien qu’il faut du temps pour savourer la mécanique délicieusement confectionnée par le metteur en scène Julien Chavaz.