Neujahrskonzert 2026. Yannick Nézet-Séguin, maître d’un renouveau straussien.

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Après un an d’attente, nos espérances étaient grandes à l’idée de voir Yannick Nézet-Séguin diriger ce Neujahrskonzert 2026. Le moins que l’on puisse dire est que le chef québécois a porté l’événement à un degré d’excellence inédit, conduisant même le Philharmonique de Vienne sans pupitre, dans la somptueuse Grande Salle dorée du Musikverein, pour un programme straussien audacieux et renouvelé.

Direction magistrale et innovations gestuelles.

Rompant avec cent quatre-vingt-deux ans de tradition, Nézet-Séguin a opté pour une direction de mémoire, libérée de tout support visuel. Cette liberté lui a permis des gestes amples et intuitifs, captivant tout à la fois l’orchestre et le public. Ses indications, d’une précision millimétrique dans les attaques des cuivres des galops — tels Malapou-Galop de Lanner ou Københavns Jernbane-Damp-Galop de Lumbye — s’alliaient à une souplesse aérienne dans les valses, révélant des phrasés oubliés : un legato diaphane dans Rosen aus dem Süden, un swing irrésistible dans la Olive Branch Waltz de Josef Strauss. Cette audace a insufflé un vent nouveau, transformant le concert en un dialogue vivant plutôt qu’en rituel touristique.

Un programme d’équilibre et d’ouverture sur le monde. 

Le programme intégrait deux premières mondiales pour ce concert : Sirenen Lieder de Josephine Weinlich, où harpe et vents tissaient une séduction mythologique envoûtante, et la Rainbow Waltz de Florence Price, dont les harmonies post-romantiques apportaient une tendresse émouvante — un véritable arc-en-ciel multiculturel au cœur du bal viennois. Encadrés par des classiques tels l’ouverture Indigo und die vierzig Räuber de Johann Strauss II ou Donausagen de Ziehrer, ces choix osaient l’inclusivité sans renoncer à l’élégance, portés par les cordes du Philharmonique, d’un velours somptueux dans les transitions les plus délicates.

Casse-Noisette au Capitole : une version vintage sauvée par des danseurs de talent 

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Le conte de Nöel par excellence est souvent repris pour être modernisé. Aux Etats Unis comme en France, les danses orientalistes du second acte sont de plus en plus souvent remplacées par des passages évoquant les douceurs sucrées de Noël (comme à Bordeaux l’an dernier dans la très belle version de Boyadjiev) tandis que d’autres font le choix de remodeler l’histoire (comme Kader Belarbi en 2017 pour ce même ballet du Capitole lorsqu’il en était directeur). La version proposée à Toulouse pour ces fêtes 2025 est celle créée par Michel Rahn en 2009. Cette production fait le choix de la tradition : les danses stéréotypées sont toujours là et le kitsch du ballet de Nöel se retrouve dans les décors du second acte ainsi que dans les projections vidéos. Mais les danseurs investis et les solistes d’exception font presque oublier ces clichés pour ne retenir que la féerie du ballet. 

Plusieurs plaisirs nous ancrent dans cette magie des fêtes de fin d’année. 

D’abord nous découvrons l’Orchestre national du Capitole et la maîtrise de l’opéra pour interpréter les tubes de Tchaïkovski. 

Ensuite nous retrouvons les merveilleux danseurs de l’opéra du Capitole. Lian Sánchez Castro, qu'on avait adorée dans le programme Balanchine, propose une Clara parfaite. Elle se confond d'abord avec les enfants avant de nous éblouir par sa précision et sa légèreté lors de ces apparitions solos. 

La version de Michel Rahn propose des scènes particulièrement réussies comme celle de l’automate (Aleksa Žikić en soldat de plomb) ou la mythique valse des flocons. Avec 12 danseuses, le chorégraphe parvient à créer un passage néo classique féérique.l’ensemble des danseuses respirant d'un même souffle. 

Classique ?, un spectacle pas si classique de Victoria Dauberville

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Victoria Dauberville n’est plus à présenter. Vous connaissez cette danseuse classique de formation, désormais star des réseaux sociaux pour sa magnifique photo sur le bulbe d’un paquebot dans l'Antarctique, pour son duo en tutu face à un danseur de breakdance lors des JO parisiens, ou pour ses nombreuses campagnes pour de grandes marques. Cette fois, c’est sur scène qu’on la retrouve, pour sa première création : Classique ? spectacle à découvrir à Paris et dans toute la France en cette fin d’année. 

La représentation commence par la question “La danse classique qu’est ce que c’est ?” mais la réponse n’est pas tranchée dans ce ballet storytelling d’une jeune ballerine, sortie d’une boîte à musique rouillée, une valise à la main à la recherche de sa liberté. Elle voyage dans le métro parisien où elle insuffle la danse aux parisiens impatients, aux passagers rivés sur leurs téléphones, une scène inventive et très réussie, qu’on aimerait bien voir reproduite dans la vraie vie ! 

Différentes scénettes s'enchaînent, évoquant de nombreux clichés autour du ballet comme par exemple l’audition où les danseurs se battent pour être sous le feu des projecteurs. Fallait-il rire ou compatir aux sorts des candidats ? 

A d’autres moments, on pourrait percevoir une dénonciation de codes du milieu de la danse : la ballerine se fait retirer le micro quand elle commence à parler. Un début de scène d’harcèlement de rue se transforme en battle de danse où les hommes finissent KO par une Victoria Dauberville surpuissante sur pointe. La scène prend des airs de comédie musicale malgré une playlist décevante.

Charmant programme de Noël associé à la basilique Santa Maria Maggiore de Rome

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Noël à la Bethléem de l’Occident. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Messa per il Santissimo Natale. Non so qual piu m’ingombra. Beata Mater. O Magnum Mysterium. Giovanni Giorgi (?-1762) : Messa a quattro concertata con violini per la notte di Natale. Carlotta Colombo, soprano. Coro e Orchestra Ghislieri, Giulio Prandi. Marco Piantoni, Alberto Stevanin, violon. Jorge Alberto Guerrero, violoncelle. Mario Lisarde Beinat, contrebasse. Francesco Tomasi, théorbe. Deniel Perer, orgue. Livret en anglais, français, italien. Mars 2025. 69’19’’. Arcana A 587