Oxalys : un festival qui ouvre les portes de l’aventure en musique de chambre
Pour la deuxième fois, Oxalys présente son festival. Le lieu, la Tricoterie dans le fonds de saint Gilles, est décontracté à l’instar des membres de l’ensemble dans leurs habits rougeoillants. Mais l’approche, comme l’explique Shirly Laub, une des chevilles ouvrières d’Oxalys, est sérieuse et limpide.
Dès le départ, nous avons défini notre démarche : sortir des sentiers battus en servant la discipline des ensembles de chambre. Un domaine très riche mais furieusement méconnu, tant du public que des organisateurs. On subit alors l’impression fâcheuse de mettre un temps fou à élaborer des programmes, que nous trouvons passionnants, mais que nous ne parvenons pas à programmer ! De là, l’idée d’organiser notre propre festival pour confronter le public avec nos propositions. Et bon enfant, il se laisse faire facilement et ne manque pas de montrer sa satisfaction. En fait notre rêve serait de tenir un salon, comme cela se pratiquait au tournant du 19e siècle : rester attentif à ce qui se passe, le servir et, ensuite, prendre la température. Le salon devient alors une vraie chambre d’essai comme il l’était avec « La Libre esthétique » qui bénéficiait du soutien de fortes personnalités comme Ysaÿe ou Crickboom.
Comment sélectionnez-vous les œuvres jouées ?
Pour arriver à tomber d’accord sur un programme nous lisons des tas d’œuvres (c’est un travail colossal pour le pianiste) et ensuite on choisit. Et c’est parfois dur de se dire qu’on a étudié dix œuvres pour en choisir deux ou trois. Certes, tous ces compositeurs ne sont pas des innovateurs forcenés mais on peut être d’excellents musiciens sans chercher à tour prix à refaire le monde. Beaucoup évoluent dans la mouvance de Franck et de Ysaÿe : ils étaient au cœur de la nouveauté à l’époque et ont reçu ensuite une réputation de conservateurs. L’apport capital d’un salon réside dans la confrontation des œuvres, chacune se définissant par rapport aux autres. Leur écoute permet de créer des rencontres, les musiciens réagissant l’un à l’autre. L’interprète peut alors s’exprimer dans un cadre non formaté.