Mots-clé : Elsa Dreisig

Don César de Bazan de Jules Massenet, une première de grande noblesse  

par

Jules Massenet ( 1842-1912) : Don César de Bazan (version 1888). Opéra comique en quatre actes et quatre tableaux. Laurent Naouri, baryton ; Elsa Dreisig, soprano ; Marion Lebègue, mezzo-soprano ; Thomas Bettinger, ténor ; Christian Helmer, baryton ; Christian Moungoungou, baryton. Ensemble Aedes, Orchestre des Frivolités Parisiennes, Mathieu Romano. 2019-Livret en français et anglais. 1’52’05’’. 2 CD Naxos. 8660464-65.

Quatuor Arod: Mathilde est revenue

par

The Mathilde Album. Anton Webern (1883-1945) : Langsamer Satz ; Arnold Schönberg (1874-1951) : Quatuor à cordes N° 2, Op. 10* ; Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : Quatuor à cordes N° 2, Op. 15. Quatuor Arod, Elsa Dreisig*.2019-DDD-80’26-Textes de présentation en français, anglais et allemand -Erato 19029542552

Elsa Dreisig en voyage initiatique

par

« Morgen ». Henri DUPARC (1848-1933) : L’Invitation au voyage ; Phidylé ; Sérénade florentine ; Aux étoiles ; Chanson triste ; Extase ; La Vie antérieure. Richard STRAUSS (1864-1949) : Vier letzte Lieder ; Malven ; Morgen. Serge RACHMANINOV (1873-1943) : Six Romances op. 38. Elsa Dreisig, soprano ; Jonathan Ware, piano. 2020. Livret en anglais, français et allemand. Textes en langue originale, avec traductions. 76.50. Erato 0190295319489.

Des Puritains entre fer et chair

par

Tout respire la grâce chez Bellini. Des orbes pures, un legato qui chavire, des modulations moirées…une seule dynamique : celle de la courbe. Pourtant, c’est à travers une carcasse anguleuse pivotant sur tournette que l’on assistera à l’affrontement entre partisans de Cromwell et royalistes Stuarts d’un côté et aux déchirements amoureux entre Elvira et Arturo de l’autre. Ce procédé informatique appelé « rendu fil de fer » en trois dimensions date des années soixante. Il consiste à ne représenter que les seuls vecteurs d’une structure. On pense à des arêtes de poisson ou des squelettes. Or cette modélisation (reprise d’une précédente production) entre en conflit avec le galbe, le charnu, l’émotion de la substance musicale ; pire, elle ne présente -par définition- pas de surface et n’implique donc aucune dimension intérieure. C’est doublement fâcheux : l’expression des sentiments constitue en effet le socle même du belcanto ; le contraste entre le fracas des armes et le chant des déchirements intimes recèle par ailleurs l’un des plus puissants ressort d’I Puritani.  

Des ténèbres aux lumières : Don Giovanni à Paris

par

Au Palais Garnier à Paris, Ivo van Hove propose une lecture en quelque sorte inversée du « Don Giovanni » de Mozart : au lieu d’être, comme d’habitude, une course folle aux ténèbres pour son héros malfaisant, son cheminement s’extirpe des ténèbres pour ramener les autres protagonistes à de belles lumières radieuses.  

Dès l’entrée dans la salle, les spectateurs sont surpris du décor imposant qui s’offre à leur vue – il a fallu renforcer les soubassements du Palais Garnier. Comme si une petite ville ancienne d’Espagne avait été reconstruire à l’identique, dans le dédale de ses ruelles, mais avec un béton omniprésent au gris étouffant. Il n’y a que peu de lumière, il n’y a guère de couleurs. De plus, quand on considère les nombreux escaliers qui unissent les différents niveaux, on pense immédiatement à l’artiste néerlandais M. C. Escher et à ses improbables constructions dont l’entrelacs des escaliers, défiant toute perspective et toute réalité, interpelle les regards. En fait, ici, ce labyrinthe est tel que les personnages ne peuvent s’échapper, qu’ils sont toujours condamnés à se voir, à s’observer, à se retrouver. Et on le sait, la tragédie naît de la confrontation inexorable.