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Début d’une intégrale Guillou à l’orgue, sur sa console de Saint-Eustache

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Jean Guillou (1930-2019) : Temora, ballade ossianique no 1 op. 8. Pensieri pour Jean Langlais op. 54. Regard op. 77. Éloge I op. 52. La Chapelle des abîmes op. 26. Franz Liszt (1811-1886) : Orpheus ; Prometheus ; Tasso ; Valse oubliée no 1 [transcr. Jean Guillou]. Fantaisie et Fugue sur B-A-C-H [version syncrétique Jean Guillou]. Zuzana Ferjenčíková, orgue de l’église Saint-Eustache de Paris. 2022. Livret en anglais, français, allemand. TT 69’22 + 68’12. Digipack deux SACD Aeolus AE-11391

Daniel Barenboim à la française 

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César Franck (1822–1890) Symphonie en ré mineur CFF 130 ; Gabriel Fauré (1845–1924) Pelléas et Mélisande, op. 80 - Suite pour orchestre d’après la musique de scène pour la pièce de théâtre de Maeterlinck. Berliner Philharmoniker, Direction : Daniel Barenboim. 2023. Livret en anglais et allemand. 64’. DGG 00028948667345

Măcelaru à la Maison de la Radio : l’oiseau et le sortilège

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Ce jeudi 28 novembre, Cristian Măcelaru dirigeait l’Orchestre National de France pour le public de la Maison de la Radio, attiré par un programme symphonique fort alléchant : le Poème pour orgue et orchestre (op. 9) de Jeanne Demessieux, le Concerto pour piano n°1 en sol mineur (op. 25) de Félix Mendelssohn, la suite de 1919 de L’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky, et L’Apprenti sorcier de Paul Dukas. 

Le morceau de Jeanne Demessieux incarne une idée intéressante du principe concertant. Le morceau nous donne l’occasion d’apprécier plusieurs minutes de détachés opiniâtres, d’ostinatos obsessionnels – mais aussi des contemplations plus crépusculaires, aux accents jazz. Bref, un morceau complexe, riche, où le corps à corps de l’orgue avec les timbres de l’orchestre prend de multiples formes, et où le relief semble ne jamais cesser de changer. À la console, Lucile Dollat, appliquée et minutieuse.  

Là-dessus, entrée de Beatrice Rana pour le Mendelssohn. La pianiste enchaîna avec une vélocité étourdissante les péripéties de la main gauche, mais révéla aussi une grande subtilité dans le déploiement des thèmes -avec une parfaite souplesse qui effleurait le rubato mais n’y tombait jamais. Une performance remarquable, assez étourdissante. Coup de cœur pour le premier et le dernier mouvement.

Un parcours poétique dans les rituels médiévaux de Bosnie et Herzégovine

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Heretical Angels, -Rituals of Medieval Bosnia and Herzegovina. Dialogos. Katarina Livljanić, chant. Albrecht Maurer, vièle, rebec. Norbert Rodenkirchen, flûtes. Kantaduri. Joško Ćaleta, Nikola Damjanović, Srećko Damjanović, Tonko Podrug, Milivoj Rulov, chant. Jure Miloš, chant, gusle, dvojnice. Livret en anglais, français ; paroles en langue originale et traduction bilingue. Janvier 2023. TT 63’32. Arcana A560

Bach transcrit à la mandoline et à la guitare, par Alon Sariel et Franz Halász

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Plucked Bach II. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Toccata & Fugue en ré mineur BWV 565. Sonate pour violon no 2 en la mineur, BWV 1003. Prélude de la Partita pour violon no 3 en mi majeur, BWV 1006. Prélude & Allegro en mi bémol majeur BWV 998. Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Obsession de la Sonate no 2 en la mineur Op. 27 no 2. Alon Sariel, mandoline. Francesca Benetti, théorbe. 2020 et 2021. Livret en anglais. 47’41''. Pentatone PTC 5187 109

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates et Partitas en sol mineur, si mineur, la mineur, ré mineur, ut majeur, mi majeur BWV 1001-1006. Franz Halász, guitare. 2022. Livret en anglais, allemand, français. 71’50'' & 60’42''. BIS 2705

Le roi Georges Prêtre, charisme et fulgurances d'un chef singulier

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Georges Prêtre, The SWR Recordings. Oeuvres de Ludwig van Beethoven (1773-1827) ; Johannes Brahms (1833-1897) ; Anton Bruckner (1824-1896) ; Hector Berlioz (1803-1869) ; Maurice Ravel (1875-1937) ; George Bizet (1838)1875) ; Antonín Dvořák (1841-1904) ; Ottorino Respighi (1879-1936) ; Igor Stravinsky (1882-1971) ; Richard Strauss (1864-1949). Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR, direction Georges Prêtre. 1991-2004. Livret en allemand et anglais. 8 CD SWR19155CD

Coffrets d'anniversaires et de fêtes chez Warner

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A l’approche des fêtes de fin d’année, Warner décuple ses énergies avec des coffrets thématiques qui célèbrent des anniversaires tant d'interprètes que de compositeurs, mais aussi qui font tourner habillement le catalogue.

Paavo Järvi. The Complete Erato Recordings. 1996-2023. 31 CD Warner. 5 054197 955037

Paavo Järvi se voit honoré d’un coffret qui reprend ses enregistrements depuis 1996. On se souvient à la fin des années 1990 de l’arrivée de ce jeune chef qui avait d’emblée cassé la baraque avec des enregistrements de musiques scandinaves et nordiques à commencer par deux albums Sibelius avec en tête d’affiche la suite Lemminkainen et Kullervo et un enregistrement Stenhammar avec sa Symphonie n°2. Le charisme de la baguette et la lisibilité des détails avaient placé la barre très haut. Ensuite, Warner a régulièrement enregistré le chef jusqu’à son mandat d’avec l’Orchestre de Paris lui faisant explorer différents pans du répertoire avec les orchestres auprès desquels il était associé selon des affinités géographiques et stylistiques. Pärt, Grieg, Sibelius (rares cantates), Tubin, Tüür avec la vaillant orchestre national d’Estonie puis Mahler, Brahms avec l’Orchestre de la radio de Francfort et Fauré, Bizet, Dutilleux, et même Rachmaninov avec l’Orchestre de Paris. Un temps associé comme chef invité au Philharmonique de Radio France et au City of Birmingham Symphony Orchestra, Paavo Järvi est documenté soit dans des partitions symphoniques, soit dans du répertoire concertant. 

Dès lors, on place aux sommets de cet album les 2 concertos de Brahms pour piano avec Nicholas Angelich, des gravures à l’impact magistral portées par le brio du pianiste alliant puissante digitale, solidité de la vision et plastique du toucher. Autre immense réussite, un album Dutilleux magistral (Symphonie n°1, Métaboles et Sur un même accord) avec l’Orchestre de Paris. Ici, l’impact de la direction porte le matériaux au magma orchestral tant aux Métaboles que dans la Symphonie n°1 emportée dans un bouillonnement organique magistral. D’autres disques sont de belles réussites comme ce Bizet altier et conquérant (Symphonie en Ut, Roma, Petite Suite d’orchestre Jeux d’enfants) ou un pétaradant Bernstein (Suite de West Side Story, Divertimento, Facsimile, Prélude, Fugue and Riffs) avec le CBSO. D’autres sont un peu moins percutants ou comme un work in progress comme ce Requiem allemand de Brahms ou cette Symphonie n°2 de Mahler. Parfois la vision du chef butant sur des limites techniques des phalanges à l’image d’un set de musiques de ballets russes avec un Philharmonique de Radio-France plutôt vulgaire de fini et avec un son décevant ou un orchestre de Paris vaillant mais trop précautionneux dans des Rachmaninov. Paavo Jarvi n’avait pas peur aussi de graver du Chostakovitch peu fréquent comme ses cantates avec le très controversé Chant des forêts calaminé par la propagande stalinienne.