Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

L’Ammazone Corsara de  Carlo Pallavicino au Festival d’Innsbruck

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Carlo Pallavicino, né à Padoue en 1630, actif à Venise et plus tard à Dresden où il mourra en 1688, est l’auteur d’au moins 22 opéras, en grande partie sur de livrets de Matteo Noris. Celui-ci, cependant, est de Giulio Cesare Corradi et fut créé à Venise, au Théâtre de SS. Giovanni et Paulo en 1686. L’immense majorité des œuvres de Pallavicino, l’un des successeurs de Cavalli à Venise, sont restées dans l’oubli jusqu’à cette année 2022 où deux productions-renaissance ont vu le jour : celle de Le ammazone nell’isola fortunata, sur un livret de Carlo Maria Piccioli, qui a vu le jour à Postdam et Beaune sous la conduite de Christophe Rousset et ses Talens Lyriques, et celle-ci L’ammazone corsara au Festival Baroque d’Innsbruck. Antonio Vivaldi avait aussi mis en musique ce livret, mais on n’en conserve malheureusement pas la musique.

Au XVIIe siècle, on voyait couramment sur les scènes d'opéra des femmes puissantes, insensibles à l’appel érotique masculin. On les appelle amazones par réminiscence des guerrières grecques, mais Alvilda est ici reine des Goths. Et ne fait donc pas exception : au lieu de succomber aux sollicitations du roi danois Alfo, elle préfère traverser les mers en pirate jusqu’à ce qu’elle soit secourue précisément par le Danois lors d’un naufrage. C'est donc autour du libre choix féminin, ou libre arbitre amoureux qui tourne L'amazzone corsara. Le compositeur, originaire de Salò sur le lac de Garde, a sans doute écouté les madrigaux très descriptifs et drôles d’Adriano Banchieri (La barca di Padova a Venezia) car sa musique est empreinte de spontanéité et de joie. Il écrit des récitatifs au caractère théâtral bien tranché et des Ariosi ou des esquisses d’airs : le principe du « da capo » et des variations inhérentes n’est pas encore définitivement codé. Mais ces éléments permettent de raconter l’histoire de manière très fluide, bien moins hiératique que ce qui deviendra plus tard l’« opera seria ». La plupart des chanteurs choisis sont issus du Concours Cesti de 2021, faisant la preuve du niveau très prometteur, si pas très accompli, de cette fournée. Il s’agit d’une production à petit budget, mais cela ne conditionne pas foncièrement son niveau artistique. C’est plutôt le contraire car l’enthousiasme et l’engagement scénique des jeunes talents sont souvent une cure de jouvence pour l’auditeur.

Christian Poltéra, Haydn, Hindemith et perspectives 

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Le violoncelliste Christian Poltéra a construit une discographie considérable tout en réussissant à imposer ses interprétations comme des références autant dans des grands classiques que dans des œuvres plus rares. Il fait paraître un album Haydn/Hindemith en compagnie du Münchener Kammerorchester qui revisite les partitions. Crescendo-Magazine rencontre ce musicien qui ne cesse d’aller de l’avant. 

Votre enregistrement comprend les deux concertos pour violoncelle de Haydn, auxquels s'ajoute la Trauermusik de Paul Hindemith (enregistrée ici dans sa version pour violoncelle et orchestre). Qu'est-ce qui vous a poussé à combiner des œuvres de ces deux compositeurs très différents ?

Le répertoire pour violoncelle et orchestre de chambre n'est pas très vaste. La plupart des chefs-d'œuvre pour violoncelle datent du XXe siècle et ont été composés avec de grands orchestres symphoniques. La Trauermusik de Hindemith est une exception de génie, écrite pour cordes seulement. La combinaison contrastée de Haydn et Hindemith m'a souvent satisfait lors de concerts et j'ai donc voulu les associer sur ce CD. 

Vous dirigez également l'orchestre. Était-il nécessaire d'enregistrer ces œuvres avec vous au violoncelle et au pupitre ? 

Je n'ai pas dirigé l'orchestre en tant que tel, j'ai simplement été chargé de nombreuses décisions stylistiques et musicales, et ce, non seulement avec le violon solo du Münchener Kammerorchester, mais aussi en dialogue avec tous les membres de l'orchestre. À mon avis, ces concertos de Haydn fonctionnent le mieux lorsqu'ils sont traités comme de la grande musique de chambre. 

Comment s'est passée votre rencontre avec le Münchener Kammerorchester qui est votre partenaire orchestral sur cet album ? 

J'ai connu l'orchestre lors de précédentes collaborations avant de m'engager à enregistrer ces œuvres majeures avec lui. L'orchestre n'est pas seulement brillant, il suit aussi, à mon avis, une voie très naturelle qui consiste à être informé sur le plan historique tout en étant un groupe flexible de musiciens couvrant un large éventail de répertoires. 

Pascal Vigneron, à propos d’une intégrale collective de l’oeuvre pour orgue de Messiaen 

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L’organiste Pascal Vigneron est le maître d'œuvre d’une intégrale au disque des partitions pour orgue de Messiaen enregistrée à la Cathédrale de Toul. Ce projet est particulier car il fédère des étudiants d’institutions d’enseignement musical qui se sont partagées les différentes pièces. Ce projet est aussi unique que novateur et il a une déclinaison belge car des étudiants de la classe d’orgue de Benoît Mernier au Conservatoire y ont pris part (Charlène Bertholet, Salomé Gamot, Laurent Fobelets, Damien Leurquin et Maria Vekilova). Crescendo Magazine s’entretient avec Pascal Vigneron qui nous présente les axes et les enjeux de ce projet qui fera date  

Vous avez initié ce projet d’une intégrale de l’oeuvre d’orgue d’Olivier Messiaen partagée par des élèves des institutions d’enseignement musical : Conservatoires nationaux supérieurs de Musique de Paris et de Lyon,  Schola Cantorum de Paris, des Conservatoires de Nancy et Saint-Maur, Musikhochschule de Stuttgart et Conservatoire royal de Bruxelles. Pourquoi avoir choisi l'œuvre de Messiaen spécifiquement comme dénominateur de cette aventure ?  

Olivier Messiaen fut captif à Toul en 1940. C'est là qu'il commença l'écriture du Quatuor pour la fin du Temps. Il me semblait qu'il n'y avait pas meilleur lien pour fêter les 800 ans de la cathédrale de Toul. C'est un événement majeur qui restera gravé pour  les temps à venir. Si la pierre marque notre empreinte sur notre planète, la musique reste présente dans nos âmes et dans nos cœurs. L'œuvre est essentiellement chrétienne, et catholique. A une période ou nombre de nos congénères sont perdus, ou troublés, il est toujours important de ressaisir nos racines, de les cultiver et de les faire perdurer. C'est dans cet esprit que l'enregistrement à été réalisé, grâce à la compréhension de la Ville et de son Maire.

Est-ce que les partitions pour orgue de Messiaen présentent des qualités pédagogiques particulières pour de jeunes instrumentistes ? 

Toute somme musicale ou artistique porte en elle même une pédagogie. Encore faut-il être ouvert aux messages inclus dans l'œuvre artistique. Dans l'écriture de Messiaen, les modes, les thèmes, les ambiances, les couleurs, le langage des oiseaux, les formes rythmiques, les évocations, sont tous des points de pédagogie. Il faut juste extraire ce que l'on veut apprendre et faire apprendre. Pour le langage des oiseaux, il est bon de se référer à des livres d'ornithologie, pour comprendre ce que veut dire l'oiseau, et ensuite le transposer dans son jeu. Ce n'est qu'avec une telle méthode que le mot pédagogie prend tout son sens. Mais les exemples sont multiples, et cette dite pédagogie s'adresse aussi bien à l'interprète qu'à l'auditeur. De plus, il y a des pièces qui s'adressent à tous les niveaux, ce qui est un plus pour former un jeune musicien.

Comment avez-vous fédéré toutes ces institutions musicales autour de ce projet ? Comment avez-vous “partagé” la répartition des œuvres en fonction des institutions et des étudiants ? 

La répartition s'est faite avec et grâce au concours des professeurs. Ils ont été tous sans exception enthousiastes d'un tel projet. Ensuite une fois ce partage établit, le contact n'en n'a été que plus facile avec chacun des jeunes organistes. La difficulté des pièces, les heures de travail ont été ainsi réparties pour que chaque individu puisse donner le meilleur de lui-même.

A Pesaro, Le Comte Ory triomphe d’Otello 

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Inauguré en août 1980, le Festival Rossini de Pesaro (ROF) présente, en ces jours-ci, sa 43e édition en ouvrant les feux avec Le Comte Ory, avant-dernière création lyrique du maestro et quatrième des ouvrages parisiens donnés à l’Académie Royale de Musique le 20 août 1828. A Pesaro, il n’a connu que quatre séries de représentations entre 1984 et 2009. Et la nouvelle production, présentée dans le vaste auditorium du Vitrifrigo Arena, est confiée à Hugo De Ana qui assume régie, décors et costumes. Plutôt que de nous immerger dans un Moyen-Age de carton-pâte, il a l’ingénieuse idée de nous entraîner dans le Jardin des Délices de Hieronymus Bosch en nous faisant passer par le Jardin d’Eden au début de chaque acte afin de faire miroiter en fond de scène le Lac avec la Fontaine de la Vie. De ce large triptyque se détacheront quelques éléments ‘en dur’ come l’Homme-arbre du Panneau de l’Enfer ou la tête de vieillard sortant d’une citrouille du volet central. Continuellement, le rire vous vient aux lèvres à la vue des dames de Formoutiers dont la coiffure fleurit sous forme de buisson ou du Comte Ory travesti en Moïse à barbe postiche qui se laisse guider par l’étoile-néon bleue d’un dancing pour affronter son page Isolier portant des tables de la loi phosphorescentes. Le salon gothique de l’acte II se métamorphose en terrain de sport où ces dames se livrent à l’aérobic avant de faire entrer les soi-disant pèlerines dans une cave qui tient d’une cuisine des anges en pagaille. Et c’est en trottinette électrique que la pseudo sœur Colette se rendra auprès de la vitrine de musée où un colibri tente de s’accoupler à un canard totalement avachi. Mais le célèbre trio « A la faveur de cette nuit obscure » réunissant Ory, la Comtesse et le page frise le ridicule avec les tentatives d’étreintes qu’entrave la grandeur des oiseaux empaillés. Mais qu’importe ! Le spectacle est continuellement émoustillant !

Et son dynamisme est amplifié par la baguette du chef vénézuélien Diego Matheuz qui dirige l’Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI en faisant scintiller les pépites de l’orchestration géniale du dernier Rossini. Le Chœur du Teatro Ventidio Basso d’Ascoli Piceno s’adapte aisément à cette veine hilarante qui contamine aussi le plateau. 

A Vérone, Zeffirelli toujours en tête d’affiche 

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Pour sa 99e édition, le Festival des Arènes de Vérone renoue avec la dimension spectaculaire qui a fait sa gloire en reprenant quatre des productions de Franco Zeffirelli. La saison 2022 s’est donc ouverte avec Carmen dont il avait présenté une première réalisation en juillet 1995, reprise six fois et remaniée en 2009. Aujourd’hui, divers cartons de la version originale non utilisés sont élaborés afin d’enrichir le coup d’œil sur la place de Séville et le paysage montagneux du troisième acte. Stefano Trespidi, proche collaborateur du régisseur disparu en juin 2019, se soucie en premier lieu de la fluidité de l’action en réduisant à une vingtaine de minutes tout changement de tableau, alors qu’est déployée, à l’avant-scène, une série de paravents de tulle coloré à la tzigane. 

Dès les premières mesures de l’Ouverture, interviennent les danseurs de la Compagnie Antonio Gades qui occupent les deux avant-scènes latérales en imposant leur présence jusqu’à la fin de la Habanera pour reparaître ensuite dans la taverne de Lilas Pastia puis exhiber un fandango sans accompagnement musical pour meubler la transition au dernier acte. Pour dynamiser l’action du tableau initial, l’on ne lésine pas sur les moyens car déambulent près de trois cents figurants et choristes revêtant les magnifiques costumes conçus par Anna Anni, jouant sur le jaune et bleu pour les uniformes de la garde descendante, le gris sombre pour les marchands, le blanc verdâtre pour les cigarières et leurs soupirants, tandis que les teintes vives sont réservées aux premiers plans. Au cœur de cette foule bigarrée, deux ou trois ânes, et une calèche où se cache Micaëla ouvrent le chemin qu’emprunteront, au quatrième acte, les coursiers caparaçonnés des quadrilles de la corrida. Même si est frisée l’exagération par cette multitude de comparses peuplant l’auberge ou le refuge des contrebandiers, le regard du spectateur tente néanmoins de se concentrer sur les ressorts dramatiques de l’action habilement ficelée.

Quant à la partition géniale de Georges Bizet, elle est mise en valeur par la direction de Marco Armiliato qui, sciemment, opte pour la version originale française avec les récitatifs chantés concoctés par Ernest Guiraud, tout en sachant mettre ensemble les éléments épars d’un si vaste plateau et en évitant tout décalage, ce qui tient de la prouesse. Il faut saluer aussi la remarquable cohésion du Coro dell’Arena, soigneusement préparé par Ulisse Trabacchini. La distribution vocale est dominée par la Carmen d’Elina Garanca qui, pour les soirs des 11 et 14 août, succède à Clémentine Margaine et à J’Nai Bridges. Usant d’une diction parfaite, sa bohémienne est la véritable bête de scène qui se joue de l’existence avec panache, tout en raillant par de sarcastiques ‘taratata’ son amant à peine sorti de prison puis en osant affronter un destin adverse avec un aplomb invraisemblable. Ne lui cède en rien le José du ténor américain Brian Jadge qui est en mesure de conclure « La fleur que tu m’avais jetée » sur un pianissimo soutenu, alors que son personnage est aussi touchant que sa fin tragique est pitoyable. Claudio Sgura compte sur la brillance de l’aigu délibérément tenu pour donner consistance à son Escamillo, bellâtre bien fruste. Maria Teresa Leva s’ingénie à camper une Micaëla qui gomme la connotation ‘oie blanche’ du rôle pour assumer la légitimité d’un grand lyrique à l’indéniable musicalité. Le plateau est complété adroitement par Daniela Cappiello et Sofia Koberidze, pimpantes Frasquita et Mercédès, Nicolò Ceriani et Carlo Bosi, sardoniques Dancairo et Remendado, et Gabriele Sagona et Biagio Pizzuti, Zuniga et Moralès engoncés dans leurs uniformes.

Résultats de la Finale de la Deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège

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Le Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra s’est clôturé ce dimanche 21 août. Avant de commencer le concert, le Président du jury, Pedro Halffter, et le Directeur Général de l’ORW, Stefano Pace, ont une nouvelle fois remercié et félicité chaleureusement l’Orchestre, les Chœurs et les solistes pour leur professionnalisme et le talent dont ils ont fait preuve lors de l’ensemble des épreuves du Concours. En outre, ils ont permis au jury de se faire une idée concrète de l'interprétation voulue par les différents candidats.

Lors de cette dernière journée, les trois finalistes se sont illustrés dans un des actes des trois opéras choisis par le jury. Lors de cette Finale, Luis TORO ARAYA a dirigé le deuxième acte de La Bohème (Puccini), Dayner TAFUR DIAZ a dirigé le premier acte de Pêcheurs de perles (Bizet) et Giulio Cilona a dirigé le deuxième acte de La Traviata (Verdi).

Après cette dernière journée musicale riche en émotions pour les artistes et le public, venu en nombre pour assister au dénouement de cette compétition, le jury s’est retiré pour délibérer.

Voici le palmarès de la deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra :

Dayner TAFUR DIAZ (Pérou, 1998), largement applaudi et plébiscité par le public mais aussi par les artistes présents sur scène, obtient le Premier Grand Prix : 10.000 € ainsi qu'une invitation à diriger une production d’opéra à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège lors de la saison 2023-2024.
Giulio CILONA (États-Unis et Belgique, 1995) obtient le Deuxième Prix : 4.000 € ainsi qu’une invitation à diriger un spectacle à destination du jeune public à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège lors de la saison 2022-2023.
Luis TORO ARAYA (Chili, 1995) obtient le Troisième Prix : 2.000 € ainsi qu’un contrat d'assistant à la direction musicale sur une production d'opéra à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège.

Rendez-vous début 2025 pour la Troisième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra.

 

Résultats de la Demi-Finale de la deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège.

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Le Concours International de Chefs dOrchestre dOpéra s’est poursuivi ce vendredi 19 août avec la demi-Finale. Lors de cette troisième journée, 6 candidats de 6 nationalités différentes et âgés de 24 à 35 ans, se sont illustrés dans des extraits des trois opéras choisis par le jury. Au programme de cette demi-Finale, nous retrouvons les mêmes œuvres que lors de l’épreuve précédente, à savoir : Les Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi).

Après cette belle journée musicale pour les artistes et le public, le jury s’est retiré pour délibérer. Ils doivent sélectionner trois candidats pour la Finale ayant lieu ce dimanche 21 août.

Lors de la proclamation des résultats des candidats sélectionnés pour la Finale du Concours, le président du jury, Pedro Halffter, a vivement remercié et félicité l’Orchestre, les Chœurs et les solistes pour leur professionnalisme et le talent dont ils ont fait preuve lors de ces trois premières journées.

Voici les trois candidats qualifiés pour la Finale :

TORO ARAYA Luis (Chili, 1995),

TAFUR DIAZ Dayner (Pérou, 1998), 

CILONA Guilio (États-Unis et Belgique, 1995).

Ce samedi 20 août a lieu la générale pour le concert de clôture. Les 3 finalistes prépareront l’épreuve finale du Concours en dirigeant l’Orchestre avec solistes et Chœurs. Le public et le jury ne pourront pas assister à cette répétition afin que les candidats puissent travailler sans pression.

Rendez-vous ce dimanche 21 août à 16.00 dans la Salle Philharmonique de Liège pour connaître le dénouement de cette deuxième édition du Concours International de Chefs dOrchestre dOpéra.

Lors de cette épreuve, les trois candidats dirigeront l’Orchestre avec solistes et Chœurs.

Ainsi, Luis TORO ARAYA dirigera le deuxième acte de La Bohème (Puccini), Dayner TAFUR DIAZ dirigera le premier acte de Pêcheurs de perles (Bizet) et Guilio Cilona dirigera le deuxième acte de La Traviata (Verdi).

Résultats du Quart de Finale de la Deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège.

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Le Concours International de Chefs dOrchestre dOpéra s’est poursuivi ce mercredi 18 août avec le Quart de Finale. Lors de cette deuxième journée, 12 candidats de 9 nationalités différentes et âgés de 24 à 36 ans, se sont illustrés dans des extraits des trois opéras choisis par le jury. Au programme de ce Quart de Finale, Les Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi).

Après cette journée intense pour les artistes et le public, le jury s’est retiré pour délibérer. Ils doivent sélectionner six candidats pour la Demi-Finale ayant lieu ce vendredi 19 août.

Mention spéciale aux solistes qui ont brillamment exécuté la moindre requête des candidats avec beaucoup de brio afin de donner vie à l’interprétation de chacun de ceux-i.

Voici la liste des candidats admis à poursuivre le Concours :

LEVI Davide (Italie, 1987),

TAFUR DIAZ Dayner (Pérou, 1998), 

TORO ARAYA Luis (Chili, 1995),

CILONA Guilio (États-Unis et Belgique, 1995)

HELFRICHT Hermes Jürgen (Allemagne, 1992)

HOLLANDER Gabriel (Belgique, 1988).

À noter que les deux candidats belges sont toujours en lice pour la suite du concours.

Rendez-vous ce vendredi 19 août à 14.00 et 19.00 dans la Salle Philharmonique de Liège pour la suite du Concours.

Pour rappel, lors de cette épreuve, les six candidats dirigeront durant 45 minutes l’Orchestre avec solistes et Chœurs dans un extrait d’une des œuvres suivantes :

Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi).

Résultats de l’épreuve éliminatoire de la Deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège.

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Le Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra a commencé ce mercredi 17 août avec l’épreuve éliminatoire. Lors de cette première journée, 24 candidat.e.s de 14 nationalités différentes et âgé.e.s de 23 à 36 ans, se sont illustré.e.s dans cinq ouvertures et préludes. Au programme de cette épreuve inaugurale, Norma de Bellini, Carmen de Bizet, Don Giovanni de Mozart, Le Barbier de Séville de Rossini et Nabucco de Verdi.

Après cette journée intense pour les artistes et le public, le jury s’est retiré pour délibérer. Ils doivent sélectionner douze candidats pour l’épreuve du quart de finale ayant lieu ce jeudi 18 août.

Voici la liste des candidats admis à poursuivre le Concours :

LEROY CALATAYUD Marc (France, 1991),

LEVI Davide (Italie, 1987),

ROCA MARTINEZ Sergi (Espagne, 1987),

SIMONI Nicola (Italie, 1986),

TAFUR DIAZ Dayner (Pérou, 1998), 

TORO ARAYA Luis (Chili, 1995),

BENATI Félix (France, 1996),

BORNATI Mattia (Italie, 1996),

CILONA Guilio (États-Unis et Belgique, 1995)

FRYKLUND Magnus (Suède,1990),

HELFRICHT Hermes Jürgen (Allemagne, 1992)

HOLLANDER Gabriel (Belgique, 1988).

Rendez-vous ce jeudi 18 août à 14.00 et 19.00 dans la Salle Philharmonique de Liège pour la suite du Concours avec l’entrée en scène des 19 solistes.

Pour rappel, lors de cette épreuve, 12 candidat.e.s travailleront pendant 25 minutes lors d’une répétition musicale avec solistes au piano un extrait de l’une des œuvres suivantes, choisi par le jury: 

Les Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi). Ces trois œuvres feront également l’objet des épreuves ultérieures.

Jean-Frédéric Neuburger, pianiste et compositeur

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Le pianiste et compositeur Jean-Frédéric Neuburger fait l'événement avec la parution d’un nouvel enregistrement Des Canyons aux étoiles de Messiaen où il assure la redoutable partie de piano. Il donnera cette partition en concert aux festivals Berlioz et Ravel en compagnie des artisans de ce disque, l'Orchestre de chambre nouvelle Aquitaine sous la direction de Jean-François Heisser. Crescendo Magazine s’entretient avec ce musicien exceptionnel, l’un des plus importants pianistes de notre époque. 

Cette année 2022 marque les 30 ans de la disparition d’Olivier Messiaen. Avec désormais un certain recul du temps, qu’est-ce que l’on peut retenir, selon vous, de ce grand compositeur ? De sa place dans l’histoire de la musique du XXe siècle ?

Ce compositeur a marqué l’histoire de la musique de façon indéniable. Je retiens son sens de la grandeur -il n’a pas « peur d’en faire trop » »…-, son ouverture d’esprit -les chants d’oiseaux, les rythmes hindous et grecs, beaucoup de nouveaux matériaux ont été utilisés par Messiaen-, sa spontanéité mélodique… Sans oublier sa place marquante en tant que pédagogue !

Vous êtes également compositeur. Est-ce que Messiaen est une inspiration ou une influence pour vous ?

Oui, déjà à travers les aspects que je viens de dire. Mais il faut aussi savoir s’en éloigner : chose faite maintenant ! Là où son inspiration demeure, c’est précisément sur le sens de la grandeur, de ces émotions vives qu’il désirait vraisemblablement faire partager au public...

Que représente pour vous cette œuvre si particulière que sont ces Canyons aux étoiles ? Est-ce que l’interpréter est un défi particulier du fait de sa durée et des exigences techniques de la partie de piano ?

Cette pièce est un véritable OVNI ! Sa durée est un élément marquant (près d’une heure quarante minutes), mais elle fait vraiment « partie » de sa musique. Ramasser cette pièce en quarante-cinq minutes n’aurait aucun sens (tout comme l’opéra Saint-François d’Assise ou Parsifal de Wagner…). Ce n’est pas un défi particulier techniquement, c’est un voyage… au sens baudelairien du terme, celui que j’aime !

Vous aviez déjà interprété cette œuvre, en 2009, avec l’Orchestre philharmonique royal de Liège sous la direction de Pascal Rophé. Est-ce que votre vision de la partition a évolué au fil du temps ?

J’ai adoré jouer cette pièce avec l’Orchestre Philharmonique de Liège et Pascal, j’étais très jeune (j’avais vingt-deux ans), et à l’époque j’acceptais absolument tout ce que l’on me proposait. Lorsque j’ai accepté, je ne connaissais pas la pièce, ni sa durée ! Et c’était ma première interprétation d’une partition de Messiaen avec orchestre. Inutile de vous dire donc que ma vision Des Canyons aux étoiles a bien changé ! J’ai depuis joué d’autres pièces de Messiaen, mais aussi lu le fameux Traité de rythme et d’ornithologie, tout cela m’a permis de me rapprocher de son monde… et du coup, de prendre du recul dans mon interprétation.