Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Barbara Hannigan galvanise le Philhar’ et le public dans Stravinsky, Offenbach et Weill

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C’était un programme particulièrement festif pour ce concert où Barbara Hannigan, dans le cadre de sa résidence à Radio France, dirigeait l’Orchestre Philharmonique. 

Tout d'abord, Pulcinella, pour lequel Igor Stravinsky a repris, pour l’essentiel, des pièces de Jean-Baptiste Pergolèse. La suite d’orchestre, qui permet à tous les instrumentistes de briller, est souvent jouée. Le ballet intégral est moins connu et c’est bien dommage, car c’est ainsi que nous saisissons réellement le contenu émotionnel de ce chef-d'œuvre néo-classique.

Dès l’Ouverture, nous sentons que la générosité sera au rendez-vous. Le hautboïste et les chefs de pupitres des cordes recherchent l’expression, loin de tout maniérisme. Le ténor Ziad Nehme entre pour la Serenata ; la voix est claire et directe, et il pose un décor pastoral et sentimental qui ne laisse pas encore présager les tourments qui vont venir. Suivent quelques pièces d’orchestre contrastées, puis l’Allegretto dans lequel la mezzo-soprano Julia Dawson se charge de nous faire comprendre, avec ses graves terrifiants, que la commedia dell’arte a ses côtés glaçants. Et en effet l’Allegro assai qui s’enchaîne, outre de nous faire admirer la virtuosité des cordes et de la flûtiste, nous emmène bien dans le tumulte, confirmé par l’arrivée peu après du baryton-basse, Douglas Williams, aux vrais airs de Don Giovanni. À son départ l’orchestre exprime une bien émouvante tristesse.

Christophe Delporte, Astoria et la Misa Tango 

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Virtuose de l’accordéon et du bandonéon, notre compatriote Christophe Delporte est le fondateur de l’Ensemble Astoria qui se consacre au tango. En compagnie des New Baroque Times Voices, Astoria nous ravit avec un nouvel album nommé  Misa Tango. 

Votre nouvel album se nomme Misa Tango. Pouvez-vous nous en expliquer le concept ? 

Léonardo Anglani (le pianiste d’Astoria) et moi-même avons été sollicités par une excellente chorale amateure et un petit orchestre pour interpréter la Misa Tango (Misa a Buenos Aires) de Martín Palmeri. (Pour quelques concerts en Belgique). Lors de la première répétition et dès les premières notes, nous avons eu la même idée…….. pourquoi ne pas arranger la MisaTango pour Astoria ?

Depuis 18 ans (et 6 albums), Astoria interprète exclusivement la musique d’Astor Piazzolla ! Mais pourquoi ne pas faire un petit pas de côté ? Après tout, Martín Palmeri est également un compositeur Argentin et surtout l’univers « Misa Tango » nous invite naturellement à penser à Astor Piazzolla.  En tous cas, nous y avons vu (et entendu) une passerelle évidente entre ces deux compositeurs.

Cet album propose des œuvres de Piazzolla dont nous célébrons le centenaire. Pour vous qui avez consacré au tango et à ce compositeur plusieurs albums, pourquoi sa musique nous touche-t-elle toujours autant ? 

La musique d’Astor Piazzolla est une musique vivante, vibrante, qui parle d’amour, de douleur, d’espoir et de mélancolie et qui vous emporte dans un maelström de sensations. C’est un réel plaisir que de parcourir tous ces sentiments et surtout de les transmettre au public. 

Streamings de la semaine : Tourcoing, Liège et Bruxelles

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Pour commencer cette sélection, nous vous donnons rendez-vous en ligne. Le samedi 5 juin à 20h sur la page Facebook de l’Atelier lyrique de Tourcoing,vous pourrez retrouver l'Orchestre les Ambassadeurs sous la direction d’Alexis Kossenko pour un concert qui fera revivre l’orchestre de Dresde au temps de Bach, à travers une sélection de chefs-d’œuvre de Zelenka, Heinichen, Pisendel, Fasch. Ce concert sera également en crosspostage sur la page Facebook sur Crescendo Magazine.

Les Ambassadeurs n’ont pas lésiné sur les moyens pour en rendre toute la saveur, l’intensité et la fougue – orchestre somptueux et solistes d’exception (Coline Dutilleul et Stephan MacLeod). Un projet filmé dans le cadre de l'abbaye de Royaumont. 

A l'Opéra de Liège, ce sera la fête à Mozart avec un superbe Cosi fan Tutte sous la direction de Christophe Rousset. Au pupitre de cette version concertante, le chef français dirigera une distribution qui s’annonce excellente : Cyrille Dubois, Leon Košavić, Maria Rey-Joly, Lucia Cirillo, Sophie Karthäuser et Lionel Lhote. Rendez-vous du 5 juin au 15 juin. 

Du côté de La Monnaie de Bruxelles, qui reprend des représentations publiques avec Tosca de Puccini et un récital particulièrement attendu de Simon Keenlyside, vous pouvez visionner jusqu’au 8 juin un concert nordique avec Sibelius (Concerto pour violon) et Grieg (Extraits de Peer Gynt) avec le violoniste Emmanuel Tjeknavorian, en compagnie de l’Orchestre symphonique de La Monnaie sous la direction d’Alain Altinoglu. 

L'école belge de violon (III) : Eugène Ysaÿe

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Crescendo-Magazine reprend un dossier consacré à l'école belge de violon publié en avril 2002 sous la plume de Michele Isaac.

Alors que tous les violonistes énoncés ont apporté leur contribution à l’édifice violonistique national et mondial, il en est un qui demeure le plus merveilleux d’entre tous. Eugène Auguste Ysaÿe (Liège 1858-Bruxelles 1931) doit sa notoriété immuable à sa carrière de soliste virtuose mais également à son rôle prépondérant dans la création d’un des plus prestigieux concours de musique.

Tandis que son père est violoniste et chef d’orchestre à l’opéra de la Cité Ardente, le jeune Eugène suit des cours de violon entre 1865 et 1869 chez Désiré Heynberg au Conservatoire de Liège. Après le décès de sa mère, il accompagne son père dans ses tournées et joue dans son orchestre. Entre 1872 et 1874, il décide de reprendre l’étude de l’instrument à archet chez Rodolphe Massart. Cependant, son éducation musicale se parfait auprès d’Henryk Wieniawski à Bruxelles et peu après chez Henri Vieuxtemps à Paris de 1876 à 1879. Devenu chef d’orchestre de la “Bilsesche Kapelle” à Berlin de 1879 à 1883, Ysaÿe entreprend des tournées dans les pays scandinaves et en Russie où il devient le garant des œuvres de César Franck, de Gabriel Fauré et de Claude Debussy. Cinq ans plus tard, il crée le fameux “Quatuor Ysaÿe” composé de Mathieu Crickboom, Léon Van Hout, Joseph Jacob et de lui-même. De 1886 à 1898, il tient le poste de professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles où il se permet d’organiser fréquemment des concerts de musique moderne. C’est ainsi qu’il fonde la “Société des concerts Ysaÿe” qui perdure de 1895 à 1940. Parcourant les continents, il revient en Belgique en 1922 après avoir émigré un temps en Angleterre et aux États-Unis pendant la Grande Guerre. Affaibli par un état de santé précaire, il voit la consécration de son unique opéra écrit en langue wallonne Pière li Houyeu  cinq semaines avant de mourir le 12 avril 1931.

 Celui qui n’a composé que “pour et par le violon” a laissé de très belles œuvres dont de nombreux Poèmes adaptés pour le violon de conception toute lisztienne et un groupe remarquable de Six Sonates pour violon seul, opus 27 daté de 1923. Ayant joué une rôle primordial dans l’évolution de la technique instrumentale, Ysaÿe demeure un pionnier de l’école moderne du violon grâce à sa conception particulière de doigtés jamais utilisés auparavant.Reconnu par ses pairs, il s’est fait des amis parmi lesquels on retrouve Henri Duparc, Gabriel Fauré, Édouard Lalo, Ernest Chausson, Guillaume Lekeu, Vincent d’Indy, Claude Debussy mais aussi le “Français d’adoption” César Franck. Impressionnant tant par son jeu violonistique que par sa personnalité et son aspect physique, Ysaÿe forme à partir de 1896 à Paris avec Raoul Pugno un duo légendaire par lequel il se distingue notamment dans l’interprétation de la Sonate en la majeur offerte par Franck.

Au festival de Pentecôte de Salzbourg : Cecilia Bartoli rend hommage à Rome

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Pour la dixième édition du festival de Pentecôte de Salzbourg sous sa direction artistique Cecilia Bartoli a choisi comme thème ”Roma Eterna” : un hommage à sa ville natale. Pendant quatre jours le festival proposait sept spectacles et concerts dans les différents théâtres de la ville de Mozart ainsi que des projections de film comme  La dolce vita  de Fellini et  Accatone de Pasolini.  Cependant, l’affiche a été un peu modifiée du fait de la pandémie et le le “Diner de Gala” proposé par un chef trois étoiles n’a pas survécu aux exigences sanitaires. 

Il trionfo del tempo e del disinganno, un oratorio de Händel en deux parties de 1707 ouvrait le festival. C’est le premier oratorio de Händel qui choisit un livret du cardinal Benedetto Pamphili : une discussion de quatre figures allégoriques. Piacere (plaisir) invite Bellezza (beauté) à poursuivre une vie d’insouciance et de distraction tandis que Tempo (temps) et Disinganno (désillusion) la mettent en garde. Si Bellezza veut échapper aux ravages du Temps elle doit se procurer une place au ciel où le temps n’a plus d’influence. Le metteur en scène Robert Carsen a réalisé le contraste entre ces deux mondes en les transportant dans notre temps avec ses concours de beauté, shows, discothèques, alcool et drogues qui lentement cèdent la place à cet autre monde (décor et costumes Gideon Davey). La dernière image nous montre une Bellezza épurée, traversant dans une simple robe blanche une scène vide se dirigeant vers une lumière lointaine “portant à Dieu son nouveau coeur”. C’est la jeune soprano française Mélissa Petit qui était cette Belezza et exprimait ses émotions dans les multiples airs qui lui étaient dévolus avec une voix fraîche et souple et une belle virtuosité. Gageons qu’elle gagnera en autorité  à l’occasion des cinq reprises estivales salzbourgeoises d’Il trionfo del tempo e del disinganno. L’autorité n’est pas ce qui manque à Cecilia Bartoli dans le rôle de Piacere , l’esprit diabolique en tailleur-pantalon rouge qui manipule Bellezza (son imprésario?) mais nous offre avec son interprétation de “Lascia la spina, cogli la rosa“ le moment inoubliable de la soirée ! Lawrence Zazzo (Disinganno) et Charles Workman (Tempo) jouaient des rôles moins importants dans le concept de Carsen mais nous offraient aussi de belles prestations vocales . Dans la fosse, Les Musiciens du Prince-Monaco, l’orchestre fondé en 2016 à l'initiative de Cecilia Bartoli,  est subtilement dirigé par le fidèle  Gianluca Capuano. Ensemble, ils ont donné vie à la partition de Händel, fait ressortir les nuances et envoûté le public.

Deux grandes dames à Monaco: Elisabeth Leonskaja et Marie-Nicole Lemieux

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Le concert dans la série "Grande saison"de l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo du samedi 29 mai devait avoir lieu au Grimaldi Forum et présenter les Carmina Burana de Carl Orff avec le City of Birmingham Symphony Orchestra Chorus, et le Concerto n°3 de  Bartók  avec la pianiste Elisabeth Leonskaja.  Vu l'impossibilité actuelle de faire voyager une chorale depuis le Royaume-Uni, le programme a été modifié et a eu lieu à l'Auditorium Rainier III.

Marie-Nicole Lemieux était l'Artiste en résidence de la saison 2019-2020. Nous la connaissons bien en Belgique où elle a remporté le 1er prix au Concours Reine Elisabeth en 2000 et elle est une invitée régulière des salles de concert. Elle n'a pas pu donner tous les concerts prévus l'année passée. Elle a accepté d'interpréter pour ce concert les splendides Nuits d'été, le chef-d'oeuvre d'Hector Berlioz.

Nous avions admiré Marie-Nicole Lemieux la saison passée en septembre 2019 dans les Sea Pictures d'Edwar Elgar et en janvier 2020 dans les Wesendonck Lieder de Richard Wagner.

Streamings de la semaine : Monte-Carlo, Bruxelles et Londres

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Pour cette sélection de la semaine, nous commençons avec une Symphonie n°8 de Beethoven par l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo  et Kazuki Yamada proposée sur le site de la Deutsche Welle. Ce concert, capté en 2019, dans le cadre du Palais Princier donne envie autant de concerts que d’été.  

https://www.youtube.com/watch?v=y8fhQkzaUhw&t=4s

On traverse les frontières pour revenir à La Monnaie de Bruxelles avec un formidable récital de Stéphanie d’Oustrac en compagnie de son pianiste attitré Pascal Jourdan. Au programme, une collection de mélodies romantiques inspirées de monuments de la poésie européenne avec un texte extrait d’« Andromaque » de Racine mis en musique par Pauline Viardot, compositrice méconnue qui faisait l’admiration de ses contemporains, des lieder signés Franz Liszt sur des poèmes de Heine et de Goethe, ainsi qu’un hommage à Shakespeare et Théophile Gautier avec « La Mort d’Ophélie » et les iconiques « Nuits d’été » d’Hector Berlioz.

On passe la Manche avec un concert de l’excellent altiste Timothy Ridout  au Wigmore Hall de Londres. En compagnie du pianiste Tom Poster, il joue Johannes Brahms et Kurt Schwertsik. 

https://www.youtube.com/watch?v=uJH-fQISBd8

Portrait de compositrice : Mélanie-Hélène Bonis dite Mel Bonis (I)

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Crescendo-Magazine, par la plûme d'Anne-Marie Polomé, publie (en épisodes) un portrait de la compositrice Mélanie-Hélène Bonis dite Mel Bonis. 

Comment une jeune fille née en 1858 dans une famille de la petite bourgeoisie française très catholique et non musicienne, peut-elle développer une maîtrise de la composition qui la placerait très haut parmi les élites de la profession…si elle était un homme ? Quelles sont les embûches qu’elle devra franchir, les traumatismes qui l’accableront et la laisseront épuisée, mais dont elle se libérera par la musique ? Comment se fait-il qu’elle soit encore connue aujourd’hui, contrairement à d’autres compositrices, également douées?

Famille

Le 21 janvier 1858, une petite Mélanie-Hélène naît au foyer de Pierre-François Bonis (Gentilly 1826-Sarcelles 1900) et de son épouse Marie Anne Clémence Mangin (Paris 1836-1918). Deux autres petites filles la suivront, Eugénie-Caroline en 1860 et Clémence-Louise en 1862, mais la benjamine décède à l’âge de 2 ans, laissant Mélanie désespérée. La famille occupe un appartement 24, rue Rambuteau, proche du centre de Paris. Elle déménage par la suite dans un plus grand appartement situé non loin, 18, rue Montmartre. 

L'école belge de violon (I) : aux racines d'une école musicale

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Crescendo-Magazine reprend un dossier consacré à l'école belge de violon publié en avril 2002 sous la plume de Michele Isaac.

Définir un mouvement, une mode ou encore une tendance musicale demeure une entreprise délicate car elle implique le choix d’une appellation qui se veut intègre tout en rassemblant des paramètres d’origines diverses. Par conséquent, le choix s’avère d’autant plus difficile lorsque l’on doit brandir le terme “Ecole” puisque celui-ci suppose, outre sa fonction pédagogique, une filiation précise, continue, qui perdure à travers des générations, de professeurs à élèves. 

D’autre part, lorsque l’on désigne une “Ecole”, on doit trouver ses sources, ses origines. En d’autres termes, ses racines profondes sans lesquelles la filiation n’aurait pas de logique. La tâche n’est pas aisée quand il s’agit du cas de “l’Ecole belge de violon” 

Du père-fondateur présumé au terroir liégeois 

Habituellement on cite Charles [Auguste] de Bériot (Louvain 1802-Bruxelles 1870), comme l’unique fondateur de cette école nationale du violon. Modèle parfait de l’École parisienne, alors défendue par Baillot, Kreutzer et Rode, de Bériot parvient à mettre à profit toute la tradition violonistique française de la fin du XVIIIe et du début XIXe siècles initialement lancée par Viotti. De plus, le musicien a pu amalgamer les trouvailles techniques récentes de Niccolo Paganini dont la gloire internationale se situe entre 1828 et 1838. Par conséquent, le jeu de Bériot se définit comme gracieux, élégant, charmeur, léger. Maniant l’archet avec une aisance déconcertante, cette pratique fera autorité jusqu’en 1840. 

Cette date marque précisément un changement fondamental dans la pratique du violon. À partir de cette époque, Henri Vieuxtemps (Verviers 1820-Mustapha, près d’Alger 1881) fait  entendre à Saint-Pétersbourg son Premier Concerto pour violon opus 10. Chamboulant les habitudes d’écoute, le Verviétois impressionne par sa puissance, sa largeur de style et son extraordinaire intensité. D’où lui vient cette maîtrise, cette assurance? Quelle détermination a pu décider ce tout jeune musicien de vingt ans à bouleverser les traditions violonistiques? 

L'école belge de violon (II) : une école tentaculaire en devenir

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Crescendo-Magazine reprend un dossier consacré à l'école belge de violon publié en avril 2002 sous la plume de Michele Isaac.

Parmi les nombreux violonistes liégeois, on retiendra plus particulièrement les noms de Vieuxtemps, Léonard et Prume. Porte-étendards d’un style à nul autre pareil, ils font la renommée de leurs maîtres mais imprègnent durablement la postérité musicale. Alors que la symbiose des apports français, italien et allemand a mûri pour donner un style particulier, l’École liégeoise du violon se distingue par l’ampleur du son (l’archet semble ne jamais finir), la variété de la sonorité produite, la grande sûreté de la main gauche, la légèreté, la variété des coups d’archet, l’éloquence véhémente de son interprétation. D’autre part, force est de constater que ce qui définit avant tout cette école, c’est son homogénéité. Se transmettant respectueusement les valeurs d’un enseignement de grande qualité, les violonistes liégeois demeurent les garants d’une tradition qui ne s’affaiblira qu’au début du XXe siècle. 

Henri Vieuxtemps

Comme on l’a dit précédemment, Henri Vieuxtemps se démarque d’un des ses maîtres, de Bériot, par l’interprétation de son Premier Concerto -véritablement déconcertant! Rencontrant durant sa carrière des célébrités telles que Ludwig Spohr et Robert Schumann, le Verviétois incarne le musicien-virtuose parfait, infatigable itinérant et perfectionniste. Après des tournées en Europe et aux États-Unis, il se tourne vers la Russie où il accepte la fonction de soliste du Tsar à Saint-Pétersbourg. C’est grâce à Bèze-Kirsty, élève de Hubert Léonard à Bruxelles, et plus tard de Simon Mauhin de Verviers, professeur à Saint-Pétersbourg de 1887 à 1917 qu’une partie de l’École russe actuelle se rattache à la branche belge.