Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Manu Poiré : un héros discret s’en est allé…

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Emmanuel Poiré (Manu pour les intimes !) était en quelque sorte l’antithèse du personnage médiatique, qui soigne la forme au gré des modes quitte à transiger sur le fond. Etre visible, occuper le devant de la scène, ne figurait pas au premier rang de ses préoccupations. Il s’agissait au contraire de bâtir du solide, de garder les pieds sur terre même avec la tête dans les étoiles, de créer des énergies et de les canaliser avec un but précis et au service d’une cause commune.

Le fait d’avoir développé sa carrière tout d’abord dans le monde du chant choral, lieu privilégié d’une expression artistique collective, a sans doute pesé dans ce destin de guide et de compagnon de route, profondément humain et pourtant d’une rare exigence.

Une Tosca bien saignante…

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En fin renard toujours à la recherche d’histoires dramatiques reposant sur autant de destins contrariés, Giacomo Puccini a immédiatement été séduit par la pièce éponyme de Victorien Sardou. Le compositeur a pressenti dans ce sujet une magnifique occasion d’exploiter son talent naturel à décrire les passions humaines, et ainsi de faire briller sa veine unique qui s’inscrit dans le sillon du vérisme tout en le patinant d’un lyrisme généreux et vigoureux. L’œuvre repose sur un livret aux ressorts dramatiques accusés et sur trois personnages centraux au caractère assurément très fort, qui présentent chacun quelques failles permettant de leur dresser un profil psychologique des plus consistants. L’échec de la création de l’œuvre en 1900 a rapidement été oublié, de sorte que cet opéra figure parmi les incontournables du répertoire.

Une Cendrillon de… Pauline Viardot

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Pauline Viardot, la fille du ténor Manuel Garcia et la sœur de Maria Malibran, doit sa renommée à sa voix somptueuse de mezzo-contralto qui l’amena à créer la Fidès du Prophète de Meyerbeer, la Sapho de Gounod, l’oratorio Marie-Magdeleine de Massenet et la Rhapsodie pour contralto de Brahms. Mais sait-on qu’elle consacra une partie de sa carrière à la composition de romances et d’opéras-comiques sur des livrets de son ami intime Ivan Tourgueniev ? A l’âge de quatre-vingt-trois ans, elle élabora elle-même le texte et la musique pour une Cendrillon en trois tableaux qui fut créée à Paris, dans les salons de Mme Mathilde de Nogueiras, le 23 avril 1904.

Joyce DiDonato à Liège: le “best-of” d’une diva incontournable

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C’est un accueil digne de celui d’une rock-star qu’a réservé le public de l’Opéra Royal de Liège à Joyce DiDonato hier soir. On ne présente plus la “diva yankee” à la voix souple et au charisme unique. Originaire du Kansas, la mezzo-soprano s’est forgé une carrière internationale dans les salles les plus prestigieuses depuis ses débuts à l’Opéra Bastille dans le rôle de Rosina du Barbier de Séville de Rossini en 2002.

A la Scala, une création mal comprise du public

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Une vieille femme est à la fenêtre et marmonne quelques bribes d’une poésie en anglais ; puis, rapidement,  le décor change pour nous faire voir une masure grisâtre, flanquée de deux autres maisons, contre laquelle sont appuyées deux citernes ; à l’avant-scène, un fauteuil roulant recouvert d’un drap. Telle est la première image que nous livre la production de Pierre Audi pour Fin de partie, l’unique opéra de György Kurtag, dont la Scala de Milan vient d’assurer la création mondiale en date du 15 novembre 2018.

Durant plusieurs décennies, le musicien a songé à composer un opéra ; mais tout aussi régulièrement, il a laissé  de côté son projet, en essayant de traiter des structures plus restreintes comme le cycle de mélodies, d’où Kafka-Fragmente pour soprano et violon (1985-87) et Hölderlin-Gesänge pour baryton et instruments (1993-97) ; et c’est pour grand orchestre qu’il a élaboré Stele en 1994 et Üzenetek (Messages) entre 1991 et 1996.

Simon Boccanegra à Paris : Ordalie ou Tragédie antique ?

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La mise en scène de Calixte Bieito a fait l’objet d’un éreintement quasi général à coup de jeux de mots faciles, d’anathèmes, de détails glauques et d’accusation de retour au Regietheater. Si cela en dit long sur la paresse intellectuelle de certains commentateurs, rien ou presque n’a été formulé de l’impact du travail scénique sur le plus verdien et le plus énigmatique des opéras de Verdi : ce Simon Boccanegra que le composteur a écrit pour cinq voix masculines et remanié à vingt quatre ans de distance. Indéniablement, en provoquant sans cesse le dégoût ou l’effroi, les images et jeux de scène irritent. C’est le but recherché !

Pour fêter Penderecki

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Pour fêter dignement le 85ème anniversaire de Krzysztof Penderecki (né le 23 novembre 1933), son épouse Elzbieta a eu l’idée de lui offrir un cadeau sortant résolument de l’ordinaire sous la forme d’un festival consacré exclusivement à sa musique et composé de 11 concerts tenus sur 8 jours et s’achevant précisément le 23 novembre, jour même de l’anniversaire du jubilaire.

Le prestige du compositeur et les dons d’organisatrice comme le carnet d’adresses de Mme Penderecka (sans même parler de l’amitié que portent au couple nombre de musiciens de premier plan) ont visiblement accompli des miracles, cette semaine varsovienne ayant réuni des interprètes invariablement de haute qualité, où l’on trouve des stars telle que la violoniste Anne-Sophie Mutter ou l’altiste Youri Bashmet, les chefs d’orchestre Leonard Slatkin et Christoph Eschenbach, d’autres éminents musiciens comme le flûtiste Patrick Gallois ou le clarinettiste Michel Lethiec, mais aussi bon nombre de jeunes interprètes polonais et étrangers fort prometteurs et dont il sera question plus loin.

Les nominations 2019 des International Classical Music Awards

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Les nominations des International Classical Music Award 2019 sont désormais connues.

Le Jury a nominé 319 parutions audios et vidéos (321 en 2017, 357 en 2018), issues de  107 labels différents (119 en 2017, 120 en 2018).

Pour être nominée, une production doit être proposée par au moins deux membres du jury. Avec 13 nominations, le label Alpha, par ailleurs label ICMA de l’année 2018, partage la première place avec Deutsche Grammophon.  Ils sont suivis par Accentus (12), Harmonia Mundi (12), et Audite (11).

Les finalistes seront connus le 10 décembre et les vainqueurs 2019 seront connus le 17 janvier 2019.

La cérémonie et le concert de gala se dérouleront le 10 mai 2019 au prestigieux KKL de Lucerne. L’Orchestre symphonique de Lucerne sera dirigé par Lawrence Foster.

Nominations ICMA 2019 par catégories

Nominations lCMA 2019 par labels

Festival L’Esprit du piano à Bordeaux

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Depuis 2010, le festival L’Esprit du Piano investit l’Opéra de Bordeaux (autre fois le Grand Théâtre, aujourd’hui l’Auditorium) pour faire vibrer les murs de la salle par de grands maître comme Aldo Ciccolini, Gregory Sokolov, Menahem Pressler, Paul Badura Skoda ou Arcadi Volodos, mais aussi des jeunes talents tels que Alexandre Kantorow, Florian Noack, Jean-Paul Gasparian, Pavel Kolesnikov, Vadym Kholodenko, Behzod Abduraimov, pour ne citer qu’eux. Le jazz et autres genres ont bien leurs places (Chic Corea, Yaron Hermann, Chilly Gonzales, Abd Al Malik…). Depuis 2012, le Festival s’exporte en Chine avec des jeunes interprètes (Marie-Ange Nguchi, Selim Mazari, Paolo Rigutto…) où on organise également des auditions de jeunes pianistes chinois.

Pimpant, le baroque ?

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Pour sa nouvelle saison de concerts, le Service culturel Migros a décidé de varier son offre en proposant autant de programmes avec des orchestres symphoniques qu’avec des formations de chambre. C’est pourquoi sont apparus, pour la première fois à Genève, I Barocchisti et son fondateur, Diego Fasolis, qui a réuni divers instrumentistes tessinois et italiens pour façonner un ensemble à géométrie variable (allant de quatre à quarante musiciens). Ce chef que l’on applaudit régulièrement à l’Opéra de Lausanne prône une interprétation ‘dans le style’ du répertoire baroque sur des instruments d’époque.