Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Concert de Noël : we have a dream à l’OPRL

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En cette période de fin d’année, nombre d’institutions culturelles célèbrent Noël par un ou plusieurs évènements « extraordinaires » qui perpétuent la tradition. La musique n’échappe naturellement pas à ce credo d’autant plus lorsque son répertoire participe, par le caractère festif, dansant et volontiers pétillant, à cette célébration attendue. Pour éviter de rester dans ce cadre certes large mais tellement reproduit qu’est la palette des valses des grands Viennois, entre-autres, certaines institutions vont plus loin et proposent des spectacles inédits qui, de prime abord, ne font pas partie de leur ADN.

Une Dame aux camélias de belle tenue

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Pour la sixième fois à l’Opéra de Paris, est reprise La Dame aux camélias, le ballet en un prologue et trois actes élaboré par John Neumeier à l’intention de la grande ballerine Marcia Haydée qui en assura la création avec le Ballet de Stuttgart le 4 novembre 1978. Puis l’ouvrage entra au répertoire parisien le 20 juin 2006 ; et c’est dans le rôle de Marguerite Gautier qu’Agnès Letestu, aujourd’hui répétitrice invitée, fit ses adieux à la scène en octobre 2013.

Dans les décors et costumes d’origine conçus par Jürgen Rose sous les lumières de Rolf Warter, Kevin Haigen et Janusz Mazon, les deux répétiteurs patentés, redonnent vie au spectacle qui véhicule toujours le même impact émotionnel grâce à la musique de Chopin choisie par le chorégraphe selon une suggestion du chef d’orchestre Gerhard Markson.

Sokolov, un pianiste de génie !

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Une fois de plus, Grigory Sokolov a été l’invité de la série ‘Les Grands Interprètes’ organisée par l’agence de concerts Caecilia. Et une fois de plus, l’on ne peut que déposer les armes. devant un pianiste hors du commun qui proscrit toute afféterie pour n’aller qu’à l’essentiel.

Et c’est bien la sensation qui émane d’emblée de l’opus 2 n.3, la Troisième Sonate en ut majeur de Beethoven, abordée avec une précision du trait et une dynamique soutenue ahurissantes, alors que le dolce du second thème ruisselle de tendres accords. L’Adagio n’est que simplicité désarmante avec ces grappes d’arpèges translucides irisant une main gauche sonore comme une basse d’orgue. Le Scherzo revêt une allure champêtre pleine d’allant, tandis que le Finale a une élégance aérienne et un legato dans le cantabile qui préfigurent le Mendelssohn des Lieder ohne Worte. En regard de ce premier Beethoven datant des années 1794-95, Grigory Sokolov oppose celui de la fin avec les onze Bagatelles op.119 élaborées dès 1820. A chacune d’elles, il prête une spécificité qui allie la confidence à la nonchalance et à la fantaisie que suscitent le passage rapide des mains, le trille ou le rubato le plus subtil.

Le Mozart de Marc Minkowski

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Pour la seconde fois depuis mai 2009, Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre sont les invités du Service Culturel Migros de Genève. En entrant sur la scène du Victoria Hall, le chef prend la parole pour présenter son programme et s’émeut en évoquant le souvenir de sa grand-mère qui avait fait ses classes de chant au Conservatoire de la Place Neuve, et en la rapprochant de notre ténor veveysan adulé, Hugues Cuenod, l’un de ses grands amis, qui avait été un interprète notoire de la musique religieuse de Mozart.

Don Pasquale, réussite totale à La Monnaie

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Venant après une Flûte enchantée très problématique et une De la maison des morts peu festive par nature, cette nouvelle production de Don Pasquale de Donizetti faisait office de bulles de champagnes bien en accord avec l’ambiance des fêtes de fin d’année. Il faut dire que l’affiche pouvait rassurer les plus sceptiques : Laurent Pelly à la mise en scène et Alain Altinoglu en fosse ! Un tandem qui a fait ses preuves à La Monnaie !

Barkouf ou un chien au pouvoir, un opéra à redécouvrir !

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Comme spectacle de fin d’année, l’Opéra National du Rhin à Strasbourg présente Barkouf ou un chien au pouvoir, un opéra-bouffe en trois actes de Jacques Offenbach sur un livret d’Eugène Scribe et Henri Boisseaux, créé à l’Opéra Comique à Paris le 24 décembre 1860 et ..assez mal reçu. L’accueil du public est plutôt enthousiaste mais ce n’est sûrement pas un triomphe. Mais certaine presse n’est pas tendre et trouve intolérable l’irruption du genre «bouffe» à l’Opéra Comique et parle même de «rythmes grimaçants et une harmonie qui n’est pas de ce monde ». Mais c’est surtout le livret qui cause des problèmes car Barkouf est une œuvre étonnamment subversive, qui évoque les méfaits du despotisme et cela sous le règne de Napoléon III ! La censure d’un opéra qui s’ouvre sur une révolte contre un régime autoritaire et donne temporairement le pouvoir à un chien (prise de pouvoir par le peuple ?) était inévitable.

À la Scala, un ATTILA  subjuguant  par sa musique

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Depuis sa création mouvementée à la Fenice de Venise le 17 mars 1846, l’Attila de Giuseppe Verdi a ouvert, avec un succès modéré, la saison de carnaval de la Scala de Milan le 26 décembre de la même année puis a été repris quatre fois jusqu’à mars 1867. A notre époque, il a fallu attendre mai 1975 pour le voir réapparaître à l’affiche avec Nicolai Ghiaurov, Piero Cappuccilli, Rita Orlandi Malaspina et Veriano Luchetti sous la direction de Giuseppe Patanè ; et le triomphe remporté par cette production incita Riccardo Muti à le reprendre avec Samuel Ramey en juin 1991, entraînant,  vingt ans plus tard, une nouvelle mise en scène de Gabriele Lavia qui faisait alterner Orlin Anastassov et Michele Pertusi sous la baguette de Nicola Luisotti.

Die Tote Stadt à Toulouse : les hallucinations de Paul

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C’est dans la production de Philipp Himmelmann, réalisée en 2010 pour l’Opéra National de Lorraine, que Die tote Stadt de Korngold a fait son entrée au répertoire du Capitole de Toulouse. Une production captivante et originale qui pourtant demande une certaine familiarité avec l’œuvre pour en comprendre complètement l’action et apprécier la mise en scène dans le décor de Raimund Bauer.

Violetta et son double sur la scène dépouillée au Théâtre des Champs-Elysées

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Dans la nouvelle production de La Traviata au Théâtre des Champs-Elysées (du 28 novembre au 9 décembre), Deborah Warner invente un double : Violetta à l’hôpital, entourée d’une équipe médicale, et qui interagit avec la Violetta en ville. Pour sa prise de rôle, Vannina Santoni incarne la jeune femme infiniment touchante aux côtés de Saimir Pirgu (Alfredo) et Laurent Naouri (Germont) tout aussi inspirés.