Gergiev et le LSO dans la musique de Berlioz

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Hector Berlioz (1803-1869) 
Symphonie fantastique, op. 14 - Waverley, Ouverture op. 1
London Symphony Orchestra, Valery Gergiev, direction
2014-Live-65’35-CD1 : Audio Blu-ray, CD2, SACD-Textes de présentation en français, anglais et allemand- LSO Live – LSO0757Un nouvel enregistrement live pour Valery Gergiev et le London Symphony Orchestra. Chose rare, l’enregistrement est présenté sous deux formes : Blu-ray (avec quelques prises du concert du 14 novembre 2013) et SACD. La musique française est à l’honneur avec Hector Berlioz. La Symphonie fantastique, écrite en 1830 est influencée par la musique du passé et du présent : Gluck, Spontini, Weber, Beethoven dont la révélation fut saisissante pour le jeune compositeur. Composés d’éléments autobiographiques, notamment son amour pour Harriet Smithson après l’avoir vue jouer à l’Odéon dans le rôle d’Ophélie, et de citations de Victor Hugo, l’œuvre se voit dotée de titres pour chacun des cinq mouvements et d’un programme. De fait, Berlioz prend le pari de rendre l’œuvre encore plus expressive qu’elle ne l’est déjà. Avec un effectif large et impressionnant pour l’époque, Berlioz crée un nouveau format de la symphonie et introduit ce que feront plus tard des Wagner, Mahler et Strauss sur la recherche du matériau, des couleurs et des dynamiques. La création est donnée au Conservatoire le 5 décembre 1830 sous la direction de François Habaneck. On a tendance à l’oublier mais Berlioz a adjoint un mélologue, Lélio ou le Retour à la vie. L’ensemble, sous-titré « Episode de la vie d’un artiste » et donné pour la première fois en 1832. En réponse à la Symphonie, Gergiev propose l’Ouverture Waverley, moins connue du public. Composée en 1827, la genèse du projet se dessine alors que Berlioz découvre un roman de Walter Scott publié en 1818. C’est à travers le personnage du capitaine écossais Waverley que Berlioz compose son œuvre. Se succèdent rêves, envies, souhaits, passion et nervosité. La partition, très classique, est construite à partir de deux parties enchaînées, une lente et une rapide. On y retrouve le style des maîtres et sources de Berlioz : Reicha et Gluck.
L’interprétation de Gergiev est ici surprenante : si on s’attendait à des tempi rapides et une lecture peut-être trop romantique, on est loin du compte. Bien au contraire, Gergiev s’approche avec assurance du style français et développe avec sa superbe phalange un son précis et évocateur. Toutes les dynamiques sont au rendez-vous, dans des tempi justes où les contrastes se font nombreux. Avec cette interprétation, on se rapproche de la perfection de Charles Munch à Boston, de Claudio Abbado à Berlin ou de Christoph Eschenbach à Paris. Il faut dire que le live permet sans doute une approche plus libre, plus dynamique, celle voulue par le stress du concert loin du statisme de l’enregistrement studio. Le London Symphony Orchestra, par l’excellence ses pupitres et sa direction musicale franche, démontre à nouveau qu’il figure parmi les meilleurs orchestres européens.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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