Aline Piboule célèbre Gabriel Fauré sur un piano Gaveau de 1929

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Improvisation op. 84/5 en ut dièse mineur ; Barcarolles n° 3 op. 42 en sol bémol majeur, n° 4 op. 44 en la bémol majeur, n° 5 op. 66 en fa dièse majeur, n° 9 op. 101 en la mineur, n° 10 op. 104/2 en la mineur, n° 12 op. 106 bis en mi bémol majeur, et n° 13 op. 116 en ut majeur ; Nocturnes n° 5 op. 37 en si bémol majeur, n° 11 op. 104/1 en fa dièse mineur, n° 12 op. 107 en mi mineur, et n° 13 op. 119 en si mineur. Aline Piboule, piano Gaveau 1929. 2023. Notice en français et en anglais. 62’20’’. Harmonia Mundi HMM902510.

Première mondiale en vidéo pour Alfredo Il Grande de Donizetti

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Version 1.0.0

Gaetano Donizetti (1797-1848) : Alfredo Il Grande, opéra seria en deux actes. Antonino Siragusa (Alfredo), Gilda Fiume (Amalia), Lodovico Filippo Ravizza (Eduardo), Adolfo Corrado (Atkins), Valeria Girardello (Enrichetta), Floriana Cicio (Margherita), Antonio Garés (Guglielmo), Andrés Agudelo (Rivers) ; Chœurs de la Radio hongroise ; Orchestre de l’Opéra Donizetti, direction : Corrado Rovaris. 2023. Notice et synopsis en italien et en anglais. Sous-titres en italien, en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 136’. Un DVD Dynamic 38031. Aussi disponible en Blu Ray. 

Casse à l’Opéra : Les Brigands ne font pas dans la dentelle

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L’Opéra de Paris ouvre sa saison avec Les Brigands, opérette d’Offenbach qui fut créée le 10 décembre 1869 au Théâtre des Variétés. Quelques mois plus tard, les « bruits de bottes » seront ceux des armées prussiennes. Les librettistes Meilhac et Halévy décrivent la déconfiture de bandits qui « volent au-dessus de leurs moyens ». Curieusement, la dynamique de l’action ne progresse pas dans un mouvement ascendant mais décline, de péripéties en péripéties, jusqu’à la déconfiture finale des héros.

Dans son repaire « à la frontière de Mantoue et Grenade » (sic), le chef des brigands Falsacappa demande à sa fille, « Fiorella la brune » de l’aider à renflouer ses caisses vides. Un jeune fermier, Fragoletto (interprété par une mezzo), devient malfrat par amour, poursuivi par des carabiniers qui, « par un malheureux hasard », arrivent « toujours trop tard » ! Les brigands découvrent opportunément que le cortège de la princesse de Grenade va bientôt recevoir du prince de Mantoue la somme faramineuse de 3 millions.

Dans l’auberge, lieu de la rencontre, les brigands se déguisent en marmitons puis capturent italiens, ducs et carabiniers dont ils empruntent successivement les costumes. Enfin, travestis cette fois en « faux Espagnols », ils se présentent  pour réclamer l’argent... que le caissier a dépensé.

Mais voici que paraissent les « vrais espagnols » dans un époustouflant tableau inspiré de Vélasquez (très applaudis) qui démasquent imposteurs et voleurs. Pardonnés de justesse, ces derniers repartent penauds, décidés à devenir honnêtes !

Les chefs au banc d’essai

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En zappant sur la toile, je tombe sur une critique d’un concert de l’Orchestre philharmonique de New York dans laquelle le chef d’orchestre est accusé de tous les maux… parce qu’il bouge trop, ce qui perturbe la perception de l’interprétation du signataire de cette critique. Un autre souligne la présence d’un pupitre devant le chef, ce qui le gêne (le critique, pas le chef). Un troisième aimerait le voir sourire davantage en saluant. Et l’on pourrait continuer à l’infini autour de la couleur des cheveux (teints ou pas teints), de la longueur des baguettes, de la tenue, et j’en passe. Autant de critères qui constitueraient une bonne base pour un banc d’essai des chefs d’orchestre. Car pourquoi échapperaient-ils à ce que subissent hôpitaux, classes préparatoires, fonds communs de placement, appareils électroménagers ou d’informatique ? Vous imaginez-vous recevoir un questionnaire de satisfaction à l’issue du concert comme Doctolib vous en envoie au sortir de chaque consultation médicale ?

Lorsque j’étudiais dans la classe de Pierre Dervaux, la sobriété du geste était primordiale, à l’image du maître. Plus tard, la rencontre avec Charles Munch ou Georg Solti m’ont révélé qu’il n’y a pas d’évangile en la matière. Le geste du chef s’adapte à son physique pour être le plus clair et le plus expressif. Ne doit-il pas servir avant tout à aider les musiciens ? Le geste de Solti, souvent difficile à comprendre pour le profane, était très efficace pour les musiciens, geste forgé au fil des heures passées dans les studios d’enregistrement, à l’abri des regards. Seule l’efficacité comptait, et avec quelle précision ! Le geste de Munch était imprévisible, torrentiel, passionné, parfois réduit à sa plus simple expression, parfois gigantesque. Tout dépendait de l’instant, toujours armé d’une immense baguette. Celui de Reiner était réduit à l’extrême. Paray pouvait diriger la Chevauchée des Walkyries du seul regard.

Brahms par Zubin Mehta 

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Johannes Brahms (1833-1897) : intégrale des symphonies.  Münchner Philharmoniker, direction : Zubin Mehta. 2024. Livret en anglais et allemand. MPHIL0032

Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano nᵒ 1 en ré mineur, op. 15 ; Concerto pour piano et orchestre nᵒ 2 en si bémol majeur, op. 83. Yefim Bronfman, piano ; Münchner Philharmoniker, direction : Zubin Mehta. 2024. Livret en anglais et allemand. MPHIL0033

Resplendissante valorisation des hymnes de Pepusch pour le Duc de Chandos

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Chandos Anthems. Johann Christoph Pepusch (1667-1752) : Rejoyce in the Lord. O Praise the Lord, laud ye the name of the Lord. Magnificat. Concerto pour hautbois en si bémol majeur. Ciara Hendrick, soprano. Alex Potter, Hugh Cutting, contre-ténor. Nicholas Mulroy, Nicholas Todd, ténor. Vitali Rozynko, Edward Grint, basse. The Girl Choristers of Canterbury Cathedral, direction David Newsholme. The Harmonious Society of Tickle-Fiddle Gentlemen, direction Robert Rawson. Avril 2023. Livret en anglais, allemand, français. Paroles en langue originale anglaise sans traduction. TT 63’34. Accent ACC 24397

Magnifique conclusion du cycle Schubert de Paul Lewis à Flagey

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Pour clôturer en beauté et en toute logique son cycle de Sonates de Schubert étalé sur deux saisons, le pianiste britannique avait choisi de mettre au programme de ce quatrième et dernier récital les trois dernières Sonates du compositeur, toutes composées en 1828, année de la mort du compositeur viennois. 

Oeuvres de vastes dimensions, ces trois sonates -qui dépassent toutes la demi-heure- ont de quoi intimider plus d’un pianiste par leurs exigences techniques mais, plus encore, par l’implication totale exigée d’interprètes à qui l’on demande à la fois le type de maîtrise technique qui doit savoir se faire oublier et un alliage d’intelligence de la forme et de sensibilité peu communs.

C’est par la Sonate n°19 en ré mineur, D. 958, sans doute la moins jouée de ce triptyque, que Paul Lewis entame son récital. 

Jouant bien au fond du clavier, Paul Lewis attaque l’Allegro initial avec une belle franchise. Il sait à la fois se montrer impétueux sans brutalité et tendre sans mièvrerie. Tout comme Alfred Brendel dont il fut l’élève, il ne cherche pas à séduire et ce jeu invariablement sincère et droit a aussi quelque chose d’un peu austère, y compris dans une sonorité parfois peu charmeuse. Concluant le premier mouvement sur une coda désolée, Paul Lewis fait entendre un Adagio poignant, inquiet et n’offrant aucune consolation avant de saisir à la perfection l’ambiguïté et la gaieté forcée d’un Menuetto de prime abord si innocent. Il offre ensuite une version remarquable de l’Allegro final, cette curieuse tarentelle aux tournures toujours surprenantes et aux inattendues ruptures de ton débouchant sur ces merveilleux épisodes qui sont comme autant de rêves éveillés.

Le 12 août 1955, à Bayreuth, le vibrant Siegfried de Joseph Keilberth

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Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried, opéra en trois actes. Wolfgang Windgassen (Siegfried), Martha Mödl (Brünnhilde), Hans Hotter (Der Wanderer), Paul Küen (Mime), Gustav Neidlinger (Alberich), Joseph Greindl (Fafner), Maria von Ilosvay (Erda), Ilse Hollweg (L’oiseau de la forêt) ; Orchestre du Festival de Bayreuth, direction Joseph Keilberth. 1955. Notice en allemand et en anglais. 230’ 41’’. Un coffret de 3 CD Hänssler Profil PH23003. 

Mahler n°3 d’ouverture  Monte-Carlo

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L'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo  ouvre la saison au Grimaldi Forum avec la monumentale Symphonie n°3 de Gustav Mahler.

C'est une des plus longues symphonies de tout le répertoire. Plus d'une heure quarante de musique. On l'entend rarement en concert, car la nomenclature orchestrale est impressionnante. L'Orchestre est au grand complet. Cordes, huit cors, quatre trompettes, quatre trombones, quatre clarinettes, quatre bassons, quatre hautbois, quatre flûtes, deux harpes, timbales, percussions...  Pour l'occasion, l’effectif instrumental est complété par les voix féminines du  CBSO Chorus de Birmingham composé d'une quarantaine de sopranos et d'altos, ainsi que d’une cinquantaine de jeunes chanteurs du Choeur d'Enfants de l'Académie Rainier III de Monaco ainsi que d’une soliste exceptionnelle la mezzo-soprano Gerhild Romberger, grande spécialiste de Mahler.

Kazuki Yamada dirige cette œuvre monumentale avec passion, énergie et finesse. Des plus subtils pianissimi aux forte colossaux, Il a un contrôle total de l'architecture de cette symphonie et l'orchestre répond magnifiquement en faisant vivre chaque note. Sa direction fait ressortir toutes les nuances des couleurs orchestrales, créant une expérience riche et immersive.

Le premier mouvement, d’une demi-heure, est un drame puissant, vivant dans ses détails, captivant dans son ensemble. Le Menuetto est abordé avec une certaine régularité et Yamada s’y montre décontracté et même délicat, même si les sections plus rapides sont très agiles. On peut admirer de nombreux solos bien interprétés, notamment ceux du premier violon Liza Kerob.