Cathédrale de Séville en portrait Renaissance, par un envoûtant consort de flûtes à bec

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The Orange Tree Courtyard. Pedro de Escobar (c1465-1535), Francisco Guerrero (1528-1599), Cristobal de Morales (c.1500-1553), Juan Vasquez (c.1500-c1560), Miguel de Fuenllana (fl.1553-1578), Francisco Peraza (1564-1598), Alonso de Mudarra (c.1510-1580), Alonso Lobo (1555-1617), Francisco de Peñalosa (1470-1528) et al. The Royal Wind Music. Verena Barié, Francesca Clements, Kristy van Dijk, Hester Groenleer, Marco Magalhaes, Maria Martinez Ayerza, Juho Myllylä, Filipa Margarida Pereira, Daniel Scott, Irene Sorazabal Moreno, Anna Stegmann, flûtes à bec. Août 2022. Livret en anglais, allemand. TT 60’38. Pan Classics PC 10448

Sir Simon Rattle et le LSO à la Philharmonie du Luxembourg

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Tout comme le Gewandhaus de Leipzig et Andris Nelsons la semaine passée, le London Symphony Orchestra et Sir Simon Rattle ont charmé le public de la Philharmonie du Luxembourg durant deux soirées consécutives. Pour l’occasion, les musiciens de l’orchestre londonien nous ont concocté deux programmes très différents, l’un consacré à la musique américaine et l’autre au Concerto pour violon en ré majeur de Johannes Brahms et à la Symphonie No.4 de Dmitri Chostakovitch. 

La première soirée fut remplie de découverte pour le public, une seule des cinq œuvres interprétées ayant déjà été données à la Philharmonie. En guise d’introduction, nous avons pu entendre l’ouverture de Let ‘Em Eat Cake de George Gershwin. Composée en 1933, l'œuvre fut une belle entrée en matière pour l’orchestre. D’une énergie débordante, les musiciens ont démontré des qualités très peu mises en valeur dans le répertoire plus classique. Cette énergie s’est retrouvée dans leur interprétation du Concerto in F for piano and orchestra, aussi de Gershwin. En soliste, nous avons eu la chance d’entendre le pianiste russo-américain Kirill Gerstein. Celui-ci a survolé l’ensemble de la pièce avec une aisance déconcertante. Seule ombre au tableau, la balance entre l’orchestre et le soliste ne fut pas optimale et nous avons bien trop souvent perdu la clarté du piano. 

Sean Shibe et sa guitare céleste

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Le label Rising star, comme toute bonne étiquette, décrit, définit, circonscrit, et attire un public qui accepte un risque (mesuré), celui de découvrir un interprète repéré pour son talent, au travers d’un programme construit sur mesure, additionnant parfois un assortiment inhabituel d’esthétiques : s’il plonge ses deux mains dans l’époque contemporaine, Sean Shibe, jeune, écossais né à Edimbourg en 1992 et BBC New Generation Artist, se nourrit aussi de l’histoire de la musique, du 11ème siècle à aujourd’hui, en passant par la période baroque, pour créer les « sculptures sonores » qu’il aime offrir à ses publics.

Shibe, qui fait la différence entre influence (le goût de l’exploration du guitariste anglais Julian Bream) et inspiration (Robert Fripp, Jimi Hendrix), propose un concert en deux parties -la première à la guitare acoustique, la seconde à la guitare électrique-, fait de pièces qu’il assemble selon les affinités qu’il ressent (et note dans ses carnets), attentif aux liens entre elles, parfois évidents, comme ceux (de symétrie, notamment) entre Johann Sebastian Bach (1685-1750) et Steve Reich (1936), parfois moins directs, comme ceux entre Hildegard von Bingen (1098-1179) et Olivier Messiaen (1908-1992).

A la mélancolie mi-aigre mi-douce de la courte Sérénade pour guitare de Sofia Gubaidulina (1931-), écrite par la compositrice tatare tôt dans son parcours et qui fait ici office de prélude, succède le lyrisme du guitariste paraguayen Agustín Barrios Mangoré (1885–1944), dans lequel Shibe, les yeux fermés, s’immerge, avant se lancer dans un arrangement personnel du Prélude, Fugue et Allegro, écrit à l’origine par Bach, l’esprit alors tourné vers la pensée chrétienne, pour luth ou clavecin, point culminant du fil rouge céleste que suit ce soir le guitariste – dont les Forgotten Dances du compositeur britannique Thomas Adès (1971-) sont peut-être l’exception qui confirme la règle.

Début en force du Klara Festival avec le Hong Kong Philharmonic Orchestra

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La dix-neuvième édition du Klarafestival débute ce vendredi 8 mars avec le concert du Hong Kong Philharmonic Orchestra sous la baguette de son directeur musical, Jaap van Zweden. Au piano, nous retrouvons la jeune étoile du piano français : Alexandre Kantorow. Au programme de ce concert, trois œuvres : Asterismal Dance de Daniel Ting-cheung Lo, la Rhapsodie sur un thème de Paganini, Op. 43 de Rachmaninov et la Première Symphonie en do mineur, Op. 68 de Brahms.

Le thème de cet nouvelle édition du Klarafestival est le suivant : Crossroads (La croisée des chemins). Ce thème, nous le devons à l’une des artistes de ce festival : Claron McFadden. Crossroads symbolise la convergence entre les univers musicaux les plus divers mais aussi la convergence entre le public et les artistes autour de la musique et des différents concerts composant cette nouvelle édition. 

Le concert, le dernier de la tournée anniversaire européenne de l’orchestre, débute avec le poème symphonique Asterismal Dance (la danse des étoiles) de Daniel Ting-cheung Lo. Cette pièce est une commande du Hong Kong Philharmonic Orchestra dans le cadre des 50 ans de la création de l’orchestre. Dès le début de la pièce, un climat mystérieux et intriguant se met en place. La musique devient ensuite plus claire, bien que les changements incessants de métriques viennent quelque peu chambouler cela. Jaap van Zweden mène l’orchestre avec des gestes précis. Le pupitre des percussions, dont le rôle est prépondérant, aide le chef à guider l’orchestre dans une danse frénétique. Notons le dernier solo de timbales quelques mesures avant la fin qui est plus qu’impressionnant.

A Genève, l’OSR in American style

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Pour un concert intitulé Made in America, l’Orchestre de la Suisse Romande braque les feux sur cinq compositeurs nés aux Etats-Unis. Pour des motifs personnels, Marin Alsop a renoncé à diriger le programme qu’elle avait minutieusement concocté pour cette soirée du 6 mars. Et elle est remplacée par Roderick Cox, natif de Géorgie, qui a remporté le Prix Sir Georg Solti décerné par la Fondation américaine Solti en 2018, alors qu’il était chef assistant du Minnesota Symphony Orchestra. Actuellement fixé à Berlin, il est le fondateur d’un programme qui offre des bourses et des opportunités de travail aux jeunes musiciens. 

A peine arrivé sur le podium, il prend la peine de s’adresser au public en anglais afin de donner quelques indications à propos de la première pièce figurant à l’affiche, Fearful Symmetries, écrite par John Adams en 1988 en s’inspirant des dessins animés et de la musique pour les films muets. Prônant la culture pop à l’encontre du dodécaphonisme et du sérialisme, il joue la carte de la veine parodique en recourant à un big band élargi incluant un quatuor de saxophones, un synthétiseur et un keyboard sampler (clavier échantillonneur). Par un geste d’une extrême précision, Roderick Cox déroule lentement un ostinato mélodique qui s’amplifie démesurément avant de se confiner en de suspensives accalmies qu’anéantira la virulence des oppositions de coloris.

Torelli, exhumation des sonates pour violon, sous les meilleurs auspices

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Giuseppe Torelli (1658-1709) : Sonates pour violon et bc en mi mineur A.1.3.8., en la majeur A.1.3.11., en sol mineur A.1.3.10., en ré majeur. Allemanda en mi mineur A.1.3.4., Corrente en mi mineur A.1.3.3., Vivace en la majeur A.1.3.1., Giga en la majeur A.1.3.2., Allemanda en la mineur A.1.3.5., Corrente en la mineur A.1.3.7. [Medulla Musicae]. Gigha staccato en la mineur A.1.3.6. Sinfonia per camera à violino e violoncello en ré mineur A.4.1.8. Sue-Ying Koang, violon. Diana Vinagre, violoncelle. Parsival Castro, théorbe, guitare. Vincent Bernhardt, clavecin, orgue. Livret en français et anglais. Septembre 2022. TT 48’57. Indésens Calliope IC019

Richard Strauss/Wagner en demi-teinte pour Daniel Behle

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Richard Strauss (1864-1949) : Ständchen, op. 17/2 ; Vier Lieder op. 27 ; Befreit op. 39/4 : Intermezzo op. 72 : Interlude symphonique n° 2. Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin : Acte III : Récit du Graal ; Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg : Prélude ; Acte III : Preislied ; Tannhäuser : Acte III : Récit de Rome. Daniel Behle, ténor ; Orchestre Philharmonique Borusan d’Istanbul, direction Thomas Rösner. 2022. Notice en allemand, en anglais et en français. Textes chantés avec traduction en anglais. 56’ 03’’. Prospero PROSP 0072.