Superbe lecture du Klavierquartett du jeune Schumann 

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Piano Trios Vol.2. Robert Schumann (1810-1856) : Trio avec piano no 3 en sol mineur Op. 110. Sechs Studien in kanonischer Form Op. 56 [arrgmt pour trio avec piano de Theodor Kirchner]. Quatuor avec piano en ut mineur. Kungsbacka Piano Trio. Malin Broman, violon. Jesper Svedberg, violoncelle. Simon Crawford-Philips, piano. Lawrence Power, alto. Mars 2019 & mai 2022. Livret en anglais, allemand, français. TT 77’58. BIS-2477

Jeanne Leleu : découverte d’une nouvelle pépite musicale

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Enfin un projet discographique qui a du sens ! Militant, engagé, averti et surtout jamais réducteur. Projet où au lieu de vagues discussions terminologiques de type « faut-il dire femme compositeur ou compositrice ? », les paroles laissent place à l’action. Lancé en 2022, le label La Boîte à Pépites compte déjà sa troisième parution monographique autour de compositrices oubliées (après les coffrets déjà salués par la critique, dédiés à Charlotte Sohy et Rita Strohl). En ce début d’année, notre attention est portée vers Jeanne Leleu (1898-1979).

Lors du concert organisé dans le cadre de la troisième saison musicale européenne de la Bibliothèque nationale de France et de Radio France (en partenariat avec Elles Women Composers, le label La Boîte à Pépites et France Musique), il a été enfin possible de découvrir l’immense talent de la compositrice Jeanne Leleu. En 1923, elle est la troisième femme (après Lili Boulanger et Marguerite Canal) à recevoir le grand prix de Rome.

Présenté par Héloïse Luzzati, violoncelliste fondatrice du label La Boîte à Pépites, et ses amis musiciens (Marie-Laure Garnier, Alexandre Pascal, Léa Hennino et Célia Oneto Bensaid), le concert a proposé un portrait biographique et sonore de la compositrice, tout en contextualisant sa vie, les étapes importantes de sa carrière ainsi qu’en mentionnant les personnalités importantes qu’elle a rencontrées durant sa vie. Élève de Marguerite Long en piano au Conservatoire de Paris et l’une des deux créatrices de Ma Mère l’Oye de Maurice Ravel en 1910 (seulement à l’âge de 11 ans !), Jeanne Leleu se met à la composition dès son plus jeune âge et obtient le premier prix de composition en 1922.

Eivind Gullberg Jensen, retour gagnant à l'OPMC

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C'est avec plaisir que l'on retrouve le chef d'orchestre norvégien Eivind Gullberg Jensen à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo., dans un programme transfrontalier dynamique et coloré qui nous mène au fil des courants de la mer baltique.  Eivind Gullberg Jensen nous avait laissé un souvenir impérissable de la Symphonie n°1 "Titan" de Mahler. 

L'ouverture Hélios du compositeur danois Carl Nielsen est un petit bijou symphonique impressionniste, décrivant le mouvement du soleil dans le ciel. "Silence et ténèbres. Le soleil se lève avec un joyeux chant de louange. Il avance sur son chemin doré et s'enfonce doucement dans la mer." Eivind Gullberg dépeint toutes les subtilités, comme un tableau vibrant de lumière et de couleur. 

Le violoniste  Valeriy Sokolov est également un invité régulier de l'OPMC. Avec puissance et démonstration de virtuose, il incarne le style en vigueur de la grande école russe.

Fractionated, une preuve de concept

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Fractionated. Claude Ledoux (1960-) ; Eliott Delafosse (1994-) ; Thomas Foguenne (1980-) ; André Ristic (1972-) ; Adrien Tsilogiannis (1982-) ; Benoît Mernier (1964-). Ensemble Fractales. 57’09" – 2023 – Livret : français. Soond. SND23018. 

Portrait de quatre orgues baroques du Sud-Tyrol : monts et merveilles dans le Val Venosta

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Italiani & Oltremontani. Oeuvres de Johann Jacob Froberger (1616-1667), Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Johann Caspar Kerll (1627-1693), Bernardo Storace (fl. XVIIe siècle), Johann Jacob Walther (av1660-1706), Bernardo Pasquini (1637-1710), Johann Speth (1664-c1728), Georg Muffat (1653-1704), Anton Estendorffer (1670-1711), Johann Caspar Ferdinand Fischer (c1662-1746), Baldassare Galuppi (1706-1785). Peter Waldner, orgues à Goldrain, Partschins, Agums et Latsch. Livret en allemand, anglais. Mai 2022. TT 67’56. Musikmuseum 65 CD 13064

John Nelson dirige Haendel

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Messiah. Lucy Crowe, soprano ; Alex Potter, contre-ténor ; Michael Spyres, ténor ; Matthew Brook, basse ; The English Concert & Choir, John Nelson, direction. 2023. Livret en anglais, français et allemand. Erato. 5054197741609. 

A Genève, une création coup de poing, Justice d’Hèctor Parra

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Un opéra sur une horrible tragédie survenue il y a cinq ans ? C’est la gageure que relève Justice, deuxième ouvrage d’Hèctor Parra sur un scénario du metteur en scène bernois Milo Rau, dont le Grand-Théâtre de Genève vient d’assumer la création le 22 janvier.

A la base, un insoutenable drame que restitue sur écran la vidéo conçue par Moritz von Dungern. Nous sommes en République Démocratique du Congo en février 2019. Un camion-citerne transportant de l’acide percute un bus sur une route du Katanga entre Lubumbashi et Kolwezi. En résultent plus de vingt morts et de nombreux blessés. L’acide qui est utilisé dans le traitement des minerais coule jusqu’à la rivière voisine, dans ce sud du pays où l’infrastructure routière est quasiment inexistante. Impliquant Glencore, une multinationale suisse implantée au Congo, un tel sujet vous saisit à bras le corps. Et l’écrivain Fiston Mwanza Mujila qui a élaboré le livret d’après le synopsis de Milo Rau affirme que l’opéra transforme l’accidentel en un sujet universel. Ainsi Justice est non seulement une manifestation de la vérité mais aussi un rite, une cérémonie de deuil qui est une purification réparatrice.

Double hommage au chef d'orchestre Hans Schmidt-Isserstedt

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Hans Schmidt-Isserstedt Edition. Volume 1. Wiener Philharmoniker, London Symphony Orchestra, NDR-Sinfonieorchester, direction : Hans Schmidt-Isserstedt. 1952-1969.Livret en anglais. 14 CD. 484 3981. 

Hans Schmidt-Isserstedt Edition. Volume 2. London Symphony Orchestra, Concertgebouworkest, NDR-Sinfonieorchester, Stockholm Philharmonic Orchestra, Berliner Philharmoniker,  Hans Schmidt-Isserstedt,  Hans Schmidt-Isserstedt. Livret en anglais. 15 CD. 1944-1973. 484 5516. 

« BABEL 46 » de Xavier Montsalvatge

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Une représentation d’opéra présentée par des jeunes étudiants, encadrés par leurs professeurs, n’est pas seulement attachant parce qu’elle contient le germe des acteurs du monde lyrique des prochaines décennies mais, surtout, parce qu’elle peut donner également des pistes sur les tendances stylistiques et créatives des interprètes de cet avenir prochain.

Xavier Montsalvatge (1912- 2002), un compositeur clé dans l’Espagne du XXe siècle, ne semble pas avoir eu beaucoup de chance dans le monde de l’opéra. Il a pourtant écrit trois ouvrages : El gato con botas (1948) et Una voce en off (1960) ; en 1967, il présenta Babel 46 à un concours au Liceu mais le prix ne fut pas décerné… Ce sera au Festival de Peralada de 1994 que l’ouvrage sera créé dans la version d’hier, orchestrée par Albert Guinovart pour 12 instruments solistes. Plus tard, le grand chef d’orchestre Antoni Ros-Marbà -qui était membre du jury- sera le responsable de la création au Liceu avec grand orchestre en 2004, avec Ana Ibarra dans le rôle de « Berta ».

Dans son prologue, le compositeur a écrit qu’il voulait se débarrasser de toute influence du vérisme, de l’opéra russe, allemand ou français… mais il est évident et très heureux qu’il n’y parvienne pas. Par exemple, de très longs moments de la grande scène de Berta au premier tableau auraient pu être signés par Mascagni ou Puccini. Et leur puissance dramatique n’est pas en reste. On peut, dès lors, penser que ses mots sont empreints d’ironie ou de sarcasme. Bien évidemment, son langage proche de la polytonalité, avec tous ses agrégats harmoniques complexes dilués par une science apurée du contrepoint définissent une personnalité artistique qui a parcouru différents chemins le long de cette fin du XXe siècle, où les explorations pour une nouvelle esthétique ou langage musical ont pris souvent des routes très sinueuses…