Concours de cantates pour le prestigieux Thomaskantorat de Leipzig en 1723 

par

598 X

Leipzig 1723. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Jesu nahm zu sich die Zwölfe BWV 22 ; Du wahrer Gottund Davids Sohn BWV 23. Christoph Graupner (1683-1760) : Lobet den Herrn alle Heiden GWV 113/23b ; Aus der Tiefen rufen wir GWV 1113/23a. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Ich muss auf den Bergen weinen und heulen TWV 1:851. Ælbgut. Isabel Schicketanz, soprano. Stefan Kunath, alto. Florian Sievers, ténor. Martin Schicketanz, basse. Yves Ytier, violon & Konzertmeister. Capella Jenensis. Livret en anglais, allemand (paroles des cantates en allemand sans traduction). Juillet 2022. TT 76’54. Accentus Music ACC30598

Au Covent Garden, une contestable Theodora de Handel

par

George Frideric Handel (1685-1759) : Theodora, oratorio en trois actes. Julia Bullock (Theodora), Joyce DiDonato (Irene), Jakub Józef Orliński (Didymus), Ed Lyon (Septimius), Gyula Orendt (Valens), Thando Mjandana (Marcus) ; Chœurs et Orchestre du Royal Opera House, direction Harry Bicket. 2022. Pas de notice ; bref synopsis en anglais. Sous-titres en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 189’00’’. Un DVD Opus Arte OA1368D. Aussi disponible en Blu Ray.

Graines de romantisme dans l’orgue italien, entre déclin napoléonien et Risorgimento

par

1815, seeds of Romanticism in Italy. Pietro Ceracchini (fl. XVIIIe s.) : Offertorio, Elevazione, Post Communio, Toccata. Gaetano Valeri (1760-1822) : Sonata Sesta. Antonio Botti (1766-1799) : Overtura. Giovanni Morandi (1777-1856) : Sonata Sesta ; Rondo con imitazione dei campanelli ; Offertorio en fa mineur. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Pastorale. Gasparo Sborgi (1737-1819) : Offertorio, Elevazione, Post Communio. Padre Davide Da Bergamo (1791-1863) : Concertino en ut ; Suonata per l’Elevazione con tromba obbligata. Eugenio Maria Fagiani, orgue Serassi de l’église Santa Maria Assunta de Calcinate (Italie). Juillet 2020. Livret en anglais. TT 71’29. Da Vinci Classics C00561

Au Festival d’Ambronay, grande émotion avec le Requiem de Mozart

par

Le vendredi 6 octobre, nous avons vécu un moment particulier dans la soirée avec Le Concert de la Loge et Julien Chauvin. Quinze jours auparavant, le décès du baryton Alejandro Meerapfel lors d’un concert dans cette même abbatiale a marqué l’esprit. S’il chantait souvent avec La Cappella Mediterranea comme ce fut le cas le 22 septembre, il était également membre du Chœur de chambre de Namur, qui interprétait le Requiem de Mozart ce soir-là. En ce sens, le chœur a été plus que jamais au centre de ce concert. Les expressions des choristes, déterminées (Dies Iræ), lumineuses (Sanctus), ou apaisées (Lux æterna), sont empreintes d’une certaine pudeur, notamment chez les sopranos. La douceur des voix qui toujours prédomine, y compris aux moments affirmatifs (Rex tremendae majestatis) ou poignants (Confutatis), frappe à chaque fois. L’absence de toute brutalité n’empêche pas de transmettre une douleur profonde comme dans le célèbre Lacrimosa. L’équilibre entre les quatre pupitres est parfait dans une homogénéité sublime, notamment dans la fugue finale dans Lux æterna où tous les chanteurs sont acteurs de cette interprétation avec une dramaturgie extraordinaire.  

Les solistes forment un beau quatuor vocal dans l’esprit de musique de chambre. La retenue chez la soprano Julia Lezhneva nous émeut, tant sa virtuosité dans d’autres répertoires éblouit souvent l’auditoire. La richesse de timbre d’Eva Zaïcik enrichit la partition avec bonheur, alors que la projection droite du ténor Mauro Peter apporte une couleur lumineuse. Quant à la basse Andreas Wolf, il nous amène dans la force intérieure inhérente à cette musique. L’orchestre du Concert de la Loge aux instruments de la période classique brille de mille éclats, à commencer par les harmonies aux sons bien corsés, comme le début de Tuba mirum très remarqué. La présence de l’orgue portatif se démarque dès le début, avec un solo de l’orgue avant le Requiem aeternam, en guise d’introït. Ainsi, Julien Chauvin donne le caractère à chaque pupitre, que ce soit les instruments ou les voix, pour en tirer une richesse insoupçonnée qui recèle encore cette partition que l’on croit connaître par cœur.

On purge bébé ! : le malicieux clin d’œil final de Philippe Boesmans

par

Philippe Boesmans (1936-2022) : On purge bébé !, opéra en un acte. Jean-Sébastien Bou (Bastien Follavoine), Jodie Devos (Julie Follavoine), Denzil Delaere (Aristide Chouilloux), Sophie Pondjiclis (Clémence Chouilloux), Jérôme Varnier (Horace Truchet), Tibor Ockenfels (Bébé-Toto), Martin da Silva Magalhães (l’enfant Toto) ; Orchestre symphonique de la Monnaie, direction Bassem Akiki. 2022. Notice et synopsis en français et en anglais. 80’00’’. Un CD Fuga Libera FUG 818.

Rapprochement des sonates pour viole de deux frères Bach

par

Virtuosity and Grace. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates pour viole de gambe et basse continue en ut majeur Wq 136, en ré majeur Wq 137 ; Sonate pour viole de gambe et clavier en sol mineur Wq 88. Johann Christian Bach (1735-1782) : Sonates pour viole de gambe et clavier en sol majeur Warb B 4b, en fa majeur Warb B 6b, en si bémol majeur Warb B 2b, en fa majeur Warb B 15b. L’Amoroso. Guido Balestracci, viole de gambe. Paolo Corsi, pianoforte, clavecin. Stéphanie Houillon, viole de gambe. Juillet 2022. Livret en anglais, français, italien. TT 76’29. Arcana A543

A Lausanne, un Turco in Italia étourdissant  

par

Pour ouvrir son ultime saison à l’Opéra de Lausanne, Eric Vigié joue le coup d’éclat en présentant Il Turco in Italia de Rossini, bien moins connu que L’Italiana in Algeri qui est souvent pris comme point de comparaison.

Pour cette nouvelle production, il fait appel à Emilio Sagi qui s’entoure de Daniel Blanco pour les décors, Pepa Ojanguren pour les costumes et Eduardo Bravo pour les éclairages. Le rideau se lève sur un quartier populeux de Naples avec une haute façade de maison surplombant une terrasse de bar jouxtant un escalier tortueux côté jardin, de l’autre, un portique en arcade donnant sur la voie du tram. Dans un bruit incessant, le policier à vélo poursuit les ragazzi chapardeurs, alors qu’à grand renfort de klaxon, Donna Fiorilla apparaît sur la moto d’un fringant gigolo échappé du Ieri, oggi e domani de Vittorio de Sica. Zaida la bohémienne et Almanzor, son compagnon d’infortune, se sont assimilés à cette populace bigarrée dont le légendaire farniente est bousculé par ce panneau bleu des mers porté à bout de bras, ouvrant le passage au pacha Selim, potentat à jaquette couleur sable rehaussée d’une pesante chaîne de joyaux, gloussant d’amour comme un coq en chaleur. A peine arrivé, il est confronté à un Don Geronio confit dans son complet-gilet gris maussade et à un Narciso glandeur à la Mastroianni. Paparazzo à l’affût du moindre esclandre, Prosdocimo le poète se faufile partout, quitte à finir dans la bouche d’égout que viennent d’entrouvrir les éboueurs. Tant bien que mal, on l’en sortira pour qu’il parasite le bal nocturne où le quiproquo des tenues similaires lui fait rechercher la vraie Fiorilla, le réel Selim…