Festival musical à Cannes avec Lorenzo Gatto et Benjamin Levy

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L'Orchestre National de Cannes et son directeur musical Benjamin Levy invitent 28 étudiants-musiciens de l'Institut d'Enseignement Supérieur de la Musique d'Aix-en-Provence à les rejoindre pour le premier concert symphonique du mois de mars. C'est une merveilleuse initiative, qui donne la possibilité à ces jeunes musiciens enthousiastes de partager la scène avec les musiciens chevronnés de l'orchestre.

Le ton est directement donné, nous assistons à un concert dynamique où la connivence, l'émotion et la passion apportent joie et bonheur au public. La salle Claude Debussy du Palais des Festivals est presque comble et il y a cette fois-ci beaucoup de jeunes. Il faut dire que le programme sort des sentiers battus avec, en tête d’affiche, le Concerto pour violon de Philip Glass.  Si on se souvient de l’interprétation historique du violoniste Gidon Kremer (DGG), le public pouvait ici entendre le musicien belge  Lorenzo Gatto qui joue pour la première fois à Cannes. Il a enregistré il y a quelques années un album avec le concerto et les romances de Beethoven sous la direction de Benjamin Lévy ; ils se connaissent bien pour avoir également fait une tournée ensemble. L'interprétation de Gatto du Concerto de Philip Glass est poignante et envoûtante. Il est passionnant dès le premier mouvement, la passacaille du deuxième mouvement est somptueuse et le dernier mouvement est palpitant. Le public exalté vibre aux sons frissonnants et bouleversants du violon admirablement soutenus par l'orchestre.

Sonates & Partitas de Bach, un fertile parcours organisé par Guillaume Rebinguet Sudre 

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates et Partitas « à violino senza basso » en sol mineur, si mineur, ré mineur, ut majeur, mi majeur BWV 1001, 1002, 1004, 1005, 1006. Adagio BWV 968 ; Sonate pour clavecin BWV 964 [attrib]. Praeludium pour orgue BWV 539. Choral Sei Lob und Preis mit Ehren extrait de la cantate BWV 29. Guillaume Rebinguet Sudre, violon, clavecin, orgue. Livret en français, anglais. Juillet 2020 à mars 2021. TT 73’14 & 77’31. L’Encelade ECL 2001

Mozart de  style avec Herbert Blomstedt 

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°39 en mi bémol majeur, KV 543, Symphonie nᵒ 40 en sol mineur, KV 550 et Symphonie no 41 en ut majeur, KV 551. Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, direction : Herbert Blomstedt. 2013-2019. Livret en allemand et anglais. 64’01/38’30. BR KLassik. 900196. 

L’école française des vents à travers le temps 

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Charles Gounod (1818-1893) : Petite symphonie ; Vincent d’Indy (1851-1931) : Chansons et danses, Op.50 ; Paul Taffanel (1844-1908) : Quintette en sol mineur ; Gabriel Pierné (1863-1937) : Pastorale, Op.14 n°1. 2021. Les Solistes de l’Orchestre de Paris.  Livret en français et anglais. 61’15’’. INDE163. 

Charles Gounod (1818-1893) : Petite symphonie ; Vincent d’Indy (1851-1931) : Chansons et danses, Op.50. Les solistes de l’Orchestre de Paris, Maurice Bourgue. 1975. Calliope 22106. 

L’orgue romantique allemand, un captivant programme fédéré autour de Weimar

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The Friend and Paragon. Carl Müller-Hartung (1834-1908) : Sonate no 2 en fa mineur. Johann Gottlob Töpfer (1791-1870) : Sonate en ré mineur Op. 15. Bernhard Sulze (1829-1889) : Fantaisie de concert en fa majeur Op. 63. Salomon Jadassohn (1831-1902) : Fantaisie en sol mineur Op. 95. August Gottfried Ritter (1811-1885) : Herr Gott, nun schleuss den Himmel auf ; Sonate no 2 en mi mineur Op. 19. Anna-Victoria Baltrusch, orgue. Juin 2021. Livret en allemand, anglais. TT 74’19. Audite 97.792

Rare musique de chambre romantique dans l’orbite germanique, trois nouvelles parutions

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Ferdinand Ries (1784-1838) : Grand Sextuor en ut majeur pour piano, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse Op. 100 ; Introduction et danse russe pour violoncelle et piano Op. 113 no 1 ; Trio en ut mineur pour piano, violon et violoncelle ; Sextuor pour piano, harpe, clarinette, basson, cor et contrebasse Op. 142. The Nash Ensemble. 2021. Livret en anglais, français, allemand. TT 78’11. Hyperion CDA68380

Norman O’Neill (1875-1934) : Trio avec piano Op. 7 ; Soliloque pour contrebasse et piano ; Sonate en la mineur pour violoncelle et piano. Suite en si mineur pour violon et piano. Ensemble Color. Florian Streich, violoncelle. Sarah Hiller, piano. Fabian Rieser, violon. Fátima Agüero Vacas, contrebasse. Livret en anglais, français, allemand. Mai 2021. TT 60’12. MDG 938 2237-6

Chamber Music with Organ. Josef Gabriel Rheinberger (1839-1901) : Suite pour violon, violoncelle et orgue en ut mineur Op. 149 ; Suite pour violon et orgue en ut mineur Op. 166 ; Sechs Stücke pour violon et orgue, Abendlied pour violoncelle et orgue, Elegie pour violoncelle et orgue, Pastorale pour violoncelle et orgue Op. 150 ; Rhapsodie pour hautbois et orgue ; Andante Pastorale pour hautbois et orgue. Michela Bergamasco, violon. Cristina Monticoli, hautbois. Marco Dalsass, violoncelle. Manuel Tomadin, orgue. 2021. Livret en anglais. TT 62’66 + 57’36. 2 CDs Brilliant 96470

NFT et musique classique : l’innovation avec Indésens & Calliope Records

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Dans notre récent éditorial, nous parlions des opportunités ouvertes par les NFT dans un marché du disque et de l’enregistrement en profondes mutations. Le label français Indésens & Calliope Records innove en développant une proposition de NFT, une première pour un label de musique classique. Crescendo-Magazine s’entretient avec Benoît d’Hau et Mael Perrigault, les  initiateurs de cette aventure qui combine musique et numérique.    

Qu’est-ce qui vous a poussés à vous avancer vers l’usage des NFT dans le cadre de vos parutions ? 

Indésens Calliope Records est devenu au fil des années un acteur indépendant majeur de la musique classique, mais l’avenir de l’économie de la musique enregistrée est incertain. Le streaming ne rapporte que très peu de revenus et ne contrebalance pas la chute des ventes physiques. La musique classique et l’ensemble des musiques dites “de niche” ont un modèle économique qui n’est plus viable et les artistes ne perçoivent quasiment plus de royalties. Pourtant, la musique n’a jamais été autant écoutée et les artistes jamais autant scrutés au travers de leurs différents réseaux sociaux. La question qui se pose est donc la suivante : comment monétiser cette présence en ligne ? Comment redonner une valeur à la musique perçue aujourd’hui comme gratuite ? Notre but au travers de la création de NFT, c’est de permettre aux fans les plus dévoués de faire partie d’un club privé leur donnant accès à du contenu supplémentaire et à une relation plus forte avec l’artiste. Imaginez pouvoir discuter avec Rostropovitch ou recevoir une improvisation unique de Glenn Gould !

Je présume que vous ne vous lancez pas seuls, mais que vous avez la collaboration technique d’une firme spécialisée dans le domaine ? 

Effectivement nous avons fait appel à Speak’r, une toute nouvelle entreprise innovante créée par Mickael Kalifa et Emeric Saussois. Nous nous sommes retrouvés sur des valeurs communes et la volonté de faire de la création de NFT une valeur ajoutée à la sortie d’un album sans pour autant tomber dans la vente spéculative d’œuvres numériques.

Comment va se passer cette introduction des NFT dans votre catalogue ? Comment un mélomane va-t-il pouvoir en acquérir ? 

L’acquisition peut se faire très simplement via la plateforme Speak’r. Lorsque vous créez un compte, un portefeuille numérique est automatiquement généré sur lequel vous pouvez collectionner vos NFT. La particularité de cette plateforme est la possibilité d’acheter vos NFT en monnaie virtuelle ou simplement avec une carte bleue via un terminal sécurisé. Tout le monde peut ainsi en acquérir facilement !

Sào Soulez-Larivière, altiste 

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L’altiste Sào Soulez-Larivière est récipiendaire du Prix Jeune artiste 2023 des International Classical Music Awards. Le jeune musicien s’entretient avec notre collègue Frauke Adrians du média Das Orchester pour évoquer son parcours et son actualité.

 Comment s’organise votre emploi du temps ? 

En ce moment je suis aux deux endroits ! L'année dernière, j'ai terminé mon Bachelor à Berlin à la Hochschule für Musik Hanns Eisler Berliner avec Tabea Zimmermann, et maintenant je fais en quelque sorte la navette entre Berlin et la Kronberg Academy, où je suis les cours  en vue de l’obtention de mon Master. Là aussi, je continue mes cours avec Tabea Zimmermann.

Est-elle votre modèle -peut-être même dans le sens où vous aimeriez enseigner comme elle un jour ?

Oh oui ! C'est un très grand privilège d'étudier avec une artiste comme Tabea Zimmermann. Je suis toujours fasciné et ravi de voir à quel point elle reste fidèle à la musique et à quel point elle est capable de transmettre cela à ses élèves. De mon côté, j'ai déjà pu aider certains élèves en classe et j'ai remarqué à quel point vous en apprenez sur les autres -et même sur vous-même ! J'en suis très reconnaissant et je veux continuer.

Vous avez une vingtaine d'années, mais votre alto est encore plus jeune que vous : vous jouez sur un instrument fabriqué par le luthier Frédéric Chaudière en 2013. Un alto aussi « frais » est-il fait pour vous et pour le répertoire, qui est généralement déjà bien centenaire, que vous interprétez principalement ?

Très certainement. Mon alto me convient parfaitement : en termes de taille, mais aussi en termes de sonorité. Nous nous sommes cherchés et trouvés, pour ainsi dire ! Un musicien réalise très vite s'il a le bon instrument ; après tout, il passe toute sa vie avec. Je ne dirais pas qu'un instrument plus ancien est nécessairement meilleur qu'un instrument moderne, ils ont juste des qualités différentes. En fin de compte, cela dépend vraiment de la démarche sonore recherchée par l'instrumentiste.  « Trop frais » n'est certainement pas le propos de mon alto ! Ce qui est excitant, c'est que nous construisons quelque chose de nouveau ensemble. 

Comment en êtes-vous venue à jouer de l'alto ?

En fait, j'ai commencé à jouer du violon quand j'étais petit. Comme ma sœur aînée, qui est violoniste, j'ai étudié le violon intensivement avec Natasha Boyarsky à l'école Yehudi Menuhin en Angleterre, mais j'ai ensuite essayé l'alto dans des ensembles de chambre et l'orchestre en cours de route. Et c'est là que je suis tombé amoureux. C'était l'instrument qu'il me fallait ! Le timbre, la tessiture de l'alto : tout cela me tenait beaucoup plus à cœur qu'avec le violon. Bien sûr, ce changement d'instrument amène aussi des ennuis, il faut s'entendre avec une nouvelle clef par exemple, mais après on apprend ça. J'ai particulièrement aimé le sentiment d'être au milieu d'un ensemble à cordes. En tant qu'altiste, vous utilisez plus vos oreilles que votre voix, pour ainsi dire !

Mais en tant que soliste à l'alto, vous n'avez pas autant de répertoire à votre disposition qu'un violoniste…

Bien sûr, mais ce n'est pas forcément un inconvénient, bien au contraire ! En tant qu'altiste, vous êtes constamment mis au défi d'explorer les possibilités de votre instrument et d'ouvrir de nouveaux répertoires. On emprunte beaucoup au violon, au violoncelle, voire à la clarinette. J'aime beaucoup arranger des œuvres pour l'alto et essayer des partitions contemporaines, et quand je programme des concerts, j'aime le sentiment de repousser les limites du répertoire. L'idée que nous, les musiciens d'aujourd'hui, sommes de véritables pionniers, contribuant à façonner ce qui est jouable pour les futures générations de musiciens, je pense que c'est fantastique.