Nouvelle intégrale Schumann par Daniel Barenboim
Robert Schumann (1810-1856) : Intégrale des symphonies. Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim. 2021. Livret en anglais et allemand. DGG. 2894862.
Robert Schumann (1810-1856) : Intégrale des symphonies. Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim. 2021. Livret en anglais et allemand. DGG. 2894862.
In London Town. British Organ Music. William Walton (1902-1983) : March for ‘A History of the English-Speaking Peoples’, arrangement de Tom Winpenny. John Ireland (1879-1962) : A Downland Suite : II. Elégie, arrangement d’Alec Rowley. Edward Elgar (1857-1934) : Cockaigne Overture, op. 40 ‘In London Town’, arrangement de Graham Sheen ; Imperial March, op. 32, arrangement de George Martin. Judith Bingham (°1952) : St. Bride, assisted by angels. Percy Whitlock (1903-1946) : Fantaisie chorale n° 1 en ré bémol majeur ; Sonate pour orgue en do mineur : Scherzetto. Simon Preston (1938-2022) : Alleluyas. Thomas Tallis (1505-1585) : Hymne : Veni Redemptor Gentium I. Herbert Howells (1892-1983) : Six Pièces pour orgue. III : Master Tallis’ Testament. Andrew Carter (°1939) : Lacrimae. Benjamin Sheen, orgue. 2020. Notice en anglais. 77.44. Crd 3541.
Tant vous aime. Josquin Desprez (c1450-1521) et alii : Si je perdoys mon amy ; Vivrai je toujours en telle paine ; Qui belles amours ; A l’eure que je vous p.x. ; Ricercar ottava ; Petite Camusette ; Mein Hercz in hoben Frewden ist ; Tant vous aime ; Belle pour l’amour de vous ; An avois ; Que vous Madame ; Agnus Dei ; El Grillo ; In Te, Domine, speravi ; Scaramella fa la galla ; Scaramella va alla guerra ; Basse dance Cueur angoisseux ; Ma bouche rit ; Bergerette savoysienne ; A l’ombre d’ung buissonnet ; Une jeune fillette. Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre. Clara Coutouly, soprano. Paulin Bündgen, contre-ténor. Hugues Primard, ténor. Matthieu Le Levreur, baryton. Guillaume Olry, basse. Pascale Boquet, luth. Bérengère Sardin, harpe. Elsa Frank, Johanne Maitre, Denis Raisin Dadre, Jérémie Papasergio, chalemie, bombarde, flûte à bec. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en langue originale traduite en anglais et partiellement en français contemporain. Novembre 2021. TT 64’02. Ricercar RIC 436
Les fantaisies de Josquin. Josquin Desprez (c1450-1521) et alii : Ile fantazies de Joskin ; La plus de plus ; De tous bien plaine ; Ach hülff mich leid ; La spagna ; Fortuna desperata ; Une musque de Biscaye ; Je sey bien dire ; La bernardina ; A l’eure que je vous p.x. ; Helas madame ; Sy je perdoys mon amy ; L’homme armé ; Cela sans plus ; A Dieu mes amours ; Sei gelobt, du Baum… Ensemble Leones. Raitis Grigalis, baryton. Baptiste Romain, violon Renaissance, vielle. Elizabeth Rumsey, viola d’arco, viole Renaissance. Uri Smilansky, viola d’arco. Kirsty Whatley, harpe. Gawain Glenton, cornetto. Noëlle-Anne Darbellay, violon. Martin Wyss, contrebasse. Marc Lewon, luths, guiterne, viola d’arco, direction. Livret en allemand, anglais ; paroles en langue originale non traduite. Février 2010, réédition 2022. TT 71’02. Christophorus CHE 0227-2
César Franck Edition. 1952-2021. Livret en anglais, français et allemand. 16 CD Warner. 0190296 317859.
En ce début de saison 2022-2023, le Ballet de l’Opéra de Paris inclut à son répertoire Mayerling, ballet de Kenneth MacMillan qui avait été créé à Covent Garden par le Royal Ballet le 14 février 1978. En trois actes et douze scènes, le chorégraphe et la scénariste Gillian Freeman se basent sur un fait historique, le double suicide de l’Archiduc Rodolphe, héritier du trône impérial d’Autriche-Hongrie, et de sa jeune maîtresse, Marie Vetsera, survenu dans un pavillon de chasse à Mayerling le 30 janvier 1889. Leur ouvrage explore autant les mécanismes de la passion jusqu’à leur paroxysme que leur incidence sur les enjeux politiques du moment.
En co-production avec le Royal Opera House, les décors et costumes de Nicholas Georgiadis et les lumières de John B. Read restituent un univers sombrant dans la décadence et l’anarchie, qui tente de s’agripper encore à un apparat illusoire, corrodé par une propension au libéralisme novateur et à la débauche. L’Archiduc Rodolphe en est l’incarnation par sa psychologie complexe, héritée de sa mère, Sissi, l’attirant inéluctablement vers la folie, sa sensualité débordante qui lui fait accumuler les liaisons plus ou moins longues et son addiction à l’alcool et aux drogues. Ceci justifie le fait que la chorégraphie de Kenneth MacMillan le confronte à sept pas de deux, aussi exigeants que virtuoses, avec cinq partenaires différentes.
Quant à la partition, elle a été habilement conçue par le chef d’orchestre John Lanchbery qui a puisé dans la vaste production de Franz Liszt en utilisant de larges extraits de la Faust-Symphonie, de quatre des poèmes symphoniques (Festklänge, Tasso, lamento e trionfo, Mazeppa et Héroïde funèbre) et de la Première des Méphisto-Valses, et en orchestrant nombre de pages pour piano incluant diverses Études d’exécution transcendante et pièces de fin de carrière comme la Czárdás obstiné. Et leur enchaînement complexe en une partition durant plus de deux heures est remarquablement mis en valeur par la baguette de Matin Yates qui dirige l’Orchestre de l’Opéra National de Paris en dynamisant ce véritable écheveau qui relie des segments aussi disparates que fascinants.
Hector Berlioz (1803-1869) : Les Nuits d’été, Op.7 (version de 1856) : Harold en Italie, op.16. Michael Spyres, ténor ; Timothy Ridout, alto. Orchestre philharmonique de Strasbourg, John Nelson. 2021. Livret en anglais, français et allemand. 72’29’’. Erato. 505497196850.
« Avec le temps va tout s’en va » : ces mots d’une chanson de Léo Ferré disent si bien la réalité du Rosenkavalier de Richard Strauss, à condition qu’on les conjugue avec une réplique d’une des personnages : « C’est une mascarade viennoise » ! Cet opéra est une merveille de conception, une merveille de partition. La direction d’Alain Altinoglu, la mise en scène de Damiano Michieletto et ses interprètes le servent au mieux.
Le temps s’en va et nous emporte, irrémédiablement. Tel est le constat que fait la Maréchale. Une femme d’élégance, de joie, de bonheurs multiples, de soif de vivre, mais qui, un matin, prend soudain conscience de cette irréversibilité-là et de tout ce qui, désormais, ne lui appartiendra plus. Elle a compris que son jeune amant, Octavian, finira par la quitter pour une autre « plus jeune et plus belle » : la jeune et belle Sophie. Cette prise de conscience nous vaut des moments musicaux et vocaux admirables. Quelle tristesse, quelle nostalgie déjà dans la voix de celle qui chante, et comme l’orchestre et quelques instruments solistes en multiplient les échos. Personnellement, c’est pour moi, loin des grandes détresses exacerbées du répertoire lyrique, une page qui m’émeut chaque fois.
Mais mascarade il y a aussi ! Et c’est d’ailleurs la force de cette œuvre que de rester légère dans l’émotion grâce à ses complications vaudevillesques. Elle ne s’appesantit pas. Si elle nous émeut, elle nous fait rire. Et cela grâce à un personnage « énooorme », une sorte de Falstaff viennois, le Baron Ochs. Il a le projet d’un mariage qui le renflouera avec une jeune fille, Sophie, aux parents en quête de respectabilité mondaine. Mais, jouisseur ridicule, il va se heurter aux réjouissants stratagèmes de la Maréchale et d’Octavian. Tohu-bohu, déguisements, quiproquos, imbroglio : oui, c’est une farce alors.
Damien Michieletto installe tout cela dans un univers scénique de grande élégance, qui n’a rien de réaliste, mais qui suggère. Il réussit à donner à voir le douloureux constat de la Maréchale : sa chambre est répétée en arrière-plan, on y découvre un sosie désenchanté de cette Maréchale, ou encore des femmes de générations successives. De la neige recouvre cet espace. Comme un écho à ce « Tombe la neige, tu ne viendras pas (plus) ce soir », que chantait Adamo. Quand elle commence son air merveilleux de tristesse face au temps qui passe, on vient déposer à l’avant du plateau des dizaines de (magnifiques) horloges, en résonnance avec ses mots : « Parfois je me lève la nuit et je fais arrêter toutes les pendules, toutes ». Quelle belle image finale aussi que celle du jeune couple s’en allant au loin dans un paysage montagneux, là-bas, alors que la Maréchale rejoint le triste lit conjugal dorénavant à l’avant-plan du plateau, ici. Les bonnes idées ne manquent pas pour les scènes de farce, surlignées comme il convient (ah ! Octavian déguisé en soubrette hollywoodienne séductrice ; ah ! les deux sbires Dupont-Dupond du Baron ; ah ! les Autrichiens en shorts de cuir). Avec quelques surgissements davantage surréalistes comme les corbeaux apparaissant aux seuls yeux du Baron dans la scène de l’auberge ou de gros ballons de baudruche blancs.
Pierre Henry, l’œuvre. Catalogue illustré des opus et musiques d’application, 1945-2017. Philharmonie de Paris Éditions, Collection Écrits de compositeurs, 2021. ISBN : 979-10-94642-45-0. Broché, 395 pages, 22 cm x 28 cm x 4 cm, 1700 g. 39 €.

Pierre Henry (1927-2017) : Galaxie. Le Voyage (1962) ; Prisme (1973) ; Variations pour une porte et un soupir (1963) ; Gouttes d’eau 2 (2008)* ; Messe de Liverpool (1967) ; La noire à 60 + Granulométrie (1967) ; Apocalypse de Jean (1968) ; Jérusalem (1968)* ; Mouvement-Rythme-Étude (1970) ; Futuristie (1975/1999) ; Pierres réfléchies (1982) ; Envol (2010) ; Coexistence (1958) ; Intérieur / Extérieur (1996) ; Dracula ou la Musique troue le Ciel (2002) ; Ma grande Pâque russe (1993)* ; Professeur Robot (2010)* ; L'Art de la fugue odyssée (2011) ; Entité (1959) ; Miroirs du temps (2008) ; Strette Symphonie collector (2010)* ; Messe pour le temps présent (1967) (Henry/Colombier) ; Grand remix (2015)* ; Tokyo 2002 (1998) ; Fragments rituels - Métamorphose (2013)* ; Machine danse (1970)* ; Utopia Hip-Hop Final (2009)* ; Astrodanse (1971)* ; Construction tournante (2007)* ; Phrases de quatuor (2000) ; La note seule (2017)* ; Grand tremblement (2017)* ; Une minute éternelle (2013)*. Avec les voix de Jacques Spacagna, Jacques Alric, François Dufrêne, Jean Negroni et du groupe Violent Femmes, et des sons du groupe Propellerheads. 1960-2021 (*inédits). 14h19’03. Livret en français et en anglais. 13 CD Decca 4855652.
Antonio Vivaldi (1678-1741) : Stabat Mater, RV 621. Jakub Józef Orliński, contre-ténor. Capella Cracoviensis, Jan Tomasz Adamus. Robert Bachara, Agnieszka Świątkowska, violon. Jacek Dumanowski, alto. Aleksandra Buczyńska-Kusak, violoncelle. Marek Lewandowski, contrebasse. Giulio Quirici, théorbe. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en latin et traduction trilingue. Juillet 2020. TT 18’20 (CD) + ca.22’ (DVD). Erato 0190295060701