Musique, chants et danses baroques de l’Ancien au Nouveau Monde

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Cachua Serranita. Music, dance and Our Lady on the Far Side of the World. Kristián Gottfried Hirschmentzel (1638-1703) : Moravica & Bohemicus saltus. Anonyme & [attrib.] Jan Antonín Losy z Losinthalu (c1650-1721) : Aria hannaco. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Hanaquoise [Suite en ré majeur TWV 55:D3] ; Hanasky [Suite en mi majeur TWV 55:E1]. Jan Josef Ignác Brentner (1689-1742) : Concerto da camera en ré mineur Brk92 ; Bourrée & Capriccio [Concerto en sol mineur BRK96]. Anonyme & [attrib.] Domenico Zipoli (1688-1726) : Zuipaqui - Ad Mariam. Martin Schmid (1694-1772) : Pastoreta Ychepe Flauta. Traditionnel etc. Collegium Marianum. Jana Semerádová, flûte. Vojtěch Semerád, violon, alto, voix, percussion. Jiří Sycha, violon, charango, voix. Marcel Comendant, cymbalum, percussion. Ján Prievozník, violone. Septembre 2021. Livret en anglais, allemand, français, tchèque ; les paroles des chants se trouvent sur le website du label. 50’05. Supraphon SU 4309-2

L’Orchestre National d’Auvergne fête ses 40 ans en rendant hommage à Jane Evrard  

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Jane Evrard Miroirs. Albert Roussel (1869-1937) : Sinfonietta pour orchestre à cordes Op.52 ; Jean Rivier (1896-1987) : 3e symphonie en Sol pour orchestre à cordes ; Arthur Honegger (1892-1955) : Symphonie n°2 pour orchestre à cordes et trompette Ad.Lib H.153. Romain Leleu, trompette ; Orchestre national d’Auvergne, Roberto Forés Veses. 2021. Livret en français et anglais. ONA 2022/2/1. 

Six facettes du concerto pour piano britannique au XXe siècle 

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John Addison (1920-1998) : Wellington Suite, pour deux cors, piano, timbales, percussion et cordes. Arthur Benjamin (1893-1960) : Concertino pour piano et orchestre. Elizabeth Maconchy (1907-1994) : Concertino pour piano et orchestre à cordes. Humphrey Searle (1915-1982) : Concertante pour piano, percussion et cordes op. 24. Edmund Rubbra (1901-1986) : Nature’Song, poème symphonique pour orchestre, orgue et pianoforte. Geoffrey Bush (1920-1998) : A Little Concerto sur des thèmes de Thomas Arne pour pianoforte et cordes. Simon Callaghan, piano ; BBC National Orchestra of Wales, direction Martyn Brabbins. 2021. Notice en anglais. 68.33. Lyrita SRCD 407.

Alexandra Lescure : extase baroque 

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La pianiste Alexandra Lescure fait paraître chez Calliope un album qui confronte des œuvres de Scarlatti et Royer. Cette proposition éditoriale est aussi originale qu’inattendue. Crescendo Magazine a eu envie d’en savoir plus et vous propose une interview avec cette pianiste. 

Votre album se nomme “Extase baroque”, il fait suite à un précédent disque intitulé “Immersion”. La présence d’un titre est-elle importante pour vous ?  

Effectivement, j’aime à nommer mon travail discographique afin qu’il s’en dégage une dimension poétique, philosophique ou spirituelle au-delà des propositions de pièces interprétées. Je crois aussi que cela me guide vers ce qui me paraît être l’essence d’une proposition au plus proche de mes aspirations de vie du moment. J’ai toujours aimé associer la musique aux mots, notamment dans divers projets dans lesquels je tourne autour du théâtre avec Chopin ou de la poésie avec Char.

Mon premier disque « Immersion » articulé autour de Scarlatti, Haydn et Mozart invoquait l’introspection qui a été nécessaire à la procréation d’un premier disque. La genèse d’un projet artistique m'apparaît comme vitale.

Le titre Extase baroque fut une évidence. Tout d’abord parce qu’à ce stade de mon cheminement artistique, je ressens mon accomplissement musical tel un travail énergétique et vibratoire en lien avec le son et le geste instrumental. D’autre part, chacune des douze pièces de cet album évoque l’état d’extase soit par l'émanation dépouillée menant à l’abandon, soit par l’exaltation d’un jeu trépidant, soit par la transe d’harmonies  âpres aux répétitions obsessionnelles telles des danses sauvages aux rituels ancestraux.

L’album propose des œuvres de Domenico Scarlatti mais également de Joseph-Nicolas-Pancrae Royer ? Qu’est-ce qui vous a attiré vers l'œuvre de Royer ?

J’ai découvert Royer une nuit de confinement en 2020 avec le magnifique album de Jean Rondeau Vertigo. Je crois l’avoir écouté des heures durant, j’étais subjuguée par cette musique si belle et parfois si étrange pour son époque. Le lendemain,  je proposais d’associer Royer à Scarlatti à ma maison de disque Calliope. Le coup de cœur fut partagé. Le disque devait initialement être entièrement consacré à Scarlatti. 

Les pièces pour clavecin de Royer sont des transcriptions d’opéras-ballets du compositeur dans le Paris des années 1740 tels que La Zaïde, Reine de Grenade ou Le Pouvoir de l’Amour. La musique de Royer m’a tout d’abord captivée par la simplicité et la beauté de ses pièces lentes et chantées (La Zaïde,  Les tendres sentiments ou l’Aimable) que j’envisageais au piano dans une expression à la fois pure, contenue et irrésistiblement touchante. D’autre part, les pièces flamboyantes telles que le Vertigo ou La Marche des Scythes représentaient un véritable défi d’interprétation face à une écriture à la fois visionnaire mais viscéralement clavecinistique. Dans ces pages, les modes de jeux sont d’une rapidité extrême avec des gammes fusées, des tremblements foisonnants d’accords brisés, des attaques parfois pincées avec une articulation d’une précision inouïe mais aussi l’exploitation d’un matériau plus percussif dans le refrain. Cette musique est d’une grande singularité pour l’époque car elle cultive aussi des grappes d’accords très graves voire stridents afin de créer une dimension poignante et théâtrale. J'aime le style impétueux et hypnotique que l’on retrouve toujours dans cette Marche des Scythes au thème lancinant telle une danse archaïque.

Sonates & Partitas de Bach par Fabio Biondi et Frank Peter Zimmermann : deux leçons de style

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates et Partitas en sol mineur, si mineur, la mineur, ré mineur, ut majeur, mi majeur BWV 1001-1006. Fabio Biondi, violon. Livret en français, anglais et japonais. Juin 2020. TT 67’26 & 71’16. Naïve V 7261

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonate no 2 en la mineur BWV 1003, Partita no 2 en ré mineur BWV 1004, Partita no 3 en mi majeur BWV 1006. Frank Peter Zimmermann, violon. Livret en anglais, allemand, français. Juin 2020 & mars 2021. TT 67’38. SACD BIS 2577

L’opéra est une fête L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti 

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Cette année encore, les Chorégies d’Orange prouvent que l’opéra est une fête : des milliers de spectateurs (jusqu’à 8 000) s’y retrouvent pour vivre intensément un spectacle aux dimensions de l’immense scène aux immenses murs du Théâtre Antique.

A l’affiche : L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti. Un livret joyeusement idéal en ces temps de résurrection sanitaire : dans ce petit village campagnard, le pauvre Nemorino est éperdument amoureux de la belle Adina. L’impertinente se moque de lui et semble se laisser convaincre par les rodomontades de Belcore, un militaire autosatisfait. Mais voilà que Dulcamara, un « docteur miracle », surgit, qui propose à Nemorino un infaillible « élixir d’amour »… en fait, du vin de Bordeaux. Quelques complications d’amours-propres et quelques quiproquos plus tard, tout se conclura évidemment par un happy end.

Le livret est drôle, la mise en scène l’est tout autant. Adriano Sinivia emporte tout cela au rythme prestissimo qui convient. Il sait diriger ses chanteurs-acteurs. Le gigantisme des lieux l’a manifestement inspiré puisqu’il inscrit l’intrigue dans une scénographie rurale surdimensionnée. Tout est gigantesque : les épis de blé, le fer d’une pelle, la roue d’un tracteur, les fruits et les légumes. On est plongés dans une savoureuse hyperbole scénique. La farce est au rendez-vous notamment dans les costumes et les attitudes des militaires, dans une série de gags irrésistibles. Ce qui n’empêche pas des « arrêts sur image » pour la mise en évidence des moments sentimentalement expressifs de l’œuvre. 

Musicalement, c’est un régal : la partition de Donizetti est aussi inventive et savoureuse dans l’humour que dans l’émotion. On rit et on est émus. D’autant plus que Giacomo Sagripanti, bien suivi par l’Orchestre Philharmonique de Radio France et les Chœurs des Opéras Grand Avignon et de Monte Carlo, a compris qu’il ne fallait pas en rajouter dans l’expressivité et plutôt la faire vivre dans ses effets multiples et nuancés. Un travail musical que les spectateurs peuvent facilement apprécier puisque l’orchestre, placé devant le plateau, est bien visible de tous.