A l’OSR, un Franck sidérant  

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Au cours de chaque saison, l’Orchestre de la Suisse Romande a la judicieuse idée de mettre en valeur ses propres solistes. C’est pourquoi, au programme du 3 février, Jonathan Nott, son directeur artistique, inscrit au programme la Symphonie Concertante en mi bémol majeur K. 297b de Mozart qui a pour solistes le hautboïste Simon Sommerhalder, le clarinettiste Michel Westphal, le bassoniste Alfonso Venturieri et le corniste Jean-Pierre Berry. Au brio élégant du tutti qui recherche les contrastes de phrasé, le quatuor des vents répond avec autant de verve en étirant le legato, tandis que le hautbois et la clarinette échangent des trilles pimpants sur le soutien du cor et du basson. L’Adagio est emporté par une veine lyrique généreuse alors que le Final est guidé par un hautbois caustique s’appuyant sur le support du cor et du basson qu’ornementent les arabesques virtuoses de la clarinette.

En début de programme, Jonathan Nott avait présenté l’orchestration tardive que Maurice Ravel lui-même avait réalisée de son Menuet Antique pour piano. De l’exposition foisonnante de coloris vivaces, il émousse les angles par l’intervention des bois qui enveloppent d’un coloris pastoral le trio médian, alors que la reprise du motif initial déploie à nouveau la richesse de la palette orchestrale.

Debussy orchestré par Pascal Rophé 

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Claude Debussy (1862-1918) : Petite Suite, L.65 (Orchestration d’Henri Büsser) ; La Boîte à Joujoux, L.136 (Orchestration d’André Caplet), Children’s Corner, L.113  (Orchestration d’André Caplet). Orchestre national des Pays de la Loire, Pascal Rophé. 2021. Livret en anglais, allemand et français. Bis 2622. 

Don Giovanni chez les Atrides

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Comme Tintin ou Astérix, Don Juan se joue des frontières de l’espace et du temps. Le voici transporté chez les Tragiques grecs par le metteur en scène Ivo van Hove.

L’air est raréfié, la ligne décantée, les enjeux à nu, laissant la musique déployer ses ambiguïtés, prise sous les feux croisés d’éclairages  subtils. Ocres ou aveuglants, ponctués de couleurs parcimonieuses, la lumière découpe des espaces architecturés transposés aux dimensions de la salle. Teintes méditerranéennes également qui évoquent l’esthétique des ruines grecques, comme celle des villas de Palladio rejoignant l’engouement du 18e siècle pour l’italie néo-antique (déjà présent chez Joseph Losey). Les costumes -au sens premier- se dépouillent également de toute anecdote. Fourreaux, escarpins, font place aux masques, à quelques uniformes et robes d’époques posées sur des mannequins (fin du I) et à l’arrivée de l’orchestre de scène.

Certes, les notes de programme font allusion à la lutte des classes, au féminisme -dans sa correspondance Mozart lui-même met en garde sa jeune épouse contre le cynisme de la noblesse viennoise…- mais les spectres antiques suggérés par la direction d’acteur ouvrent sur une autre tragédie. Souterraine, cette dernière se joue dans la partition. Elle apparaît rarement au grand jour et seul le travail scénique la rend aussi perceptible.

A Genève, le Mozart de Mitsuko Uchida   

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Pour la première fois, le Service culturel Migros invite la pianiste japonaise Mitsuko Uchida, fille de diplomates, qui a passé son adolescence à Vienne pour y faire ses études musicales. Dès le début des années quatre-vingts, elle s’impose comme une grande interprète de Mozart ; et depuis deux décennies, elle s’ingénie à diriger de son piano ses concerti, avec les résultats à demi-convaincants qu’occasionne cette pratique adoptée par un très grand nombre de solistes. Néanmoins, tel  est le cas pour les trois concerts donnés à Berne, Genève et Zurich où elle dialogue avec le Mahler Chamber Orchestra.

Dans le 23e Concerto en la majeur K.488, elle développe l’introduction en un esprit chambriste qui lui fait rechercher les contrastes d’éclairage. Le solo donne l’impression de se fondre dans le tutti, car les instruments à vent produisent un son trop grand. Il faut en arriver à la cadenza pour percevoir le jeu perlé d’une artiste qui s’écoute beaucoup lors de l’enchaînement des traits de virtuosité. Dans l’Adagio, elle cultive en profondeur le ton de la confidence susurrée à fleur de clavier, contrastant avec le Final exubérant qui produit un effet immédiat sur le public.

Malmené par la mise en scène, Rameau est sauvé par l’interprétation

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Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Hippolyte et Aricie, tragédie lyrique en cinq actes. Reinoud Van Mechelen (Hippolyte), Elsa Benoit (Aricie), Sylvie Brunet-Grupposo (Phèdre), Stéphane Degout (Thésée), Séraphine Cotrez (Œnone), Arnaud Richard (Neptune/Pluton), Eugénie Lefebvre (Diane), Lea Desandre (Prêtresse de Diane/Chasseresse/Matelote/Bergère), Edwin Fardini (Tisiphone), etc. ; Chœurs et Orchestre Pygmalion, direction Raphaël Pichon. 2020. Notice et synopsis en français et en anglais. Sous-titres en français, en anglais, en allemand, en japonais et en coréen. 140.00. Un DVD Naxos 2. 110707. Disponible en Blu Ray.

Josquin à l’Espagnole, Josquin à l’Italienne : trois nouvelles parutions

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The Josquin Songbook. Josquin Desprez (c1450-1521) : Nymphes, nappés ; Circumdederunt me ; Praeter rerum seriem ; Kyrie de Missa Fortuna Desperata ; Mille Regretz ; Credo de Missa L’Homme armé (extrait) ; Pater Noster ; Ave Maria ; Stabat Mater dolorosa ; O intemerata Virgo de Vultum tuum deprecabuntur ; Nymphes des bois. Cristóbal de Morales (c1500-1553) : Benedictus de Missa Mille Regretz. Francisco de Peñalosa (1470-1528) : Kyrie de Missa Adieu mes amours. María Cristina Kiehr, soprano. Jonatan Alvarado, ténor. Ariel Abramovich, vihuela. Livret en anglais, espagnol, français, allemand ; paroles en langue originale et traduction anglaise. Mai 2021. TT 58’55. Glossa GCD 923529

In Principio. De nativitate Jesu Christi. Josquin Desprez (c1455-1521) : Liber generationis Jesu Christi ; Missus est Gabriel angelus ; O Virgo virginum ; In principio erat Verbum ; Praeter rerum seriem ; O admirabile commercium ; Quando natus est ; Rubum quem viderat Moyses ; Germinavit radix Jesse ; Ecce Maria genuit ; Factum est autem. De Labyrintho Musica della Rinascenza, dir. Walter Testolin. Livret en italien et anglais ; livret des paroles chantées en latin, traduction bilingue. Juillet 2020. TT 76’38. Baryton DL001/21

Giosquino. Josquin Desprez in Italia. Josquin Desprez (c1452-1521) : Missa Hercules Dux Ferrariae ; Praeter rerum seriem ; Tu solus qui facis mirabilia ; Fortuna d’un gran tempo ; O Virgo prudentissima ; Inviolata, integra et casta (a 5 & a 12) ; La Bernardina ; Salve Regina ; Huc me sydereo. Odhecaton, dir. Paolo Da Col. The Gesualdo Six. La Reverdie. La Pifarescha. Livret en anglais, français et italien ; livret des paroles chantées en latin, traduction trilingue. Octobre 2020. TT 77’06. Arcana A489

Portrait croisé du répertoire instrumental et liturgique de Diego Ortiz

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Caleidoscopio. Diego Ortiz (c1510-c1570) : pièces extraites du Trattado de Glosas ; Motets extraits du Musices Liber Primus. Juan del Encina (1468-1529) : Ay triste que vengo. Antonio de Cabezón (c1510-1566) : Pavana con su glosa ; Diferencias sobre la Pavana Italiana ; Diferencias sobre el Canto del Caballero. Pedro Hernández de Tordesillas (fl 1499-1520) : Franceses ¿por qué rrasón fuistes de Ruysellón ? Hernando de Cabezón (1541-1602) : Dulce Memoriae. Francesco Millán (fl début XVIe siècle) : Dulce y triste memoria. Jacques Arcadelt (1507-1568) : O felici occhi miei. Francisco Guerrero (1528-1599) : Ojos claros serenos. Ginés de Morata (fl XVIe siècle) : Ojos que ya no veis. Rodrigo de Ceballos (c1525-1581) : Ojos hermosos bellos. Francesco Santa Crocce detto Patavino (c1487-1556) : Un cavalier de Spagna. Anonymes : Ay de mi qu’en tierra ajena ; Aquel cavallero madre ; Yéndome y viniendo me fui enamorando. Comet Musicke. Francisco Mañalich, ténor, viole de gambe. Marie Favier, contralto. Aude-Marie Piloz, viole de gambe, superius. Camille Rancière, vihuela de arco, lira de braccio, basse. Cyrille Métivier, cornet, vihuela de arco, contralto. François Joron, ténor. Sarah Lefeuvre, superius, flûte douce. Jan Jeroen Bredewold, basse. Daniela Maltrain, vihuela de arco, superius. Patrick Wilbart, serpent, basse. Laurent Sauron, percussion. Livret en français, espagnol, anglais, breton ; paroles en langue originale et traduction française. 2021. TT 52’14 + 50’17. Éditions Son an ero 18

Jordi Savall illumine La Création de Haydn

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Joseph Haydn (1732-1809) : La Création, oratorio. Yeree Suh (Gabriel et Ève), soprano ; Tilman Lichdi (Uriel), ténor ; Matthias Winckhler (Raphaël et Adam), baryton ; La Cappella Reial de Catalunya ; Le Concert des Nations, direction Jordi Savall. 2021. Notice en français, en anglais, en espagnol, en catalan, en allemand et en italien. Texte original en allemand, avec traductions dans les mêmes langues. 103.20. Un album de deux SACD Alia Vox AVSA9945.