Un opéra juridique et humaniste

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C’est un projet original que viennent de concrétiser et de réussir Stéphane Ghislain Roussel et ses partenaires. Un texte juridique essentiel à nos démocraties est devenu le livret d’un opéra que l’on découvre dans le lieu le plus approprié. Il compose un diptyque bienvenu avec un autre opéra composé en des temps apocalyptiques. 

Rendez-vous à l’hémicycle du Parlement européen au Kirchberg-Luxembourg ! Telle est la consigne ces jours-ci pour les amateurs d’opéra. Une délocalisation qui surprend d’abord, mais qui prend vite tout son sens. Le livret de En vertu de…, l’œuvre représentée, est en effet un collage de différents articles de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Une proposition étonnante, mais musicalement accomplie dans la partition d’Eugène Birman, interprétée par un baryton, une flûtiste, un clarinettiste, un saxophoniste et la cheffe d’orchestre. Le compositeur a, dans une partition aux tonalités contrastées et conjuguées, magnifiquement réussi à restituer les réactions fortes nées de la découverte de textes juridiques évolutifs. Ensuite, les spectateurs rejoignent sans tarder le studio du Grand Théâtre pour y découvrir le deuxième volet du diptyque : Der Kayser von Atlantis de Viktor Ullmann ou l’histoire d’un empereur dont une décision tyrannique suscite une réaction radicale de la Mort : elle se met en grève.

Sergueï Rachmaninov par Pietro Beltrani

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Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano n°3 en ré mineur, op.30 - Morceaux de salon, op.10 : n°3 en sol mineur, Barcarolle - Paraphrase of Kreisler : Liebesleid. Pietro Beltrani : piano, Orchestra Senzaspine, direction Tommaso Ussardi. 2021. Livret en anglais. 46.15. Da Vinci Classics. C00462. 

Les quatre saisons de l’amour dans le madrigal italien

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Stagioni d’amore. Biagio Marini (1594-1663) : Le lagrime d’Erminia ; Balletti ; Augelino volante ; Ridon le piagge ; Donna, mi chiami infido ; Tu pur partisti ; Torna l’inverno, frigido ; Tirinto mio. Giovanni Rovetta (c1595-1668) : Venga dal ciel migliore ; Voi partite crudele ? ; Tutto lieto cantai. Giovanni Valentini (c1582-1649) : Ecco maggio seren ; Fra bianchi gigli. Hana Blažíková, soprano. Bernvocal, dir. Fritz Krämer. Juin-juillet 2019. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en italien, traduction anglaise. TT 70’45. Passacaille 1110

Anna Schultsz : mouvements violonistiques

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Mouvements.  Maurice Ravel (1875-1937) : Tzigane, rapsodie de concert ; César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Sonate pour violon et piano 1 en la majeur ; Eugène Ysaye (1858-1931) : Sonate pour violon seul op. 27/3. Anna Schultsz, violon ;  Gérard Wyss, piano. 70’08’’. Livret de présentation en allemand et anglais.  ARS 28 594

Huit compositeurs pour des poèmes du parnassien Sully Prudhomme

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Le long du quai. Mélodies sur des poèmes de Sully Prudhomme. Œuvres de Théodore Dubois (1837-1924), Georges Enesco (1881-1955), Gabriel Fauré (1845-1924), César Franck (1822-1890), Reynaldo Hahn (1874-1947), Mathieu Roy (°1980), Louis Vierne (1870-1937) et Charles-Marie Widor (1844-1937). Marie-Pierre Roy, soprano ; Justine Eckhaut, piano. 2020. Notice en français, en anglais et en allemand. Textes des poèmes avec traductions anglaise et allemande. 77.40. Prospero PROSP0024.

Sarah Aristidou, Aether

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La soprano Sarah Aristidou est une des chanteuses dont le nom revient de plus en souvent. Ses collaborations avec des grands chefs d’orchestres comme Daniel Barenboim, François-Xavier Roth, Trevor Pinnock ou Simon Rattle ainsi qu’une aisance absolue dans tous les répertoires braquent les projecteurs sur cette musicienne.  Sarah Aristidou répond aux questions de Crescendo-Magazine et évoque son album Aether, fascinant voyage à travers les temps et les styles musicaux. 

Votre nouvel album pour Alpha se nomme “Aether”. Pourquoi ce titre ? 

J’ai toujours été fascinée par les éléments et notamment celui de l‘éther, qui représente l’origine de toute chose. C’est de lui que découlent les 4 autres éléments que sont le vent, feu, la terre et l‘eau. J’ai toujours été attirée par cette incapacité à percevoir ou à toucher cet élément et je voulais inclure tout ceci dans mon travail. Ainsi est né Æther. Ce disque est dédié à l‘Islande, pays qui a complètement changé ma vie et qui m‘a fait ressentir une infime partie de cet élément, et c‘est pourquoi j‘ai choisi l’orthographe islandaise pour le titre.

Le choix des œuvres est très vaste et nous emmène à travers les styles et les temps. Comment avez-vous conçu ce programme ?

J‘ai toujours eu le désir d‘assembler les différents répertoires de soprano colorature et d’abolir les limites des époques et des genres. Une pièce que je voulais faire depuis longtemps était Un grand sommeil noir de Varèse. J‘avais découvert ce compositeur en chantant Offrandes avec François-Xavier Roth et les Berliner Philharmoniker en 2019 et je voulais absolument rechanter une de ses pièces. Nous avons décidé de le faire avec Daniel Barenboim. Tout s’est assemblé très intuitivement et rapidement, au-delà de la question de styles. Poulenc est un de mes compositeurs préférés, Mélisande un rôle dont je rêve, Lakmé aussi, les extrêmes dans lesquels se meut Ariel ont une couleur très particulière, Ophélie est un personnage qui me parle beaucoup, le chant folklorique suédois avec Christian Rivet est un coup de foudre personnel et apporte une palette de couleurs que je cherchais, et puis Jörg Widmann avec qui j’aime énormément travailler connait ma voix mieux que moi ; nous devions créer quelque chose ensemble. Je voulais également assembler les morceaux afin de créer un voyage à travers les sons, les couleurs et les textures, pour former un cycle perpétuel sans début ni fin, et cela se fait notamment avec la progression harmonique du programme.