Richard Strauss(III) : triomphes, troubles et contrastes

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Dernière partie de notre dossier sur Richard Strauss et l'opéra : des triomphes au crépuscule en passant par les temps troublés.

D'HÉLÈNE L'EGYPTIENNE A ARABELLA

Pour Hélène l'Egyptienne, Strauss revint vers Hofmannsthal, le pressant de lui proposer un sujet léger, propre à une opérette. Toujours hostile à ce genre qu'il jugeait en-dessous de sa dignité, le poète dénicha une pièce peu connue d'Euripide, en apparence frivole, en réalité tragique par les vérités qu'elle expose : la difficulté à rester pur et fidèle et à respecter les plus belles qualités humaines -la tolérance, la sincérité, la compréhension... Une fois encore, Hofmannsthal ne peut s'empêcher d'élaborer un livret sophistiqué sur lequel Strauss construit une musique sans doute trop brillante et qui fait peu de cas du texte. La refonte, en 1933, de la mouture originale de 1928, ne parvint pas à la sauver. Un opéra de plus, un opéra de trop pourrait-on dire...

Il n'en est pas de même d'Arabella, ébauchée en 1927, achevée en octobre 1932. 

Haendel, transcriptions sur un orgue roboratif, animées avec précision et vigueur

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Georg Friedrich HÄNDEL (1685-1759), transcriptions pour orgue par John Walsh et James Hook. How Excellent Thy Name, O Lord ; Preserve Him for the Glory of Thy Name (Saül, HWV 53). Concertos pour orgue HWV 292 & 295. Let Thy Hand Be Strengthened ; Let Justice and Judgment ; Allelujah (Coronation Anthem, HWV 259). The King Shall Rejoice ; Exceeding Glad Shall He Be ; Glory and Great Worship, Allelujah (Coronation Anthem, HWV 260). Mourn, Ye Afflicted Children (Judas Maccabée, HWV 63). Simone Vebber, orgue Serassi de l’église S. Maria Maddalena de Desenzano. Juin 2019. Livret en italien. TT 54’04. La Bottega Discantica, Discantica 314.

Passions baroques, du début à la fin, à Montauban

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C’est l’intitulé du 6e festival qu’organisait en cette année incertaine l’Ensemble Les Passions, orchestre baroque de Montauban, qu’anime Jean-Marc Andrieu. Du 3 au 11 octobre, se sont succédés concerts, récital, animations, masterclasses et conférences, sous les formes les plus variées et dans les cadres les plus appropriés. Ainsi, emblématique, l’ancien Palais épiscopal qui surplombe le Tarn, devenu Musée Ingres Bourdelle, du nom de ses deux artistes les plus illustres, accueillait-il Sylvie Bouissou, spécialiste du baroque et de Rameau en particulier, en dialogue avec Florence Viguier-Dutheil, conservateur en chef du patrimoine et directrice du musée, et le chef des Passions (le 8 octobre). Suivait un concert centré sur l’aboutissement de cette riche période, avec des œuvres de Carl Philipp Emanuel Bach, de son frère cadet, Johann Christian, et de Mozart. Gilone Gaubert au violon et Elisabeth Joyé au clavecin peinent à donner toute leur expression aux premières sonates de leur programme. La lecture en paraît sage et appliquée, particulièrement pour la Sonate en ut mineur Wq 78 de Carl Philip Emanuel. La richesse expressive de l’opus 16 n°1 de Johann Christian n’est pas mieux traduite. Si la rondeur, la chaleur du timbre du violon séduisent, le clavecin, appliqué, demeure en-deçà. L’arioso suivant, du premier, ne valorise pas assez les changements de plans. Ce n’est qu’à partir de la désuète et touchante toute première sonate de Mozart (K 9, en sol majeur), que les musiciennes trouvent pour partie l’esprit attendu. Celle de CPE Bach, plus ambitieuse, avec son finale empruntant à la sicilienne, nous réconcilie avec les interprètes. Elles confirment enfin leur savoir-faire dans le bis adressé à un public chaleureux : une autre sicilienne, celle qui ouvre la 4e Sonate de Johann Sebastian.

En DVD, Rusalka de Dvořák à Glyndebourne en 2019

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Antonin  Dvořák (1841-1909) : Rusalka, opéra en trois actes. Sally Matthews (Rusalka) ; Evan Leroy Johnson (le prince) ; Alexander Roslavets (Vodnik) ; Patricia Bardon (Jezibaba), et sept autres solistes. The Glyndebourne Chorus, London Philharmonic Orchestra, direction Robin Ticciati. 2019. Notice et synopsis en anglais. Sous-titres en anglais, français, allemand, japonais et coréen. 161.00. Un DVD ou Blu Ray Opus Arte OA13020.

Au Festival Chopin, un fougueux Alberto Nosè 

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Durant la semaine où se déroule son festival, la Société Frédéric Chopin de Genève organise ses manifestations dans des lieux très diversifiés. Ainsi pour un récital, a-t-elle la bonne fortune de bénéficier de la somptueuse Salle des Nations de l’Hôtel des Bergues au plafond cintré avec un piano trônant au centré, entouré de son public d’élection, comme dans les grands salons parisiens du XIXe.

Ce vendredi était invité le pianiste italien Alberto Nosè, diplômé du Conservatorio di Musica de Vérone à l’âge de dix-sept ans, lauréat du ‘Jugendwettbewerb’ de Salzbourg en 1991, du Concours Chopin de Varsovie en 2000, Prix Vendôme de Paris la même année, Prix du World Piano Competition de Londres en 2002. 

Aujourd’hui quadragénaire sympathique, il ouvre son programme avec la Première des Grandes Polonaises op.26 en ut dièse mineur en mettant immédiatement en valeur son sens inné des contrastes lui faisant attaquer à l’arraché les premiers accords aussitôt atténués par le lyrisme pathétique du motif ascendant qui utilise les volatine en petites notes pour aérer le discours, alors que le Meno mosso prend un caractère implorant qui émeut. La Barcarolle en fa dièse majeur op.60, abordée à tempo retenu, affiche un cantabile mélancolique que le double trille fait avancer en lui innervant une fluidité permettant la progression vers des sommets souvent anguleux. Les Trois Mazurkas trop peu connues de l’opus 56 en constituent la contre-épreuve par le legato rêveur qui imprègne le trait d’une fébrilité presque maladive, tandis que la deuxième a la véritable verve folklorique truffée d’audacieuses harmonies quand la troisième aspire avec tendresse à un monde lointain quelque peu étrange. Sous une lancinante mélancolie, la Première Ballade en sol mineur op.23 fait déferler la houle descendante sur les basses charpentées, tandis que le chant large en accords fait rapidement place à un volubile scherzando débouchant sur un Presto con fuoco effréné.

Tchaïkovski  par l’Orchestre du Tatarstan et Alexander Sladkovsky

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Piotr Illich TCHAÏKOVSKI (1840-1893) : Symphonies n° 1 à 6 ; Symphonie « Manfred » ; Concertos pour piano et orchestre n° 1 à 3 ; Fantaisie de concert, pour piano et orchestre ; Concerto pour violon et orchestre ; Variations sur un thème rococo, pour violoncelle et orchestre. Alexander Malofeev, Miroslav Kultyshev, Boris Berezovsky et Maxim Moguilewsky, piano ; Pavel Milyukov, violon ; Boris Andrianov, violoncelle ; Orchestre Symphonique National du Tatarstan, direction Alexander Sladkovsky. 2019. Notice en anglais. 486.40. Un coffret de dix CD Sony 19439747552.

Beethoven : du vent dans les partitions 

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quintette en mi bémol majeur, Op.16 ; Sonate en fa majeur, Op.17 pour cor et piano ; Septuor en mi bémol majeur, Op.20. David Alonso, cor ; Sebastian Manz, clarinette ; Marc Trénel, basson ; Ramón Ortega Quero, hautbois ; Hélène  Tysman et Herbert Schuch, piano ; Octuor de France. 2007-2014. Livret en anglais et français. 40’24’’ & 41’14’’. 2 CD Indesens. Inde 136. 

Florilège de partitions en ce début d’automne !

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Contre vents et marées, les maisons d’édition poursuivent leur travail en confirmant un intérêt pour la création ou le renouveau.

Nous vous proposons de découvrir une sélection de nouveaux ouvrages parus chez Vandevelde, Lemoine, Symétrie et Bärenreiter.

Natahlie Bera-Tagrine : Les soirées musicales du Trans-Sibérien , pour piano – Éditions Vandevelde – ISMN 979-0-56005-312-7/Allures, 8 mesures pour un geste pour piano – Éditions Vandevelde – ISMN 979-0-56005-311-0

A l’OSR, un magnifique pianiste, Francesco Piemontesi 

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Pour cette saison 2020-2021, l’Orchestre de la Suisse Romande invite en tant qu’artiste en résidence le pianiste Francesco Piemontesi qui se produira, au cours de ces prochains mois, dans quatre programmes différents. Natif de Locarno, élève d’Arie Vardi à Hanovre, il s’est fait un nom sur la scène internationale en remportant divers prix, dont le 3e au Concours Reine Elisabeth en 2007. D’allure sympathique, sourire aux lèvres, il entre sur la scène du Victoria Hall le 7 octobre pour dialoguer avec la formation lémanique placée sous la direction de Daniel Harding qui, au pied levé, remplace Constantinos Carydis, contraint d’annuler sa participation.

"Âme et sentiments russes" avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo  

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C'est avec bonheur qu'on retrouve l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo au grand complet avec Cristian Măcelaru à la direction et Simon Trpčeski au piano dans un programme romantique russe : Concerto n°2 de Rachmaninov et Symphonie n°5 de Tchaïkovski. C’est également un grand plaisir de découvrir le chef  d'orchestre roumain Cristian Măcelaru qui vient de donner ses premiers concerts comme Directeur musical ​de l'Orchestre National de France.

Le pianiste macédonien Simon Trpčeski est un spécialiste de Rachmaninov dont il a  enregistré une intégrale primée des quatre concertos et la Rhapsodie sur un thème de Paganini avec Vasily Petrenko et le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra (Avie).
Formé à l'école russe du piano, il développe une grande variété de sonorités avec une technique et une virtuosité prodigieuse. Contrairement à ce qu'on entend d'habitude, il approche le concerto comme de la musique de chambre avec orchestre : on découvre un superbe dialogue.  L'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et Măcelaru sont des partenaires idéaux, l'accompagnement orchestral est parfait. Le public est conquis et les rappels enthousiastes ont même conduit le soliste à un duo exceptionnel avec Liza Kerob,  premier violon de l'OPMC. Ensemble, ils offrent la Vocalise de Rachmaninov et la dédient à Maxim Vengerov présent dans la salle. Simon Trpčeski est visiblement très ému car ce concert monégasque était son premier depuis le mois de mars…