Orgues au soleil, acte 1

par

L’orgue, au cours de son histoire vieille depuis l’Antiquité, s’est sédentarisé, massifié, sanctuarisé. Pour devenir un instrument d’intérieur, confiné dans la fraicheur des églises ou l’air climatisé des salles de concert. Un colosse sempiternel, un gardien du temple au service d’une musique grandiloquente, terne, ennuyeuse ?

En ces premiers jours de l’été, voici lancée une série baptisée « Orgues du soleil », qui veut explorer, valoriser quelques dépaysantes et réjouissantes voies de traverse, à l’encontre des clichés réducteurs. Repousser les murs, ouvrir les voûtes vers le ciel bleu. Au travers une sélection discographique prévue en quatre parutions échelonnées jusque fin août : vingt albums et autant de valeurs sûres. Parmi lesquelles nous distinguerons, en fin de parcours, cinq « incontournables ».

Ce voyage va nous emmener dans quelques jolis coins en bas de la France, en Europe centrale et méridionale, au Mexique, en Asie du Sud, en Afrique… Découvrir des instruments lumineux, radieux, aériens, dans des œuvres principalement (mais non exclusivement) puisées au fonds italo-ibérique. Il ne s’agit pourtant pas d’une anthologie des plus grandes œuvres du répertoire : en cette période estivale, nous privilégions la légèreté, le divertissement, la décontraction, excusant que quelques grands compositeurs soient absents ou sous-représentés. Au profit de pages plus relaxantes ou récréatives.

La plupart des enregistrements sont disponibles en support physique ou sur les plateformes de téléchargement. Quelques autres, que l’on ne pouvait décemment passer sous silence, se trouvent sur le marché de l’occasion ou les bonnes médiathèques.

Sir John Barbirolli, l’Anglais patient 

par

Le 29 juillet prochain, le monde de la musique célèbrera les cinquante ans de la disparition du grand chef d’orchestre Sir John Barbirolli. A cette occasion, Warner réédite un fabuleux coffret qui comporte la totalité de ses enregistrements pour HMV et Pye records. Cette parution est naturellement une occasion de revenir sur le parcours d’un chef inclassable mais si important dans l’art de la direction. 

Né en 1899 à Londres, Giovanni Battista Barbirolli était issu d’une mère d’origine française et d’un père italien. Son géniteur Lorenzo Barbirolli était un violoniste professionnel qui avait joué, avec son propre père, dans l’Orchestre de la Scala de Milan, entre autre à l’occasion de la création d’Otello de Verdi. Émigré à Londres avec son épouse Louise Marie (née Ribeyrol), le musicien se produit dans différents orchestres des théâtres de l’Est londonien. Le jeune John se met au violon, mais il passe au violoncelle à l’instigation de son grand père exaspéré de le voir se promener en jouant : en lui offrant un violoncelle, il écartait le risque de déambulations intempestives... Le garçon est doué et à l’âge de onze ans, il fait ses débuts en concert. Il intègre rapidement la Royal Academy of Music tout en développant un goût pour la musique de son temps ! Cette passion n’est pas de tout repos car l'intraitable directeur Alexander Mackenzie interdit aux étudiants de jouer de la musique de Ravel, qu’il considère comme pernicieuse. Cet oukase ne décourage pas Giovanni et ses compères qui répètent le quatuor, cachés dans les sanitaires…

Barbirolli : le coffret intégral 

par

Sir John Barbirolli : The complete Warner Recordings. Oeuvres de S.Adams, Albinoni, Arensky, Auber, J.S Bach, Balfe, Barbirolli, Bax, Beethoven, Bellini, Berlioz, Bishop, Bizet, Brahms, Britten, Butterworth, Casals, Chabrier, Chopin, Cimarosa, Clarke, Coleridge-Taylor, Corelli, Cotteau, Debussy, Delibes, Delius, Donizetti, Dvořák, Elgar, D’Erlanger, Falla, Fauré, Franck, German, Giordano, Glazounov, Gluck, Gounod, Grainger, Grieg, Haendel, Haydn, Heming, Hill, Humperdinck, Ibert, Ireland, Järnefelt, Lehar, Leoncavallo, Loewe, Luigini, Lyadov, Mahler, Marcello, Mascagni, Massenet, Mendelssohn, Messager, Meyerbeer, Monn, Mozart, Moussorgski, Nevin, Nicolai, Nielsen, Pergolesi, Ponchielli, Puccini, Purcell, Quilfer, Raff, Ravel, Rimsky-Korsakov, Rosse, Rossini, Rubbra, Saint-Saëns, Saraste, Schoenberg, Schubert, Schumann, Sibelius, Sousa, J.Strauss père, J.Strauss fils, R.Strauss Stravinsky, Suppé, Sullivan, Tchaikovsky, Tosti, Turina, Vaughan-Williams, Verdi, Vieuxtemps, Villa-Lobos, Wagner, Waldteufel, Wallace, Weber, Wieniawski. Victoria de Los Ángeles, Montserrat Caballé, Dame Gwyneth Jones, Leonarda Lafayette, Renata Scotto, Dame Janet Baker, Fioreneza Cossotto, Marina de Gabarain, Marjorie Thomas, Carlo Bergonzi, Beniamino Gigli, Parry Jones, Richard Lewis, James McCracken, Lauritz Melchior, Jon Vickers, Dietrich Fischer-Dieskau, Peter Glossop, Rolando Panerai, Kim Borg, Feodor Chaliapin, Mariam Nowakowski, Ruggero Raimondi ; Yvonne Arnaud, Wilhelm Backhaus, Daniel Barenboim, Ethel Barlett, Alfred Cortot, Edwin Fischer, Mindru Katz, John Ogdon, Rae Robertson, Artur Rubinstein, Artur Schnabel, Jacqueline Du Pré, André Navarra, Gregor Piatigorsky, Guilhermina Suggia, Alfredo Campoli, Mischa Elman, Jascha Heifetz, Fritz Kreisler, Yehudi Menuhin, Theo Olof, Evelyn Rothwell, Philip Catelinet, Eric Chadwick. BBC Symphony Orchestra, Berliner Philharmoniker, Hallé Orchestra, London Philharmonic Orchestra, London Symphony Orchestra, Philharmonia Orchestra, New Philharmonia Orchestra, Philharmonic Symphony Orchestra of New York, Orchestra del Teatro dell’Opera Roma, Sinfonia London, Wiener Philharmoniker, Sir John Barbirolli. 1928-1970. Livret en : anglais, allemand et français, 1 coffret Warner 0190295386085. 

L’Achéron : violes, virginal et orgue pour le XVIIe siècle anglais 

par

A Consort’s Monument. Fantaisies, airs et danses d’Alfonso FERRABOSCO (ca 1575-1628), John WARD (1571-1638), William WHITE (1571- ca 1634), Thomas LUPO (1571- ca 1627), Richard DERING (ca 1580-1630), Giovanni COPERARIO (ca 1570/1580-1626), William LAWES (1602-1645), John JENKINS (1592-1678), Christopher SIMPSON (1610-1669) et Claudio MONTEVERDI (1567-1643). L’Achéron, direction François Joubert-Caillet. 2020. Livret en anglais, en français et en allemand. 66.40. Ricercar RIC 413.

Le pianiste Ralph van Raat propose des raretés françaises et une première boulézienne 

par

Claude Debussy (1862-1918): Études retrouvées, Les Soirs illuminés par l’ardeur du charbon ; Olivier Messiaen (1908-1992) : Morceau de lecture à vue, Des canyons aux étoiles (extraits), La fauvette passerinette ; Pierre Boulez (1925-2016) : Prélude, Toccata et Scherzo, les 12 Notations, Une page d’éphéméride ; Maurice Ravel (1875-1937) : Menuet en ut dièse mineur. Ralph van Raat, piano. 2018-Livret en : allemand, anglais et français-77’41’’. Naxos. 8.573894

Paul Hindemith, intégrale violonistique avec Roman Mints et Alexander Kobrin

par

Paul Hindemith (1895-1963) : Sonate pour violon et piano en mi bémol majeur, op.11 n° 1 ; Sonate pour violon et piano en ré majeur, op. 11 n° 2 ; Sonate pour viole d'amour et piano, op. 25 n° 2 "Kleine Sonate" ; Sonate pour violon et piano en mi majeur ; Trauermusik ; "Méditation", extrait du ballet Nobilissima visione ; Sonate pour violon et piano en do majeurRoman Mints, violon & viole d'amour ; Alexander Kobrin, piano. 2019-Livret en anglais- 77'13 - Quartz QTZ2132. 

Un Octuor de Schubert d’une fine subtilité poétique 

par

Franz SCHUBERT (1797-1828) : Octuor en fa majeur D. 803. Quatuor Modigliani (Amaury Coetaux et Loic Rio, violons ; Laurent Marfaing, alto ; François Kieffer, violoncelle) ; Sabine Meyer, clarinette ; Bruno Schneider, cor ; Dag Jensen, basson ; Knut Erik Sundquist, contrebasse. 2020. Livret en français, en anglais et en allemand. 62.00. Mirare MIR438.

Le pianiste Giuseppe Albanese nous invite à la danse

par

Carl Maria von WEBER (1786-1826) : Invitation à la danse op. 65. Léo DELIBES (1836-1891) : Valse de Coppélia. Pyotr Ilyich TCHAÏKOVSKI (1840-1893) : Casse-Noisette, suite op. 71a. Igor STRAVINSKY (1882-1971) : Danse infernale, Berceuse et Finale de L’Oiseau de feu. Claude DEBUSSY (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un faune. Maurice RAVEL (1875-1937) : La Valse. 2020. Livret en anglais et en italien. 67.50. Deutsche Grammophon 4818970.

A Genève,  Gli Angeli de retour !  

par

Après la longue période de confinement, l’Ensemble Gli Angeli et son chef, Stephan MacLeod, s’empressent de reprendre leur saison ; c’est pourquoi, lundi dernier, ils ont profité de la réouverture officielle des salles de spectacle à Genève pour donner un concert au Studio Ernest-Ansermet qui a accueilli un public nombreux mais qui, au vu de l’exiguïté des lieux, a obligé tout spectateur et une bonne partie des instrumentistes à porter un masque.