Dossier Liszt (2) : Liszt symphoniste

par

En dehors de trois essais de jeunesse dans le genre du Concerto pour piano, Liszt n'a pas abordé l'orchestre avant son installation à Weimar en 1848. Mais la presque totalité de son œuvre symphonique a vu le jour durant les douze années suivantes dont elle constitue l'activité principale. Il n'avait guère d'expérience en matière d'orchestration, science qu'il n'avait jamais apprise, et jusqu'en 1853 il confia ce travail à son assistant Joachim Raff, se contentant de le superviser et d'y apporter des modifications de détail. Ceci concerne les premières versions de Ce qu'on entend sur la montagne, du Tasse, des Préludes, de Prométhée, de Mazeppa et de l'Héroïde funèbre ainsi que du Premier Concerto. Carolyn de Sayn Wittegenstein le persuada alors d'orchestrer ses œuvres lui-même, ce qu'il fit à partir des Bruits de fête, et il réorchestra également toutes les pages précédentes, de sorte que nous possédons l'intégralité de sa production symphonique dans sa propre orchestration. Pour le Tasse et Prométhée, il en profite d'ailleurs pour remanier et amplifier la musique, et de manière générale la plupart de ces œuvres connurent deux ou même plusieurs versions, preuves d'un travail acharné et exigeant de la part de celui qu'on a considéré trop souvent comme un brillant improvisateur. L'orchestration de Liszt possède une couleur très originale et reconnaissable entre toutes. Elle tient de Berlioz par sa clarté, sa transparence, la netteté de ses contrastes, et de Wagner par la richesse des doublures et une certaine épaisseur. Certains alliages, notamment de bois ou de cuivres et de cordes dans le medium, ne sont qu'à lui. Malgré de réelles recherches de timbres, dans le sens de l'expression autant que de l'évocation picturale, elle est avant tout fonctionnelle et toujours d'une efficacité exemplaire : on entend tout, rien ne demeure prisonnier du papier réglé. 

Dossier Liszt (3) : La musique chorale sacrée et profane de Liszt

par

Avec non moins de soixante-huit titres, la musique vocale sacrée représente l'un des domaines les plus importants de l'activité créatrice de Liszt et, malgré les chefs-d'œuvre isolés de Franck, Dvorak et Verdi, le seul compositeur de la seconde moitié du dix-neuvième siècle rivalisant avec lui en fécondité et en importance en ce qui concerne la musique liturgique catholique demeure Anton Bruckner. Tous deux affrontèrent les mêmes problèmes. Depuis l'époque lointaine de Monteverdi, le fossé entre prima prattica, musique strictement chorale (avec le seul appoint de l'orgue), dans le style polyphonique strictement osservato et le langage modal et diatonique dans le sillage de Palestrina, conforme aux vœux de l'Eglise de Rome, et d'autre part un style concertant, avec solistes vocaux et participation de l'orchestre, ou secondo prattica, tenant compte de l'évolution générale du langage musical vers une plus grande modernité, ce fossé n'avait fait que s'approfondir. Depuis deux siècles et demi, la plupart des grands compositeurs (compte non tenu des simples et innombrables maîtres de chapelle) avaient ainsi partagé leur production sacrée entre les deux styles, et il n'en alla pas autrement pour Bruckner et Liszt. 

Tous deux eurent à prendre position vis-à-vis du mouvement des Céciliens (officiellement fondé en 1867, mais dont l'état d'esprit était bien antérieur) dont le but était de restaurer une musique liturgique dans la pureté du style palestrinien, retour à l'antique comparable, à la même époque, à l'esthétique préraphaélite en peinture ou en poésie : la tentation de l'académisme et de la fadeur saint-sulpicienne guette, et les plus grands (César Franck notamment) n'y échappèrent pas toujours, tandis qu'un Gounod y succombe presque constamment. Liszt, comme Bruckner, était un créateur bien trop audacieux et personnel pour tomber dans ce piège, de sorte que malgré leurs efforts sincères, ils ne réussirent presque jamais à produire des œuvres capables de satisfaire aux exigences du Vatican. 

Beethoven en brique authentique 

par

Beethoven Rediscovered”. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : intégrale des symphonies ; Ouverture de : Coriolan Op.62, Egmont Op.84, Les Ruines d’Athènes, Op.113, Die Weihe des Hauses, Op.124 ; intégrale des concertos pour piano et orchestres ; intégrale des symphonies (transcription de Franz Liszt) ; Sonate °14 “Clair de Lune”, n°21 “Waldstein et n°17 “La Tempête” ; 32 variations sur un thème original en ut mineur, WoO 80, Sonates pour piano en sol mineur, Op.49 n°1 et n°20 en sol majeur, Op.49, N°2, Variations prometheus. Anna-Kristina Kaapola, soprano ; Marianne Beate Kielland, alto ; Markus Schäfer, ténor ; Thomas Bauer, basse. Choeur et orchestre Anima Eterna Brugge, Jos van Immerseel ; Ensemble Cristofori, pianoforte et direction : Arthur Schoonderwœrd ; Yury Martynov, piano ; Alexei Lubimov et Olga Pashchenko, pianoforte. 2005-2015. Livret en : anglais, allemand et français. 16h56. 1 coffret de 17 CD Alpha. Alpha 598. 

Pignolet de Montéclair et son opéra Jephté, un passionnant inédit  

par

Michel PiGNOLET de MONTECLAIR (1667-1737) : Jephté, tragédie en un prologue et cinq actes. Tassis Christoyannis, Chantal Santon Jeffery, Judith van Wanroij, Thomas Dolié, Zachary Wilder, Katia Velletaz, Adriana Kalafszky, Clément Debieuvre, David Witczak ; Purcell Choir, Orfeo Orchestra, direction György Vashegyi. 2020. Livret en anglais, en français et en allemand. Texte complet en français, avec traduction en anglais. 142.38. Glossa GCD 924008 (un album de deux CD).

Barbara Hannigan sublime Gérard Grisey 

par

La Passionne. Luigi Nono (1924-1990) : Djamila Boupacha pour soprano solo ; Franz Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°49 en fa mineur, Hob:I:49 “La Passione” ; Gérard Grisey (1946-1988) : Quatre chants pour franchir le seuil. Barbara Hannigan, soprano et direction ; Ludwig Orchestra. 2019-Livret en français, anglais et allemand. 72’43. Alpha 586 

Des motets napolitains pour un superbe premier récital  de la contralto Anthea Pichanick

par

Motets napolitains. Leonardo LEO (1694-1744) : Turbido caelo mare furentes. Nicola PORPORA (1686-1768) : Regina Caeli. Alessandro SCARLATTI (1660-1725) : Totus amore languens ; De tenebroso lacu. Anthea Pichanick, contralto ; Les Accents, direction Thibault Noally. 2020. Livret en français et en anglais. Textes reproduits avec traduction en français et en anglais. 66.03. La Musica LMU 019.