Auber en ouvertures

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Daniel-François-Esprit AUBER (1782-1871)  : Ouvertures et extraits orchestraux : Le Maçon ; Le Timide ou Le Nouveau Séducteur ; Leicester ou Le Château de Kenilworth ; Le Séjour militaire ; Emma ou La Promesse imprudente ; La Neige ou Le Nouvel Eginhard ; Le Testament et les Billets doux ; La Bergère châtelaine. Orchestre de chambre de la Philharmonie de Pardubice, sous la direction de Dario Salvi. 2019. Livret en anglais et en français. 64.50. Naxos 8. 574005.

La surprise avec le quatuor Les Dissonances.

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Le public ne s’y est pas trompé, particulièrement nombreux pour un quatuor dont chaque concert est un bonheur, avec son lot de surprises. Hans-Peter Hoffmann –indisponible- est remplacé par le talentueux Stefan Simonca-Oprita, partenaire occasionnel de David Grimal avec lequel l’entente est parfaite. Dans cette configuration renouvelée, rien ne permet à l’auditeur averti de percevoir le changement, tant l’harmonie qui règne entre les musiciens est idéale. L’écoute mutuelle, la complicité sont exemplaires. 

Bartók, pour commencer. Le 2e Quatuor, d’une dizaine d’années postérieur au précédent, est une œuvre de pleine maturité, trop rare au concert. Son premier mouvement, exalté, frémissant d’une vie constante, porte pleinement la marque de son créateur : fluidité métrique, tension, accablement confinant au désespoir, suspendu par les passages tranquillo, à la séduisante douceur. L’allegro molto qui lui succède est envoûtant par son ostinato farouche, le plus souvent confié et conduit par le second violon, et par la frénésie de l’ensemble. Pour culminer forte, le lento final se joue le plus souvent piano, voire pianissimo, fréquemment avec sourdines, pour un retour au thème initial apaisé dans son dépouillement. La perfection est au rendez-vous, technique comme musicale : la plénitude, la concentration sont extrêmes pour un instrument qui parle d’une voix, un quatuor de rêve, pour servir ce chef d’œuvre, ce soir suivi d’un silence méditatif du public. David Grimal a pris le parti d’enchaîner le 2e Quatuor de Haydn à celui de Bartók comme si, à la fin d’une nuit, l’apparition de la lumière devait nous réjouir. Il en a prévenu le public, qui s’abstiendra d’applaudir à la fin du premier. Malgré la distance qui sépare les deux œuvres, la filiation a-t-elle été plus évidente ? Passer du lento de Bartók, conclu pianissimo par des pizz aux cordes graves (la), à l’envolée du violon de l’allegro con spirito de Haydn, sur un accord tenu de si bémol, est bienvenu. D’autant que l’approche de ce quatuor se veut ce soir radicalement contemporaine : bien au-delà du pré-romantisme, on n’est plus dans le divertissement mais dans un accomplissement. On croit redécouvrir l’ouvrage tant son interprétation sort des sentiers battus. Tempi, nuances, articulations et phrasés, tout est renouvelé. Le premier mouvement, pris après Bartók, y a perdu une part de son humour, ce qui sera également le cas du menuet, bondissant, et surtout du trio. Nulle trace de la robustesse paysanne où le violoncelle et l’alto assurent le bourdon pour des unissons d’un style populaire. Nous sommes dans un autre univers, éthéré, sublimé, puissant, où le sourire est rare. L’adagio, qui s’intercalait entre les deux, retient son émotion d’autant plus juste, loin de toute effusion, pour une plénitude qui nous étreint. Le finale, effréné, comporte plus d’un passage que Bartók devait bien connaître, tant les procédés se rejoignent. Un Haydn dérangeant par la radicalité de son approche. 

A l’OSR, une fascinante création de Richard Dubugnon

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Lors de chaque saison, l’Orchestre de la Suisse Romande passe commande d’œuvres auprès de jeunes compositeurs qui ont ainsi à disposition un effectif de plus de cent instrumentistes. C’est pourquoi Richard Dubugnon, né à Lausanne en 1968, élève du Conservatoire de Paris et de la Royal Academy of Music de Londres, contrebassiste de formation ayant joué durant onze ans dans la fosse de l’Opéra de Paris, propose en création Via Lemanica, le deuxième volet de son triptyque Helvetia qui avait débuté en 2013 avec Vol alpin commémorant le vingtième anniversaire du Festival de Verbier.

Avant que les musiciens ne prennent place sur le plateau, le compositeur lui-même prend la parole pour expliquer son œuvre qui est en fait une brève symphonie en trois mouvements utilisant l’orchestre straussien divisé en petits groupes d’instruments incluant notamment d’insolites heckelphones et tubas wagnériens. Le titre latin évoque une voie imaginaire autour du Léman, nous ramenant au VIe siècle, au moment où un tsunami appelé ‘tauredunum’ ravagea la Romandie en 563. Sous ce prétexte historique, la musique reste abstraite dans une forme conventionnelle où se glisse une mélodie d’Emile Jaques-Dalcroze, C’est si simple d’aimer, reflétant simplement un attachement de Richard Dubugnon à sa région natale. 

Un vénitien de génie

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Allessandro Grandi (1590-1630) – Celesti Fiori – Motetti – Accademia d’Arcadia  - UtFaSol Ensemble – Direction : Alessandra Rossi Lürig – Livret en anglais, français et italien/ Total Time 62’39’’ - 2019 - ARCANA - A464

Feu d’artifice avec Alison Balsom 

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George Frideric Handel (1685-1759) : Music for the Royal Fireworks HWV 351 ; Henry Purcell (1659-1695) : Sonata in D Z850, Music for the Furenal of the Queen Mary II ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Jesu bleibet meine Freude BWV 147 ; Suite aus dem Weihnachts-Oratorium BWV 248 ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Trumpet concerto in D TWV 51:D7. Balsom Ensemble, Alison Balsom. 2019-livret en anglais, allemand et français-57’02-Warner-01902953370060. 

Monteverdi par La Venexiana

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Claudio MONTEVERDI (1576-1643) : Selva morale e spirituale. La Venexiana, Claudio Cavina. 2019. Livret en anglais, en français et en allemand. Textes inclus, traduits en anglais. 62.44, 72.47 et 72.53. Glossa GCD 920943 (3 CD).

Mahler à l'orgue

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Gustav MAHLER (1860-1911) : Lieder eines fahrenden Gesellen ; Kindertotenlieder ; Rückert-Lieder ; Des Knaben Wunderhorn : Urlicht. Transcriptions pour orgue. David John Pike, baryton ; David Briggs, orgue. 2019. Livret en anglais, en français et en allemand. Poèmes reproduits, traductions en français et en anglais. 68.51. Analekta AN 2 9180.

Pascal Rophé à propos de Dukas et Roussel

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Pascal Rophé, directeur musical de l’Orchestre National des Pays de la Loire, sort un album Dukas / Roussel qui fait l’événement (Joker de Crescendo). Le chef d’orchestre revient sur le concept éditorial de cet album et sur la place de Dukas et Roussel dans l’Histoire de la musique.

 Pouvez-vous nous expliquer le concept éditorial de ce disque ?

L’idée est partie du fait que nous avons fréquemment joué l’Apprenti sorcier pour des concerts famille et autres ces dernières années. L’interprétation de cette  œuvre  m’a permis de voir le chemin parcouru par l’orchestre depuis le début de mon mandat en 2014. L’Orchestre National des Pays de la Loire a également évolué par la pratique régulière de ce répertoire français faisant partie de son ADN, dès lors enregistrer l’Apprenti sorcier s’est rapidement imposé afin de formaliser et de prendre acte de ce parcours. Je trouvais intéressant de mettre en parallèle Dukas et Roussel, deux figures presque contemporaines mais si différentes. De Dukas, il était pertinent de proposer la très rare ouverture de jeunesse Polyeucte. On peut ainsi apprécier l’évolution du compositeur entre cette ouverture, très franckiste et wagnérienne, et l’Apprenti sorcier avec sa finesse orchestrale et sa clarté instrumentale très ravéliennes. Quant au Festin de l’araignée, c’est un véritable bijou musical. C’est une partition de chef et elle est très fréquente dans les classes de direction d’orchestre. Hormis l’Apprenti sorcier, ni le Polyeucte, ni le Festin de l’araignée ne sont des œuvres très enregistrées.