Nelson Freire fête ses 75 ans

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"Nelson Freire, Encores"Œuvres de Gluck, Purcell, Scarlatti, Stojowski, Paderewski, Strauss, Grieg, Rubinstein, Scriabine, Rachmaninov, Shostakovich, Granados, Mompou, Albéniz. Nelson Freire, piano. 2019-DDD-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Decca-4850153. 

Destination Rachmaninov – Arrival

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Sergei Rachmaninov (1873-1943) : The Silver sleigh belles, Op. 35, 1er mouvement – Concerto pour piano et orchestre n°1 en fa# mineur Op. 1 – Vocalise Op. 34 n°14 – Concerto pour piano et orchestre n°3 en ré mineur Op. 30. 2019-DDD-Textes de présentation en anglais et allemand-Deutsche Grammophon-4836617

Mozart à l’anglaise ! 

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour flûte et orchestre n°2 en ré majeur, K.314 ; Symphonie concertante pour quatre vents en mi bémol majeur, K297b ; Concerto pour basson et orchestre, K191. Juliette Bausor, flûte ; Jonathan Davies, basson ; Ian Harwick, hautbois ; John Ryan, cor ; Andrew Watmough, clarinette ; London Philharmonic Orchestra, Vladimir Jurowski. 2017-Livret en anglais-67’50. LPO. LPO-0114.

Liszt et Saint-Saëns, Giordano et Davin : l’excellence au rendez-vous…

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Ce samedi 9 novembre se donnait à l’IMEP le concert d’ouverture du Festival de piano 2019.  En première partie, les Concertos n°1 et 2 pour piano de Franz Liszt. Le Concerto n°1, relativement court, a mis en valeur les qualités exceptionnelles du pianiste Roberto Giordano. Une parfaite maîtrise technique alliée à un sens poétique et mélodique hors du commun. Pour mémoire, Roberto Giordano a 22 ans quand il remporte la quatrième place du Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique (2003) ; il est professeur de piano à l’IMEP et au conservatoire de Reggio Calabria, région dont il est originaire.

Si exactement glauque, mais la musique et le chant sont si beaux ! Don Giovanni à Saint Etienne

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« Comme c’est glauque », s’exclamait une spectatrice à l’entracte. Ce qu’elle semblait regretter à ce moment-là exprimait en fait un point de vue tout à fait pertinent pour caractériser le Don Giovanni de Laurent Delvert. Tout se donne à voir dès l’ouverture : nous sommes comme dans une de ces gares routières souterraines sales, puantes, glacées par les courants d’air, à peine éclairées par des publicités lumineuses défilantes. Une jeune femme s’y fait accoster, bousculer, tripoter par un trio de loubards. Sur les panneaux publicitaires défilent toutes sortes d’images de mode aux connotations sexuelles évidentes ou consacrées à de gigantesques hamburgers. Voilà qui dit une société fondée sur l’instinct et les désirs primitifs : posséder, engloutir. La saison dernière, au Palais Garnier, avec Ivo van Hove, c’était un Don Giovanni mafieux qui, avec ses sbires, écrasait la société sous une chape de plomb. Sa mort faisait ressusciter le soleil et ses merveilleuses lumières sur la cité. Ici, avec Laurent Delvert, c’est la société qui favorise l’éclosion de pareil prédateur. Et c’est contagieux. Le cortège de noce de Zerlina et Masetto a toutes les apparences d’un sinistre enterrement de vie de jeune fille/garçon : déguisements grotesques, bande de copines/copains avinés. Quant à la mort de Don Giovanni, elle ne résout manifestement rien. Elle conclut l’œuvre et la représentation. Elle n’est pas suivie du traditionnel chœur d’ensemble d’exaltation au spectacle d’un monde libéré d’un fort méchant homme. Rien ne changera.

Josef Labor, le célèbre inconnu

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Josef Labor (1842-1924) : Quintette à clavier op. 3 ; Quatuor à clavier op. 6. Nina Karmon, violon ; Pauline Sachse, alto ; Justus Grimm, violoncelle ; Niek de Groot, contrebasse ; Oliver Triendl, piano. 2019. Livret en allemand et en anglais. 67.00. Capriccio C5390.

Baroque m’a tuer 

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La nouvelle est tombée comme une douche froide sur le milieu musical : l’annonce de la dissolution par son fondateur Hugo Reyne de l’ensemble baroque français la Simphonie du Marais. Ce brillant musicien jette donc l’éponge après 33 ans de combat pour créer, imposer et faire survivre cet ensemble. Appartenant à la première génération des ensembles spécialisés, la Simphonie du Marais peut s’enorgueillir d’un parcours artistique exemplaire et sans concession au service du répertoire baroque, principalement français. La riche discographie de l’ensemble témoignera toujours de cette intransigeance envers la qualité éditoriale et musicale. Il n’empêche, après plusieurs décennies de lutte pour survivre, Hugo Reyne se déclare fatigué : “Il faut toujours se battre, il y a un combat à mener, et c'est vraiment ça qui est compliqué pour faire vivre un ensemble baroque.”  

Benoît Mernier, Comme d’autres esprits 

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Le compositeur Benoît Mernier est à l’honneur au Festival Ars Musica qui lui a commandé une pièce orchestrale dans le cadre des 30 ans du Festival. “Comme d’autres esprits”, dédiée à la mémoire de Robert Wangermée, sera créée à Liège et Bruxelles par l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège sous la direction de Gergely Madaras.  

Votre nouvelle oeuvre porte le titre de “Comme d’autres esprits”. D’où vient cette formulation ? 

Le projet de cette pièce était une commande d’Ars Musica dans le cadre de ses 30 ans. Au départ, Bruno Letort, Directeur du festival, m’avait demandé d’écrire une pièce qui soit une introduction au Concerto pour violoncelle et orchestre Tout un monde lointain d’Henri Dutilleux, compositeur pour lequel j’ai une forte admiration. Dès l’amorce du travail, cela m’a semblé assez compliqué, étant en quelque sorte trop impressionné par ce chef d’œuvre, et je me suis éloigné finalement de Dutilleux pour me rapprocher du texte qui a donné son nom au concerto, le poème la Chevelure de Baudelaire avec ces vers :

“La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, 

Tout un monde lointain, absent, presque défunt

Le titre de ma pièce provient du vers qui se trouve juste après, tel une réponse à celui choisi par Dutilleux. 

« Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !

Comme d'autres esprits voguent sur la musique,

Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum. »

Ce qui est amusant, c’est qu’en cherchant le titre, je suis retombé sur l’une de mes anciennes pièces pour voix et piano intitulée un Hémisphère dans une chevelure sur un poème de Baudelaire dont je reprends du matériau. Je suis attiré par ces thèmes baudelairiens que sont l’exotisme, l’amour et l’érotisme. Il y a également dans Comme d’autres esprits une citation consciente qui, pourtant, n’a pas été préméditée : deux mesures du prélude de l’Acte III de Tristan. Cette évocation est venue toute seule ; elle me semblait naturelle tant les univers de Wagner et Baudelaire sont liés.