El fuego de la musica, un concert d’El Sistema Belgium à Flagey

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À Flagey, en ce samedi après-midi, des familles entières accompagnées d’enfants de tous âges se bousculent avec impatience pour rejoindre leurs sièges. Le concert, gratuit, est accessible à tous. C’est bien là tout le fondement du projet : rendre la musique accessible au plus grand nombre. “L’égalité des chances par la musique !”

Le projet El Sistema Belgium, mené par l’asbl ReMuA/ShAkE, a pour objectif d’apprendre la musique aux enfants à l’école et dans leur quartier. Ils reçoivent ainsi une formation artistique de qualité, mais cela permet aussi, surtout, de contribuer à leur insertion sociale.  

Plus de 200 enfants, issus de différentes écoles primaires, répètent depuis septembre pour nous montrer l’aboutissement de leur travail sur la scène de Flagey. Ils sont accompagnés par les jeunes musiciens du BOENK ! Brussels Young Philharmonic dont le niveau est tout à fait remarquable. Ensemble, ils nous proposent un voyage musical agrémenté de grands tubes : Carmen, Shéhérazade, Toréador, Guillaume Tell… Le tout dirigé par le chef Rik Ghesquière.

Entre chaque pièce, les enfants récitent à tour de rôle des petits textes en dialogues. Certains déclament avec force, d’autres sont plus maladroits mais ce qui est certain, c’est que tous ont en commun un enthousiasme débordant. Les textes, empreints d’humour, ont été écrits par Sarah Goldfarb, la directrice artistique du projet.

Les enfants prennent du plaisir sur scène, et ça se voit ! Au sein du choeur, ils accompagnent leurs chants de gestes et clappings et ne manquent pas, par exemple, d’entonner avec force le fameux Prends garde à toi de Carmen.

Les textes ont été réécrits et adaptés pour l’occasion, afin de prôner la non-violence et le respect. Toréador, du sang on n’en veut pas, voilà ce que clament désormais haut et fort les enfants dans le studio 4 de Flagey !

Les enfants de l’orchestre ont, quant à eux, un rôle assez limité. Ils jouent à peine quelques notes -le principal étant assuréé par le BOENK! Brussels Young Philharmonic-  mais ils les jouent avec attention et une grande conviction. L’important, c’est de faire partie d’un groupe et de s’exprimer tous ensemble.

Une série d’intervenants de l’Asbl, éparpillés au milieu des enfants, se démènent pour les soutenir au mieux et les porter.

Le concert se termine sur Nessiponono, une chanson traditionnelle africaine tout-à-fait réjouissante. La présentatrice invite le public à faire du bruit pour les enfants, et il ne se fait pas prier ; la salle est debout et l’émotion palpable

Ce samedi n’était que le début. D’autres enfants, issus d’autres écoles de Bruxelles, monteront sur scène ce dimanche, dans le cadre du El Sistema Festival organisé à Flagey.

Estelle Lucas, Reporter de l’IMEP.

Flagey, Bruxelles, le 8 juin 2019.

Crédits photographiques : Johan Jacobs

 

De Paris à Varsovie, un voyage puissant en compagnie de Blechacz et Kim

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Gabriel FAURÉ (1845-1924) – Sonate pour violon et piano Nr. 1 en La Majeur op. 13 ; Claude DEBUSSY (1862-1918) – Sonate pour violon et piano en sol mineur L 148, Karol SZYMANOWSKI (1882-1937) – Sonate pour violon et piano en ré mineur op.9 – Frédéric CHOPIN (1810-1849) – Nocturne Nr. 20 en do-dièse mineur op. posthume. Bomsori Kim (violon), Rafal Blechacz (piano) – 62’54 – Texte de présentation en anglais et en allemand – Deutsche Grammophon – 00289 483 6467

À Genève, Un Ballo in Maschera pour une fin de règne

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Au Grand-Théâtre de Genève, l’un des grands chefs-d’œuvre de Verdi, Un Ballo in Maschera, achève la saison 2018-2019 qui a vu la réouverture de la salle de la Place de Neuve et qui sert aussi de point final aux dix années que Tobias Richter et son conseiller artistique Daniel Dollé ont passées à la tête de l’institution. De cette décade, l’on gardera en mémoire d’indéniables réussites telles que la Tétralogie (reprise pour la réouverture), Parsifal, Wozzeck, A Midsummer Night’s Dream, Il Giasone de Cavalli, L’Etoile, Le Médecin malgré lui, Cavalleria rusticana et I Pagliacci, sans oublier les versions de concert d’Ascanio, La Pucelle d’Orléans et les Szenen aus Goethes Faust.

François-Xavier Roth, Mahler, Ravel et Les Siècles

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François-Xavier Roth est l’un des chefs d’orchestre les plus demandés de notre époque. Fondateur de l’orchestre Les Siècles, il est directeur musical de l‘Orchestre du Gürzenich de Cologne alors qu’on le retrouve, privilège rare pour un chef français, régulièrement au pupitre du Philharmonique de Berlin, du Royal Concertgebouw d’Amsterdam ou du Boston Symphony Orchestra. Après avoir renouvelé l’approche de toute une partie de la musique française avec Les Siècles, il emmène ses musiciens dans un voyage mahlérien avec Titan Eine Tondichtung in Symphonieform (Hambourg-Weimar, édition de 1893-1994) l’une des versions de la Symphonie n°1. François-Xavier Roth et les Siècles enregistrent ainsi en première mondiale la nouvelle édition de Reinhold Kubik et Stephen E.Helfing pour Universal Edition Wien.  

Vous aviez déjà enregistré la Symphonie n°1 de Mahler avec le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg (SWR Music Hänssler/classic), qu’est- ce qui vous poussé à enregistrer à nouveau cette oeuvre au pupitre des Siècles mais dans cette nouvelle édition de Reinhold Kubik et Stephen E.Helfing ?

C’était pour moi un désir assez prononcé de pouvoir donner Mahler sur instruments d’époque, ce qui n’a pas été tellement fait. Bien naturellement, je souhaitais réaliser cette aventure avec les Siècles en commençant logiquement par la Symphonie n°1. Par ailleurs, j’avais été informé du travail d’Universal Edition Wien sur la version 1893-94 “Titan” Eine Tondichtung in Symphonieform de la Symphonie n°1 et notre enregistrement correspondait à la parution de cette nouvelle édition et de son matériel d’orchestre. J’ai donc été en contact, assez tôt, avec l’équipe scientifique qui oeuvrait à finaliser ce projet. La concordance de tous ces aspects a permis la réalisation de cet album.

François-Xavier Roth, une sélection au disque et en vidéo

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Par le truchement du disque et des captations de concerts, François-Xavier Roth est un chef des plus présents sur les canaux de diffusion. Crescendo-Magazine vous propose une petite sélection de ses enregistrements à travers une playlist et un choix de quelques concerts diffusés sur Youtube.

La discographie de François-Xavier Roth est déjà fort conséquente. Si dans cette playlist nous ne retiendrons que quelques uns de ses enregistrements avec les Siècles, il ne faut pas oublier ses deux excellents albums gravés lors de son trop bref passage au pupitre du Philharmonique Royal de Liège : un disque César Franck avec Cédric Tibergien au piano (Cyprès) et un autre consacré à des oeuvres françaises pour violon avec le toujours génial Tedi Papavrami (Aeon). Alors qu’il était directeur musical du SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, le chef a gravé une anthologie Richard Strauss pour SWR Music Hänssler/classic, des enregistrements à redécouvir.

 

A Lausanne, un saisissant Orphée

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Pour terminer sa saison 2018-2019, l’Opéra de Lausanne présente l’Orphée et Eurydice de Gluck (version de Paris de 1774) dans la production qu’Aurélien Bory avait conçue pour l’Opéra-Comique en octobre 2018 en co-production avec les opéras de Lausanne, Liège, Caen et Zagreb. Dans une page du programme, il explique son point de vue : « J’aborde dans mon travail le théâtre comme un art de l’espace. Ainsi j’ai imaginé que puisqu’Orphée se retournait, l’espace entier de la scène devait se retourner. J’ai choisi pour cela un procédé de magie théâtrale développé au XIXe siècle, le Pepper’s Ghost, qui permet des apparitions par un jeu de reflets. J’utilise ce procédé en laissant le dispositif visible pour renverser les dimensions du plateau : transformer la verticalité par la profondeur au théâtre ».

Rencontre avec Kaija Saariaho et Jean-Baptiste Barrière

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27 mai 2019, Maison des Musiques à Bruxelles. Le pluriel est de mise. Ce n’est, en effet, pas un, mais deux compositeurs que je m’apprête à rencontrer. Figure de proue de la musique spectrale depuis le milieu des années 1980, elle est sans doute la compositrice la plus en vue actuellement sur la scène internationale. Lui règne en maître sur le monde esthétique des « concerts visuels ». L’Histoire de la musique offre peu d’exemples de couples de compositeurs dont l’art et les talents s’épanouissent de manière harmonieuse au contact l’un de l’autre. Mais eux font exception.

Kaija Saariaho est née en 1952. Enfant, déjà, la musique se bousculait dans sa tête. Pensant qu’elle sortait de son oreiller, elle demandait à sa mère de l’éteindre. De 1976 à 1981, elle étudie la composition avec Paavo Heininen -un ancien élève de Bernt Aloïs Zimmermann- à l’Académie Sibelius d’Helsinki. Dès 1977, elle fonde « Korvat auki » (« Ouvrez vos oreilles ») avec Magnus Lindberg, Jouni Kaipainen, Esa-Pekka Salonen et d’autres compositeurs, musiciens et musicologues finlandais, en vue de jouer et rendre publique leur propre musique, mais aussi d’ouvrir la Finlande aux avant-gardes musicales et européennes et de contrer le conservatisme ambiant de la vie musicale finlandaise à cette époque. En 1980, elle suit les cours d’été de Darmstadt où elle rencontre Tristan Murail et Gérard Grisey et connaît sa première expérience de la musique spectrale. En 1981, elle s’installe à Paris. De 1981 à 1983, elle étudie la composition auprès de Klaus Huber et de Brian Ferneyhough à la Musikhochschule de Fribourg-en-Brisgau.

Jean-Baptiste Barrière est né en 1958 à Paris. Il étudie la musique, la philosophie et la logique. De 1981 à 1998, il occupe différentes fonctions en qualité de chercheur et de compositeur à l’Ircam. Il y assiste, entre autres, Morton Subotnick, Gérard Grisey, Jonathan Harvey et Harrison Birtwistle dans la réalisation de leurs œuvres. En janvier 1982, alors qu’il est responsable d’un stage d’Informatique musicale, il accueille dans sa classe Kaija Saariaho. Ils se marient deux ans plus tard. Depuis 1998, Barrière se consacre à sa pratique artistique, principalement centrée sur les interactions entre musique et image, et réalise des « concerts visuels » autour de sa propre musique et des œuvres de son épouse -il a notamment imaginé et réalisé la partie visuelle de l’opéra L’Amour de loin présenté à Berlin et au Théâtre du Châtelet en mars 2006. Il conçoit également des montages visuels pour L’Enfant et les Sortilèges de Ravel (Orchestre Symphonique de Montréal, dir. Kent Nagano), Saint François d’Assise de Messiaen (Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Myung Whun Chung) et Wozzek de Berg (Royal Festival Hall de Londres, Philharmonia Orchestra, dir. Esa-Pekka Salonen). On lui doit également le CD-Rom Prisma, consacré à l’univers musical de sa femme (lauréat en 2000 du Grand Prix Multimédia de l’Académie Charles Cros).

Kaija Saariaho et Jean-Baptiste Barrière nous ont donc reçu, avec une extrême amabilité, le 27 mars dernier, suite à la parution chez Cypres du très beau coffret Ekstatis – commenté par ailleurs sur ce site.