Un opéra de Franz Liszt

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Franz LISZT (1811-1886) : Sardanapalo–MazeppaJoyce EL-KHOURY (soprano), Airam HERNANDEZ (ténor), Oleksandr PUSHNIAK (baryton basse), Damen des Opernchores des Deutschen Nationaltheaters Weimar, Staatskapelle Weimar, dir. Kirill KARABITS. DDD–2019–67’ 01’’–Textes de présentation en allemand et anglais–Audite 97.764

Franz Liszt a laissé inachevées une vingtaine d’œuvres, parmi lesquelles figurent un concerto pour violon, une symphonie dite révolutionnaire et un opéra italien intitulé Sardanapalo. Inspiré de Lord Byron et écrit entre 1846 et 1851, cet opéra couvre tout de même cent onze pages manuscrites et contient notamment un prélude et quinze airs, qui ont été édités et orchestrés par le musicologue britannique David Trippett, et dont le label discographique allemand Audite vient de donner le premier enregistrement mondial. Il ressortit à ce qu’on a parfois appelé la « veine sensationnelle » du théâtre lyrique du XIXe siècle, dans le style de Vincenzo Bellini, Giacomo Meyerbeer et du Richard Wagner de Rienzi.

Avec ces fragments (cinquante minutes de musique tout de même), on est à la fois au cœur du romantisme byronien et dans l’univers sonore de Franz Liszt – le Franz Liszt des poèmes symphoniques. On peut du reste les mettre en parallèle avec Mazeppa, qui a été composé à leu près à la même époque d’après un poème de Victor Hugo  et pour l’orchestration duquel Joachim Raff a apporté son concours. Non, Sardanapalo n’est pas un chef-d’œuvre, mais il ne manque pas par moments de puissance et montre en tout cas à quel point Franz Liszt a toujours été un musicien inspiré, c’est-à-dire un artiste animé d’un extraordinaire souffle créateur. Une très intéressante découverte.

Jean-Baptiste Baronian

Son  9 – Livret  5 – Répertoire  8 – Interprétation  9

Gustavo Gimeno à Genève

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Durant sa saison, l’Orchestre de la Suisse Romande organise deux ou trois concerts ‘extraordinaires’, souvent subventionnés par une banque. Ainsi, le 27 février, le Crédit Suisse a contribué à la venue du chef espagnol Gustavo Gimeno et du pianiste français François-Frédéric Guy. Agé de quarante-trois ans, le maestro a derrière lui une longue expérience, puisqu’il a été percussionniste au Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam dès avril 2002 avant de devenir l’assistant de Mariss Jansons ; il a aussi travaillé avec Bernard Haitink et Claudio Abbado qu’il a aidé lors de la formation de l’Orchestre Mozart de Bologne et de celui du Festival de Lucerne. Depuis la saison 2015-16, il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg ; et il occupera le même poste auprès de l’Orchestre Symphonique de Toronto à partir de septembre 2020.

A Genève, un Concerto Köln aseptisé

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Concrto Köln beim Konzert im Herkulessaal München 28. 11. 2009

Pour sa saison 2018-2019, le Service Culturel Migros a décidé d’inviter en alternance les orchestres symphoniques et les formations de chambre. Et c’est dans cette seconde catégorie qu’il faut inscrire le Concerto Köln qui, depuis 1985, s’est spécialisé dans la musique ancienne en ayant la particularité de jouer sans chef et debout pour la plupart (les pauvres !) même si, à l’interne, la conduite artistique est gérée par le bassoniste Lorenzo Alpert. Quatre des violonistes peuvent assurer la fonction de solo ; à Genève, le 26 février, ce fut la violoniste nippone Mayumi Hirasaki qui s’en chargea.

Un défi et un paradoxe

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En Silence, c’est un défi, celui qu’a voulu relever le compositeur. C’est un paradoxe, celui que suscite le traitement lyrique et scénique du sujet choisi. C’est aussi une création mondiale au Grand Théâtre de Luxembourg.

Alexandre Desplat est un compositeur connu et reconnu pour ses musiques de films. Consacré même dans la mesure où ses bandes originales pour notamment « The Grand Budapest Hotel », « Le Discours du roi », « Godzilla », « Harry Potter et les reliques de la mort », ceux de Jacques Audiard et tant d’autres (plus de cent cinquante) lui ont valu deux Oscars, trois Césars, deux Bafta, deux Golden Globe, deux Grammy Awards, et des nominations en pagaille. Il s’est lancé un défi. Jamais encore, il ne s’était aventuré dans le monde lyrique : il « se méfiait du genre, n’appréciant pas trop ses déferlements, ses excès de tous types, son romantisme exacerbé ». Mais il a cédé à la tentation, fasciné par un texte de l’écrivain japonais Yasunari Kawabata, prix Nobel de Littérature en 1968, et surtout remarqué pour ses textes courts, ses nouvelles, si joliment qualifiées par lui de «récits qui tiennent dans la paume d’une main».

Inattendu Requiem de Verdi par Thielemann

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Messa da Requiem. Krassimira Stoyanova (soprano), Marina Prudenskaja (mezzo-soprano), Charles Castronovo (ténor), Georg Zeppenfeld (baryton-basse). Sächischer Staatsopernchor Dresden, Staatskapelle Dresden, Christian Thielemann. 2014. Livret en anglais et allemand. 1 coffret de 2 CD PROFIL. Référence : PH 16075

A Genève, un chef et un soprano pour Il Pirata

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Depuis plusieurs années, le Grand-Théâtre de Genève propose, une fois par saison, un ouvrage lyrique en version de concert. A été choisi, cette fois-ci, Il Pirata, le troisième opéra et le premier succès de Vincenzo Bellini. Pour rendre justice à cette partition difficile, il faut d’abord un chef de théâtre : pour la première fois l’on a fait appel au maestro milanais Daniele Callegari qui collabore avec l’Orchestra Filarmonica Marchiagiana, débutant aussi en ce lieu, en montrant d’emblée ce que signifie être une formation lyrique sachant se mettre en seconde place lorsque le chant l’exige. Quelle leçon pour les instrumentistes qui oeuvrent d’habitude dans cette fosse ! Ici, la baguette assouplit le phrasé pour ‘avancer’ constamment et user du rubato avec un geste clair que suivent aisément tant les divers pupitres que le Chœur du Grand-Théâtre de Genève, préparé par Alan Woodbridge ; et même un ritenuto approprié permet à la voix de soprano d’exécuter l’insidieux ‘passagio’ vocalisé sur « scoppia il cor » dans le Premier Finale.

Sigismondi, une seconde vie

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Gioachino Rossini (1792-1868) : Sigismondo, opéra en deux actes. Sigismondo, Margarita Gritskova – Aldimira, Maria Aleida – Ladislao, Kenneth TarverUlderico/Zenovito, Marcell BakonyiAnagilda, Paula Sánchez-Valverde Radoski, César Arrieta. Camerata Bach Choir, Poznan, Virtuosi Brunensis - Antonino Fogliani, direction. 2017-DDD-2 CD (70’27/78’45)-Textes de présentation en anglais et allemand-Naxos-8.660403-04.