Mots-clé : Pascal Rophé

Pascal Rophé à propos de Dukas et Roussel

par

Pascal Rophé, directeur musical de l’Orchestre National des Pays de la Loire, sort un album Dukas / Roussel qui fait l’événement (Joker de Crescendo). Le chef d’orchestre revient sur le concept éditorial de cet album et sur la place de Dukas et Roussel dans l’Histoire de la musique.

 Pouvez-vous nous expliquer le concept éditorial de ce disque ?

L’idée est partie du fait que nous avons fréquemment joué l’Apprenti sorcier pour des concerts famille et autres ces dernières années. L’interprétation de cette  œuvre  m’a permis de voir le chemin parcouru par l’orchestre depuis le début de mon mandat en 2014. L’Orchestre National des Pays de la Loire a également évolué par la pratique régulière de ce répertoire français faisant partie de son ADN, dès lors enregistrer l’Apprenti sorcier s’est rapidement imposé afin de formaliser et de prendre acte de ce parcours. Je trouvais intéressant de mettre en parallèle Dukas et Roussel, deux figures presque contemporaines mais si différentes. De Dukas, il était pertinent de proposer la très rare ouverture de jeunesse Polyeucte. On peut ainsi apprécier l’évolution du compositeur entre cette ouverture, très franckiste et wagnérienne, et l’Apprenti sorcier avec sa finesse orchestrale et sa clarté instrumentale très ravéliennes. Quant au Festin de l’araignée, c’est un véritable bijou musical. C’est une partition de chef et elle est très fréquente dans les classes de direction d’orchestre. Hormis l’Apprenti sorcier, ni le Polyeucte, ni le Festin de l’araignée ne sont des œuvres très enregistrées.

Read Full Article

par

Paul Dukas (1865-1935) : Polyeucte, L’Apprenti Sorcier ; Albert Roussel (1869-1937) : Le Festin de l’Araignée. Orchestre national des Pays de la Loire, Pascal Rophé. 2018-Livret en anglais, allemand et français-59’46-Bis 2432. 

La Dixième Symphonie de Beethoven selon Pierre Henry

par

La Dixième Symphonie de Beethoven... Existe-t-il une œuvre musicale qui fasse davantage fantasmer ? 

On sait qu’en effet Beethoven a eu ce projet, auquel il a commencé à travailler en même temps que sa Neuvième. Mais y tenait-il tant que ça ? Ce n’est pas sûr. Des projets, il en a eu... Tous n’ont pas abouti, loin de là. Il est tout à fait possible d’imaginer que, s’il avait vécu plus longtemps, après cette Neuvième révolutionnaire à plus d’un titre, il ne soit pas retourné à la symphonie. C’est ce qu’il a fait pour ses sonates pour piano : après l’Opus 111, écrite alors qu’il devait continuer de composer pendant cinq années, il nous a donné les Variations Diabelli, la Missa Solemnis, la Neuvième Symphonie, cinq quatuors à cordes... Autant de chefs-d’œuvre absolus, qui n’étaient plus des sonates pour piano.

« La Marseillaise des concerts modernes » : le Bolero de Ravel revu par Ravel Edition

par

Maurice Ravel (1875-1937) : Bolero, versions de 1928 et 1929

Tombé dans le domaine public depuis le 1er mai 2016, le Bolero de Ravel, dont on vient de fêter les 90 ans, continue de faire parler de lui ces derniers mois par des rebondissements judiciaires incessants. Malgré tout, cette exclusivité mondiale affranchie -que la maison Durand (Universal) possède néanmoins toujours aux États-Unis jusqu’en 2025- il est aujourd’hui permis à de nombreux éditeurs de publier leur version de cette œuvre mythique commandée à Maurice Ravel par la danseuse russe Ida Rubinstein.

Dans cette mouvance nouvelle naquit la « Ravel Edition » dont l’équipe, composée de chefs d’orchestre et musicologues français, s’est attelée à offrir un travail d’analyse inédit sur les manuscrits et toutes sources susceptibles d’éclairer la commande et la création de ce ballet d’une exceptionnelle modernité en son temps.