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Des ténèbres aux lumières : Don Giovanni à Paris

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Au Palais Garnier à Paris, Ivo van Hove propose une lecture en quelque sorte inversée du « Don Giovanni » de Mozart : au lieu d’être, comme d’habitude, une course folle aux ténèbres pour son héros malfaisant, son cheminement s’extirpe des ténèbres pour ramener les autres protagonistes à de belles lumières radieuses.  

Dès l’entrée dans la salle, les spectateurs sont surpris du décor imposant qui s’offre à leur vue – il a fallu renforcer les soubassements du Palais Garnier. Comme si une petite ville ancienne d’Espagne avait été reconstruire à l’identique, dans le dédale de ses ruelles, mais avec un béton omniprésent au gris étouffant. Il n’y a que peu de lumière, il n’y a guère de couleurs. De plus, quand on considère les nombreux escaliers qui unissent les différents niveaux, on pense immédiatement à l’artiste néerlandais M. C. Escher et à ses improbables constructions dont l’entrelacs des escaliers, défiant toute perspective et toute réalité, interpelle les regards. En fait, ici, ce labyrinthe est tel que les personnages ne peuvent s’échapper, qu’ils sont toujours condamnés à se voir, à s’observer, à se retrouver. Et on le sait, la tragédie naît de la confrontation inexorable.

Mais encore : "French touch" symphonique à travers le monde

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Quelques disques mettent à l’honneur des compositeurs français par des interprètes établis un peu partout à travers le monde.

Claude Debussy (1862-1918) : Printemps, Rapsodie pour orchestre et saxophone ; Marche écossaise sur un thème populaire ; Berceuse Héroïque ; Deux Danses ; Nocturnes. Claude Delangle, saxophone ; Gulnara Mashurova, harpe ; The Philharmonic Chamber Choir of Europe, Singapore Symphony Orchestra, Lan Shui. 1 CD BIS. BIS-2232.

Les Troyens : Tcherniakov / Berlioz : 1 à 0

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Les Troyens, opéra en cinq actes, relate la prise de Troie, l’arrivée des vaincus à Carthage et les amours de Didon et Énée. Le rideau s’ouvre sur une famille de dictateurs, Beyrouth en cendres puis les pensionnaires d’un centre psychiatrique de réhabilitation ; tous unis par la démence, celle de Cassandre, Didon, Énée, leur suite… Une parabole de notre monde ? Peut-être. Mais dès lors les émotions sincères et délicates, les passions, la grandeur morale sont balayées par la dérision. Or c’est justement ce qu’il y a de plus beau, de plus bouleversant et d’unique dans la musique de Berlioz : un engagement total de lui-même, une vitalité exacerbée, une tendresse aussi. Qui culminent dans le duo O nuit d’ivresse et d’extase infinie succédant à une Chasse royale, orage et clair de lune des plus shakespeariens (Acte IV).

L’Opéra de Paris côté symphonique

par

Modest MOUSSORGSKI
(1839 - 1881)
Tableaux d’une exposition (orchestration de Maurice Ravel)
Sergei PROKOFIEV
(1891 - 1953)
Symphonique n°1 en ré, Op. 25, dite « Classique »
Orchestre de l’Opéra National de Paris, Philippe Jordan, direction
2017-DDD-47’36-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Erato-0190295877910

Un Schubert franc et mature

par

Franz Schubert (1797-1828)
Symphonie n°8 en do majeur D 944 « La Grande » - Symphonie n°7 en si mineur D 759 « Inachevée »
Wiener Symphoniker, Philippe Jordan, direction
2015-DDD-77’02-Textes de présentation en anglais et allemand-Wiener Symphoniker-WS009