Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Une soirée sous le signe de la femme

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Louise Farrenc (1804 - 1875)

Un des pôles majeurs de la vie musicale luxembourgeoise, l'Ensemble "Solistes Européens" (SEL) rassemble des musiciens originaires des meilleurs orchestres du vieux continent qui, depuis plus de vingt ans se réunissent régulièrement à Luxembourg pour des répétitions, des concerts et des enregistrements, et qui régulièrement aussi partent en tournées. Lundi dernier, il investissait le Grand Auditorium de la Philharmonie pour un concert placé sous le signe de la femme : les compositrices Tatsiana Zelianka (° 1980), Louise Farrenc (1804-1875) et la soliste Elisabeth Leonskaja. 

Mitsuko Ushida, l'orfèvre du clavier

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Rarement un piano déploie autant de couleurs. Mistsuko Ushida se fait orfèvre du clavier pour nous dire Schubert. Trois sonates étaient au rendez-vous ce 12 novembre à la Philharmonie de Luxembourg : la n°19 en ut mineur D. 958 (1928), la n°13 en la majeur op. 120 D. 664 (1819) et la n°78 D. 894, "Sonate Fantaisie" de 1826, soit une des trois sonates de sa dernière année de vie, la poétique et fraîche sonate d'un jeune homme de vingt-deux ans et la Fantaisie truffée d'alternances quasi improvisées. 

Bonnes gens, tous à Lausanne pour AMAHL !  

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La plupart des théâtres lyriques d’aujourd’hui affichent un souverain mépris à l’égard de la production de Giancarlo Menotti. Mais depuis le début de son mandat à la tête de l’Opéra de Lausanne, Eric Vigié a présenté sa propre mise en scène d’Amelia al ballo et de The Telephone ; et aujourd’hui, il récidive en affichant en une judicieuse traduction française Amahl and the Night Visitors (Amahl et les Visiteurs du soir), une commande de la NBC diffusée par la télévision le 24 décembre 1951 sous la direction musicale d’un Thomas Schippers âgé de vingt-et-un ans.

Le goût du quatuor

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Quatuor Emerson

Le Quatuor Emerson © Lisa-Marie Mazzucco

Si beaucoup de musiciens voient dans le quatuor à cordes la forme la plus parfaite de la musique de chambre, le genre intimide encore beaucoup de mélomanes moins avertis qui le trouvent austère, voire intimidant. C’est donc peu dire que l’originale initiative de Flagey -qui présente cette saison un cycle de quatre soirées de quatuors précédées chaque fois d’une introduction originale- vient à son heure.

Un Offenbach à découvrir, Fantasio !

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En coproduction avec l’Opéra-Comique qui l’avait affiché sur la scène du Châtelet en février 2017, le Grand-Théâtre de Genève présente à l’Opéra des Nations un fascinant ouvrage de Jacques Offenbach encore méconnu, Fantasio. Le sujet de cet opéra-comique en trois actes est librement inspiré de la pièce du même nom d’Alfred de Musset dont son frère, Paul, avait plus ou moins adroitement tiré un livret.

Un basson pour Rossini

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Azzolini

Sergio Azzolini © Giacomo Fornari

Dans la programmation de ses concerts à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, Jonathan Nott, le directeur musical et artistique, tente d’élargir les horizons en présentant des pages peu connues. Ce fut le cas le mercredi 1er novembre avec un Concerto a fagotto principale (Concerto avec basson soliste) de Gioacchino Rossini.

A Wexford, le sort d'une femme dans l'opéra italien

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Anne Sophie Duprels dans "Risurrezione" de Alfano © Clive Barda

Lors de sa 66e saison (19 octobre-5 novembre) le Wexford Festival Opera a de nouveau donné l’occasion de découvrir un répertoire peu populaire, souvent négligé mais pas moins intéressant. A l’affiche cette année « Medea » de Luigi Cherubini, « Margherita » de Jacopo Foroni et « Risurrezione » de Franco Alfano.

L'opera seria peut se révéler passionnant

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Lucio Silla

Jeremy Ovenden, Lenneke Ruiten © BUhlig

L'opera seria reste éprouvant pour nos sensibilités du XXIe siècle. Cette avalanche quasi ininterrompue de récitatifs et d'arias a de quoi éreinter le plus bienveillant des mélomanes, même si elle est signée Haendel ou Vivaldi. Le jeune Mozart livre, en 1772, à 16 ans, ce Lucio Silla, oeuvre charnière, qui se situe entre son premier essai du genre, Mitridate, et La Finta Giardiniera, parfaite réussite dans l'opera buffa.

Une chanteuse intelligente : Marie-Nicole Lemieux

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Au cours de chaque saison, le Grand-Théâtre de Genève organise quatre ou cinq récitals de chant avec piano. Samedi 28 octobre, en dialogue avec Roger Vignoles, Marie-Nicole Lemieux a ouvert les feux avec un programme d’une rare intelligence ayant pour figures de proue deux génies de la poésie, Johann Wolfgang von Goethe et Charles Baudelaire. La quarantaine passée, l’artiste canadienne est au sommet de ses moyens : la voix possède le medium et le grave somptueux du contralto tout en conservant la souplesse d’émission qui lui permet d’accéder facilement à l’aigu.