Intemporels

Les dossiers.
Les graines de curieux : les découvertes un peu piquantes de la musique.
Musiques en pistes : pour une écoute active de la musique. Analyse et exemples sur partitions et écoutes d’extraits.
Focus : un événement particulier dans la vie musicale

Diana Damrau face aux reines Tudor de Donizetti 

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La soprano Diana Damrau est l’une des artistes les plus considérables de notre temps. Adulée du public, star mondiale du chant, elle fait l'évènement avec un album consacré aux scènes finales des opéras Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux de Donizetti. L’artiste y incarne Maria Stuarda, Anna Bolena et Elisabetta, des reines plongées dans les drames de l’Histoire. 

Votre nouvel album présente des scènes tirées des opéras Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux de Donizetti. Qu'est-ce qui vous a poussée à enregistrer des extraits de ces trois opéras ? 

Quand on m'a proposé d'enregistrer avec le fantastique Orchestra e Coro dell' Accademia Nazionale di Santa Cecilia et le merveilleux Maestro Sir Antonio Pappano, cela signifiait que nous aurions la possibilité d'enregistrer comme dans une maison d’opéra. Enregistrer sur un seul album toutes les scènes finales des opéras de Donizetti avec comme sujet les reines Tudor était un rêve personnel. Ayant déjà chanté Maria Stuarda sur scène et préparé Anna Bolena, il n'y avait aucun doute sur ce qu'il fallait enregistrer, puisque ma préférée de ces reines est Elisabetta dans Roberto Devereux, mais je ne sais pas si je l'aborderai un jour sur scène.

Quels sont les défis musicaux et techniques à surmonter pour affronter les rôles de Maria Stuarda, Anna Bolena et Elisabetta ?

Les "reines Tudor" sont les plus belles pièces pour un "animal de scène". Vocalement et théâtralement, elles sont un immense plaisir. Vous pouvez jouer avec votre voix et vous avez fait l'expérience de ces femmes. Il s'agit d'une acrobatie vocale, mais elle doit toujours rester liée à la personnalité dramaturgique et, malgré les situations dramatiques, la voix doit être chantée avec la technique du belcanto.

Sébastien Hurtaud, violoncelliste 

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Le violoncelliste Sébastien Hurtaud narre l’Histoire au présent avec son nouvel album qui associe le célèbre Concerto d’Elgar au Chemin des dames, nouvelle œuvre pour violoncelle et orchestre du compositeur néo-zélandais Gareth Farr. Trait d’union entre les peuples et les périodes, cet enregistrement mérite une grande attention pour la vision qu’il présente de l’Histoire et de la Musique. Rencontre avec un musicien apprécié par-delà les hémisphères et qui nous raconte la vie musicale néo-zélandaise.  

Vous interprétez le concerto pour violoncelle Chemin des Dames du compositeur néo-zélandais Gareth Farr. Que représente pour vous cette nouvelle partition ?

Pour moi, cette oeuvre symbolise de nombreux aspects ! Ce concerto rend hommage aux combattants de la première Guerre Mondiale du monde entier. Il est très rare dans le répertoire du violoncelle de jouer de telles oeuvres qui honorent la mémoire des hommes et des femmes qui ont pris part à ce terrible conflit. La famille de Gareth Farr a perdu ses trois arrières-grands-oncles lors des batailles de la Somme dans le Nord de La France. Ce concerto Chemin des Dames sacralise des drames personnels qui sont devenus l'expression musicale d’une l’histoire universelle. Pour moi, avoir donné la première mondiale de ce concerto est un devoir de mémoire ! Pour autant, je me suis efforcé dans mon interprétation à ne jamais perdre de tête qu’il faut toujours espérer. Cette énergie particulière m’a permis de donner une conduite à mon jeu de la première à la dernière note du concerto. Le compositeur néo-zélandais a aussi voulu donner un double sens à ce titre, il était bien informé du rôle prépondérant des femmes pendant ce conflit qui a représenté pour leur cause une véritable émancipation. Ce concerto pour violoncelle Chemin des Dames est une nouvelle pièce majeure dans le répertoire du violoncelle concertant et je suis fier qu’il me soit dédié. 

Le Chemin des Dames est l’un des lieux majeurs des batailles de la Première Guerre mondiale. En quoi cet endroit est-il cher à la mémoire des Néo-Zélandais ?

Gareth Farr, qui est basé à Wellington en Nouvelle-Zélande, a pris la merveilleuse décision de voyager en France au printemps 2016 pour venir visiter les lieux emblématiques de la Première Guerre mondiale avant de composer. Il souhaitait aussi retrouver la trace de ses trois arrières-grands oncles morts lors des batailles de la Somme. Il était prévu que la première européenne du concerto se déroule au festival International de Laon, avec l’Orchestre National de Metz, en 2017. Non loin de cette ville, juste à côté de cette ligne de front connue sous le nom de Chemin des Dames (situé entre Laon et Reims), se trouve la fameuse Caverne du Dragon qui, à l’époque, servait de refuge aux armées alliés et ennemies. Même s’il n’y a pas eu de combattants néo-zélandais lors de la bataille du Chemin des Dames. Gareth Farr n’a pas voulu faire une description d’une bataille en particulier, sinon le concerto se serait appelé « Arras » ou « Le Quesnoy », mais c’est bien cette visite de la Caverne du Dragon sur le Chemin des Dames qui a été déterminante pour son travail et ensuite dans mon interprétation. Nous avons hésité à donner à sa pièce le titre de “Requiem”, plus générique, mais nous avons finalement préféré garder juste l’appellation Chemin des Dames.

Ralph Vaughan Williams (II) : les symphonies

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Seconde partie de notre dossier consacré à Ralph Vaughan Williams par Harry Halbreich  et publié en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.  Cette deuxième partie nous mène à travers les symphonies.

Un examen même superficiel de cette œuvre immense doit nécessairement commencer par la chaîne des neufs Symphonies (neuf lui aussi !) qui jalonnent cette longue existence durant un demi-siècle. Elles ne furent nullement conçues comme une série au départ, et le compositeur ne numérota que les deux dernières. Quatre portent des titres, les cinq autres sont désignées par une tonalité que leur langage essentiellement modal ne confirme que de manière assez lâche et fort peu contraignante.

La Première, A Sea Symphony, sur des poèmes de Walt Whitman -dont le panthéisme mystique avait déjà inspiré la première grande cantate symphonique, Toward the Unknown Region (Vers la Région inconnue) en 1907-, fut la grande entreprise de la jeunesse du compositeur, dont la gestation s'étendit de 1903 à 1909, et dont la création au Festival de Leeds le 12 octobre 1910, jour de son 38e anniversaire, le propulsa immédiatement au premier rang des successeurs d'Elgar. Avec sa durée d'une heure dix, c'est la plus vaste et la plus ambitieuse des neuf, pour soprano, baryton, chœurs et grand orchestre, une symphonie purement chorale comme on en écrivait à l'époque (Huitième de Mahler, Kullervo de Sibelius), en quatre mouvements traditionnels, mais avec un immense Finale méditatif d'une demi-heure, occupant dans l'équilibre d'ensemble une place comparable à l'Abschied dans Le Chant de la Terre mahlérien. Tout au début, l'opposition des fulgurantes fanfares des cuivres en si bémol mineur et de l'exclamation des chœurs sur le mot Sea en Ré majeur est un geste de génie. Bien que très libre dans un langage tonal, l'œuvre demeure encore largement tributaire de l'esthétique post-romantique de son temps, mais elle a fière allure.

L’Audito 2.0 de l’Orchestre National de Lille 

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Le confinement a vu le développement exponentiel de l’offre des concerts en ligne. Que ce soit en streaming ou en différé, c’est presque l’entièreté du monde musical qui vient, majoritairement gratuitement, jusque sur les terminaux numériques des mélomanes. Dans ce contexte, certaines offres se distinguent tant par la qualité artistique que par le concept éditorial. C’est ainsi que Crescendo Magazine va vous entretenir de l’Audito 2.0, la salle de concert virtuelle de l’Orchestre National de Lille. 

Depuis 2015, à l’initiative de son Directeur général François Bou, l’Orchestre National de Lille s’est doté d’un studio numérique, complété par un système de caméras automatiques. Cet équipement a déjà permis à l’orchestre de mettre en boîte près de trente enregistrements audio (souvent récompensés par la presse et régulièrement chroniqués sur Crescendo Magazine) et différentes captations vidéos. Mais les deux confinements ont contribué à faire évoluer le projet vers la mise en ligne des concerts donnés sans public du fait des normes sanitaires en vigueur en France qui permettaient aux musiciens de jouer, mais sans audience. 

Fatma Saïd, le chant de l’âme 

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La soprano Fatma Saïd est une chanteuse qui met le monde à ses pieds. Son album El Nour a fait l’évènement par l’originalité de son concept, et chacune de ses apparitions séduit le public et les commentateurs. Les comparaisons sont des plus flatteuses alors que l’on voit en elle une nouvelle “Maria Callas”. Crescendo Magazine rencontre une musicienne qui franchit les frontières des genres et qui pose un regard fin sur son époque.

Votre album se nomme “El Nour”, ce qui signifie la Lumière. Pouvez-vous nous en expliquer le concept ? 

Mon premier album El Nour, "la lumière" en arabe, a pris des années à se faire. Avec lui, j'ai voulu explorer comment une musique qui a été interprétée de nombreuses fois peut être présentée de différentes façons, sous un autre jour. Il relie trois cultures et trois langues -l'arabe, le français et l'espagnol- et montre combien, malgré les différences culturelles, géographiques et historiques, elles ont en commun sur le plan musical.

Le panel de compositeurs proposé est très large : Maurice Ravel, Hector Berlioz, mais aussi des compositeurs comme Fernando Obradors ou Philippe Gaubert sans oublier Ğamāl Abd al-Rahīm, Najib Hankache, Said Darweesh, Elias Rahbani, Dawoud Hosni. Comment les avez-vous choisis ?

Je pense que ces trois cultures ont beaucoup plus en commun que nous le pensons. L'occupation française de l'Égypte et l'immigration arabe en Espagne ont créé au fil des ans des liens et des connexions artistiques que je peux vraiment ressentir dans la musique de ces trois cultures. Je me suis toujours sentie très proche de la musique espagnole, française et méditerranéenne et il était tout simplement logique de savoir pourquoi. Cette combinaison représente vraiment mon propre goût musical et me représente en tant qu'Égyptienne. L'Égypte a été fortement influencée par des pays comme l'Espagne et la France, mais elle les a aussi influencés sur le plan historique, artistique, littéraire et musical.

Alexander Boldachev, harpiste d’ouvertures 

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Virtuose accompli de la harpe, Alexandre Boldachev fait l’évènement avec un inattendu album Chopin qu’il mène depuis son instrument. Crescendo Magazine rencontre ce musicien hors normes qui se complait dans les frontières des styles et des genres. 

Votre nouveau disque est dédié à Chopin. C'est un choix très surprenant pour un harpiste. Quelles sont les motivations qui sous-tendent ce projet musical ? 

Ma principale motivation était de créer un nouveau son. Le son est un aspect central car la composition n'est qu'un matériau. J'aime Chopin et sa musique était en résonance avec mon monde. J'aime écouter comment les pianistes mettent leur énergie dans les Mazurkas et les Nocturnes. Au fur et à mesure, les idées se sont décantées dans mon esprit et je me suis dit que le concept de cet album valait la peine d'être essayé. Dernier argument, et non des moindres : Chopin a toujours été décrit comme un pianiste avec une touche de "harpe" et sa musique est pleine de lumière et de transparence...N’oublions pas non plus que sa chère George Sand jouait de la harpe. Toutes ces combinaisons m'ont entraîné vers ce projet. 

L'œuvre de Chopin est quantitativement importante. Comment avez-vous choisi les partitions présentées sur cet album ? 

J’ai parcouru tous les opus et j'ai pris ceux qui sont "sous les doigts". C'était un moment amusant et cela m'a donné une vision complète des œuvres de Chopin. J'aime aussi raconter des histoires et je ne peux pas ouvrir toutes les portes, sinon, ce ne serait pas intéressant. Mais les auditeurs de l'album peuvent trouver les chemins subjectifs qui ont guidé mon choix. N'est-ce pas un moment de bonheur pour chaque artiste ?

Ralph Vaughan Williams (I)

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Crescendo Magazine publie en épisodes un dossier qu’Harry Halbreich avait consacré à Ralph Vaughan Williams en 2008, à l’occasion des 50 ans de la disparition du compositeur 

La musique anglaise, on le sait, a toujours du mal à franchir le Channel. Pour le Français (ou le Belge francophone) moyen, elle se résume peu ou prou à Purcell et Britten. Pratiquement jamais entendue chez nous, la musique de Vaughan Williams l'est beaucoup plus fréquemment en Flandre où joue la séculaire alliance anglo-flamande face à la France. Elle est bien sûr très répandue et même populaire dans le monde anglophone, aux Etats-Unis en particulier, mais guère dans le reste du monde. Il s'agit pourtant d'un des créateurs les plus féconds, originaux et puissants de sa génération, qui est celle de Sibelius, de Schönberg, de Scriabine, de Reger, de Falla, de Rachmaninov ou de Ravel. Ravel, son cadet de trois ans, auprès duquel il alla étudier une année (1908), âgé de trente-six ans déjà, après qu'une formation académique auprès de Max Bruch à Berlin (1897) ne lui eût rien apporté de ce qu'il cherchait. Et c'est là une première et précieuse indication quant à sa personnalité et son art.

Né le 12 octobre 1872 à Down Ampney (Gloucestershire) dans l'Ouest rural de l'Angleterre, non loin de Broadheath, patrie d'Edward Elgar, son aîné de quinze ans seulement, il provenait d'un milieu bourgeois aisé, en partie d'ascendance galloise, mais allié aux Darwin et aux Wedgwood du côté maternel. Ses racines sont aussi déterminantes que pour Elgar, mais ce dernier était le fils d'un modeste accordeur de pianos, catholique romain de surcroît. Le jeune Ralph s'oriente de bonne heure vers la musique, se formant au Royal College of Music (Londres) et au célèbre Trinity College de l'Université de Cambridge, mais il ne fut nullement un génie précoce et ne composa que fort peu avant le début de ce siècle. Mais un tournant décisif se produisit en 1903, lorsque, à la suite de sa rencontre avec Cecil Sharp, pionnier de la collecte des chants populaires des Iles Britanniques, il se mit lui-même à arpenter les campagnes, recueillant quelque 800 témoignages d'une tradition de plus en plus menacée par l'industrialisation : 331 lors d'une première campagne du 4 décembre 1903 au 14 janvier 1905, 266 du 14 novembre 1905 au 8 septembre 1906, 172 encore de juillet 1909 au 16 septembre 1910, après son retour de chez Ravel à Paris. Cependant, dès 1895 il s'était lié avec Gustav Holst, son cadet de deux ans, d'une amitié qui devait durer jusqu'à la mort de ce dernier en 1934. Avec Holst, il découvrit les trésors de la polyphonie des Tudor et de l'âge élisabéthain.

L'Europe des Temps modernes : Autriche et Bohême

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Suite de notre tour d'horizon de l'Europe musicale des Temps modernes (après Londres, la France et le Portugal), cette étape nous conduit aux marches du continent : en Autriche et en Bohême.  L’expression du baroque en musique a été le moteur d’une véritable frénésie de création à l’échelle européenne. Nous ne pouvons donc décemment quitter notre tour d’horizon de la Stravaganza baroque sans évoquer les compositeurs qui ont brillamment défendu la cause du baroque en musique bien au-delà des frontières des pays qui ont joué à cette époque un rôle prépondérant.

Dans les pays de langue allemande, la création musicale au XVIIe siècle est assez étroitement liée aux luttes religieuses et politiques. Si l’Allemagne du Nord, qui a embrassé la nouvelle religion protestante, développe un langage nouveau fait d’une fusion de diverses influences autour du choral, l’Allemagne du Sud, l’Autriche et la Bohême, restées fidèles au catholicisme, évoluent dans l’ombre de Rome et de Venise, au point de devenir de véritables succursales du baroque italien triomphant. Salzbourg (la « Rome du Nord ») et Vienne l’impériale entretiennent d’étroits liens avec la Péninsule, que la présence de nombreux musiciens italiens aux postes-clés des principales chapelles princières et des plus importantes maisons d’opéra austro-allemandes vient encore renforcer.

Soutenue par un mécénat aristocratique éclairé et très puissant, la création musicale et, plus largement, l’ensemble de l’activité artistique s’épanouit sans entraves. En effet, tant les Habsbourg à Vienne et à Prague que les différents Princes-Archevêques qui se succèdent à Salzbourg sont des mécènes doués et généreux, souvent musiciens eux-mêmes, et toujours très versés dans la culture italienne, avec laquelle ils entretiennent des liens privilégiés. Les Princes rivalisent autant sinon davantage dans la chasse aux talents artistiques que sur les champs de bataille ! Ils commandent de nombreuses oeuvres destinées à rehausser le faste des grandes fêtes. Anniversaires, couronnements, mariages, visites d’état sont autant d’occasions de déployer toute la splendeur de la chapelle musicale afin de divertir la Cour. Banquets en musique (Tafelmusik), opéras de cérémonie (tel Il Pomo d’Oro de Cesti pour le mariage de l’Empereur Leopold Ier et de Margareta Teresa d’Espagne) et autres ballets équestres (Balletto a cavallo) rythment la vie des Cours austro-allemandes tout au long du siècle.

Les nommés 2021 des International Classical Music Awards

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Le jury des International Classical Music Awards est heureux de communiquer les productions nommées pour l’édition 2021.

Pour les prix 2021, le jury des International Classical Music Awards (ICMA) a nommé 365 productions audio et vidéo issues de 122 labels. Pour être nommée, une production doit être proposée par au moins deux membres du jury. Avec 28 nominations, Naxos arrive en première position. Il est suivi par Harmonia Mundi et Alpha (16 nominations) et BIS (14).

Parmi les 21 pays cités, l'Allemagne est en tête (113 nominations), suivie de la France (64) et du Royaume-Uni (34).

Les finalistes seront annoncés le 15 décembre, et les lauréats 2021 seront communiqués le 20 janvier 2021. 

Les nommés par catégories

Les nommés par labels

Le site des International Classical Music Awards.   

Isaac Karabtchevsky à propos de Villa-Lobos et Guarnieri 

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Le label Naxos a la bonne idée de proposer en coffret l’intégrale des symphonies de Villa-Lobos enregistrées entre 2011 et 2017 par Isaac Karabtchevsky au pupitre de l’excellent Orchestre Symphonique de São Paulo (OSEP). Cette parution est une occasion de parler de ce corpus magistral avec le grand chef brésilien qui fait également l’actualité avec un album consacré à des partitions de Camargo Guarnieri, un contemporain de Villa-Lobos. 

Qu’est-ce qui fait la particularité des symphonies de Villa-Lobos ? 

Pour comprendre l'œuvre de Villa-Lobos, il faut se replonger dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale. Rio était une ville pleine de chaleur et de culture, et tous les compositeurs étaient sous l’influence de Debussy, spécialement Villa-Lobos. On peut dire que Debussy est la clef pour comprendre sa production. Ses partitions sont également les enfants de la Belle Epoque, une période de nouvelles tendances harmoniques, une réaction anti-wagnérienne, à la recherche de formules musicales novatrices. Les symphonies de Villa-Lobos étaient une tentative de trouver une voie personnelle. 

Est-ce que, dans ses symphonies, Villa-Lobos vous apparaît comme foncièrement brésilien ? 

Oui ! Malgré le fait qu’il se fond dans des formes musicales classiques comme celle de la sonate, il associe à cette base une dimension folklorique. Le folklore brésilien est toujours présent dans ses partitions et on ne peut pas le dissocier de son oeuvre.