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Alessandro Scarlatti : un programme « ad tenebras per lucem », tendu vers le Stabat Mater

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Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Stabat Mater. Jam Sole Clarior. Infirmata, Vulnerata. Sonata a quattro no 1 en fa mineur. Emmanuelle De Negri, soprano. Paul Figuier, contreténor. Les Accents. Thibault Noally, Mario Konaka, violon. Patricia Gagnon, alto. Emanuele Abete, violoncelle. Christian Staude, contrebasse. Violaine Cochard, clavecin. Mathieu Dupouy, orgue. Claire Antonini, théorbe. Livret en anglais, français, allemand. Mai 2025. 73’21’’. Alpha 1179

5 albums pour passer la semaine : jeunes cuivres, rêve américain et redécouvertes

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1. Tomasi, Pauer, Bloch, Szentpáli, Böhme : lauréats du Concours Kodály de Debrecen — Brass 2025

Karsa Vanyó, Marcell Szabó, Mustafa Khalilov, Brendan Connellan, solistes ; Kodály Philharmonic Orchestra ; Sandro Hirsch et Imre Kollár, direction. Référence : 5991813295026.

Les concours de cuivres ne livrent pas toujours leurs lauréats au disque, et c'est dommage : on perd ainsi la trace de ces moments où une génération s'affirme. Le Concours Kodály de Debrecen, devenu rendez-vous incontournable de la planète brass, propose ici un instantané de l'édition 2025. On y entend des partitions devenues classiques du répertoire — Tomasi, Bloch, Böhme — servies avec une technique irréprochable et, ce qui compte davantage, une vraie présence musicale. Le Kodály Philharmonic Orchestra, sous deux baguettes différentes, accompagne avec une attention qu'on aimerait entendre plus souvent dans ce type de captation. Une belle vitrine pour la jeune génération hongroise et internationale du cuivre.

2. An American Dream ? — Barbara Hannigan & le Gothenburg Symphony

Barbara Hannigan, soprano et direction ; Gothenburg Symphony Orchestra. Programme autour du « rêve américain » (Gershwin, Bernstein et alii). Référence : 3701624512227.

Barbara Hannigan ne fait jamais rien comme les autres, et c'est tant mieux. À la tête du Gothenburg Symphony Orchestra dont elle est cheffe principale, elle propose ici une traversée du American Dream qui interroge autant qu'elle célèbre — façon de rappeler que Gershwin et Bernstein, sous le vernis de la modernité triomphante, ont aussi écrit des partitions traversées d'ombres et de doutes. La double casquette de la Canadienne — voix et baguette — donne à l'ensemble une cohérence rare : on sent une pensée à l'œuvre, pas seulement un programme. Un album qui prolonge le sillon défricheur de ses précédentes parutions chez Alpha.

Le panorama orchestral français de John Wilson

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Paul Dukas (1865-1935) : L'Apprenti sorcier. Claude Debussy (1862-1918) : Clair de lune, extrait de la Suite bergamasque (orchestration John Wilson, 1994). Emmanuel Chabrier (1841-1894) : Joyeuse Marche. Maurice Ravel (1875-1937) : Une Barque sur l'océan, n° 3 des Miroirs (orchestration du compositeur, 1906). Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Danse macabre, op. 40. Georges Bizet (1838-1875) : Suites de Carmen (arrangements d'Ernest Guiraud, édition Fritz Hoffmann), présentées dans un ordre choisi par John Wilson. Sinfonia of London, John Wilson, direction ; Charlie Lovell-Jones et John Mills, premiers violons ; John Mills, violon solo (Saint-Saëns et Bizet). 2025-2026. Livret en anglais. 1 SACD hybride Chandos CHSA 5379.

Schubert et ses imaginaires avec Sandrine Piau, le Quatuor Psophos et le Duo Ebano

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Dear Franz. Franz Schubert (1797-1828) : Der Hirt auf dem Felsen, D. 956. Arrangements de Gute Nacht, Der Leiermann [Die Winterreise], Introduction und Variationen über ein Thema aus dem Müllerliedern Op. 25, Andantino & Andante sostenuto [Sonates D. 959, 960], Erlkönig D. 328. Elisabeth Hetherington, soprano. Duo Ebano. Paolo Gorini, piano, piano jouet, électroniques. Marco Danesi, clarinette, duduk. Octobre 2025. Livret en anglais. 50’49’’. 7 Mountain Records 7MNTN-067

Quintette imaginaire. Franz Schubert (1797-1828) : Der Jüngling und der Tod, D. 545. Nur wer die Sehnsucht kennt, D. 877/4. Kennst du das Land ?, D. 321. Heiss mich nicht reden, heiss mich schweigen, D. 877/2. So lasst mich scheinen, bis ich werde, D. 877/3. Der Musensohn, D. 764. Ganymed, D. 544. Viola, D. 786. Erlkönig, D. 328. Wandrers Nachtlied, D. 768 [lieder arrangés par Jacques Gandard]. Andante con Moto du Quatuor à cordes no 14 en ré mineur D. 810 (« La Jeune Fille et la Mort »). Quartettsatz en ut mineur, D. 703. Sandrine Piau, soprano. Quatuor Psophos. Mathilde Borsarello Herrmann, Bleuenn Le Maitre, violon. Cécile Grassi, alto. Guillaume Martigné, violoncelle. Août 2024. Livret en français, anglais, allemand ; paroles traduites en français et anglais. 66’38’’. Alpha 1157

Benoît Mernier, le tranquille chemin de l’identité

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Ustica. Benoît Mernier (°1964) : Comme d’autres esprits, pour orchestre ; Sur un ciel immense, pour orchestre ; Offering, pour voix d’alto et ensemble instrumental ; Deux poèmes pour violon et piano ; Ustica, pour orchestre de chambre. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction Gergely Madaras ; Sarah Laulan, contralto ; Ensemble Sturm und Klang, direction Thomas Van Haeperen ; Tatiana Samouil, violon ; David Lively, piano ; Ensemble Musiques Nouvelles, direction Jean-Paul Dessy. 2019, 2024 et 2025. Notice en français et en anglais. Texte chanté reproduit en anglais. 68’ 22’’. Cyprès CYP4673. 

Bomba Flamenca : Simon-Pierre Bestion embrase les funérailles imaginaires de Charles Quint

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Bomba Flamenca. Œuvres de Clément Janequin (c. 1485-1558), Mateo Flecha (1481-1553), Luis de Narváez (c. 1500-c. 1552), Cristóbal de Morales (c. 1500-1553), Nicolas Gombert (c. 1495-c. 1560), Maître Albert de Paris (XIIe siècle), Juan del Encina (1468-1529), Pedro de Escobar (c. 1465-after 1535), Marbriano de Orto (c. 1460-1529), Antonio de Cabezón (1510-1566). La Tempête, direction Simon-Pierre Bestion. 2025. Texte de présentation en français, anglais et allemand. 82'23. Alpha Classics ALPHA 1216.

5 albums pour passer la semaine : García-Tomás, Martinů, Elgar — et deux escales argentine et française

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1. Raquel García-Tomás : Orchestral Works

Raquel García-Tomás (née en 1984) : Orchestral Works. Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya ; Ludovic Morlot, direction. Référence : 8721466814636.

Ludovic Morlot poursuit son compagnonnage avec les compositrices d'aujourd'hui et signe avec l'Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya un portrait orchestral de Raquel García-Tomás. La compositrice catalane, déjà bien identifiée sur la scène lyrique européenne, déploie ici une écriture orchestrale d'une grande sensualité timbrique, où les textures se construisent par strates et où l'humour n'est jamais absent. Morlot, fidèle à son sens de la clarté et de la respiration, sert idéalement ces pages qui méritent toute notre attention. Une découverte à inscrire au registre des voix qui comptent dans la création d'aujourd'hui.

2. Martinů : The Symphonies

Bohuslav Martinů (1890-1959) : Symphonies n°1 à 6. Bamberger Symphoniker ; Jakub Hrůša, direction. Deutsche Grammophon 00028948678150.

Voilà l'événement martinůien que l'on attendait. Jakub Hrůša, l'un des grands chefs tchèques de sa génération, livre avec son fidèle Orchestre Symphonique de Bamberg une intégrale des six symphonies qui pourrait bien faire date. On y retrouve la nervosité rythmique, les couleurs ambrées des cuivres, ce climat si singulier — entre mélancolie morave et fièvre américaine des années d'exil — qui fait toute la singularité de Martinů. Hrůša ne se contente pas de bien faire : il pense ce cycle dans sa continuité dramaturgique, d'une Première encore néoclassique à une Sixième fantasmagorique. Une intégrale à placer aux côtés des grandes références.