A L’Opéra

Sur les scènes d’opéra un peu partout en Europe.

Deux chanteuses et un chef à la rescousse du Medea de Cherubini à Genève

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© GTG/Carole Parody

Un cadre scénique en bois clair faisant référence à l’Antiquité, deux teenagers sur planche à roulette dévalant les escaliers, un essayage de robe de mariée chez Saint-Laurent, robes de mousseline noire et complet-veston pour les courtisans, une table de cuisine avec couteau à pain servant à trucider deux innocents : ainsi peut-on résumer la production de Cristof Loy - Herbert Murauer où il ne se passe rien jusqu’au finale où l’on finit par s’agiter dans l’épouvante. Une question à ce ‘génie’ de la mise en scène qui a perpétré ici le massacre de La Donna del Lago et des Vêpres Siciliennes : avait-il oublié de commander les costumes ?

L'héroïsme subversif du Cid

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© Agathe Poupeney/Opéra National de Paris

L'héroïsme, le respect filial et la noblesse de cœur seraient-ils périmés ? Les renvoyer au rayon des vieilleries ou du pompiérisme, c'est bien peu écouter ce que dévoilent ce livret et cette musique changeante comme une eau troublée ! Le seigneur de la guerre, Rodrigo Diaz de Vivar célébré dès 1207 -« El Cantar de mio Cid » puis par Lope de Vega, Guillén de Castro -« Les enfances du Cid » (1618) et notre Pierre Corneille -« Le Cid » (1637), serait-il donc si subversif qu'il faille le dénigrer préventivement ?

Le « Pré aux clercs », musique ravissante et mise en scène vieux jeu à l'Opéra Comique

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Un siècle et demi après sa création, la musique de Ferdinand Hérold continue de charmer,  de surprendre et même de captiver. Que les contemporains n'aient pas tari de louanges et déploré la mort prématurée du musicien -dont le Zampa avait déjà été programmé il y a quelques années sur cette même scène de Favart, est une chose; que le spectateur du XXIe siècle soit  encore sensible à son pouvoir de séduction en est une autre.

Un Tancredi d’exception à Lausanne

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Pour la première fois dans son histoire, l’Opéra de Lausanne affiche la première opera seria Rossini, Tancredi. Plutôt que de nous immerger dans la Sicile du XIe siècle, la mise en scène d’Emilio Sagi, les décors de Daniel Bianco, les costumes de Pepa Ojanguren nous transportent au début du Risorgimento  dans une salle de palais à grandes baies vitrées, comme si l’on allait être  reçu par le Prince Salina dans Le Guépard selon Luchino Visconti.

A chef-d'oeuvre immortel, baryton immortel

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Leo Nucci, un des plus talenteux si ce n'est le plus talentueux Rigoletto de notre époque © Jacky Croisier

Rigoletto à l'ORW
Leo Nucci ! Avec un atout pareil, la salle de l'Opéra Royal de Wallonie se devait d'être comble ! Elle l'était. Né en 1942, l'illustre baryton aurait chanté le rôle de Rigoletto plus de 500 fois ! Mythe ou vérité, il a incarné le bossu à Liège avec une maîtrise souveraine, qui a déchaîné l'enthousiasme du public.

Un Faust magnifique desservi par la vulgarité de la mise en scène

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© Vincent PONTET / Opéra de Paris

Le chef-d’œuvre cher à Hergé envoûte à nouveau Paris. D'autant mieux que sur son nuage de bonheur, tel un Jupiter bienveillant, Michel Plasson dispense une fois encore les trésors de son art. Il ne laisse aucun détail orchestral, aucune nuance dans l'ombre, se plaisant à faire savourer chaque contraste, chaque plan sonore, chaque trouvaille musicale.

Le Porgy and Bess du Harlem Theatre triomphe à Genève

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© GTG/Carol Parodi

Le Grand-Théâtre de Genève reçoit la troupe du Harlem Theatre de New York pour douze représentations de Porgy and Bess de George Gershwin. Et la production remporte ici un succès au-delà de toute espérance. Car un véritable esprit de compagnie galvanise le plateau en gommant les individualités pour ne mettre en exergue que le pouvoir de communication de cette œuvre atypique.

Création scénique belge d'un opéra de Philip Glass

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© Annemie Augustijns

Akhnaten de Philip Glass
C'est à un bel événement qu'Opera Vlaanderen conviait le public belge : la création in loco du troisième opéra de Philip Glass. Après Einstein on the Beach (1976), et Satyagraha (1980), le compositeur parfait sa trilogie lyrique avec Akhnaten, créé en 1984. Il a depuis lors poursuivi sa veine dramatique : avec une quinzaine d'opéras à son catalogue, il est certainement l'un des plus prolifiques pourvoyeurs contemporains du genre (qui a dit que l'opéra était mort ?).

Retour triomphal de Andrea Chenier au Covent Garden

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© ROH 20015 - Bill Cooper

Depuis 1985 le poète français André Chénier, guillotiné le 25 juillet 1794, n’avait plus chanté l’amour sur la scène du Royal Opera de Londres. Jonas Kaufmann, sans doute le ténor le plus médiatisé du moment, y a pris la relève de José Carreras et Placido Domingo dans une nouvelle production, signée David McVicar sous la baguette de Antonio Pappano.

Bryn Terfel, Hollandais humain et imposant

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Bryn Terfel (le Hollandais) et Adrianne Pieczonka (Senta) © ROH 2015 - Clive Barda

Pas d’entr' acte ni rédemption dans la version du Fliegende Holländer que le Royal Opera propose,  dans une reprise de la production de 2009 de Tim Albery, avec à nouveau le superbe baryton gallois Bryn Terfel dans le rôle-titre. Son Hollandais est un être humain tourmenté, pas un personnage mythique ou diabolique.