Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

A la Scala, un Casse-Noisette selon Balanchine

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En ouverture de sa saison 2018-2019, le Corps de ballet du Teatro alla Scala et son directeur, le niçois Frédéric Olivieri, se parent de couleurs festives en assumant la première représentation italienne d’un Casse-Noisette que George Balanchine avait conçu en 1954 pour le New York City Ballet et que, selon une tradition immuable, la compagnie reprend chaque mois de décembre depuis sa création. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de voir quatre fois la production originale au New York State Theatre sis au Lincoln Center. Et c’est donc avec une extrême curiosité que j’attendais cette présentation milanaise.

Silvia Tro Santafé et Julian Reynolds dans un récital 100% espagnol à La Monnaie

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SILVIA DRO MARIO ROJAS 10-12-08

Nous retrouvions hier soir sur la scène de la Monnaie la mezzo-soprano Silvia Tro Santafé dans un récital de musique espagnole, accompagnée au piano par son mari, le pianiste et chef d’orchestre Julian Reynolds.

Les deux artistes ont débuté leur récital par les Tonadillas d’Enrique Granados, très courtes pièces inspirées de l’oeuvre du peintre Francisco Goya, suivies de quatre chansons espagnoles du compositeur Joaquin Turina. Petite déception pour ce début de récital avec un démarrage un peu difficile et des artistes pas tout à fait en phase. Il faut dire qu’il n’était pas non plus évident de rester concentré, car il y eut, entre chaque pièce, des applaudissements de fans « audiblement » présents dans la salle.

Michel Fourgon, compositeur sur les traces de Goethe

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Dans le cadre de son prochain festival Storytelling, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège et son chef, Christian Arming, ont notamment mis à l’affiche la création du dernier opus en date du compositeur belge Michel Fourgon, Goethes Fragmente. L’occasion est belle de faire plus ample connaissance avec un compositeur qui bénéficie d’une excellente réputation mais qui n’est sans doute pas (encore) assez connu du grand public.

Lorsqu’on parcourt le catalogue de vos œuvres, un élément apparaît avec force, c’est la présence répétée de la voix, et cela sous toutes ses formes, de la mélodie à l’opéra. Est-ce bien le reflet d’une volonté, d’un goût particulier de votre part ?

Il est incontestable que la voix résonne en moi de manière très particulière. Le recours à la vocalité m’apparaît très souvent comme une évidence, comme un moyen privilégié de transmettre quelque chose de fort, de profond. C’est sans doute d’abord une conséquence de mon éducation. J’ai eu la chance de grandir au sein d’une famille de musiciens pour qui la pratique vocale, et notamment des chants populaires, était quotidienne. J’ai adoré chanter moi-même, déjà enfant puis en tant que membre de divers ensembles vocaux.

Lausanne redécouvre Mam’Zelle Nitouche

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Pour le grand public d’aujourd’hui, qui est Hervé, alias Louis-Auguste-Florimond Ronger né à Houdain le 30 juin 1825 et mort à Paris le 3 novembre 1892 ? Pourquoi est-il considéré comme le père de l’opérette, titre que pourrait lui disputer son rival et ami Jacques Offenbach ? Cette assertion est en fait légitime puisque, durant les cinquante-cinq années qui s’écoulent entre L’Ours et le Pacha donné à Bicêtre en 1842 et Le Cabinet Piperlin joué à l’Athénée le 17 septembre 1897, le musicien a produit plus de 120 ouvrages légers en s’illustrant particulièrement dans un genre, le vaudeville-opérette. Créé triomphalement au Théâtre des Variétés le 24 janvier 1885, Mam’Zelle Nitouche en est le dernier fleuron important ; car il constitue pratiquement un véritable testament musical.

Le Prokofiev de Valery Gergiev

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Dans le cadre de sa série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia organise, au cours de chaque saison, une série de concerts exceptionnels. Et le 10 janvier, elle a invité Valery Gergiev et l’Orchestre du Théâtre Marinsky. Il y a huit mois, dans le cycle des Concerts Migros, le chef et sa formation n’avaient laissé qu’une impression mitigée dans l’exécution boursouflée de deux des symphonies de Tchaïkovski. Et là, dans un programme plus éclectique juxtaposant Debussy, Prokofiev et Richard Strauss, le résultat est singulièrement différent. Depuis une vingtaine d’années, tant au théâtre qu’au concert, Valery Gergiev tente d’internationaliser le répertoire de la formation pétersbourgeoise en le confrontant  à d’autres horizons.

L’Inconnue de la Seine et des « artistic angels »

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i c o n, steve salembier & charlotte bouckaert

L’opéra contemporain vit ! Il inspire de jeunes créateurs talentueux. Mais -excusez la comparaison- de même que les starts-up ont besoin de business angels, ces jeunes talents ont besoin qu’on leur donne les moyens -qui ne sont pas seulement financiers- de s’épanouir. Ils ont besoin d’artistic angels !

ICON : au départ, une volonté de créer à partir d’un mythe, celui d’Orphée et de son Eurydice perdue, retrouvée, emmenée et définitivement disparue. Une image s’impose, qui peut en être une déclinaison : celle du masque mortuaire de « l’Inconnue de la Seine », réalisé à la fin du XIXe siècle à partir de la figure au sourire mystérieux d’une jeune femme tout aussi mystérieuse noyée dans la Seine. Un masque fascinant, qui a fasciné artistes et écrivains. Sabryna Pierre, la librettiste, et Frederick Neyrinck, le compositeur, lui ont redonné vie d’aujourd’hui. L’Atelier Baldraum (Charlotte Bouckaert et Steve Salembier) l’a installée dans un univers scénique qui à la fois la ressuscite et en fait un être d’interpellation quant au temps, à la vie, à la mort, à la beauté, au souvenir, aux traces laissées, aux illusions quant à celles-ci, au fleuve et au ciel… Un être d’évocation aussi dans la magnifique partie centrale de la représentation, focalisée sur « la noyée dans le bleu de la nuit/dans l’eau du rêve/à la dérive ».

Casse-Noisette par le Ballet de l’Opéra de Kiev

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Pour la première fois à Paris depuis sa dernière tournée en 1964 (cela fait 54 ans !), le Ballet de l’Opéra National de Kiev, également appelé l’Opéra National d’Ukraine, présente au Théâtre des Champs-Elysées l’un de ses spectacles phares : Casse-noisette de Tchaïkovski.

L’Opéra de Kiev, qui a fêté ses 150 ans, fut conçu en 1867 avec un ballet qui y était attaché. Une modeste troupe régionale au débuit, mais elle s’est progressivement professionnalisée pour devenir ce qu’on connaît aujourd’hui.

Quant à la troupe du ballet, c’est au début du XXe siècle qu’elle s’est réellement développée, en s’inspirant des danses occidentales et grâce à des figures de la danse ukrainienne, à l’image de Mikhail Mordkin (1880-1944), soliste des Ballets Russes.

Han Bin Yoon, directeur artistique du Brussels Cello Festival

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Le violoncelliste américano-coréen Han Bin Yoon est le directeur artistique du Brussels Cello Festival, dont la première édition a eu lieu en octobre 2018. Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP, s’est entretenu avec lui au sujet de son festival et ses prochaines éditions.

La première édition du Brussels Cello Festival s’est clôturée il y a 2 mois. Quelles conclusions tirez-vous de cette expérience -à quel point fut-ce un succès ?

Le succès de cette première édition du Brussels Cello Festival a dépassé toutes nos attentes ! Chaque soir, les salles étaient pleines d’un public enthousiaste. Après la ferveur suscitée par la 1ère édition consacrée au violoncelle du Concours Musical International Reine Elisabeth (CMIREB), il était clair que le public belge ne devrait pas attendre 4 longues années avant de revivre une telle « communion » musicale autour de cet instrument merveilleux. Nombreux sont ceux qui considèrent d’ailleurs déjà la création de notre festival comme un événement marquant dans l’histoire musicale belge. Les liens d’amitié qui se sont noués entre tous les violoncellistes au cours du festival m’ont confirmé son caractère unique et c’est un organisme qui doit grandir au cours des prochaines années. Nous sommes déjà en train d’organiser l’édition 2020 et nous nous en réjouissons !

Une CENDRILLON à vous faire rêver

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Tandis que l’Orchestre Pasdeloup, remarquablement dirigé par le chef estonien Vello Pähn, nimbe d’une indicible tristesse l’Andante dolce qui sert d’introduction à Cendrillon, le ballet en trois actes que Sergey Prokofiev élabora entre 1940 et 1944, le spectateur découvre le décor habile de Petrika Ionesco consistant en une véranda délabrée avec quelques tabourets et une mauvaise copie de la Statue de la Liberté, jouxtant une imposante cheminée dont le rebord comporte nombre de pendules. Fichu grisâtre noué sur ses cheveux, revêtant des hardes usagées sous tablier à rayures selon les dessins d’Hanae Mori, la pauvre Cendrillon «rêve de robe blanche teintée d’un peu de rose… légèrement argentée, en ne songeant qu’à une chose : devenir une star ». C’est ce que déclarait, en octobre 1986, Rudolf Nureyev, à propos de sa conception chorégraphique.

Toon Fret, flûtiste sans frontières

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Professeur au Conservatoire Royal de Liège et membre fondateur des ensembles Het Collectief et Oxalys, Toon Fret est un musicien qui aime sortir des sentiers battus. À l’occasion de la parution de son nouveau disque “Origins” chez Fuga Libera, son troisième avec la pianiste Veronika Iltchenko, il répond aux questions de Crescendo-Magazine  

Votre nouveau disque se nomme “Origins”. Pouvez-vous nous en expliquer le concept ?

Il s’agissait de retrouver un ADN plus “naturel”, une sorte de goût du terroir en musique  après deux précédents albums centrés sur la musique de la “Belle époque” avec des partitions plus orientées vers le salon que vers la nature. Dans cet album nous mêlons différents types de musiques plutôt purement folkloriques comme avec Bartók ou Amirov à des oeuvres plus “savantes” comme la Sonate pour flûte et piano d’Erwin Schulhoff. Cette dernière reprend des techniques de collage des années folles à Berlin mais elle est inspirée de différentes chansons populaires que le compositeur avait entendues pendant son enfance à Prague. C’est une partition que je voulais absolument faire découvrir.