Daphnis et Alcimadure, l’opéra baroque occitan de Cassanéa de Mondonville

par

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772) : Daphnis et Alcimadure, pastorale languedocienne en trois actes et un prologue. Élodie Fonnard (Alcimadure), François-Nicolas Geslot (Daphnis), Fabien Hyon (Jeanet), Hélène Le Corre (Clémence Isaure, prologue) ; Chœur de chambre Les Éléments ; Les Passions - Orchestre baroque de Montauban, direction Jean-Marc Andrieu. 2022. Notice en français. Texte complet du livret en languedocien avec traduction française. 126’00’’. Un coffret de deux CD Ligia LIDI 0302354-23. 

A Paris, le Ballet de l’Opéra rend hommage à Rudolf Noureev et Jiří Kylián

par


Pour la période des fêtes, le Ballet de l’Opéra de Paris a proposé deux productions, Casse-Noisette à l’Opéra Bastille et une soirée Jiří Kylián, au Palais Garnier.

Sur la première scène est reprise la production de Casse-Noisette que Rudolf Noureev avait conçue en décembre 1985 pour le Ballet de l’Opéra en sollicitant le concours de Nicholas Georgiadis pour les décors et les costumes. Par rapport à sa première version présentée à l’Opéra Royal de Stockholm en novembre 1967, il transpose l’action dans un salon de la grande bourgeoisie des années 1900, époque où Freud publiait La Science des rêves. L’onirisme y tient donc une place prépondérante. La jeune Clara, fiévreuse, éprouve les troubles de l’adolescence et les premiers émois amoureux. Le monde qui l’entoure a un aspect sordide, à commencer par la rue qui longe la demeure de la famille Stahlbaum avec cette pauvresse se chauffant à un brasero de fortune et ce miséreux joueur d’orgue de Barbarie que bousculent cinq ou six loubards agressant les invités au réveillon. Ce réalisme noir concorde avec la fantasmagorie imaginée par E.T.A. Hoffmann et adaptée par Alexandre Dumas. Dans son cauchemar, Clara voit ses parents et leurs amis métamorphosés en de monstrueuses chauves-souris à visage humain qui refusent de croire à ses rêves. Drosselmeyer, le parrain si étrange, n’offre pas, en guise de cadeau, des automates, mais préfère déguiser les trois enfants de la maison, Clara, Luisa et Fritz, en poupées articulées. Durant la nuit, qu’y a-t-il d’étonnant à ce que les souris deviennent d’énormes rats hideux et que les soldats de plomb se forment en bataillon pour livrer combat ou que le petit hussard casse-noisette cède la place à Drosselmeyer changé en Prince pour s’attaquer à la stature démesurée du Roi des souris ? Au lieu de situer le second acte en un lieu féérique, la ‘Valse des flocons de neige’ se déroule dans un parc aux allées bordées de statues amenant à une sobre salle de bal où les membres de la famille Stahlbaum prennent part à chacun des divertissements. Dans cette relecture, Rudolf Noureev supprime la ‘Danse des mirlitons’ et l’apparition de la Mère Gigogne ainsi qu’une partie de l’Apothéose pour conclure par l’image de Clara éveillée sur le seuil de sa maison, recherchant son parrain qui a disparu dans la neige. 

Étonnant couplage orchestral en hommage à Martyn Brabbins et à Jaakko Kuusisto

par

Dai Fujikura (°1977), David Sawer (°1961), Sally Beamish (°1956), Colin Matthews (°1946), Iris ter Schiphorst (°1956), Brett Dean (°1961), Wim Henderickx (1962-2022), Richard Blackford (°1954), Harrison Birtwistle (1932-2022), Judith Weir (°1954), Gavin Bryars (°1943), Kalevi Aho (°1949), Anthony Payne (1936-2021) et John Pickard (°1963) : Pictured Within : Birthday Variations for M.C.B., thème et 14 variations pour orchestre. Jaakko Kuusisto (1974-2022) : Symphonie op. 39. BBC Scottish Symphony Orchestra, direction Martyn Brabbins ; Helsinki Philharmonic Orchestra, direction Pekka Kuusisto. 2019 et 2022. Notice en anglais, en allemand et en français. 66’ 32’’. SACD BIS-2747.  

Stanisław Skrowaczewski et Beethoven 

par

Ludwig van Beethoven : ouvertures et musiques de scène tirées de : König Stephan, Leonore Prohaska, Die Weihe des Hauses, Coriolan, Egmont, Die Geschöpfe des Prometheus, Zur Namensfeier, Meeresstille und glückliche Fahrt, TarpejaGratulations-Menuett,WoO 3. Phyllis Bryn-Johnson, soprano ; Bach Society of Minnesota, Minnesota Orchestra, direction :   Stanisław Skrowaczewski. 1980. Livret en anglais. 74’10’’. Vox NX 3026CD

Portrait polonais de Stanisław Skrowaczewski

par

Skrowaczewski A Centennial Tribute. Stanisław Skrowaczewski (1923-2017) : Preludium, Fuga i postludium ; Arthur Honegger (1892-1955) : Symphonie n°2 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem en Ré mineur, K.626 ; Ennio Porrino (1910-1959) : Sardaigne, poème symphonique ; Goffredo Petrassi (1904-2003) : Concerto pour orchestre ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°3 “Héroïque” en mi bémol majeur. Stefania Woytowicz, soprano ; Krystyna Szczepańska, mezzo-soprano ; Bogdan Paprocki, ténor ; Witold Pilewski, basse. Warsaw Philharmonic Orchestra and Choir,  direction : Stanisław Skrowaczewski. 1956. Livret en anglais et en polonais. 3 CD FN06 / ACD 266. 

A Lausanne, un étourdissant Orphée aux enfers

par

Pour les fêtes de fin d’année, l’Opéra de Lausanne propose Orphée aux enfers dans la seconde version que Jacques Offenbach présenta au Théâtre de la Gaieté le 7 février 1874 en la désignant comme opéra-féerie en 4 actes et 12 tableaux et incluant une ouverture.

En collaboration avec le Grand Théâtre de Tours et le Capitole de Toulouse, Eric Vigié en commande une nouvelle production à Olivier Py qui s’en donne à coeur joie en demandant à Pierre-André Weitz un décor simple consistant en un double mur de loges à trois étages entourant une scène et d’extravagants costumes se mêlant aux crinolines et uniformes militaires du Second Empire. Sous d’habiles jeux de lumières conçus par Bertrand Killy, l’action endiablée vous tient continuellement en haleine avec cet Orphée en jaquette noire et perruque blonde obligeant sa mégère de femme à écouter son nouveau concerto interminable qu’elle tente d’interrompre en dérobant le lutrin et en s’emparant du violon qu’elle finit par casser avant de rejoindre son tendre Aristée en salopette de plombier au milieu des blés où la morsure d’un serpent lui ravira la vie. Un squelette en moto déroule une copie du Jardin des Délices de Hieronymus Bosch devant laquelle Aristée se transformera en Pluton, queue de pie et haut de forme, entraînant la mortelle aux enfers, au grand dam de l’Opinion publique, virago en imperméable, réprouvant cet outrage à la morale établie. Orphée est contraint de quitter sa classe de violonistes en herbe et son chœur d’enfants afin de retrouver son épouse dans l’au-delà. Mais dans les sphères éthérées de l’Olympe, l’on s’ennuie fermement à savourer l’ambroisie sous le regard courroucé de ce Jupiter/Napoléon III qui s’emploie à mater la révolte de ses ingrats sujets arborant cocarde et drapeau tricolore, tout en tolérant leur raillerie sur ses métamorphoses passées que voudrait balayer rageusement sa Junon/Eugénie d’épouse. De la plus haute cocasserie, le boudoir de Pluton où Jupiter, transformé en bourdon par les bons soins d’un Cupidon déjanté,  se trouve suspendu dans les airs pour happer cette Eurydice qu’il veut dérober à son frère. Les bouches de l’Enfer laissent couler à flots le vin des bacchanales incitant  les damnés à danser le menuet ou à se livrer au cancan le plus… infernal dans une chorégraphie émoustillante d’Ivo Bauchiero, tandis que dans la fosse, le Sinfonietta de Lausanne pétille sous la baguette d’Arie van Beek qui se soucie d’équilibrer au mieux son plateau en évitant les décalages.

La musique bien en cour à Bonn 

par

Edition Hofkapelle 2. Court Concert. Anton Reicha (1770-1836) : Grande ouverture en Ré majeur ; Andreas Romberg (1767-1821) : Concerto pour violon n°8 en mi bémol majeur ; Paul Wineberger (1758-1821) : Symphonie en ré majeur. Mikhail Ovrutsky, violon ; Beethoven Orchester Bonn, direction : Dirk Kaftan. 2021 et 2023. Livret en anglais, allemand et français. 68’15’’. MDG 938 2261-5.