Deux récentes lectures d’archet de L’Art de la Fugue, pour quatuor et quatuor augmenté

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Die Kunst der Fuge BWV 1080. Les Récréations. Matthieu Camilleri, violon, violon piccolo, alto. Sandrine Dupé, violon, alto. Clara Mühlethaler, alto, violon. Julien Hainsworth, violoncelle piccolo. Keiko Gomi, violoncelle. Livret en anglais, français, allemand. Septembre 2022. TT 73’31. Ricercar RIC 453

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Die Kunst der Fuge BWV 1080. Vor deinen Thron tret’ ich hiermit, choral BWV 668. Cuarteto Casals. Abel Tomàs Realp, Vera Martinez Mehner, violon. Jonathan Brown, alto. Arnau Tomàs Realp, violoncelle. Livret en français, anglais, allemand. Mars 2022. TT 68’15. Harmonia Mundi HMM 902717

Haydn en fratrie avec Enrico Onofri

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Joseph & Michael Haydn “Miracles Brothers”. Michael Haydn (1737-1806) : Symphonie n°39 en Ut majeur ; Der büßende Sünder (ouverture) ; Joseph Haydn (1732-1809) : Philemon und Baucis (Prélude), Symphonie n°96 “Miracle” en Ré majeur. Österreichisch-Ungarische Haydn Philharmonie, direction : Enrico Onofri. 2023. Livret en allemand, anglais et français. 50’39’’. MDG 901 2292-6. 

Rachmaninov à l’honneur à la Philharmonie du Luxembourg

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Ce samedi 28 octobre a lieu le deuxième concert du Philhadelphia Orchestra à la Philharmonie de Luxembourg. La phalange américaine est placée sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, directeur musical de cet orchestre depuis plus de 10 ans maintenant. En soliste, nous retrouvons un des pianistes les plus acclamés de sa génération, Daniil Trifonov. Tout comme pour le concert de la veille, cette soirée met la musique de Sergei Rachmaninov à l’honneur avec son concerto le moins connu, le Concerto pour piano et orchestre N°4 en sol mineur Op. 40, ainsi que sa célèbre Symphonie N° 2 en mi mineur Op. 27.

La soirée débute donc avec le Concerto pour piano et orchestre N°4. Ce concerto, commencé en Russie avant la révolution d’Octobre et terminé aux États-Unis en 1926 (avant d’être révisé en 1928 et 1941), est plus que probablement le moins connu de Rachmaninov. La création a eu lieu le 18 mars 1927 par le Philadelphia Orchestra sous la direction de Leopold Stokowski avec Rachmaninov en soliste. Les critiques à la première de cette œuvre étaient acerbes,et cependant, ce concerto est loin d’être inintéressant. Dès les premières mesures, nous sommes emportés par le tourbillon de l’orchestre avant de retrouver pied avec l’arrivée du piano. Cet Allegro Vivace permet de montrer la virtuosité du soliste. Il faut cependant attendre le tout premier grand tutti pour voir Daniil Trifonov se lâcher complètement. Le Largo est un moment de quiétude. Trifonov use d’un jeu délicat et musical qui a le don de capter toute l’attention de l’audience. Le troisième mouvement s’enchaine attaca au deuxième. Cette partie de l’œuvre est mouvementée, bien que d’un point de vue compositionnel, le flux de l’énergie ne soit pas  totalement continu. On peut tout de même percevoir un sens du rythme et des dynamiques probablement redevables à Prokofiev. Aussi bien le pianiste que l’orchestre sont très précis dans leur jeu malgré la difficulté de la mise en place de cette œuvre. Notons tout de même un petit moment de flottement de quelques mesures au début du troisième mouvement au niveau de la percussion et des contretemps mais cela s’est vite remis en place. Trifonov termine de nous séduire avec l’interprétation inspirée de ce dernier mouvement. Yannick Nézet-Séguin prête une attention particulière au soliste. L’orchestre est donc très précis dans toutes ses interventions et est parfaitement en place avec le pianiste. Ils accompagnent merveilleusement le soliste sans prendre trop de place, ce qui lui laisse la possibilité de faire montre de ses idées musicales et de sa maîtrise de l’œuvre. Dès la fin du concerto, le public acclame longuement cette prestation. En bis, Daniil Trifonov interprète sous l’œil bienveillant de Yannick Nézet-Séguin, assis sur son podium à côté du pianiste, une transcription de la Vocalise Op. 34 N°14 de Rachmaninov. Ce moment musical suspendu clôture de la plus belle des manières cette première partie.

La Finlande, une terre d’Ouvertures

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Overtures from Finland. Jean Sibelius (1865-1957), Uuno Klami (1900-1961), Erkki Melartin (1875-1937), Leevi Madetoja (1887-1947), Armas Järnefelt (1869-1958), Ernst Mielck (1878-1899), Selim Palmgren (1878-1951), Robert Kajanus (1856-1933), Heino Kaski (1885-1957). Oulu Sinfonia, direction Rumon Gamba. 2022. Notice en anglais, en allemand et en français. 71’ 32’’. Chandos CHSA 5336. 

Philippe Jaroussky : des airs inédits, qui sont aussi un hommage à Métastase

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Forgotten Arias. Andrea Bernasconi (c. 1706-1784) ; Christoph Willibald Gluck (1714-1787) ; Niccolò Piccinni (1728-1800) ; Giovanni Battista Ferrandini (c. 1710-1791) ; Tommaso Traetta (1727-1779) ; Michelangelo Valentini (1720-1768) ; Johann Adolph Hasse (1699-1783) ; Johann Christian Bach (1735-1782) ; Niccolò Jommelli (1714-1774). Phlippe Jaroussky ; Le Concert de la Loge, direction Julien Chauvin. 2022. Notice en français, en anglais et en allemand. Textes des airs en langue originale, avec traductions en trois langues. 76’ 55’’. Erato 5054197633881.

Un ferment baroque du quatuor à cordes classique, avec l’Ensemble Diderot

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Johann Gottlieb Goldberg (1727-1756) : Sonate en ut mineur DürG 14. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Sonate en la mineur TWV 43:a5. George Frideric Handel (1765-1759) : Sonate en sol majeur Op. 5 no 4 HWV 399. Johann Friedrich Fasch (1688-1758) : Sonate en ré mineur FaWV N:d3. Johann Gottlieb Janitsch (1708-1762) : Quadro en ré majeur. Ensemble Diderot. Johannes Pramsohler, Roldan Bernabé, violon. Alexandre Baldo, alto. Gulrim Choï, violoncelle. Philippe Grisvard, clavecin. Décembre 2021. Livret en anglais, français, allemand, japonais. TT 55’45. Audax ADX 11201

Éblouissant florilège de grands chefs d’orchestre chez Decca

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Galerie de chefs d’orchestre DECCA. Ernest Ansermet (1883-1969), Eduard van Beinum (1900-1959), Anthony Bernard (1891-1963), Leo Blech (1871-1958), Sergiu Celibidache (1912-1996), Albert Coates (1882-1953), Piero Coppola (1888-1971), Roger Désormière (1898-1963), Georges Enesco (1881-1955), Grzegorz Fitelberg (1879-1953), Wilhelm Furtwängler (1886-1954), Hamilton Harty (1879-1941), Paul van Kempen (1893-1955), Erich Kleiber (1890-1956), Hans Knappertsbusch (1888-1965), Clemens Krauss (1893-1954), Jean Martinon (1910-1976), Willem Mengelberg (1871-1951), Victor de Sabata (1892-1967), Malcolm Sargent (1895-1967), William Walton (1902-1983), Henry Wood (1869-1944), Carlo Zecchi (1903-1984). Édition 2023. Livret en anglais. 1 coffret 21 CD Decca « Eloquence » 4842117.

À Dijon, Musique en ville propose une randonnée citadine de musique baroque

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L’ensemble Les Traversées baroques a initié « Musique en ville » en 2011, un mini-festival en une journée dans des lieux de patrimoine dans la partie historique de Dijon. Pour cette 12e édition, nous avons assisté à trois concerts de l’après-midi.

Le chœur polonais Angelus Cantat

À 14 heures à l’église Saint-Pierre, le chœur polonais Angelus Cantat et son chef Tadeusz Eckert, venus spécialement d’Opole, proposent un programme allant de traditionnels de leur pays jusqu’à des arrangements de pop-variété. Pour ce concert sans entracte, une première partie est essentiellement consacrée à des œuvres polonaises du XIXe et du XXe siècle, commençant par une procession sur Dum Pater familias (Codex Calixinus). Puis, des chants en latin et en polonais, souvent liturgiques, se succèdent dans une ambiance solennelle. Peut-être à cause du jeune âge des chanteurs mais aussi très probablement de leur langue d’origine (le polonais), dans leur interprétation, la résonance « rentrée » des voyelles revenait souvent. En effet, si leurs voyelles étaient plus ouvertes, des pièces comme Jubilate Deo de Józef Świder ou Exultate Deo de Domenico Scarlatti auraient sonné avec beaucoup plus de magnificence. La deuxième partie est plus détendue. Quelques mises en mouvement avec des accessoires égayent l’atmosphère : lunettes de soleil, foulards colorés, coiffes de fleurs… Des cris, des imitations d’animaux et d’oiseaux ainsi que des sons de percussions ponctuent certains chants, suscitant une hilarité dans l’auditoire. Rejoint pour quelques pièces par le chœur de la maîtrise de Dijon, le concert remporte un franc succès et se termine avec des échanges de cadeaux amicaux.

A Genève, un clinquant Orchestre de Birmingham

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Au cours de chaque saison, le Service Culturel Migros patronne une série de concerts symphoniques qui sont présentés dans plusieurs villes de Suisse mais qui, parfois aussi, ne sont réservés qu’à une seule cité. Pour ouvrir les feux en cette fin octobre, il invite le City of Birmingham Symphony Orchestra qui se produit à Zürich, Berne, Genève et Lucerne sous la direction du chef nippon Kazuki Yamada devenu son directeur musical attitré depuis le printemps dernier.

Le programme proposé au Victoria Hall de Genève le 25 octobre commence par la Première Symphonie en ré majeur op.25 dite ‘Classique’ de Sergey Prokofiev. A la tête d’une énorme phalange incluant notamment 24 violons, 8 alti, 8 violoncelles et 4 contrebasses, Kazuki Yamada recourt à un tempo modéré pour l’Allegro initial qu’il veut délibérément rutilant en gommant la connotation chambriste se rattachant à l’esprit des symphonies de Haydn. Il joue des contrastes d’éclairage pour faire ressortir les timbres et chanter les premiers violons dans le Larghetto. Mais la Gavotte devient lourdingue par la débauche de coloris trop gras que le Presto tentera d’affiner avec de cinglants traits en fusée qui annihilent une fois de plus la référence ‘classique’ attachée à cette œuvre brève. 

Aurait dû intervenir ensuite le pianiste turc Fazil Say qui a ouvertement pris position contre l’attaque du Hamas tout en critiquant la politique du premier ministre israélien Netanyahou, ce que la direction de Migros a jugé indéfendable. Il est donc remplacé en dernière minute par Louis Schwizgebel-Wang, pianiste genevois de trente-cinq ans qui a été deuxième prix du Concours de Genève en 2005 puis premier prix des Young Artists Concerts à New York en 2007, ce qui lui a valu de jouer à Carnegie Hall en novembre de la même année.