Pages orchestrales estoniennes de notre temps avec Paavo Järvi

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Estonian Premieres. Tõnu Kõrvits (°1969) : To the Moonlight. Ülo Krigul (°1978) : Chordae ; The Bow. Helena Tulve (°1972) : L’Ombre derrière toi. Tauno Aints (°1975) : Ouverture Estonia. Lepo Sumera (1950-2000) : Olympic Music I. Estonian Festival Orchestra, direction Paavo Järvi. 2012/13/1420/21. Notice en anglais, en français et en allemand. 58.35. Alpha 863.

Orgue et trombones autour du Sauer de la salle de concert « Die Glocke » de Brême

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Sauer-Organ Glocke Bremen Vol 2. Franz Liszt (1811-1886) : Aria Cujus Animam d’après le Stabat Mater de Rossini. Arno Hansen (1894-1950) : Quartett IV ; Opernmelodien Grosses Potpourri nr. 2. Richard Eckhold (fl 1871-1903) : Adagio. Friedrich August Belcke (1795-1874) : Fantasia über ein Motiv aus Der Ostermorgen ; Fantasia op. 58. Gustav Adolf Merkel (1827-1885) : Arioso. Max Reger (1873-1916) : Romanze. August Hänsel (fl 1832-1860) : Recitativo & Adagio. Max Peters (1849-1927) : Elegie op. 9. Paul Weschke (1867-1940) : Marcia. Glossarte. Lea Suter, orgue. Juan Gonzalez Martinez, trombone. Franz Kuhn Trombone Quartet. Livret en anglais, allemand. Juillet-août 2021. TT 63’50. SACD MDG 951 2253-6

L’Eden déroutant, mais si investi, de Joyce Di Donato

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Eden. Charles Ives (1874-1954) : The Unanswered Question. Rachel Portman (°1960) : The First Morning of the World. Airs et Lieder de Gustav Mahler (1860-1911), Biagio Marini (1594-1663), Josef Mysliveček (1737-1781), Aaron Copland (1900-1990), Francesco Cavalli (1602-1676), George Frideric Handel (1685-1759) et Richard Wagner (1813-1883). Extraits orchestraux de Giovanni Valentini (c. 1582-1649) et Christoph Willibald Gluck (1714-1787). Joyce Di Donato, mezzo-soprano ; Il Pomo d’oro, direction Maxim Emelyanychev. 2021. Notice en anglais, en français et en allemand. Textes dans leur langue originale, sans traduction. 68.29. Erato 0190296465154.

A Genève, un ténor et un chef pour La Juive  

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Depuis la saison 1926-1927, donc depuis près d’un siècle, le Grand-Théâtre de Genève n’a pas remis à l’affiche La Juive, le chef-d’œuvre de Fromental Halévy créé à l’Opéra  de Paris (Salle Le Peletier)  le 23 février 1835 avec le célèbre ténor Adolphe Nourrit dans le rôle d’Eléazar. Dernière incarnation d’Enrico Caruso au Met le 24 décembre 1920, il fut ensuite l’apanage de Richard Tucker qui le campa à New Orleans et à Barcelone au début des années septante, avant de passer aux mains de Neil Schicoff qui le personnifia à la Staatsoper de Vienne en mai 2003, à la Fenice de Venise en novembre 2005 puis à l’Opéra Bastille en février 2007.

Pour l’ouverture de saison genevoise, le directeur du Grand-Théâtre, Aviel Cahn, a  la judicieuse idée de faire appel au ténor américain John Osborn que l’on a beaucoup applaudi ici sous les traits d’Arnold de Guillaume Tell, Faust et Raoul de Nangis des Huguenots. Pour la première fois dans sa carrière, il aborde le rôle écrasant de l’orfèvre Eléazar en s’y jetant à corps perdu pour en dégager l’autorité sans compromission et l’inébranlable attache à sa foi juive. Sa parfaite diction française sait donner à chaque mot son juste poids en un art du phrasé magistral. La clarté de l’intonation rend émouvante la prière de l’acte II, « Ô Dieu, Dieu de nos pères », alors que son fameux air du quatrième acte, « Rachel, quand du Seigneur, la grâce tutélaire » le pousse jusqu’aux extrêmes limites de la voix en une intensité presque insoutenable. Il a face à lui la soprano arménienne Ruzan Mantashyan qui, elle aussi, s’empare du rôle de Rachel dont elle restitue l’apparente retenue modeste, avant d’oser proclamer la sordide trahison de son amant, le Prince impérial Léopold, quitte à le payer de sa vie. En tessiture médiane où se situe la romance de l’acte II, « Il va venir », sa diction est intelligible, ce qui n’est plus le cas dans l’aigu, souvent strident, où la tension  dramatique prend le dessus.

Le Tour d’écrou de Benjamin Britten à la Monnaie : un huis clos oppressant

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Benjamin Britten (1913-1976) : The Turn of the Screw, opéra en un prologue et deux actes, op. 54. Sally Matthews (La Gouvernante), Julian Hubbard (Peter Quint), Carole Wilson (Mrs. Grose), Giselle Allen (Miss Jessel), Ed Lyon (Le Prologue), Thomas Heinen (Miles), Katharina Bierweiler (Flora) ; Orchestre de chambre de la Monnaie, direction Ben Glassberg. 2021. Notice en français, en anglais et en allemand. Livret complet en anglais, avec traduction française. 105.13. Un album de deux CD Alpha 828.

Alison Balsom, Quiet City 

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Aaron Copland (1900-1990) : Quiet City ; Leonard Bernstein (1918-1990) : Lonely Town extrait de On the Town (arrangement de Alison Balsom) ; George Gershwin (1898-1936) : Rhapsody in Blue (arrangement de Simon Wright) ; Charles Ives (1874-1954) : The Unanswered Question ; Joaquín Rodrigo (1901-1999) : Concierto de Aranjuez, “Adagio” (Arrangement de Gil Evans) ; Kurt Weill (1900-1950) : My Ship (arrangement de Gill Evans). Alison Balsom, trompette : Nicholas Daniel, cor engalis ; Tom Poster, piano ; Britten Sinfonia, Scott Stroman. 2021. Livret en anglais, français et allemand. 54’09’. Warner Classics. 0190296229916

Les Ballets russes entre la Sarre et la  Fôret noire 

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps, Petrouchka, Pulcinella, Feu d’Artifice, Le Chant du Rossignol, L’Oiseau de feu, Apollon musagète ; Claude Debussy (1862-1918) : Jeux, Prélude à l'après midi d’un faune ; Paul Dukas (1865-1935) : La Péri ; Maurice Ravel (1875-1937) : Daphnis et Chloé, La Valse ; Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé ; Françis Poulenc (1899-1963) : Les Biches ; Piotr Ilyich Tchaikovsky (1840-1893) : Suites du Lac des Cygnes et de la Belle au bois dormantManuel de Falla (1876-1946) : El Sombrero de tres picos ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Chout, Ala et Lolly ; Richard Strauss (1864-1949) : Till Eulenspiegels lustige Streiche ; George Auric (1899-1983) : Les Fâcheux, La Pastorale ; Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Shéhérazade ; Darius Milhaud (1892-1974) : Le Train Bleu ; Vincenzo Tommasini (1878-1950) : La donne di buon umore ; Henri Sauguet (1892-1974) : La Chatte. SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Sylvain Cambreling, Michael Gielen, Marcello Viotti, Yuri Ahronovitch, Hiroshi Wakasugi, Ernest Bour, Fabrice Bollon, Kirill Karabits, Christopher Hogwood, Alejo Pérez, Zoltán Peskó , Gérard Korsten ; Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern, Christoph Poppen, Robert Reimer. 1972-2012. Livret en allemand et anglais. 1 coffret de 10 SWR Musik. SWR19431CD. 

L’antique revisité au goût du jour, trois nouvelles parutions

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Minne. Bastarda Trio : Gaude (d’après Gaudeamus omnes in die Festo Agathae) ; Nigra sum (d’après Giovanni Pierluigi da Palestrina). Judith Steenbrink (1977*) : Introduction ; Orewoet ; Minne (inspirés par Hadewijch d’Anvers) ; Spiritus Sanctus (inspiré par Hildegard von Bingen). Heinrich Isaac (c1450-1517) : Te laudant (arrgmt Judith Steenbrink). Media vita (arrgmt Judith Steenbrink). Melchior Franck (c1579-1639) : Er küsse mich (arrgmt Judith Steenbrink). Bastarda Trio. Paweł Szamburski, clarinette. Michał Górczyński, clarinette contrebasse. Tomasz Pokrzywiński, violoncelle. Holland Baroque. Judith Steenbrink, Katarina Aleksić, Giorgos Samoillis, Chloe Prendergast, Andrej Kapor, Emma Williams, Anna Jane Lester, Joseph Tan, Kirsti Apajalahti, violons. Tineke Steenbrink, orgue, accordéon, harpe, harmonium. Voix, Marie van Luijk. Janvier 2022. Livret en néerlandais et anglais. TT 44’40. SACD Pentatone PTC 5187 002

Alter Ego. David Orlowsky, David Bergmüller (auteurs / arrangeurs d’après Henry Purcell, Thomas Preston, John Dowland, Giovanni Girolamo Kapsberger) : Eileen ; Napoli Sketch ; Dido’s Lament ; La Mi Re ; Flow my tears ; Zeitfaltung ; Mighty Powers ; Serendipity ; Ada ; Music for a while ; Cold Song ; Toccata Arpeggiata. David Orlowsky, clarinette. David Bergmüller, luth. Livret en allemand, anglais, français. Juin 2021. TT 46’02. Warner 0190296307935

Oriental Touch, early music meets oriental jazz. Spielleyt & FisFüz. Regina Kabis, soprano. Jutta Haaf, harpe, orgue portatif. Albrecht Haaf, flutes, chalémie, orgue portatif, piano. Annette Maye, clarinette, clarinette basse. Gürkan Balkan, oud, guitare. Murat Coşkun, percussion. Mars 2013, réédition 2022. Livret en allemand et anglais. TT 72’34. Christophorus CHE 0226-2

La sélection d’Octobre 2022 par Crescendo Magazine 

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Ce mois d’octobre nous permet de saluer les concerts du CPE Festival. Du nom du  Crédit Populaire Européen, cette structure organise, en étroite collaboration avec l'asbl MGConcerts,  une série de 20 concerts par an au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles (MIM).  L’affiche propose des artistes internationaux reconnus mais des musiciens belges et de jeunes talents passionnants. En octobre, on note des concerts du Mona Quartet dans Haydn et Debussy (dimanche 9 octobre à 12h) et un récital de la pianiste Elodie Vignon et de la contralto Sarah Laulan pour un voyage musical à travers le temps et les continents (25 octobre à 12). 

A Bruxelles, La Monnaie va régaler avec une nouvelle production de Rosenkavalier sous la direction d’Alain Altinoglu alors que Flagey se consacrera à Schubert avec un festival de 3 jours. 

Du côté des orchestres, le Belgian National Orchestra accueille Stanislav Kochanovsky à la baguette et l’exubérant Nemanja Radulovic au violon pour deux concerts à Bozar (7 et 9 octobre). Bozar sera également l'hôte d’un concert de prestige de la Philharmonie Tchèque de Prague sous la direction de Semyon Bychkov, avec Gautier Capuçon en soliste (21 octobre)   

Du côté de l’Orgue, Franck sera à la fête avec un concert à l'église des Dominicains de Bruxelles en compagnie des organistes Cindy Castillo et Bart Verheyen ainsi que de Joris Verdin à l’harmonium et de François Masset, soprano : le 15 octobre à 19h. Du côté de Liège et de la Salle philharmonique, Jean-Luc Thellin propose une journée de concerts dans le cadre du lancement de son intégrale discographique de l'œuvre pour orgue (23 octobre). 

De son côté, le festival Voix en Ville organise sa première édition en présentiel, un programme contrasté entre voix et littérature : Bruxelles du 6 au 9 octobre.  

A Gand, l’Opéra des Flandres se surpasse avec les représentations gantoises de Grandeur et Décadence de la ville de Mahagony de Kurt Weill, les reprises de Mozart Concert Arias dans la chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker et des Scènes de Faust de Schumann mises en images par Julian Rosefeldt et sous la direction de Philippe Herreweghe. 

Passons les frontières avec l’Ensemble Variances de Thierry Pécou qui sera à Paris pour un concert de lancement de son projet Le monde étincelant pour son label numérique Ohaya Records. Rendez-vous le 8 octobre au Conservatoire du XVIIe arrondissement de Paris. 

A Paris, le Théâtre des Champs Elysées nous régale de lyrique avec Iphigénie en Aulide de Christoph Willibald Gluck (7 octobre) mais surtout le  Zoroastre de Rameau (16 octobre) avec une équipe artistique en partie nationale : Jodie Devos, Reinoud Van Mechelen, Gwendoline Blondeel et  le Chœur de Chambre de Namur, sous la direction d’Alexis Kossenko. A Radio-France, l'Orchestre national accueille le géant du violon Frank Peter Zimmermann pour le concerto de Brahms avec rien moins que Philippe Jordan (6 octobre). L'ONF fera l'évènement tout au long du mois avec un concert de Cristian Măcelaru avec la soprano Fatma Saïd (13 octobre) et le retour de Riccardo Muti, l'un des chefs invités vénérés des Parisiens (20 0ctobre). 

N’oublions pas nos amis hollandais qui à Maastricht, pas très loin des frontières belges, pourront se régaler des concerts de l’International Classical Music Festival. Ces concert se dérouleront à la Sint Janskerk du 13 au 16 octobre. 

Jean-Luc Thellin, à propos de l’intégrale des oeuvres pour orgue de César Franck 

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L’organiste Jean-Luc Thellin fait l’évènement avec une intégrale des oeuvres pour orgue de César Franck enregistrée entre Liège et Bécon-Courbevoie près de Paris. Cette somme propose également des versions pour orgue de la Symphonie en ré mineur et des Variations symphoniques. A l’occasion de la sortie du coffret discographique chez BY Classique et en prélude à une série de concerts, Crescendo s’entretient avec Jean-Luc Thellin,

Que représente pour vous l'œuvre pour orgue de César Franck ? Quelles sont ses spécificités dans l’histoire de la littérature pour orgue du XIXe siècle ?   

L’œuvre de César Franck est unique dans l’histoire des répertoires d’orgue. De tout temps, on a pu observer des chocs évolutifs dans les Arts en général et dans la musique en particulier. Il faut reconnaître qu’avant les années 1840, le paysage compositionnel français de l’orgue est relativement pauvre. César Franck va, sans réellement sans rendre compte, révolutionner la pratique de l’orgue, de l’improvisation mais également de la composition. Un langage riche, harmoniquement technique et travaillé qui n’existait pas jusque là va prendre place grâce à lui.

Franck va également donner une place « orchestrale » à l’orgue de par le traitement de la densité du discours mais également par la volonté d’associer les plans sonores et les couleurs aux différents plans d’un grand orchestre, ce qui est nouveau dans le répertoire du 19e.

Est-ce qu’il y a des exigences techniques et musicales spécifiques pour rendre toutes les facettes des partitions pour orgue de César Franck ?  

La particularité des œuvres pour Grand orgue de Franck est que techniquement nous nous trouvons dans un contexte « d’anti-virtuosité ». Franck a radicalement contrasté son approche entre ses œuvres pour piano qui restent très virtuoses et son œuvre pour orgue qui va à l’opposé de cette virtuosité pour tirer vers une intériorité quasi omniprésente. Les exigences techniques seront à mon sens basées ici autour de la technique du legato, de la recherche du souffle dans la phrase et surtout de la technique de gestion et maîtrise de la boîte expressive qui joue un rôle primordial chez César Franck.