A Genève, une Poppea bien malheureuse

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A la fin octobre 2019, le Grand-Théâtre de Genève avait accueilli la production de L’Orfeo de Claudio Monteverdi que présentait la Iván Fischer Opera Company dans une esthétique archaïsante traditionnelle. Pour deux représentations, la même troupe hongroise a proposé, les 30 septembre et 1er octobre, L’Incoronazione di Poppea que dirige et met en scène Ivan Fischer.

En l’occurrence, ne conviendrait-il pas mieux de parler de mise en espace tant le résultat est peu convaincant ? La scénographie d’Andrea Tocchio ne consiste qu’en un immense sofa à coussins dorés surmonté d’un portique en miroir jouxtant un praticable à escaliers, près duquel se placent deux clavecins, un orgue positif, un luth, un violoncelle et une harpe constituant la basse continue ? Les cordes du Budapest Festival Orchestra n’apparaissent sur le plateau que le temps d’accompagner une aria que dirige du clavier Iván Fischer. Les costumes d’Anna Biagiotti se veulent modernes dans un patchwork de coloris allant du body pailleté de Poppea au kaki d’explorateur de Seneca et de ses disciples, alors que Nerone en complet blanc s’enveloppant dans une étole immaculée n’hésite pas à enfiler des talons aiguille pour prendre à partie le Lucano travesti qui partage ses frasques nocturnes. Les allégories de la Vertu et de la Fortune sont réduites à l’état de femmes de chambre quand l’Amour enfant troque ses ailes et boucles blondes pour devenir le groom de service…

Ovation pour le Bourgeois-Gentilhomme de Jérôme Deschamps

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Et ce n’est qu’un début ! Après sa création à Montpellier, la tournée interrompue par les mesures sanitaires repart sur les scènes de France avec une ardeur redoublée. Idéal prologue aux festivités du 400e anniversaire de la naissance de Molière (15 janvier 1622), ce Bourgeois Gentilhomme réalise un tour de force : unir génie théâtral, enchantement de la musique, charme de la danse, le tout « cousu » étroitement, comme le voulut le dramaturge, pour divertir le souverain, la cour et le public... jusqu’à aujourd’hui. Plus de dix minutes d’applaudissements soutenus, tous âges et cultures confondus, en témoignent !

Voici en effet retrouvées la spontanéité, la fraîcheur de la troupe de Pézenas tandis que le faste des  divertissements royaux est habilement suggéré. Exploitant des moyens matériels assez modestes avec une ingéniosité aussi brillante que drôle, la troupe réalise la fusion des arts (à commencer par la paradoxale dispute des Maîtres de musique, de danse, d’armes et de philosophie réglée au millimètre). En dépit de coupures (une partie du Ballet des Nations notamment), la beauté, l’énergie, l’élégance de la partition de Lully sont au rendez-vous. Mieux, elles participent de l’efficacité dramatique et dégagent une indicible poésie.

C’est qu’ici « Les deux Baptistes », comme les désignait avec humour la Marquise de Sévigné, ont fait feu de tout bois. Lully jouant la comédie, Molière s’aventurant à chanter et danser. Dans le rôle du Muphti de la « Cérémonie turque », le compositeur emporté par sa fougue sauta même dans l’orchestre à travers un clavecin, faisant rire le roi aux éclats. Car cette comédie-ballet, à l’instar de Monsieur de Pourceaugnac créée l’année précédente, visait à délasser Louis XIV et la Cour après les longues journées de chasses en forêt de Chambord. Il ne s’agissait pas de faire l’éloge du « plus grand roi du monde » selon les termes des Prologues habituels mais de lui procurer simplement du plaisir…. Plaisir renouvelé à travers quatre siècles pendant lesquels, à la différence d’autres œuvres, la partition de Lully a été jouée sans aucune interruption.

Ton Koopman à Monte Carlo

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L’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo invite Ton Koopman, légende vivante  de la musique baroque, mais qui  aime la sonorité des orchestres “modernes” avec lesquels il collabore régulièrement. 

Le concert débute avec Don Juan de Christoph Willibald von Gluck, considéré comme le premier ballet moderne, bien qu'il s'agisse plus précisément d'une pantomime. La suite ne représente qu'un  tiers de la musique totale du ballet. C'est un fabuleux sortilège plein de rêverie magique et Ton Koopman dégage une énergie frénétique. Dans le "Fandango", Koopman fait jouer les violons en pizzicati comme si c'étaient des mandolines et avec le claquement des castagnettes, on est transporté à Séville.

La Symphonie concertante pour violon, hautbois, violoncelle, basson et orchestre de Joseph Haydn permet de mettre à l’honneur des solistes de l’OPMC : Sybille Duchesne au violon, Delphine Perrone au violoncelle , Matthieu Petitjean au hautbois et Arthur Menrath au basson.  Les quatre musiciens, l'orchestre et le chef ont visiblement beaucoup de bonheur à jouer ensemble : ils le transmettent au public.

Une bonbonnière de sonates pour psaltérion nord-italiennes à l’époque galante

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Per il salterio. Angelo Conti (fl. XVIIIème s) : deux Sonates pour psaltérion et basse continue en sol majeur. Carlo Monza (c.1735-1801) : Sonates pour psaltérion et basse continue en ut majeur, en sol majeur. Sonate pour orgue en sol majeur. Baldassare Galuppi (1706-1785) : Sonate pour clavecin en ré majeur. Pietro Beretti (fl. XVIIIème s) : Sonate pour psaltérion et basse continue en sol majeur. Anonyme : Sonate pour psaltérion et basse continue en sol majeur. La Gioia Armonica. Margit Übellacker, psaltérion. Jürgen Banholzer, clavecin, orgue. Août 2019. Livret en anglais, allemand, français. TT 78’29. Ramée RAM 1906

Réédition du premier enregistrement de l’orgue de la Frauenkirche de Dresde après sa reconstruction

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto en ré mineur BWV 596 ; Trio super Herr Jesus, dich zu uns wend BWV 655 ; Pièce d’orgue BWV 572 ; Partite diverse sopra BWV 768. Maurice Duruflé (1902-1986) : Suite Op. 5. Samuel Kummer, orgue Kern de la Frauenkirche de Dresde. Septembre 2005, réédition 2021. Livret en allemand, anglais. TT 66’53. Carus 83.517

Jean-Jacques Kantorow dirige Saint-Saëns

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Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Symphonie en la majeur Ratner 158 ; Symphonie no 1 en mi bémol majeur Op. 2 ; Symphonie no 2 en la mineur Op. 55. Jean-Jacques Kantorow, Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Avril & décembre 2019, octobre 2020. Livret en anglais, allemand et français. TT 75’38. SACD BIS -2460 

Une importante première en DVD : Mathis der Maler de Paul Hindemith 

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Paul Hindemith (1895-1963) : Mathis der Maler, opéra en sept tableaux. Wolfgang Koch (Mathis), Kurt Streit (Albrecht von Brandenburg), Franz Grundheber (Riedinger), Manuela Uhl (Ursula), Raymond Very (Hans Schwalb), Katerina Tretyakova (Regina), Martin Snell (Lorenz von Pommersfelden), Charles Reid (Wolfgang Capito), Oliver Ringelhahn (Sylvester von Schaumberg), Ben Connor (Truchseß von Waldburg), Magdalena Anna Hofmann (Comtesse Hellfenstein) et comparses ; Chœurs de la Philharmonie slovaque ; Wiener Symphoniker, direction Bertrand de Billy. 2012. Notice en anglais et en allemand ; synopsis dans les deux mêmes langues. Sous-titres en allemand, en anglais, en français, en japonais et en coréen. 190.00. Deux DVD Naxos 2.110691-92. Aussi disponible en Blu Ray.

Compagnonnage musical berlinois avec Frank Peter Zimmermann 

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon en ré majeur, Op.61 ; Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon à la mémoire d’un Ange ; Béla Bartók (1881-1945) : Concertos pour violon n°1 Sz 36 et n°2 Sz 112. Frank Peter-Zimmermann, violon ;  Berliner Philharmoniker :  Alan Gilbert, Daniel Harding, Kirill Petrenko. 2016-2020. Livret en allemand et anglais. 118’37’’. 1 coffret  Disc Berliner Philharmoniker Recordings BPHR 210151.