Pastorales baroques sur un fringant orgue polonais

par

Andreas Schade (1674 – 17??), Cajus Schmedecke (ca. 1555–1611), Petrus de Drusina (1560-1611), Jan Pietersson Sweelinck (1562-1621), Bernardo Pasquini (1637-1710), Johann Kaspar Kerll (1627-1693), Domenico Zipoli (1688-1726), Jakub Valerian Paus (ca. 1705-1750), Josef Seger (1716-1782), František Xaver Brixi (1732-1771), Jan Křtitel Kuchař (1751-1829), Dietrich Buxtehude (1637-1707), Johann Sebastian Bach (1685-1750), Tabulatura Warszawska (ca. 1680) et anonymes. Andrzej Mikołaj Szadejko, orgue de l'église de la Sainte Trinité de Gdańsk (Pologne). Août 2019. Livret en polonais/anglais. TT 72'35. Ars Sonora. ARSO-CD-144

Théâtre national de Belgrade, années 1950 : des moments lyriques fabuleux

par

grands opéras russes. Mikhaïl GLINKA (1804-1857 : Ivan Sussanin. Modeste MOUSSORGSKY (1839-1881) : Boris Godounov et Khovantchina. RIMSKY-KORSAKOV (1844-1908) : Snegourotchka (La Filles des neiges). Alexandre BORODINE (1833-1887) : Le Prince Igor. Piotr Illitch TCHAÏKOWSKY (1840-1893) : Eugène Oneguin et La Dame de pique. En bonus : Jules MASSENET (1842-1912) : Don Quichotte. Multiples chanteurs, dont Miroslav Cangalovic, Marija Glavacecic, Drago Starc, etc. Chœurs et Orchestre de l’Opéra National de Belgrade, direction Oscar Danon et Kresimir Baranovic. Livret en allemand et en anglais. Pas de textes des opéras. Plus de 22 heures. Profil Hänssler PH19040 (un coffret de 22 CD).

La Pellegrina, un mariage serenissime à Florence en 1589

par

Intermedi della Pellegrina. Florence 1589. Musiques de Cristofano MALVEZZI (1547-1597), Luca MARENZIO (1554-1599), Giulio CACCINI (ca.1550-1618), Giovanni de BARDI (1534-1612), Jacopo PERI (1561-1633) et Emilio de CAVALIERI (1550-1602). Rossana Bertini et Elena Bertuzzi, sopranos ; Candida Guida, alto ; Paolo Fanciullacci, ténor ; Marco Scavazza, baryton ; Mauro Borgioni, basse. Coro Ricercare Ensemble, Compagnia Dramatodia ; Modo Antiquo, direction Federico Maria Sardelli. 2019. Livret en italien et en anglais. Sous-titres en italien, anglais, français, allemand et coréen. 78 minutes. Un DVD Dynamic 37856.

Haenchen enthousiasmant dans Bruckner, Vogt décevant dans Brahms

par

Pour un pianiste précédé d’une flatteuse réputation et qui avait laissé en son temps de si beaux souvenirs dans cette même salle Henry Le Boeuf du Palais des Beaux-Arts lors de soirées de sonates avec le violoniste Christian Tetzlaff, on ne peut pas dire que Lars Vogt ait particulièrement convaincu dans le monumental Deuxième Concerto de Brahms qui ouvrait ce concert de l’Orchestre National dans son port d’attache bruxellois. Après une très belle première phrase qui répondait à l’appel de cor qui ouvre l’oeuvre, le pianiste offrit une prestation franchement décevante. Bien sûr, les notes y étaient (ce qui n’est déjà pas mal dans une oeuvre aussi difficile), mais on eût été bien en peine de déceler dans cette version pataude et bruyante le moindre semblant d’interprétation. Les phrasés hachés, les forte métalliques et sursaturés, les aigus sans cesse claquants étaient bien loin de ce qu’on attend d’un pianiste-musicien dans une oeuvre d’une telle grandeur. Certes, Vogt se reprit un peu dans le deuxième mouvement où il prit le temps de sculpter quelques phrases, mais rien ne décollait vraiment. Il apporta même un peu de poésie dans le divin Andante marqué par une belle contribution d’Oslo Leka, violoncelle solo du Belgian National Orchestra, mais retomba bien vite dans ses travers dans un Finale sportif, joué généralement très fort. La lourdeur de cette approche déteignit, hélas, sur l’orchestre dont les violons, jouant le jeu de la surenchère sonore, parurent bien criards.

A la chasse avec Telemann et ses pairs

par

Ouvertures pour la chasse. Georg Philipp TELEMANN (1681-1767) : Ouvertures TW 44 : 8 « La Joie », TW 44 : 9 « La Fortune », TW 44 : 10 « La Chasse ». Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759) : Marche, tirée d’Ezio HWV 29. Jean-Baptiste MORIN (1677-1745) : Trois Fanfares à deux trompes. Jean-Joseph MOURET (1682-1738) : Fanfare « La petite Chasse ». Johann Melchior MOLTER (1696-1765) : Marche MWV VIII/29. Alessandro Orlando, cor et Ensemble Sarbacanes. 2019. Livret en français et en anglais. 40.21. Initiale INL 01.

Masaaki Suzuki : Bach, mais pas que Bach 

par

C’est l’une des stars de la musique baroque : le chef d'orchestre, organiste et claveciniste japonais Masaaki Suzuki est une tournée avec son ensemble Bach Collegium Japan à l’occasion des 30 ans de la fondation de son ensemble. Auteur d’une discographie essentielle des œuvres de Bach, pour le label Bis, le musicien répond aux questions de Crescendo. 

Le Bach Collegium Japan célèbre son 30e anniversaire. Qu'est-ce qui vous a motivé à créer cet ensemble en 1990 ? 

Depuis mes études, je me suis toujours beaucoup intéressé aux cantates de Bach. Nous avions un club d'étudiants, appelé "Cantata Club", dans notre Université des Beaux-arts et de la Musique de Tokyo pour jouer régulièrement (et avec ferveur) des cantates de Bach. C'est donc tout naturellement qu’à mon retour des Pays-Bas, j'ai créé un groupe dédié à l’interprétation de ses cantates et de sa musique sacrée et que j'ai obtenu le poste à l'Université féminine de Shōin où la magnifique chapelle et l'orgue venaient d'être construits. 

Quels ont été les défis à relever pour créer un ensemble spécialisé dédié à Bach au Japon ?

Le plus difficile est, et a toujours été, d'établir une stabilité financière. 

Compositrices du XIXe siècle : Louisa de Mercy-Argenteau

par

Pendant plusieurs siècles, l’histoire de la famille des Caraman-Chimay est intimement liée à la musique et à l’art en général. On y trouve des musiciens, des mélomanes, des mécènes, des écrivains, des dessinateurs, parfois amateurs. En son sein, une personnalité du XIXe siècle attire particulièrement l’attention, c’est Marie-Clotilde-Elisabeth-Louise de Riquet, Comtesse de Caraman-Chimay plus connue sous son nom d’épouse, Comtesse Louisa de Mercy-Argenteau. Mélomane, pianiste et compositrice, elle a révélé au monde des musiciens talentueux devenus célèbres. Suivant l’exemple de ses ancêtres, elle a soutenu de jeunes artistes et rapproché la musique du plus grand nombre.

Louisa de Riquet de Caraman-Chimay (1837-1890) est née à Paris le 3 juin 1837. Ses parents, Michel Gabriel Alphonse Ferdinand de Riquet de Caraman-Chimay (dit Prince Alphonse de Chimay), et Rosalie de Riquet de Caraman, sont de la même grande famille. Elle compte, parmi ses ancêtres, Pierre-Paul Riquet, le concepteur du canal du Languedoc (Canal du Midi) et est une petite-fille de Theresia de Cabarrus (Madame Tallien). Elle épouse à Chimay, le 11 avril 1860, Eugène Arnould Henri Charles François Marie, Comte de Mercy-Argenteau (1838-1888), né à Liège.

Le jeune couple de Mercy-Argenteau s’installe dans la résidence parisienne des Mercy-Argenteau, l’ « Hôtel de La Marck » situé 25 Rue de Surène, dans le 8e arrondissement. Anciennement propriété du Marquis de La Fayette, elle deviendra la résidence des ambassadeurs de Belgique en 1936. 

Portrait ardent du violoniste Daniel Hope

par

Belle Epoque. Ernest CHAUSSON (1855-1899) : Concert pour violon, piano et quatuor op. 21 (version avec orchestre à cordes). Claude DEBUSSY (1862-1918) : Rêverie, La Fille aux cheveux de lin et Minstrels. Jules MASSENET (1842-1912) : Méditation de Thaïs. Richard STRAUSS (1864-1949) : Morgen ! Arnold SCHOENBERG (1874-1951) : Notturno et Pièce en ré mineur. Edward ELGAR (1857-1934) : Chanson de matin op. 15/2 et Introduction et Allegro op. 47. Serge RACHMANINOV (1873-1943) : Romance op. 6/1. Alexander ZEMLINSKY (1871-1942) : Sérénade. Charles KOECHLIN (1867-1950) : Quatre petites pièces op. 32. Gabriel FAURE (1845-1924) : Andante op. 75 et Morceau de lecture. Maurice RAVEL (1875-1937) : Sonate posthume. George ENESCO (1881-1955) : Impromptu concertant. Paul JUON (1872-1940) : Berceuse op. 28/3. Alban BERG (1885-1935) : Winter. Frank BRIDGE (1879-1941) : Valse russe. Fritz KREISLER (1875-1962) : Liebesleid. Reynaldo HAHN (1874-1947) : A Chloris. Anton WEBERN (1883-1945) : Quatre Pièces op. 7. Daniel Hope, violon ; Lise de la Salle, piano ; Simon Crawford-Phillips, piano ; divers solistes ; Orchestre de chambre de Zurich. 2020. Livret en anglais et en allemand. 144.50. Un album de 2 CD DG 483 7244.

A Genève, un remarquable ensemble, Gli Angeli

par

Depuis quinze ans, l’ensemble Gli Angeli, fondé par Stephan MacLeod, son infatigable directeur artistique, est l’une des composantes majeures de la vie musicale genevoise. Formation à géométrie variable jouant sur des instruments (ou copies d’instrument) d’époque, elle fait montre d’éclectisme en ouvrant son champ d’action à divers répertoires sans se cantonner dans la musique baroque. Mais, dès le début, son aventure s’est concentrée sur une intégrale des cantates de Bach données en concert à Genève, aventure qui se poursuit encore aujourd’hui. Parallèlement, est mise sur pied une présentation complète des symphonies de Joseph Haydn.

Et le huitième concert de cette seconde série s’ouvre par la 59e Symphonie en la majeur, dite Feuersymphonie, dont le matériau provient vraisemblablement de la musique de scène pour Die Feuerbrunst de Gustav Friedrich Wilhelm Grossmann représentée à Esterhaza en 1774. Et c’est bien dans l’esprit théâtral que Stephan MacLeod développe le Presto initial en insufflant une énergie vivifiante à son magnifique ensemble incluant seize cordes, deux cors et deux hautbois. Le mordant du trait s’estompe avec le balancement de l’Andante qui fait sourdre la veine mélodique irradiant de fiers accents le Menuetto puis un Finale brillant où les cors péremptoires se laissent amadouer par les bois, imprégnant de sérénité le paysage sonore.