Un chef d’œuvre expliqué : La Moldau de Bedřich Smetana (2/2)

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Après un premier article consacré à une mise en contexte du chef d'oeuvre de Smetana, cette seconde partie vous présente une écoute commentée. Cet opus respecte un programme détaillé dont les sections sont littéralement nommées dans la partition. Et que nous allons explorer ci-dessous. Les minutages correspondent à la version de Herbert von Karajan avec le Berliner Philharmoniker (DG, avril 1967, réédité sur CD en collection The Originals : attention Karajan a réalisé cinq enregistrements audio et une vidéo avec le même orchestre, ne vous trompez pas !). Pour celles et ceux qui souhaitent suivre avec une partition, le célèbre site ISMLP vous en propose plusieurs éditions libres de droit.

Les appels de référence entre parenthèses renvoient à la rubrique Pour en savoir plus.

Tchaïkovski, compositeur russe?

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Si la Russie est, selon une idée communément admise, le pays des contrastes et des extrêmes, Tchaïkovski est certainement le compositeur qui reflète le mieux cette polarité, à la fois par sa personnalité et par les sentiments qu'il suscite. "Je suis russe, russe, russe" ! affirmait-il. Or il s'est finalement vu cataloguer comme "cosmopolite", par opposition à ses confrères nationalistes du Groupe des Cinq -lesquels avaient espéré, durant un temps, le voir devenir le sixième membre du Groupe ! A quoi tient donc ce malentendu?

On pourrait d'abord s'interroger sur une question de terminologie, et voir la différence sémantique qui existe entre trois définitions classées par ordre de progression à l'intérieur d'un jugement de valeur : Tchaïkovski est-il "cosmopolite", "éclectique" ou "universel" ? Et la seconde question serait : dans quelle mesure l'opinion courante reconnaît-elle à un Russe le droit de posséder ces qualités ?

Tchaïkovski et le ballet

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Il est impossible aujourd'hui de penser au ballet classique sans penser à Tchaïkovski. La popularité permanente de ses trois grands ballets, Le Lac des Cygnes, La Belle au Bois Dormant et Casse Noisette est due avant tout à la haute qualité de sa musique, dans une mesure bien plus grande que pour tout autre ballet du dix-neuvième siècle.

Grâce aux vertus dramatiques et lyriques de cette musique, chorégraphes et danseurs purent s'épanouir dans des conditions sans précédent (comparables seulement à celles de l'ère de Diaghilev par la suite), fixant pour les générations à venir de nouvelles normes de qualité artistique et technique dans le domaine du ballet classique.

Pour apprécier à quel point ces normes ont été enrichies par la musique de Tchaïkovski, il n'est que de remonter en arrière et d'imaginer ce qu'était la musique de ballet au dix-neuvième siècle avant son arrivée. Bien que la danse ait occupé une place importante dans l'Opéra de cette époque, elle ne servait généralement pas à faire avancer l'action. Considérés comme une interruption au milieu du drame, les divertissements tenaient un peu la place des sorbets glacés entre les plats copieux, voire indigestes, d'un long banquet.

La musique de ballet, même des compositeurs les plus prestigieux, comme Berlioz, Wagner ou Verdi, n'atteint jamais au niveau de qualité du reste de leurs opéras. Comme l'écrivait un critique à propos de Delibes, il est "... très difficile d'écrire pour la danse avec un peu de goût artistique ou de style... M. Delibes a réussi à éviter la banalité."

Compositrices du XXe siècle : Maria Giacchino-Cusenza

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Pendant des siècles, les compositeurs italiens ont ébloui le monde. Certains venaient de SicileLa renommée musicale de l’île est surtout liée aux hommes : Vincenzo Amato, Alessandro Scarlatti, Vincenzo Bellini…

Alessandro Scarlatti (Palerme, 1660 - Naples, 1725), compositeur de musique baroque, religieuse et d’opéras (65) est l’un des premiers grands musiciens classiques. Il est le neveu de Vincenzo Amato (Ciminna 1629 - Palerme 1670), un prêtre compositeur qui a été Maître de Chapelle de la Cathédrale de Palerme. 

Vincenzo Bellini (Catane, 1801 - Puteaux (F), 1835), musicien de la période romantique, un des plus grands mélodistes lyriques dont l’opéra La Norma, a conquis le monde. L’Opéra de Catane, le Teatro Massimo Vincenzo Bellini lui fait honneur, ce qu’a fait aussi le Conservatorio di Musica « V. Bellini » di Palermo jusqu’à ce que, le 10 août 2018, avec l’approbation du Ministero del Nuovo Statuto, il change de nom pour s’appeler désormais Conservatorio di Musica « Alessandro Scarlatti » di Palermo

Dès le début du XXe siècle, trois sœurs, nées dans une famille de musiciens siciliens, se sont hissées parmi les musiciennes les plus douées de leur époque. Il s’agit de Maria Giacchino-Cusenza et de ses sœurs Maria Antonietta Giacchino-Arcidiacono et Livia Giacchino-Paunita. L’aînée, Maria, a été une compositrice de renom.

La Walkyrie de Wagner comme un concerto pour orchestre

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Richard Wagner (1813-1883) : Die Walküre. Stuart Skelton (Siegmund) ; Eric Halfvarson (Hunding) ; James Rutherford (Wotan), Eva Maria Westbroek (Sieglinde) ; Iréne Theorin (Brünnhilde) ; Elisabeth Kulman (Fricka) ; Katherine Broderick (Helmwige) ; Alwyn Mellor (Gerhilde) ; Anna Gabler (Ortlinde) ; Jennifer Johnston (Waltraute) ; Claudia Huckle (Schwertleite) ; Eva Vogel (Siegrune) ; Simone Schröder (Roßweisse) ; Anna Lapkovskaja (Grimgerde). Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Sir Simon Rattle. 2020. Livret en allemand et anglais. Texte chanté en allemand, traduction en anglais. CD 1: 61:16 / CD 2: 59:44 / CD 3: 29:13 / CD 4: 67:37. BR Klassik 900177

Deux Amériques des origines : réédition de ballets dirigés par leur auteur

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Carlos Chávez (1899-1978) : Pirámide (extraits du ballet) ; Los Cuatros Soles (ballet intégral). Carlos Chávez, Orchestre Symphonique de Londres, Ambrosian Singers. Enregistrement mars 1973. / Aaron Copland (1900-1990) : Appalachian Spring (« complete ballet, original version », sic, mais voir commentaire). Aaron Copland, Columbia Chamber Orchestra. Enregistrement mai 1973. TT 82’ (musique) + 17’ (interview). Livret en anglais (sans les paroles chantées). Rééd 2019. SACD multicanal. Dutton Vocalion CDLX 7366.

The Sound of Trees de Camille Pépin, l’invitation au voyage qui ne se refuse pas

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Camille PÉPIN (née en 1990): The Sound of Trees ; Claude DEBUSSY (1862-1918): Hommage à Rameau et Mouvement (extraits de la première série des Images pour piano, orch. Camille PÉPIN) ; Lili BOULANGER (1893-1918): D’un soir triste et D’un matin de printemps (orch. Camille PÉPIN) . Julien Hervé, clarinette ; Yan Levionnois, violoncelle. Orchestre de Picardie, dir. Arie van Beek. 2020-CD:48'36"-Textes de présentation en français et anglais-NoMadMusic NMM074