Marek Toporowski interprète Dussek
Jan Ladislav DUSSEK (1760-1812) : Sonates pour piano opus 9 ; Les Souffrances de la Reine de France opus 23. Marek Toporowski. 2019. Livret en polonais et en anglais. 63.40. Dux 1578.
Jan Ladislav DUSSEK (1760-1812) : Sonates pour piano opus 9 ; Les Souffrances de la Reine de France opus 23. Marek Toporowski. 2019. Livret en polonais et en anglais. 63.40. Dux 1578.
Charles Ives (1874-1954) – Piano Sonata no°1, Béla Bartók (1881-1945) - Improvisations sur des chansons paysannes hongroises op. 20, Olivier Messiaen (1908-1992) - Cantéyodjayâ, Johann Sebastian Bach (1685-1750) - Aria Variata alla maniera italiana BWV 989. Tamara Stefanovich (piano), 79’39, Texte de présentation en anglais, Pentatone, PTC5186741
Paul Dukas (1865-1935) : Polyeucte, L’Apprenti Sorcier ; Albert Roussel (1869-1937) : Le Festin de l’Araignée. Orchestre national des Pays de la Loire, Pascal Rophé. 2018-Livret en anglais, allemand et français-59’46-Bis 2432.
Au cours de chaque saison, le Cercle des Amis de l’Orchestre de la Suisse Romande présente deux ou trois concerts exceptionnels, dont un Concert d’automne qui lui permet de solliciter le concours d’artistes de renom grâce au soutien de généreux donateurs. C’est pourquoi, le 5 décembre, ont été invités le jeune chef français Lionel Bringuier et le violoncelliste norvégien Truls Mørk dont la réputation n’est plus à faire.
Le programme débute par Rugby, le deuxième des mouvements symphoniques qu’Arthur Honegger composa en 1928 et qui fut créé le 19 octobre de la même année par Ernest Ansermet et l’Orchestre Symphonique de Paris. Avec une énergie roborative, les cuivres donnent le signal de la mêlée en superposant les attaques et les ripostes de jeu ; le violoncelle tente d’élaborer un contre-sujet, alors que la phalange des autres cordes peine à imposer un discours qui finira par trouver une assise grâce à la clarté de la polyphonie.
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Œuvres complètes. 2019-DDD-90 CD (environ 100h)-Textes de présentation en anglais-Naxos.
John DOWLAND (1563-1626) : ‘Whose heavenly touch’, 17 airs pour voix et luth. Mariana Flores, soprano et Hopkinson Smith. 2019. Livret en français et en anglais. Textes en anglais, traduits en français. 56.44. Naïve E 8941.
Louis COUPERIN (1626-1661) : Suites pour clavecin en la mineur, fa majeur et ré mineur. Rinaldo Alessandrini. 2019. Livret en français et en anglais. 79.23. Naïve OP30577.
C’est un beau programme russe qu’offre la tournée qui conduit Anima Eterna et Jos van Immerseel de Bruges à Göppingen (Bade-Wurtemberg), puis à Dijon, enfin à Aix-en-Provence : l’Ouverture de la Grande Pâque russe de Rimsky-Korsakov et la Suite de ballet n° 2 op.64 c de Roméo et Juliette de Prokofiev y encadrent la formidable Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov. A été ajoutée à la première partie la Vocalise de Rachmaninov. C’est surtout l’occasion d’écouter la trop rare Anna Vinnitskaya dont on se souvient qu’elle remporta le prestigieux Prix Reine Elisabeth en 2007. La pianiste russe, formée auprès d’Evgeni Koroliov à Hambourg où elle enseigne maintenant, s’est forgée depuis une réputation internationale. C’est le disque qui nous l’a révélée dans des programmes allant de Bach au XXe siècle, dont on retient particulièrement, outre les Russes, Brahms et Ravel.
Johannes BRAHMS (1833-1897) : Sonate pour piano n° 3 opus 5 ; Variations sur un thème de Paganini opus 35. Nelson Goerner. 2019. Livret en français, en anglais et en allemand. 57.20. Alpha 557.
Le chef-d’œuvre de Borodine s’inspire d’un poème épique de la fin du XIIe siècle relatant la lutte d’un peuple occupant une partie de l’actuelle Ukraine contre des envahisseurs polovstsiens (turcophones venus du Kazakhstan) précédant les grandes invasions mongoles et tatares. La mise en scène englobe l’épopée médiévale, la confrontation Orient – Occident et l’histoire récente. En les dénudant « à l’os », elle laisse tout l’espace à l’émotion musicale tandis que les héros prennent une envergure symbolique, sacrificielle, voire mystique. Le tout passe par une vision sans complaisance, cruellement réaliste, de l’histoire russe. Le recours à des stéréotypes « compris par tous » (treillis, kalachnikov, béton et autoroute) relève de l’ironie car, en réalité, leur insignifiance délibérée permet de pénétrer sans obstacle contingent au cœur de la condition humaine, en ses ultimes retranchements.
Au fil des quatre actes (version 1890 -le III étant curieusement remplacé par l’Ouverture, occasion d’une salve d’applaudissements pour l’orchestre, et le second Monologue d’Igor orchestré tout aussi efficacement par Pavel Smelkov étant intégré à l’acte IV), le processus de déchéance remonte inexorablement le cours du temps. La cathédrale d’or surmontée d’une croix laisse place à la dépravation de l’oligarchie mafieuse des années 1990 -excellente composition du Prince jouisseur Galitski (Dmitry Ulyanov)- puis aux geôles staliniennes pour conclure avec la vision d’une populace décervelée couronnant un bouffon. Ce sera à l’épouse aimante (magnifique figure de femme) d’offrir la rédemption au héros avant qu’ils ne s’effacent dans la « perspective perdue » d’une autoroute vide.