Un ténor éclectique : Piotr Beczala

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Pour le deuxième récital de sa saison, le Grand-Théâtre de Genève invite le ténor polonais Piotr Beczala dont on a abondamment parlé l’été dernier puisque, à quelques jours de la première, il a remplacé, à Bayreuth, Roberto Alagna dans le rôle de Lohengrin. Dans la cité lémanique, il n’a été affiché qu’une seule fois pour camper brièvement le Chanteur italien du Rosenkavalier lors de la saison 1998-99 ; et vendredi dernier, le 16 novembre, il a donc paru à l’Opéra des Nations dans un programme bien conçu, mettant en perspective Schumann et la musique slave, en dialoguant avec ce remarquable accompagnateur qu’est le pianiste autrichien Helmut Deutsch, régulièrement présent en ces lieux.

Mantra à Bozar : le tour du son en (un peu moins de) 80 minutes

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Articulée autour du thème de « l’inentendu », l’édition 2018 du festival Ars Musica explore de nouvelles contrées sonores. Au programme de la soirée du 16 novembre à Bozar, le Prélude et la Mort d’Isolde extraits de Tristan et Isolde de Wagner avaient, certes, un petit air de « déjà entendu ». En revanche, l’arrangement pour deux pianos qu’en a réalisé Max Reger est relativement peu joué. Quant à Mantra de Karlheinz Stockhausen, c’est l’une des étapes essentielles jalonnant l’épopée du renouvellement du langage musical entreprise le siècle dernier.

Une belle biographie d'Offenbach

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L’année 2019 apportera avec elle le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. À cette occasion, l’artiste lyrique et metteur en scène Jean-Philippe Biojout lui dédie une toute nouvelle biographie, nous donnant ainsi l’occasion de (re-)découvrir cette figure emblématique de l’opérette.

Wexford Festival Opera : toujours à la découverte

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Le programme du 67e Festival de Wexford (19 octobre-4 novembre) était à nouveau bien rempli : trois grandes productions d’opéra, trois opéras en version réduite, une série de récitals vocaux et plusieurs concerts. Ce n’est plus un secret, il faut se rendre dans cette petite ville de la côte irlandaise pour découvrir ou redécouvrir un répertoire oublié, peu connu ou… nouveau. Car Wexford ne se contente pas de fouiller dans les archives.
Cette année, le festival proposait la première européenne de Dinner at Eight, le dernier opéra du compositeur américain William Bolcom créé en mars 2017 au Minnesota Opera. Dinner at Eight est le quatrième opéra de William Bolcom (°1938, Seattle) et le troisième présenté en Europe. Le livret de Mark Campbell est basé sur une pièce de théâtre de Georges S. Kaufman et Edna Ferber présentée à Broadway en 1932 et adapté pour un film avec Jean Harlow. Ce Diner à vingt heures est essentiellement une comédie autour d’un diner désastreux, envahi par la cupidité, les infidélités et les addictions des nombreux protagonistes qui ne pensent qu’à leurs petits problèmes pendant que Manhattan étouffe sous la Dépression.

L’Orchestre symphonique de la Radio suédoise : une formation solide, un chef policé, une soliste remarquable

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On n’entend que trop rarement chez nous les formations symphoniques scandinaves, ce qui fait que le concert donné par l’Orchestre Symphonique de la Radio suédoise dans la superbe Salle Reine Elisabeth à Anvers -en ouverture d’une tournée qui conduira cette formation en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse et en Autriche- était attendu avec beaucoup d’intérêt, d’autant plus que le programme offert par l’ensemble suédois sous la baguette de son directeur musical Daniel Harding offrait cette véritable rareté dans les salles de concert qu’est le Concerto pour violon de Schumann.

Belles retrouvailles avec le Quatuor de Jérusalem à Flagey

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On ne se lasse jamais d’entendre le Quatuor de Jérusalem, d’autant que les œuvres proposées par les musiciens israéliens au public nombreux de Flagey avait de quoi satisfaire les plus exigeants.

Entamant la soirée par le quatuor op. 76 n°1 de Haydn, l’ensemble hiérosolymitain se mit immédiatement au diapason de cette musique si pleine d’esprit, de finesse et de gaîté dans les mouvements lents et sut parfaitement rendre la profondeur sans emphase de "l’Adagio".

Brahms passionnément

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Brigitte FRANÇOIS-SAPPEYJohannes Brahms, chemins vers l’Absolu. Fayard, coll. « Les chemins de la musique », 407 p., 25 €.

Pour des raisons difficiles à cerner, les musicologues français n’ont jamais trop aimé Johannes Brahms. Ils lui préfèrent, et de loin, Robert Schumann et Richard Wagner, sur lesquels ils ont d’ailleurs beaucoup écrit.