Gustavo Gimeno à Genève

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Durant sa saison, l’Orchestre de la Suisse Romande organise deux ou trois concerts ‘extraordinaires’, souvent subventionnés par une banque. Ainsi, le 27 février, le Crédit Suisse a contribué à la venue du chef espagnol Gustavo Gimeno et du pianiste français François-Frédéric Guy. Agé de quarante-trois ans, le maestro a derrière lui une longue expérience, puisqu’il a été percussionniste au Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam dès avril 2002 avant de devenir l’assistant de Mariss Jansons ; il a aussi travaillé avec Bernard Haitink et Claudio Abbado qu’il a aidé lors de la formation de l’Orchestre Mozart de Bologne et de celui du Festival de Lucerne. Depuis la saison 2015-16, il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg ; et il occupera le même poste auprès de l’Orchestre Symphonique de Toronto à partir de septembre 2020.

A Genève, un Concerto Köln aseptisé

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Concrto Köln beim Konzert im Herkulessaal München 28. 11. 2009

Pour sa saison 2018-2019, le Service Culturel Migros a décidé d’inviter en alternance les orchestres symphoniques et les formations de chambre. Et c’est dans cette seconde catégorie qu’il faut inscrire le Concerto Köln qui, depuis 1985, s’est spécialisé dans la musique ancienne en ayant la particularité de jouer sans chef et debout pour la plupart (les pauvres !) même si, à l’interne, la conduite artistique est gérée par le bassoniste Lorenzo Alpert. Quatre des violonistes peuvent assurer la fonction de solo ; à Genève, le 26 février, ce fut la violoniste nippone Mayumi Hirasaki qui s’en chargea.

Un défi et un paradoxe

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En Silence, c’est un défi, celui qu’a voulu relever le compositeur. C’est un paradoxe, celui que suscite le traitement lyrique et scénique du sujet choisi. C’est aussi une création mondiale au Grand Théâtre de Luxembourg.

Alexandre Desplat est un compositeur connu et reconnu pour ses musiques de films. Consacré même dans la mesure où ses bandes originales pour notamment « The Grand Budapest Hotel », « Le Discours du roi », « Godzilla », « Harry Potter et les reliques de la mort », ceux de Jacques Audiard et tant d’autres (plus de cent cinquante) lui ont valu deux Oscars, trois Césars, deux Bafta, deux Golden Globe, deux Grammy Awards, et des nominations en pagaille. Il s’est lancé un défi. Jamais encore, il ne s’était aventuré dans le monde lyrique : il « se méfiait du genre, n’appréciant pas trop ses déferlements, ses excès de tous types, son romantisme exacerbé ». Mais il a cédé à la tentation, fasciné par un texte de l’écrivain japonais Yasunari Kawabata, prix Nobel de Littérature en 1968, et surtout remarqué pour ses textes courts, ses nouvelles, si joliment qualifiées par lui de «récits qui tiennent dans la paume d’une main».

Inattendu Requiem de Verdi par Thielemann

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Messa da Requiem. Krassimira Stoyanova (soprano), Marina Prudenskaja (mezzo-soprano), Charles Castronovo (ténor), Georg Zeppenfeld (baryton-basse). Sächischer Staatsopernchor Dresden, Staatskapelle Dresden, Christian Thielemann. 2014. Livret en anglais et allemand. 1 coffret de 2 CD PROFIL. Référence : PH 16075

A Genève, un chef et un soprano pour Il Pirata

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Depuis plusieurs années, le Grand-Théâtre de Genève propose, une fois par saison, un ouvrage lyrique en version de concert. A été choisi, cette fois-ci, Il Pirata, le troisième opéra et le premier succès de Vincenzo Bellini. Pour rendre justice à cette partition difficile, il faut d’abord un chef de théâtre : pour la première fois l’on a fait appel au maestro milanais Daniele Callegari qui collabore avec l’Orchestra Filarmonica Marchiagiana, débutant aussi en ce lieu, en montrant d’emblée ce que signifie être une formation lyrique sachant se mettre en seconde place lorsque le chant l’exige. Quelle leçon pour les instrumentistes qui oeuvrent d’habitude dans cette fosse ! Ici, la baguette assouplit le phrasé pour ‘avancer’ constamment et user du rubato avec un geste clair que suivent aisément tant les divers pupitres que le Chœur du Grand-Théâtre de Genève, préparé par Alan Woodbridge ; et même un ritenuto approprié permet à la voix de soprano d’exécuter l’insidieux ‘passagio’ vocalisé sur « scoppia il cor » dans le Premier Finale.

Sigismondi, une seconde vie

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Gioachino Rossini (1792-1868) : Sigismondo, opéra en deux actes. Sigismondo, Margarita Gritskova – Aldimira, Maria Aleida – Ladislao, Kenneth TarverUlderico/Zenovito, Marcell BakonyiAnagilda, Paula Sánchez-Valverde Radoski, César Arrieta. Camerata Bach Choir, Poznan, Virtuosi Brunensis - Antonino Fogliani, direction. 2017-DDD-2 CD (70’27/78’45)-Textes de présentation en anglais et allemand-Naxos-8.660403-04.

A Genève, le retour en fanfare de Pinchas Steinberg

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Durant les trois saisons allant de septembre 2002 à août 2005, Pinchas Steinberg a été le directeur musical de l’Orchestre de la Suisse Romande. Dans le cadre des manifestations du centenaire, il revient donc à Genève et à Lausanne pour être, pour deux soirs, à la tête d’une formation avec laquelle il n’a pas travaillé depuis quatorze ans.

Le programme s’ouvre par le Concerto pour piano et orchestre n.3 SZ.119 de Bela Bartok qui a pour interprète le pianiste hongrois Gabor Csalog. Sur le pianissimo des cordes, le clavier distille d’abord une sonorité claire qui, hélas, se rigidifie dès le développement de l’Allegretto au point de devenir touffue. L’Adagio religioso est totalement dépourvu d’émotion, en se contentant de surnager sur une étouffante morosité. Par chance, le Finale semble mieux calibré rythmiquement avec le double fugato où le trait est plus nerveux. Mais se dégage l’impression que l’orchestre va son bonhomme de chemin pendant que, de son côté, le soliste œuvre besogneusement, ne recueillant, au terme du parcours, que quelques applaudissements de politesse.