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Poignant et si beau Pelléas et Mélisande – Claude Debussy 

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Perdu en forêt lors d’une partie de chasse, il l’a découverte près d’un plan d’eau, hagarde, terrorisée. Elle a beaucoup souffert, lui dit-elle, et vient de jeter une couronne dans l’eau. Non, il ne doit surtout pas tenter de la récupérer. Elle s’appelle Mélisande. Lui, Golaud, la prend sous sa protection. Il l’épousera et finira par rentrer chez lui, là-bas, au château familial d’Allemonde où l’attendent sa mère Geneviève et son grand-père Arkel. Et surtout Pelléas, son demi-frère. La tragédie aura lieu. 

Le livret de Maurice Maeterlinck, adapté de sa pièce de théâtre, conduit inexorablement les tristes héros à leur tragique destinée. Il est une merveille d’évocations, de signes annonciateurs, de phrases reprises, de suggestions, de métaphores, de silences significatifs. Il y a ce qu’on saisit immédiatement, il y a ce qu’on se rappelle. Symboliste tout simplement. « Nous ne voyons que l’envers des destinées ».

Claude Debussy a fait sien ce récit, il l’a inscrit dans une musique tout aussi évocatrice, qui s’ouvre à tant de sens quant aux êtres et à ce qu’ils vont (devoir) vivre. Une musique surtout à l’extraordinaire prosodie. Elle a fusionné avec les mots qu’elle accompagne, qu’elle magnifie, qu’elle multiplie. C’est sans doute l’une des plus belles rencontres entre un texte et une partition.

Ophélie Gaillard, Lucile Richardot et le Pulcinella Orchestra : glorieuse trinité au festival de Saintes

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Ce 24 juillet, Saintes s’est plus que jamais accordée au féminin pluriel. Accompagnées de sept acolytes en grande forme, deux femmes auréolées de talent y ont fait vibrer les murs quasi millénaires de l’église Sainte Marie de la cité musicale charentaise. 

Le festival musical de Saintes fêtait cette année son 50e printemps. Sans doute n’en fallait-il pas davantage pour que fût mis à l’honneur, le temps d’un concert, l’auteur des fameuses Quattro Stagioni. Retransmis en direct dans les jardins de l’abbaye, l’événement draina un public nombreux, qui communia sans modération à l’enthousiasme des artistes. 

Ophélie Gaillard, à la tête de l’ensemble Pulcinella, formation à géométrie variable dont elle est directrice artistique, confirma, à ceux qui n’en avaient encore entendu que les enregistrements aguichants réalisés pour le label Aparté, l’agilité et la délicatesse de son jeu. Qui ne se souvient de son intégrale des sonates pour violoncelle et basse continue de Vivaldi ou, plus récemment, du double album, consacré au même compositeur, à l’occasion duquel la celliste franco-helvétique et ses comparses convoquèrent, pour notre plus grand plaisir, la mezzo-soprano Lucile Richardot et la contralto Delphine Galou ?    

Bien que presque exclusivement consacré au Prêtre Roux, le programme de ce concert, très intelligemment conçu, fut d’une fraîcheur bienvenue : mêlant airs d’opéra et œuvres instrumentales, il ravit les sens tant par la variété formelle des œuvres présentées que par la diversité des affects qui les parcouraient. De prime abord intime, sinon retenue, la sonorité de l’ensemble gagna rapidement en assurance et en profondeur, à l’exception, hélas, de celle du clavecin, dont les guirlandes d’accords brisés peinaient à franchir l’enceinte des instruments à cordes. A une assertivité grandissante, les musiciens conjuguèrent un souci prononcé des contrastes, à la faveur d’une articulation extrêmement soignée.  

Berio et la quintessence de la voix, avec Lucile Richardot et les Cris de Paris 

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Luciano Berio (1925-2003). Berio To Sing. Sequenza III pour voix de femme. Cries of London pour huit voix. O King pour voix et cinq instruments. Folk Songs pour mezzo-soprano et sept instruments. Michelle II pour mezzo-soprano, flûte, clarinette, harpe, violon, alto, violoncelle et contrebasse. There is no tune pour chœur de chambre. E si fussi pisci, chanson d’amour sicilienne, pour chœur mixte a cappella. Lucile Richardot, mezzo-soprano ; Les Cris de Paris, direction Geoffroy Jourdain. 2020. Notice en français en anglais. Textes originaux, avec traduction. 58.06. Harmonia Mundi HMM 902647.

Geoffroy Jourdain, Berio à chanter 

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L’excellent chef de chœur Geoffroy Jourdain, la formidable mezzo-soprano Lucile Richardot et son ensemble les Cris de Paris font l’évènement avec un nouvel album intégralement consacré à quelques unes des grandes partitions vocales de Luciano Berio publié chez Harmonia Mundi. 

Après Melancholia et Passions, votre nouvel album avec les Cris de Paris est intégralement consacré à des œuvres de Luciano Berio. Qu’est-ce qui vous a orienté vers ce choix ? 

C’est la conjonction d’envies partagées entre Les Cris de Paris et Harmonia Mundi : l’idée de réaliser un disque monographique consacré à une grande figure de la musique « contemporaine » ; celle de collaborer avec Lucile Richardot que je connais depuis l’adolescence (nous avons été initiés à la musique dans la même manécanterie à Épinal) ; celle de rendre compte de la pluralité des pratiques et des effectifs des Cris de Paris et de notre passion pour la voix…

Quel a été votre premier contact avec la musique de Berio ? 

Mon admiration pour Berio remonte à mes premiers contacts avec la musique classique contemporaine, lorsque j’étais encore lycéen. La découverte au disque de Coro, œuvre monumentale composée dans les années 70, totalement pétrie d’influences musicales de tradition orale, a déterminé ma vocation de musicien.

Comme ses contemporains Boulez, Nono, Pousseur, Stockhausen ou d’autres figures de la modernité radicale de la seconde moitié du XXe siècle, Luciano Berio reste assez régulièrement programmé et enregistré. Qu’est-ce qui continue de nous toucher dans sa musique ?

Son talent, avant tout. Et probablement le fait qu’à l’instar d’un Ligeti, il n’a cessé, notamment en s’imprégnant d’inspirations musicales toujours nouvelles, de demeurer lui-même : un créateur-explorateur, cherchant dans son art à ne pas définir « de limite perceptive, expressive ou conceptuelle », mais au contraire à « reculer les frontières ».

Raphaël Pichon porte les Vêpres de Monteverdi jusqu’au sublime

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Claudio MONTEVERDI (1567-1643) : Vespro della beata Vergine. Lea Desandre et Eva Zaïcik, sopranos ; Lucile Richardot, alto ; Olivier Coiffet, Emiliano Gonzalez Toro et Zachary Wilder, ténors ; Nicolas Brooymans, Renaud Bres et Geoffroy Bussière, basses. Chœur et Orchestre Pygmalion, direction Raphaël Pichon. 2020. Livret en français, en anglais et en allemand. 117.00. Un DVD Château de Versailles CVS018.

 

 

Soirée baroque italienne à Versailles

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Stravaganza d’amore ! La naissance de l’opéra chez les Médicis. Œuvres de Fantini, Malvezzi, Caccini, Monteverdi, da Gagliano, Marenzio, Orologio, Allegri, Peri, Giramo, Buonamente et de Cavalieri. Léa Desandre et Eva Zaïcik, sopranos ; Lucile Richardot, alto ; Davy Cornillot, Emiliano Gonzalez Toro et Zachary Wilder, ténors ; Nicolas Brooymans, basse. Chœur et Orchestre Pygmalion, direction Raphaël Pichon. 2019. Livret en français, anglais et allemand. 107.00. DVD Château de Versailles CVS019.

Versailles en feu avec Gardiner toujours révolutionnaire dans Berlioz

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Hector Berlioz (1803-1869) Ouverture Le Corsaire, Cantate La mort de Cléopâtre ;  Les Troyens : « Chasse royale et orage » + air de Didon  « Adieu, fière cité » ;  Symphonie fantastique. Lucile Richardot, mezzo-soprano ; Orchestre révolutionnaire et romantique, Direction musicale : John Eliot Gardiner. Enregistré à l’opéra du Chateau de Versailles en octobre 2018. 1 DVD Chateau de Versailles Spectacles CVS 011 - 1h47’