Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Dixit Dominus HWV 32. Giovanni Battista Ferrandini (c1710-1791) : Il Pianto di Maria. Deborah Cachet, Rachel Redmond, soprano. Sophie Rennert, mezzo-soprano. Bart van Reyn, Vlaams Radiokoor, Il Gardellino Orchestra. Beniamino Paganini, orgue. Korneel Bernolet, clavecin. Giulio Quirici, luth. Mai 2022. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en latin et italien, et traduction en anglais. TT 56’17. Passacaille PAS 1130
Gaetano Donizetti (1797-1848) : Dalinda, drame en trois actes. Lidia Fridman (Dalinda), Luciano Ganci (Ildemaro), Paolo Bordogna (Acmet), Yajie Zhang (Ugo d’Asti) ; Chœurs et Orchestre du Berliner Operngruppe, direction Felix Krieger. 2023. Notice et synopsis en allemand et en anglais. Livret complet en italien, sans traduction. 102’ 20’’. Un coffret de deux CD Oehms 0C 989.
Philippe de Monte (1521-1603) : Il primo libro de madrigali spirituali a 5 voci [extraits] ; Il primo libro de madrigali spirituali a 6 voci [extraits] ; Il secondo libro de madrigali spirituali a 6 et 7 voci [extraits]. Costanzo Porta (c1528-1601) : Che fia, quando udirà [Il primo libro de madrigali a 4 voci]. Cipriano de Rore (c1515-1565) : Vergine pura [Il terzo libro de madrigali a 5 voci]. Pietro Vinci (1535-1584) : La bella Donna [Quattordici sonetti spirituali]. Luca Marenzio (1553-1599) : Signo già cui fu poco [Madrigali spirituali].Cappella Mariana. Barbora Kabátková, Pavla Radostová, Michaela Riener, soprano. Ondřej Holub, Adriaan De Koster, Tomáš Latjkep, Vojtěch Semerád, ténor. Joel Frederiksen, Jaromír Nosek, basse. Livret en anglais, français, néerlandais ; paroles en italien traduites en anglais. Mars & mai 2023. TT 54’58. Passacaille 1143
César Franck (1822–1890) : Symphonie en ré mineur ; Claude Debussy (1862–1918) : Nocturnes, Triptyque symphonique pour orchestre et chœurs. Damen des philharmonischen Chores München ; Münchner Philharmoniker, direction : Sergiu Celibidache. 1983 et 1991. Livret en allemand et anglais. MPhil0027.
Edward Elgar (1857-1934) : Cockaigne Ouverture (In London Town) op. 40 ; Symphonie n° 1 en la bémol majeur op. 55. Nationaltheater-Orchester Mannheim, direction Alexander Soddy. 2021/23. Notice en allemand et en anglais. 62’56’’. Oehms OC1730.
Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Concerto pour violoncelle en si bémol majeur Wq. 171 [arrgmt pour viole par M. Rochat]. Johann Gottlieb Graun (c1703-1771) : Concertante pour violon, alto et orchestre en ut mineur GraunWV A:XIII:3. Concerto pour alto, cordes et basse continue en mi bémol majeur Cv:XIII:116 [sic, erronément coté GraunWV A:XIII:3 dans le livret]. Mathis Rochat, alto. Stephen Waarts, violon. Christine Theus, violoncelle continuo. Camerata Schweiz, Howard Griffiths. Juillet 2022. Livret en allemand, anglais. TT 61’58. CPO 555 613-2
Alexander Zemlinsky (1871-1942) : Eine florentinische Tragödie, opéra en un acte ; Ouverture « Eine florentinische Tragödie », version de concert. Rachel Wilson, mezzo-soprano (Bianca) ; Benjamin Bruns, ténor (Guido Bardi, prince de Florence) ; Christopher Maltman, baryton (Simone, un marchand) ; Münchner Rundfunkorchester, direction Patrick Hahn. 2022. Notice et synopsis en allemand et en anglais. Pas de livret. 57’ 14’’. BR Klassik 90034.
Frederick Delius (1862-1934) : A Mass of Life, pour solistes, chœurs et orchestre. Gemma Summerfield, soprano ; Claudia Huckle, contralto ; Roderick Williams, baryton ; Bror Magnus Todenes, ténor ; Chœur Edvard Grieg ; Chœur Collegium Musicum ; Chœur et Orchestre philharmonique de Bergen, direction Sir Mark Elder. 2022. Notice en anglais. Textes chantés reproduits en langue originale (allemand) avec traduction anglaise. 94’ 25’’. Un album de deux CD Lawo LWC1265.
Dolce Pupillo. Œuvres de Nicola Porpora (1686-1768), Alessandro Scarlatti (1660-1725), Georg Friedrich Händel (1685-1759), Antonio Vivaldi (1678-1741), Giovanni Bononcini (1670-1747), Johann Kaspar Kerll (1627-169), Agostino Steffani (1657-1728), Giovanni Legrenzi (1626-1690), Giovanni Paolo Colonna (1637-1695), Antonio Lotti (1667-1740), Giacomo Carissimi (1607-1674), Henrico Albicastro (1660-1730). Luan Góes, contreténor. Sonia Prina, contralto. Les Furiosi Galantes. Enrico Parizzi, Kasumi Higurashi, violon. Jennifer Lutter, altos. Alexander Botoš, violoncelle. Rubén Castañeda, contrebasse. Beto Caserio, hautbois. Eva Godard, cornet. Nicolas Mary, basson. Morgan Marquié, théorbe, luth. João Rival, clavecin. Juillet 2022. Livret en français, anglais ; paroles non reproduites. TT 78’51. Indésens Calliope. IC030
Après avoir ressorti le legs stereo d'Ernest Ansermet dans le cadre d’un généreux coffret, Decca nous propose maintenant une mise en boîte de ses enregistrements en mono. La superbe boîte comprend des enregistrements réalisés entre 1929 et 1955 mais avec un gros focus de neuf ans avec des albums enregistrés entre 1946 et 1955. Un texte de François Hudry, spécialiste émérite du chef, est proposé dans le booklet complété d’une discographie. Une large part des œuvres proposées des répertoires russes et français, piliers des concerts d’Ansermet, sera ré-enregistrée en stéréo, mais ce coffret a un intérêt éditorial majeur.
L’aventure commence pourtant à Londres, en 1929. La firme DECCA a besoin de se constituer un catalogue et elle convoque Ansermet pour un enregistrement des Concertos grosso de Haendel à la tête d’un orchestre ad-hoc, The Decca String Orchestra, mené par rien moins que William Primrose et en compagnie de Leslie Howard au clavecin pour la partie de continuo (sur, en prime, un véritable instrument historique : un Broadwood de 1760). L’ancien professeur de mathématiques que fut Ansermet prend d’emblée le parti d’une approche plutôt vive et rigoureuse qui évacue lenteur, pesanteur et pathos. C’est une expérience musicale intéressante. Bond dans le temps ensuite avec une session londonienne, en 1946, pour Petrouchka et une suite de L’Oiseau de feu de Stravinsky avec le London Philharmonic Orchestra (LPO) ; puis avec l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) qui officie pour la grande majorité des albums du coffret et dans le répertoire naturel d’Ansermet.
L’une des grandes qualités d’Ansermet est sa capacité à imposer une narration par les couleurs, juste héritage du chef de ballet qu’il fut à ses débuts, de marquer les contrastes et les césures avec sens des nuances et des couleurs, utilisant toute l’expressivité de la palette instrumentale. C’est tout naturellement dans la musique russe et la musique française que ces qualités sont essentielles. L’orchestre de la Suisse romande, dont il fut le fondateur et la figure tutélaire, est une phalange assez brute de timbres avec des couleurs plutôt fauvistes et un fini instrumental très abrasif pour des oreilles contemporaines. Il n’empêche, la qualité de la direction et sa capacité à galvaniser les musiciens font de ces lectures des modèles de ton et de style. Petrouchka ou l'Alborada del Gracioso s’ébrouent dans une transe chorégraphique ; le Bolero est un cataclysme orchestral plus humain que mécanique ; les Images de Debussy sont une explosion de lumières. C’est avec Rimsky-Korsakov que le chef suisse est le plus à son affaire, la beauté plastique et suggestive de cette musique est taillée sur mesure pour son inspiration et son sens de la palette instrumentale : la beauté des thèmes de Shéhérazade (magnifiée par un fabuleux Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire en parade)ou l’humour acide de la Suite du Coq d’Or sont des merveilles. A ce niveau, on place aussi les deux lectures des Tableaux d’une exposition (LPO-1947 et OSR-1953) véritable parade au musée, au plus près de cette suite d’évocation picturale.