A L’Opéra

Sur les scènes d’opéra un peu partout en Europe.

Le Sérail enlevé, que reste-t-il ?

par

Bassa Selim et Konstanze

Die Entführung aus dem Serail à l'ORW
Composé immédiatement après Idoménée, L'Enlèvement au Sérail (1782) est l'opéra le plus heureux de Mozart, un de ses plus grands succès aussi. Dans un équilibre unique, il conjugue la verve enjouée du Singspiel avec un message inattendu, incorporé fort heureusement dans ce genre nouveau : la tolérance, issue de la philosophie des Lumières.

Un lent et poignant crescendo

par

© Vincent Pontet

La Vestale aux Champs Elysées
Phare de l'art napoléonien, La Vestale de Spontini (1807) poursuit la réforme de la tragédie lyrique entreprise par Gluck, sublime les opéras de l'époque (Méhul, Lesueur) et annonce le Grand Opéra français par un saisissant climat préromantique. Elle n'est jamais vraiment tombée dans l’oubli, grâce à des reprises périodiques dues à certaines grandes interprètes telles Maria Callas ou, plus près de nous, Montserrat Caballé ou Renata Scotto.

Sauvés par la musique et les chanteurs

par

© Jean-Louis Fernandez

Dialogues des Carmélites à Lyon
« Il est préferable quelle n’en croie pas d’abord ses yeux ni ses oreilles ». Cette phrase de la Nouvelle Prieure des Carmélites pourrait être une recommandation au public qui assiste à la nouvelle production de « Dialogues des Carmélites » à l’Opéra de Lyon.
Ses yeux, confrontés à la mise en scène très discutable de Christophe Honoré dans le décor d’Alban Ho Van et les costumes de Thibault Vancraenenbroeck. Ses yeux et ses oreilles devant une action scénique constamment en contradiction avec le texte de Bernanos.

Hourvari !

par

Luciana d'Intino (Amneris), Oksana Dyka (Aida) et Marcelo Alvarez (Radamès)
© Opéra national de Paris/ Elisa Haberer

Aida à Opéra Bastille
Il y a bien longtemps que l'Opéra de Paris n'avait connu pareil hourvari! Car ce fut un beau tumulte. A la Générale, une dame s'écria à l'adresse du metteur en scène «Vous avez trahi Verdi!». A la Première du 10 octobre, ce fut bien pire. Car si pendant le spectacle, en présence de la ministre de la culture recroquevillée sur son siège, on notait des «mouvements divers», à la fin ce fut un tonnerre digne d'Hernani!

Une Armide sombre, dramatique

par

© Monika Rittershaus

Armide occupe une place particulière dans l’oeuvre de Gluck. Opéra atypique? Oui, certes. Il est tout d’abord le seul dont la trame ne soit pas mythologique, s’inspirant du merveilleux chrétien de la Jérusalem délivrée du Tasse. Ensuite, cette trame est construite sur un livret datant du siècle précédent : Gluck, en effet, dans un superbe défi (1777), a repris le vieux livret de Quinault pour l’Armide de Lully (1686), geste assurément unique dans l’histoire du théâtre lyrique.

Claustrophobie et promiscuité à Strasbourg

par

© F. Godart

« De la maison des morts » est le cinquième opéra du cycle Janacek mis en scène par Robert Carsen, cycle initié en 1999 au Vlaamse Opera (Opéra de Flandre - Belgique) sous la direction artistique de Marc Clémeur. « Jenufa », « La petite Renarde  rusée» et « Kat’a Kabanova » ont déjà suivi Marc Clémeur à Strasbourg, « L’Affaire Makropoulos » s’y est jointe en 2011 avant que Robert Carsen ne propose maintenant « De la maison des morts ». 

A Liège, Attila sauvé par la musicalité

par

Makvala Aspanidze (Orabella), Michele Petrusi (Attila) et Giuseppe Gipoli (Foresto)

Excellente initiative de monter, en cette année Verdi, un autre opéra de jeunesse que les sempiternels "Nabucco" ou "Macbeth". Créé en 1847 avec un succès rapide, il précède "Macbeth" dans le corpus verdien. Il n’en a pas sans doute les intuitions géniales mais représente à coup sûr les “années de galère” avec beaucoup de panache.

Le sacre de Sophie Koch

par

Alceste (Sophie Koch), Admète (Yann Beuron), et La Mort (Choeur des Musiciens du Louvre Grenoble) © Opéra National de Paris/Agathe Poupeney

Alceste de C. W. von Gluck
Le chant français se porte bien. Très bien même. De grands interprètes triomphent actuellement sur les scènes : Dessay, Gens, Piau, Petibon, Gillet, Delunsch, Massis, Lemieux, Brunet, Koch, Beuron, Naouri, Degout, Lapointe, Bou, Antoun, Lhôte, Pomponi, Cavallier, Le Texier… La floraison est extraordinaire. A l’instar de la résurgence du bel canto italien dans les années 1960-1970 grâce à de nouvelles voix propres à ce répertoire, voici donc revenir en force le grand opéra français dans ce qu’il a de plus noble et de plus fort.