Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

Monte-Carlo: les 30 ans des Monte-Carlo Music Masters 

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Pour célébrer le 30e anniversaire des Monte-Carlo Music Masters, ce « concours des meilleurs » qu’ils ont fondé, Chantal et Jean-Marie Fournier ont proposé un feu d'artifice musical en invitant d'anciens membres du jury et des vainqueurs de ces Masters : Nelson Freire, Ruggero Raimondi, Maxim Vengerov, Béatrice Uria-Monzon, Maurizio Baglini, Roustem Saitkoulov, Alexander Gadjiev et Fanny Clamagirand se succèdaient sur la scène de l'Opéra Garnier. Un magnifique Bösendorfer trône sur scène et Alain Duault est le fidèle Maître de Cérémonie de cette soirée. 

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Le nom du chef d’orchestre et claveciniste Masaaki Suzuki à la tête de l’Orchestra of the Age of Enlightenment constitue, en soi, la promesse d’un moment exceptionnel ; à plus forte raison lorsque c’est l’un des chef d’œuvres de l’Oratorio romantique qui est au programme. Elias concilie en effet l’équilibre architectural, la stylisation des affects de Bach, l’ardeur radieuse de Haendel et l’esthétique d’un monde nouveau, exubérant, coloré, puissant. Mais il y a plus, ces pages créés en 1846 à Birmingham, font « entendre » à travers les siècles la voix même du jeune compositeur. L’étonnant livret (respectant scrupuleusement le texte biblique), rédigé de sa main, ne craint ni les répétitions ni une rythmique assez peu variée, ce qui suscite un climat hypnotique et laisse l’esprit s’évader loin des diversions quotidiennes. Avec le personnage du prophète Elie, l’auditeur est confronté aux tragédies fondamentales de l’existence : la mort, la haine, le désespoir, l’amour parfait. Il est alors introduit dans la contemplation à travers le regard ardent du musicien. Suzuki dirige avec une ampleur d’une précision extrême offrant une vision aussi puissante que cohérente. L’orchestre, aux cuivres parfois très sonores, s’engage sans réserve tout comme le chœur. D’une pure beauté, le Trio des Anges « Lift thine eyes » -si proche des trois génies de La Flûte enchantée- sauve (à juste titre !) Elie du désespoir.

La magnificence de voix au Festival d’Ambronay

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Le Festival d’Ambronay fête ses 40 ans sous le thème de « musique baroque et métissée ». Pendant quatre week-ends prolongés (du jeudi au dimanche), se succèdent des musiciens et ensembles de renom, tels que Hespèrion XXI et Jordi Savall, Les Arts Florissants et William Christie, Les Correspondances et Sébastien Daucé, Pygmalion et Raphaël Pichon, ou encore Les Talens Lyriques et Christophe Rousset. Un laboratoire d’expériences pratiques et artistiques où la musique baroque et ancienne, ses programmes, allant de la musique médiévale à des créations contemporaines, sont devenus au fil des années de plus en plus variés. Le Festival Eeemerging (un festival dans le Festival, avec six jeunes ensembles de musique ancienne qui présentent le résultat de leurs résidences ; cette année l’ensemble Concerto di Margherita a remporté le prix du public), notamment, fait du Festival d’Ambronay une pépinière de jeunes talents. C’est un rendez-vous annuel baroque incontournable pour les mélomanes, les amateurs et les programmateurs.

La Folie et le « Baroque Lande » d’amour et de passion

Pour le troisième week-end, les trois concerts vocaux dont un opéra étaient tous de très haute volée. Le programme « Eclats de folie » (27 septembre) de Stéphanie d’Oustrac et l’Ensemble Amarillis (qui fête ses 20 ans) se déroule sous forme de récit lyrique ou opéra pastiche. Une fois entrée en scène, la Folie passe par tous les états dans son aventure amoureuse. L’histoire est contée par des pièces instrumentales et vocales de Campra, Marais, Purcell, Haendel…, aux caractères et ambiances fort différents, sans oublier l’irrésistible scène de tempête. Toujours profondément engagée dans son art, Stéphanie d’Oustrac incarne à merveille ce personnage clé du répertoire. Plus le concert avance, plus elle fait preuve d’une expressivité surprenante, avec une belle complicité de l’ensemble Amarillis qui met efficacement en relief l’évolution sentimentale de l’héroïne.

À Genève, le Brahms somptueux de Philippe Jordan 

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Pour sa 71e saison, le Service Culturel Migros organise une série de concerts de prestige. Ce fut le cas le vendredi 4 octobre avec la venue de Philippe Jordan et des Wiener Symphoniker que l’on avait déjà applaudis dans un programme Richard Strauss en juin 2018.

Cette fois-ci, Johannes Brahms est à l’honneur avec le Concerto pour violon et orchestre et la Troisième Symphonie. D’emblée, dès les premières mesures de l’opus 77, l’on reste ébahi par le velouté de la sonorité dans un legato qui s’irise de mille nuances en réponse aux tutti qui ont une réelle profondeur. Intervient la soliste, la jeune Julia Fischer, qui déploie, sur les premiers accords, une indubitable énergie et une fluidité des traits virtuoses, même si le son paraît d’abord quelque peu étriqué. Mais le cantabile aux inflexions douloureuses lui permet d’acquérir de l’assurance ; et le phrasé devient pathétique dans l’emploi des doubles cordes, aboutissant à une cadenza qui révèle l’étendue de ses moyens ; ainsi, elle prend le temps de modeler chaque séquence avec minutie, osant même les pianissimi les plus irréels. Le hautbois dialoguant magnifiquement avec les vents chante l’Adagio dont le solo révèle l’intimisme poétique alors que le Finale est emporté par une exubérance toute tzigane. En bis, Julia Fischer propose une page de Bach, la Sarabande en ré mineur, que sa musicalité libère de toute rigidité.

À Flagey, le couple idyllique Bartók-Eötvös bouleversant au chevet des amours en péril

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Un long frisson a traversé l’échine des mélomanes rassemblés à Flagey ce 4 octobre. Au programme, deux opéras en un acte sondant les sentiments confus de deux protagonistes, attisés par l’amour et hantés par le doute, dont la confiance vacille jusqu’à trembler sur ses bases à mesure que l’un des amants s’obstine à vouloir faire la lumière sur les lourds secrets de son partenaire. 

Qui d’autre qu’un chef hongrois, passé maître dans l’interprétation des plus grands chefs d’œuvre du XXe siècle, et qu’un compositeur dont les œuvres, qu’elles soient scéniques ou instrumentales, sont toujours empreintes d’un geste théâtral, aurait pu mieux diriger, en versions de concert, le Barbe-Bleue de Bartók et un opéra de sa propre plume, Senza Sangue, composé spécialement pour être programmé avec ce dernier ?

Voces8 et BEvocal à Bozar

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C’est devant le public déjà conquis de Bozar que Voces8 et BEvocal présentaient leur concert collaboratif ce mercredi. En effet, cela fait plusieurs années que l’octuor d’élite anglais Voces8 participe au Singing Brussels Celebration de la maison. Paul Smith, chef de Voces8, ne manque pas l’occasion de chauffer la salle. Dès qu’il mentionne Singing Brussels, les cris et applaudissements font comprendre que le public est rempli de mordus du chant choral. Il les prévient d’ailleurs qu’ils seront amenés à chanter plusieurs fois pendant le concert. Connaissant l’engagement de l’octuor envers sa mission pédagogique (publication d’une méthode, ateliers dans les écoles, collaboration avec l’université de Cambridge, programme de formations pour jeunes chanteurs en début de carrière…), il n’est pas surprenant de le voir partager la scène avec un chœur de jeunes amateurs belges.

BEvocal, chœur national des jeunes de Belgique, est né en 2017 d’une coopération entre les fédérations chorales des trois communautés linguistiques du pays. Si après seulement 2 ans de travail, ces jeunes de 18 à 30 ans parviennent déjà à offrir une performance de qualité remarquable, on se réjouit de voir l’évolution lorsque l’ensemble gagnera en maturité sous la direction experte de Maria Van Nieukerken ! En tant que nouveaux ambassadeurs du chant choral de haut niveau en Belgique, on peut dire qu’ils ont pleinement mérité leur place aux côtés d’un ensemble professionnel de renommée tel que Voces8.

A Genève, un nouveau Matsuev ?

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Pour commencer sa saison 2019-2020, la série ‘Les Grands Interprètes’ organisée par l’Agence de concerts Caecilia invite une fois de plus le pianiste sibérien Denis Matsuev. Au cours de ces dernières années, l’image qu’il nous a laissée est celle d’un virtuose au style boursouflé, s’en prenant violemment à son clavier comme s’il se livrait à une partie de catch. Mais Steve Roger, l’un des organisateurs du récital du 30 septembre, m’a convaincu d’y assister en me parlant d’un nouveau Matsuev.

Les Solistes Européens Luxembourg célébraient lundi soir leur 30e anniversaire.

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Pour l'occasion, ils avaient convié les mélomanes à la Philharmonie Luxembourg (soirée à guichets fermés) et en direct sur les ondes de Radio 100,7.  Notre collègue Remy Franck (*)  a accepté de partager ses impressions avec nos lecteurs.

“L'anniversaire des Solistes Européens Luxembourg a été extraordinaire à tous points de vue.
En présence du Grand-Duc Henri, un programme très spécial attendait le public.
Pas un seul discours : rien que la musique, comme l'ont voulu les organisateurs. Et un programme audacieux : la Symphonie n°9 de Beethoven et A Survivor of Warsaw d'Arnold Schönberg, mais cette dernière œuvre a été insérée entre les 2e et 3e mouvements de la Symphonie.

Journée Bach et Telemann à Royaumont, dans la croisée de styles ancien et moderne

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L’ancienne Abbaye de Royaumont (à 30 km au nord de Paris) est un laboratoire musical et chorégraphique et dans le même temps une pépinière de jeunes talents. La journée du 21 septembre, dans le cadre du 75e Festival de Royaumont, était consacrée à Bach et à Telemann sous le thème de rencontres fondatrices pour une évolution de l’écriture : la venue de Telemann à Paris chez le facteur de clavecin Vater en 1738 et la visite de Jean-Sébastien Bach à la cour de Prusse en 1747 où il joue sur un pianoforte Gottfried Silbermann. Pour illustrer ces rencontres, des musiciens ont joué sur la copie du clavecin Vater 1732 (réalisé par Emile Jobin, commande de la Fondation Royaumont) et la copie du pianoforte Silbermann 1749 (par Kerstin Schwarz), en présence de leurs facteurs.

Le Chostakovitch de Jonathan Nott

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Selon la volonté de Jonathan Nott, son directeur artistique, la saison 2019-2020 de l’Orchestre de la Suisse Romande est placée sous l’égide de deux figures de proue du XXe siècle, Benjamin Britten et Dimitri Chostakovitch.

C’est pourquoi le premier concert du 25 septembre a débuté par les Four Sea Interludes op.33a extraits de Peter Grimes, le premier chef-d’œuvre lyrique du musicien britannique. Dawn est évoqué par les longues phrases des violons recherchant un véritable unisson, tandis que les bois accélèrent les zébrures de l’aube, avant de se parer de nervures astringentes afin de dépeindre un Sunday Morning dont les cuivres imitent les carillons. Moonlight tient ici du thrène pesant tandis que, ponctuée par une percussion martelant la basse, déferle la houle de Storm au travers de laquelle affleurera une ultime supplique des violons en quête de rédemption salvatrice.