Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Wies de Boevé, contrebassiste 

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Notre compatriote Wies de Boevé publie un album avec orchestre dédié à des partitions concertantes de Giovanni Bottesini. Ce musicien est par ailleurs soliste à l’Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise. Cet entretien est l’occasion de d’évoquer ce nouvel album et la prestigieuse phalange bavaroise. 

La contrebasse n’est pas l’instrument le plus connu. Qu’est-ce qui vous motivé à l’apprendre ? 

Je viens d’une famille nombreuse et mes parents ont donné à chacun de nous l’opportunité d’apprendre un instrument de musique. Je jouais du violon et mon frère aîné de la contrebasse. Ce n’était toutefois pas sa grande passion et quand il a décidé d’arrêter, la contrebasse s’est retrouvée seule dans son coin. Mes parents m’ont alors motivé à commencer cet instrument, qui passait finalement mieux avec ma taille !

Vous êtes soliste auprès de l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise à Munich. L’orchestre a récemment perdu son directeur musical Mariss Jansons. Je présume que cela a été un choc ?  

Mariss Jansons était notre chef depuis 16 ans, c’est dire que la relation qui nous unissait à lui était forte, et pas seulement musicalement. Nous savions tous qu’il souffrait de problèmes cardiaques depuis des années et que sa santé était fragile mais la nouvelle de sa mort nous a pris par surprise et nous a bouleversé. Il est décédé juste après notre tournée en Europe et à New York, pendant laquelle on le voyait bien sûr un peu plus faible que d’habitude mais son énergie sur scène était toujours aussi incroyable. Il était convaincu qu'il ne fallait jamais montrer ses faiblesses. 

Le tandem entre Mariss Jansons et l'Orchestre Symphonique de la radio bavaroise a été une grande réussite, un peu comme l'alliance Karajan-Berliner Philharmoniker ou Bernstein-New York Phiharmonic. Comment un orchestre et son chef peuvent-ils atteindre un tel degré de réussite artistique ?

Il y a quelques conditions pour une telle relation : d'un côté, un musicien d'exception qui veut investir toute son énergie dans son orchestre et qui se sent responsable de lui. De l'autre côté, un ensemble de musiciens qui se laisse inspirer et qui a les moyens de traduire ces idées en musique. Mariss Jansons fut chef de l’Orchestre Symphonique de la Radiodiffusion Bavaroise pendant 16 ans, ce qui est signe aussi de stabilité. 

Claudio Vandelli, chef d’orchestre 

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Le chef d’orchestre Claudio Vandelli est directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Würth en Allemagne avec lequel il fait paraître un enregistrement consacré à des partitions démonstratives de Brahms, mais orchestrées par Arnold Schoenberg. Claudio Vandelli revient sur cette gravure, première étape discographique d’un travail avec ce jeune orchestre.  

Votre premier album avec votre orchestre de Würth est consacré au Quatuor avec Piano de Brahms dans l’orchestration d’Arnold Schoenberg. Pourquoi avez-vous choisi cette oeuvre très démonstrative ?

Nous cherchions un répertoire qui soit intéressant pour le public et qui puisse trouver une place dans une discographie où la plupart des oeuvres connues sont déjà présentes avec un grand nombre d’enregistrements. Nous recherchions un morceau qui soit également stimulant pour les musiciens, avec beaucoup de parties solistes et qui puisse montrer les grandes qualités musicales et techniques de ce merveilleux orchestre. Enfin, pour terminer ce cahier des charges, il fallait que soit une oeuvre symphonique majeure. Le Quatuor de Brahms orchestré par Schoenberg possède toutes ces caractéristiques. C’est un peu comme une “5e symphonie de Brahms”, comme Schoenberg aimait le dire.

 

Vous avez dirigé à travers le monde, mais est-ce qu’enregistrer Brahms avec un orchestre allemand a un sens particulier ?

Un orchestre allemand qui est non seulement “nouveau”, mais moderne dans le sens où il intègre des Allemands, mais aussi beaucoup de musiciens de toutes nationalités, qui ont un lien de coeur avec l’Allemagne, où ils ont été formés, adoptés et parfois naturalisés. Personnellement je suis fier d’être le chef principal d’un orchestre allemand et de cet orchestre en particulier. Et pour un chef d’orchestre, diriger le répertoire symphonique allemand est de la plus haute importance, on grandit avec ces oeuvres, indépendamment du lieu de naissance. À vrai dire, je trouve cela naturel !

Compositrices du XIXe siècle : Jeanne Louise Dumont (Louise Farrenc)

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Jeanne-Louise Dumont, dite Louise Dumont (Paris 1804-1875), est plus connue sous le nom de Louise Farrenc, du nom de son époux, le flûtiste et éditeur musical Aristide Farrenc. Alors que les Solistes Européens Luxembourg font paraître un disque majeur qui permettra une large diffusion de son oeuvre, Crescendo Magazine, par la plume d'Anne-Marie Polome, vous propose un portrait de cette compositrice. 

Sa famille

Depuis certainement quatre générations, la famille de Louise baigne dans l’art de très haut niveau. Il s’agit surtout de sculpture. Chaque père successif initie ses propres enfants à son art. Son trisaïeul Pierre Dumont est sculpteur de la Chapelle du Roi sous le patronage de la famille royale. Son arrière-grand-père, François, sculpteur très doué lui aussi, est membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Son grand-père Edme est l’un des six premiers pensionnaires de l’Ecole royale des Elèves protégés de Louis XV préparant les jeunes les plus doués pour le Prix de Rome et leur entrée à l’Académie. Son père, Jacques-Edme Dumont (1761-1844) accède à 16 an, à l’Ecole royale des Elèves protégés, obtient le Prix de Rome en 1788 et a la chance de résider en Italie jusqu’en 1793. C’est un sculpteur brillant à l’esprit indépendant, dont les œuvres ornent des monuments ou font la fierté de musées. Le propre frère de Louise, Auguste est lui aussi un sculpteur extrêmement habile. 

Jacques-Edme et Marie-Elisabeth-Louise Curton (1775-1844) habitent au Louvre avec une trentaine d’autres familles d’artistes ou artisans d’art attachés à la Couronne. C’est là que naissent Auguste et Louise. Quand Napoléon transforme le Louvre en musée à sa gloire, les familles sont relogées à la Sorbonne, abandonnée durant la révolution. La benjamine, Constance, y voit le jour. Les enfants ont la chance de grandir dans un milieu privilégié, dynamique, original et aisé, où l’art fait partie de la vie. Les parents font donner une éducation de qualité à chacun des enfants qui jouissent donc d’un solide bagage intellectuel et les deux filles échappent ainsi au carcan imposé aux femmes de l’époque. C’est un pari risqué ! En 1822, Stendhal qui prône l’éducation des femmes écrit : « Par l’actuelle éducation des jeunes filles, qui est le fruit du hasard et du plus sot orgueil, nous laissons oisives chez elles les facultés les plus brillantes pour elles-mêmes et pour nous », mais reconnaît pourtant : « Il n’est aucun de nous qui ne préférât, pour passer sa vie avec elle, une servante à une femme savante ».

Flagey Piano Days 2020 

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Le festival de piano organisé chaque année par Flagey en février (et il se poursuivra jusqu’au dimanche 16 avec des artistes de la trempe de Boris Giltburg, Lars Vogt ou Cédric Pescia) est un rendez-vous goûté des pianophiles. Choisissant parmi des récitals et concerts d’environ une heure, ils peuvent y retrouver des artistes familiers et en découvrir de moins connus dans des répertoires qui sortent volontiers des sentiers battus (la présente édition va littéralement du grégorien au contemporain en passant par tout qui les sépare), même si pour cette année 2020 -250e anniversaire de la naissance de Beethoven oblige- une oeuvre du maître de Bonn figurait obligatoirement dans tous les programmes proposés. 

Pour ce premier weekend, deux splendides prestations firent certainement le bonheur de plus d’un mélomane. 

D’abord -et pour ne pas se limiter au piano seul- Gautier Capuçon et Frank Braley offrirent samedi soir à une foule des grands jours (au point qu’on avait dû placer une trentaine de spectateurs sur la scène) une irrésistible intégrale des Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven. Proposant très justement les oeuvres dans l’ordre de leur composition, Capuçon et Braley abordèrent les deux sonates de l’Op. 5 en faisant preuve d’un irrésistible élan dans les mouvements rapides comme d’une fine sensibilité dans les mouvements lents. La clarté et la pureté du jeu impeccablement articulé et finement pédalé du pianiste impressionnèrent fortement, alors que le violoncelliste -dont on saluera la magnifique sonorité et l’impeccable justesse- chantait merveilleusement la belle cantilène de l’introduction de la Deuxième Sonate, suivi par un deuxième mouvement dont les interprètes rendirent finement l’humour pince-sans-rire à la Haydn avant de terminer par un Rondo enthousiaste et exubérant. 

Errances japonaises pour un Parsifal juvénile à Strasbourg

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Pour cette nouvelle production de Parsifal, le « Festival scénique sacré en trois actes » de Richard Wagner, l’Opéra du Rhin a fait appel à Amon Miyamoto, le metteur en scène japonais qui avait emporté un beau succès à Strasbourg avec sa mise en scène du Pavillon d’Or de Toshiro Mayuzumi. Mais évoquer le monde du Graal et analyser une œuvre aussi complexe que Parsifal est bien différent. Amon Miyamoto semble n’avoir voulu rien négliger mais, malheureusement, le spectacle est surchargé d’idées et d’intentions où l’on se perd. L’opéra s’ouvre sur une pantomime avec un Parsifal enfant et une femme nue devant son miroir pour ensuite nous transporter dans un musée mobile, le « Museum of Mankind » qui servira de cadre au reste du spectacle. Il est chargé de toiles représentant des moments de la vie du Christ et d’autres illustrant l’évolution de l’Homme. Le jeune Parsifal s’y promène, une femme (sa mère ?) le cherche ; les Chevaliers du Graal (des soldats blessés portant des uniformes de différentes époques et armées) s’y réunissent ; Klingsor campe le chef cruel de la sécurité du musée ; l’enfant Parsifal accompagne l’adulte et est mortellement blessé par la lance sacrée de Klingsor ; après son baptême, Kundry se transforme en ange. Ce sont quelques unes des idées qu’Amon Miyamoto a tissées dans sa mise en scène, dans les décors tournants de Boris Kudlicka, les lumières Felice Ross et vidéo signée Bartek Macias. Les costumes de Kaspar Glarner mélangent styles et époques et Gurnemanz et les écuyers du Graal semblent tout droit venus d’Oberammergau !

A l’OSR, un cycle qui finit en beauté 

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Au cours de cette saison, l’Orchestre de la Suisse Romande a mis en perspective les créations de Benjamin Britten et de Dimitri Chostakovitch en un cycle de quatre concerts. Le dernier a eu lieu ce mercredi 5 février sous la direction de son chef titulaire, Jonathan Nott. Après avoir présenté, lors du premier, les Four Sea Interludes (les Quatre Interludes maritimes) op.33a extraits de Peter Grimes, il nous propose la Passacaglia op.33b qui sert d’intermède entre les deux tableaux de l’acte II, alors que les habitants du Borough battent du tambour pour marcher vers la cabane du pêcheur et lui faire payer la mort mystérieuse d’un premier apprenti. Sur un pizzicato des cordes graves, l’alto solo symbolise la prise de conscience de Grimes en un cantabile plaintif que lacèrent les bois, les cuivres puis la phalange des violons proférant les cris de la populace. Mais le tout se résorbera avec la réapparition de la viola dialoguant avec le célesta pour traduire la consternation face à la maison vide et la peur de l’abîme.

Un faisceau de détails savoureux : les Noces de Figaro à Nancy

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Avant même qu’elle ne soit représentée, ce qui a d’abord retenu l’attention sur cette production, c’est l’identité de son metteur en scène : James Gray. Avant tout cinéaste reconnu, récompensé immédiatement en 1994 pour son premier film, Little Odessa, salué en 2013 pour The Immigrant, et tout récemment pour Ad Astra avec Brad Pitt. A Nancy, après le Théâtre des Champs-Elysées et avant Luxembourg, il était bien loin, spatio-temporellement, de l’univers de science-fiction de ce dernier film, tout en s’étant lancé un grand défi « spatial » : mettre en scène un opéra, Les Noces de Figaro, une première expérience.

Pari gagnant ! Rien de conceptuel dans son approche. Aucune « révélation » de sous-jacences historico-socio-psychologico-politiques jusqu’à lui ignorées dans l’œuvre de Mozart. Il s’en tient aux mots du librettiste et aux notes du compositeur. Même pas de vidéo chez ce cinéaste ! Rien ne vient distraire notre adhésion immédiate aux péripéties d’une intrigue exaltée par des chants superbes. Il est vrai qu’en procédant ainsi, il nous laisse libres, sans les solliciter, sans les imposer, de nos conclusions quant aux façons de procéder des « puissants » de ce monde-là, qui, humainement hélas, sont encore trop souvent les nôtres, dans leurs abus sexuels et de pouvoir. 

Le concert 2020 des International Classical Music Awards

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La cérémonie de remise des prix et le concert de gala des dix ans des International Classical Music Awards se déroulera à Séville, le 30 avril à 20 heures, au Teatro de la Maestranza. Il proposera une affiche des plus riches et des plus variés de l’histoire des ICMA.

Accueilli par l'Orchestre Symphonique Royal de Séville et le chef d'orchestre américain John Axelrod, le concert mettra en vedette la pianiste Elisabeth Leonskaja, récipiendaire du Prix pour l'ensemble de sa carrière, la soprano Marina Rebeka, Artiste de l'année, les violoncellistes Erica Piccotti, Jeune Artiste de l'année et Philipp Schupelius, prix Découverte 2020. John Axelrod, lauréat d'un Prix spécial, dirigera son troisième gala des ICMA.

D'autres lauréats de différentes catégories de prix joueront et chanteront : le célèbre guitariste espagnol Pepe Romero, la flûtiste à bec Dorothee Oberlinger, les pianistes Can Çakmur, Kirill Gerstein et Cédric Tiberghien ainsi que le ténor İlker Arcaryürek. Enfin, le public pourra assister à la création mondiale d'une nouvelle œuvre du musicien luxembourgeois-espagnol Ivan Boumans, lauréat du prix du compositeur, Organic Beat !

Elsa Dreisig en voyage initiatique

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« Morgen ». Henri DUPARC (1848-1933) : L’Invitation au voyage ; Phidylé ; Sérénade florentine ; Aux étoiles ; Chanson triste ; Extase ; La Vie antérieure. Richard STRAUSS (1864-1949) : Vier letzte Lieder ; Malven ; Morgen. Serge RACHMANINOV (1873-1943) : Six Romances op. 38. Elsa Dreisig, soprano ; Jonathan Ware, piano. 2020. Livret en anglais, français et allemand. Textes en langue originale, avec traductions. 76.50. Erato 0190295319489.

Crescendo Magazine recrute des collaborateurs pour Bruxelles et le Nord de la France. 

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À l’occasion de la nouvelle saison, Crescendo Magazine souhaite étoffer son équipe d’une trentaine de chroniqueurs et recherche des rédacteurs pour couvrir l’actualité musicale à Bruxelles et dans la région des Hauts de France (Lille, Tourcoing…).

Fondé en 1993 comme magazine papier, Crescendo Magazine est désormais un site internet aux ramifications internationales. Il couvre l’actualité musicale du monde entier et propose des chroniques des concerts et spectacles en Belgique, Luxembourg, Suisse, France,... Sa rubrique dédiée aux partitions est unique sur un site internet francophone consacré à la musique classique. Les Joker(s) de Crescendo récompensent les meilleures parutions identifiées par les rédacteurs.